Émile Frédéric de Bray (né le à Paris et décédé le à Brest) est un officier de la marine française et explorateur de l’Arctique à la recherche de l’expédition de Sir John Franklin.
Biographie
Jeunesse Émile de Bray est né le au numéro 37 de la rue des Martyrs dans le de Paris (Seine). Il est l’ainé des trois enfants d’Achille Hector Camille de Bray, peintre paysagiste et de Théophile Marie Louise Borrel.
Carrière En 1844, il passa à Paris les épreuves du concours d’admission à l’école navale. Reçu, il s’embarqua à Brest le Mary Delahaye & Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 , page 44 sur le vaisseau-école Le Borda.
Émile de Bray était un élève turbulent et dont les résultats étaient extrêmement irréguliers : médiocres dans les sciences exactes (à l’exception de la navigation) et dans les disciplines pratiques, en progrès constant en anglais, brillant dans les disciplines littéraires et géographiques, éblouissant en dessinPhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 92. La seconde année à l’école sera meilleure bien que médiocre néanmoinsPhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 93.
Les appréciations du commandant de l’école, le capitaine de vaisseau Le Predour, à son égard étaient assez peu flatteuses :
Le , il est promu aspirant et s'embarque pour sa première affectation sur la corvette La Galathée pour une campagne de près de trois ans dans l’océan Pacifique.
En , le capitaine de vaisseau Fournier, commandant La Galathée a le commentaire suivant :
De à , Émile de Bray fut détaché sur le navire stationnaire local, la goélette La Papeete sur laquelle il s’exerça les fonctions d’officier en secondPhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 94.
Le l’aspirant Émile de Bray reçut le grade d’aspirant de première classe.
Entre le et le , il fut affecté pour de courtes durées sur différents bâtiments : le brick Le Fabert, le vaisseau Le Valmy, les frégates La Pandore et La Capricieuse, l’aviso à vapeur Le Dauphin et l’aviso Le Scamandre.
Le , il fut de nouveau affecté sur Le Valmy, vaisseau de 120 canons où il fit preuve de courage lors d’un incendie qu’il contribua à juguler. Cet acte lui valut une citation à l’ordre du jour de l’armée navale.
Le il fut promu enseigne de vaisseauPhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 97.
Expédition polaire (avril 1852 à octobre 1854) L’objectif était de retrouver Sir John Franklin et son expédition sur les navires l’Erebus et le TerrorMary Delahaye & Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 .
Le l’enseigne de vaisseau Émile de Bray écrivit au ministre français de la marine pour lui demander de se joindre à l’expédition. Après des discussions diplomatiques, l’ambassadeur français en Angleterre reçut l’accord de l’amirauté britannique le SHM. CC7-324-Liasse 4. Lettre de Granville, ministre des affaires étrangères de Grande-Bretagne, adressée le 20 janvier 1852 au comte Walewski, ambassadeur de France à Londres.
L’expédition anglaise fut commandée par Sir Edward Belcher et composée de cinq naviresPaul-Émile Victor, Les Explorations polaires, tome IV de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, : L’Assistance commandée par le commandant Sir Edward Belcher La Resolute (Résolue), commandée par le capitaine Henry Kellett. Émile de Bray sera affecté sur ce bâtiment. Le Pionneer (Pionnier), commandé par le capitaine Osborn L’Intrepid (Intrépide), commandé par le capitaine McClintock Le North Star (Étoile du Nord), commandé par le capitaine Pullen
L’État major de la Resolute était composé deGeorges Frederick M’Dougall, The eventful voyage of H.M. discovery ship « Resolute » to the arctic regions, 1857, Longman, Brown, Green, Longmans & Roberts, 530 pages, page 4 : Capitaine Henry Kellett Lieutenant George Frederick Mecham Lieutenant Bedford C. T. Pim Lieutenant Richard Vesey Hamilton Maître George Frederick M’Dougall Chirurgien William T. Domville Enseigne Richard Roche Enseigne George S. Nares
L’équipage au total comprenait 61 hommes.
La Resolute quitta Londres le et hiverna dans l’île de Dealy.
Au cours de son séjour dans le grand nord, de Bray commanda plusieurs expéditions en traîneau : Le , il partit en traineau (dénommée la Marie)Mary Delahaye et Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 , page 108. avec pour objectif d’installer un dépôt dans les environs du cap Providence, dans l’île de Melville ce qu’il fait le Mary Delahaye et Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 , page 112. avant de retourner à bord de la Resolute le 08 Mary Delahaye et Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 , page 131.. C’est lors de cette expédition, qu’il fait partie de l’équipe qui trouve le message déposé par McClure , sous le “Parry Rock” qui conduira au sauvetage des marins du HMS Investigator Hubert Sagnières, “La ou le Temps et la Glace sont les seuls maîtres”, Paris, Flammarion, 2025 Le , il part en traineau (dénommée Le Héros) avec pour objectif d’accompagner le capitaine McClintock pour l’exploration de la côté Nord Ouest de l’île MelvilleMary Delahaye et Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 , page 164..
L’expédition subit finalement deux hivernages. La Resolute restant prisonnière des glaces il fut décidé d’abandonner le navire.
Le , Émile de Bray quitta la Resolute, se dirigeant vers le cap Cockburn afin d’embarquer sur le North Star qui hivernait près de l’ile BeecheyJules Rouch,Le pôle Nord, histoire des voyages arctiques, Flammarion, 1923, page 38Mary Delahaye et Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 , page 281. Le , il arrivait à Assistance Harbour puis le 22 au cap Notham. Il fit alors route vers l’île Beechey le avant d’atteindre le North Star le Mary Delahaye et Jean-François Le Mouël, De Bray Pole Nord, Journal de bord de l’enseigne de vaisseau Émile de Bray 1852-54, Éditions de la Dyle, 1998 , page 282..
Émile de Bray embarqua ensuite sur le Phoenix qui arriva à Londres le 02 .
À son arrivée en France, Émile de Bray fut nommé chevalier de la légion d’honneur le par le ministre français de la marine, Théodore DucosJakez Cornou,Emile de Bray, 1829-1879, explorateur polaire, Magazine Cap Caval, numéro 25, juillet 2000, page 31Archives nationales : http://www.culture.gouv.fr/LH/LH028/PG/FRDAFAN83_OL0354029v001.htm.
À la suite de cette nomination, il fut reçu en audience privée par Napoléon III.
Émile de Bray fut un officier apprécié par ses collègues comme le montrent les lettres suivantes :
Fin de carrière Entre le février et le , Émile de Bray fut mis en corvée auprès du dépôt des Cartes et des Plans.
Du au décembre, il s’embarqua en tant que second sur la canonnière à vapeur La Poudre en partance pour la BaltiquePhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 112. Il participa alors à la guerre de Crimée, ce qui lui valut la « Baltic Medal », décoration d’origine britannique. Entretemps, le , il fut promu au grade de lieutenant de vaisseau.
Il se maria à Pont l’Abbé le à Laetitia, fille de Hyacinthe Marie-Allain Le Bleis, négociant et propriétaire des grands moulins à marée situés sur le pont. Ils eurent six enfants dont deux sont morts en bas âge.
Le , il prit les fonctions de capitaine de compagnie de recrutement du dépôt des équipages de Brest. En 1857, il reçut au nom de la reine Victoria la décoration des expéditions arctiques, seul Français vivant à l’obtenir, le deuxième fut, à titre posthume, le lieutenant de vaisseau Joseph-René Bellot, mort noyé le dans le canal de Wellington lors de l’expédition du capitaine William Kennedy à bord du navire Prince-Albert.
Le , il quitta ses fonctions pour s’embarquer sur l’aviso à roues Le GassendiPhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 115. Sur ce navire, sa mission était de rallier Saint-Pierre-et-Miquelon et de remplir les fonctions de bâtiment amiral de la petite division navale traditionnellement chargée d’apporter assistance et protection aux très nombreux morutiers français pratiquant la pêche sur les bancs de Terre-NeuvePhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 116.
Après une permission de six mois en France, il retourna avec sa femme à Saint-Pierre-et-Miquelon où il débarqua le . Le mai, il rallia une goélette à voile dénommée La Gentille.
Le , Émile de Bray quittait la goélette et s’embarquait dès le lendemain sur le transport militaire La Perdrix qui le déposa à Brest le suivantPhilippe Henrat, Une campagne dans les régions arctiques : journal de l'enseigne de vaisseau Émile Frédéric de Bray à bord de la frégate HMS Resolute (1852-1854), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Brest (mémoire de maîtrise d'histoire), 8 janvier 1981, 3 volumes, page 122.
C’est à ce moment-là que commencèrent ses problèmes de santé puisqu’après sa permission de 3 mois, il demanda un prolongement de congé étayé par un certificat médical attestant qu’il souffrait d’une affection rhumatismale vague imputable à ses dernières campagnes dans les régions septentrionales et parcourant successivement les genoux, les épaules, le thoraxmarine CC7 324, n°16 bis.
Le il s'embarqua sur son nouveau bâtiment le vaisseau mixte de Le Breslaw, commandé par le capitaine de frégate Geoffroy. Il quitta ce navire le . L'appréciation de son supérieur, le capitaine de vaisseau Robin était élogieuse :
Durant on séjour sur Le Breslaw, Émile de Bray fut de nouveau victime d'un accident de santé, plus grave que le précédent. Cet incident fut l'objet d'un certificat médical établi par le chirurgien major du Breslaw et joint à son dossier personnel. La conclusion était la suivante :