Un isère, anciennement appelé vin de pays de l'Isère de 1968 à 2009, est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) produit dans le vignoble de Savoie-Bugey. Cette IGP peut être complétée par le nom d'un ou de plusieurs cépages ou par le nom des IGP « Balmes dauphinoises » et « coteaux du Grésivaudan ».

Histoire La viticulture dans l'Isère remonte à l'époque romaine. Les vins produits eurent une grande renommée jusqu'au pour ensuite tomber peu à peu dans l'oubliIGP isère sur le site vin-vigne.com. Dès la fin du avant notre ère, un vignoble fut créé, grâce au vitis allobrogica, un cépage qui était capable de mûrir sous des climats plus frais que ceux de la côte méditerranéenne. Vienne la Vineuse, surnom qui lui fut donné par le poète Martial, était une des cités des Allobroges qui, bénéficiant du droit latin, était autorisée à cultiver la vigne. Ce vin jouit rapidement d'une grande réputationLes vins de la vallée du Rhône : des grands crus antiques aux premières AOC. Les Anciens ont loué ses vertus, sous le nom d'allobrogicum ou de vinum picatum. Célèbre jusqu’à Rome, il fut célébré par Celse, Martial, Pline l'Ancien, Columelle. La réputation du vin de Vienne a laissé sur place de nombreux vestiges archéologiques qui sont exposés au musée de Saint-Romain-en-Gal. Les premiers vignerons gallo-romains surent parfaitement tirer parti de leur position idéale dans la vallée du Rhône, qui était alors l'une des principales routes commerciales de l'Antiquité.

vignette|gauche|Vendanges 1906 au château du Fayet à Barraux. Le sénateur Gustave Rivet est assis à gauche. vignette|gauche|Les vignerons de Chapareillan vers 1930. Dans les années 1850, on recensait de vignes dans le département. Ce vignoble était essentiellement planté avec des cépages locaux dont certains se retrouvent encore de nos joursCahier des charges de l'IGP isère sur le site agriculture.gouv.fr. Les vins de l'Isère gardèrent leur renommée jusqu’à la Première Guerre mondiale, même s'il ne restait plus que quelques milliers d'hectares à la suite des ravages du phylloxéral'Isère terre de vins sur le site ledauphine.com. Entre les deux guerres, l'Isère devint un département industrialisé, à l’image du Grésivaudan qui s’est détourné de la viticulture, pour aller notamment vers les papeteries.

La production viticole qui n'a pas droit d'être vendue sous une appellation () l'était uniquement comme « vin de table » (VDT, les actuels VSIG). Pour valoriser un peu ce type de production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics ont créé en 1968 le label « vin de pays » (VDP), publié au JORF du . complété du nom d'un département ou d'une zone, d'où le « vin de pays de l'Isère ». En 1981, sont reconnus d'une part le « vin de pays des Balmes dauphinoises », d'autre part le « vin de pays des coteaux du Grésivaudan », publié au JORF du numéro complémentaire.. Le déclin de la production est actuellement freiné grâce aux jeunes agriculteurs qui se sont installés en 2007-2008 ; ce renouveau continue depuis. Ces nouveaux vignerons mettent en avant l'identité iséroise de leurs vins. .

Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP), publié au Journal officiel de l'Union européenne du . et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). ; le vin de pays de l'Isère devient donc le l'IGP , en compagnie du et du , publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .. Le cahier des charges est publié en , intégrant la possibilité de complété le nom de l'IGP celui d'un ou de plusieurs cépages, ainsi que par celui « Balmes dauphinoises » ou « coteaux du Grésivaudan », publié au JORF du .. Ce texte de référence est modifié en (ajout du chapitre « Lien avec la zone géographique »), publié au JORF du . et en (ajout de l'unité géographique « Trièves » ; autorisation de quinze cépages supplémentaires), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..

Vignoble Aire de production

Le vignoble produisant l'IGP isère côtoie celui du bugey et du vin de Savoie. Ces vins peuvent, en fonction de leur situation géographique revendiquer ou non la dénomination coteaux du Grésivaudan ou Balmes dauphinoises. Une autre IGP concerne l'Isère, les collines-rhodaniennes dans le secteur de Seyssuel.

vignette|gauche|Vignoble en hautain à Barraux. vignette|Vignoble de La Côte-Saint-André. vignette|Vue générale du vignoble de Saint-Chef. vignette|Vignoble en coteaux à Tullins. Les vignobles pouvant revendiquer pour leurs vins le label IGP se trouvent sur les communes de : Les Adrets, Agnin, Allevard, Anjou, Annoisin-Chatelans, Aoste, Arandon, Assieu, Auberives-sur-Varèze, Les Avenières, La Balme-les-Grottes, Barraux, Beaucroissant, Bougé-Chambalud, Bernin, Le Bouchage, Bourgoin-Jallieu, Bouvesse-Quirieu, Brangues, La Buisse, La Buissière, Cessieu, Le Champ-près-Froges, Chamrousse, Chanas, Chapareillan, Charnècles, La Chapelle-de-la-Tour, La Chapelle-de-Surieu, La Chapelle-du-Bard, Charrette, Chasse-sur-Rhône, Le Cheylas, Cheyssieu, Chimilin, Chonas-l’Amballan, Chozeau, Chuzelles, Claix, Clonas-sur-Varèze, La Combe-de-Lancey, Corbelin, Corenc, La Côte-Saint-André, Les Côtes-d’Arey, Coublevie, Courtenay, Cras, Crémieu, Creys-Mépieu, Crolles, Dizimieu, Dolomieu, Domène, Estrablin, Eyzin-Pinet, Faverges-de-la-Tour, La Flachère, Fontaine, Fontanil-Cornillon, Froges, Gières, Goncelin, Granieu, Le Gua, Hières-sur-Amby, Hurtières, Izeaux, Jardin, Laval Leyrieu, Lumbin, Luzinay, Meylan, Moidieu-Détourbe, Moirans, Montalieu-Vercieu, Montcarra, Moras, Morestel, Morêtel-de-Mailles, Morette, Le Moutaret, La Murette, Murianette, Noyarey, Optevoz, Passins, Parmilieu, Le Péage-du-Roussillon, La Pierre, Poliénas, Pontcharra, Le Pont-de-Claix, Pont-Évêque, Porcieu-Amblagnieu, Quincieu, Réaumont, Renage, Revel, Reventin-Vaugris, Rives, La Rivière, Les Roches-de-Condrieu, Rochetoirin, Romagnieu, Roussillon, Ruy, Sablons, Saint-Alban-de-Roche, Saint-Alban-du-Rhône, Saint-Baudille-de-la-Tour, Saint-Blaise-du-Buis, Saint-Cassien, Saint-Chef, Saint-Clair-du-Rhône, Saint-Egrève, Saint-Étienne-de-Crossey, Saint-Hilaire-de-Brens, Saint-Jean-de-Moirans, Saint-Jean-le-Vieux, Saint-Lattier, Saint-Marcel-Bel-Accueil, Saint-Martin-le-Vinoux, Saint-Martin-d'Uriage, Saint-Maurice-l’Exil, Saint-Maximin, Saint-Mury-Monteymond, Saint-Paul-de-Varces, Saint-Paul-d'Izeaux, Saint-Pierre-d'Allevard, Saint-Prim, Saint-Quentin-sur-Isère, Saint-Romain-de-Jalionas, Saint-Romain-de-Surieu, Saint-Savin, Salagnon, Saint-Sorlin-de-Morestel, Saint-Sorlin-de-Vienne, Saint-Victor-de-Morestel, Saint-Vincent-de-Mercuze, Sainte-Agnès, Sainte-Marie-d'Alloix, Salaise-sur-Sanne, Sassenage, Septème, Sermérieu, Seyssuel, Siccieu-Saint-Julien-et-Carisieu, Soleymieu, Sonnay, Tencin, La Terrasse, Theys, Le Touvet, Trept, La Tronche, Tullins, Vasselin, Varces-Allières-et-Risset, Vatilieu, Vénérieu, Venon, Vernas, Vernioz, Le Versoud, Vertrieu, Veurey-Voroize, Veyrins-Thuellin, Veyssilieu, Vézeronce-Curtin, Vienne, Vif, Villard-Bonnot, Villemoirieu, Ville-sous-Anjou, Villette-de-Vienne, Vignieu, Voiron, Vorepe et Vourey.

Géologie et orographie Le vignoble s'est essentiellement développé aux abords des massifs alpins, sur des éboulis donnant des sols pauvres mais bien drainés. Ce terroir viticole est composé surtout de sols argilo-calcaires, morainiques et marneux. Géographiquement, le département est divisé en deux. Sa partie orientale correspond au massif alpin tandis que sa partie occidentale, formée de collines, s'incline vers la vallée du Rhône. La partie alpine, avec des altitudes dépassant , comprend des massifs calcaires (Chartreuse, Vercors, Dévoluy) ou granitiques (Belledonne, Écrins), qui sont coupés par des vallées glaciaires du Quaternaire encaissées peu favorables à la vigne. Situation identique dans la région collinéenne du Bas-Dauphiné, dont les collines allongées, aux versants recouverts de moraines (formations caillouteuses), ont un substrat argileux donc imperméable.

Climatologie

Ce terroir bénéficie d'un climat tempéré semi-continental aux influences méditerranéennes dans les vallées et montagnardes dès lors que l'on s'élève en altitude . La pluviométrie annuelle se situe en moyenne autour de et l'ensoleillement annuel moyen est proche de . La température moyenne est de près de à Grenoble, avec des amplitudes thermiques journalières et annuelles importantes.

La rudesse du climat hivernal est compensée par le caractère chaud et sec de la belle saison, typique du climat méditerranéen. Ceci explique le fait que le début végétatif de la vigne est tardif et il s'accélère rapidement lors des chaleurs estivales qui arrivent relativement tôt en saison (parfois plus de 30 °C dès avril ou mai). Le vignoble est assez venté avec la bise (vent du nord) et le vent du midi, porteur de pluie. Ces caractéristiques permettent aux vignerons d'obtenir une bonne maturité lors des vendanges. Ce qui permet d'obtenir des vins blancs et des vins rosés souples et d'une belle fraîcheur ainsi que des vins rouges, à la structure robuste et d'une couleur dense. Il est à souligner que des arrière-saisons chaudes et ensoleillées permettent la surmaturation des raisins et la production de vins liquoreux.

Encépagement vignette|Mècle par Viala et Vermorel. Le cahier des charges de cette IGP autorise : altesse BLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. ., arvine B, bia B, chardonnay B, chatus N, clairette B, corbeau N, dureza N, durif N, etraire de la Dui N, feunate N, gamay N, gringet B, jacquère B, joubertin N, marsanne B, mècle N, mollard N, mondeuse B, mondeuse N, mornen N, onchette N, persan N, pinot gris G, pinot noir N, robin N, romorantin B, roussanne B, sérénèze N, servanin N, syrah N, velteliner rouge précoce Rs, verdesse B et viognier B.

Généralement, les vins de cette IGP sont élaborés soit avec des cépages répandus comme le chardonnay ou le viognier soit avec les cépages spécifiques comme la verdesse et la jacquère pour les blancs, on retrouve des cépages classiques comme le pinot noir et la syrah et des cépages autochtones comme l'étraire de la Dui, le joubertin, le mècle, l'onchette, la mondeuse noire et le persan pour les rouges et les rosés. L'intérêt porté par les producteurs à des cépages locaux, comme la verdesse ou le persan, permet d'élaborer des vins d'une grande typicité. Il est à rappeler que la vallée de l'Isère a été le berceau de nombreux cépages dont la douce noire, le durif, le peloursin, le bia et le servanin.

Méthodes culturales et réglementaires L'IGP Isère ne concerne que les vins tranquilles. En 2022, leur production a été d'environ hectolitres. Pour être labellisés ces vins doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel minimal de 9,5 % vol.

Les trois couleurs, rouges, rosés et blancs, sont présentes. Ils peuvent être issus d’un seul cépage ou faire l'objet d'un assemblage. La production principale reste le vin blanc avec 65 % des volumes. Ces vins sont destinés à être bus jeunes à l'exception de certains vins rouges tanniques et de rares vins blancs liquoreux.

Vins Types de vin vignette|Vinification des vins blancs en cuve inox. Le cahier des charges de l'IGP autorise la production d'isère rouges, rosés et blancs, ainsi que des blancs surmûris ; le nom du vin peut être complété par le nom d'un ou plusieurs cépages, par la mention « primeur » ou « nouveau », ainsi que par une des trois unités géographiques plus petites que sont « Balmes Dauphinoises », « Coteaux du Grésivaudan » et « Trièves ».