Le canal de la Gravona était un ouvrage d'art chargé d'acheminer les eaux de consommation à la ville d’Ajaccio. Sa prise d'eau débutait sur le barrage de Peri de la rivière Gravona. Son nom générique, non employé, était l'aqueduc d'Ajaccio. A son arrivée dans un bassin sur les hauteurs d'Ajaccio, l'eau n'était pas de qualité potable, ce canal mal entretenu, fut abandonné vers 1995.

Histoire

Il est bien difficile de s’imaginer qu'aujourd’hui que seule la dernière génération d’Ajacciens n’a pas connu le problème du manque d’eau. Lorsque la ville d’Ajaccio fut fondée par Gênes il y a plus de cinq cents ans, seul l’intérêt défensif du lieu d’implantation fut pris en compte. La ville manquera cruellement d’eau jusqu'à la période française où l’on va alors, enfin, se soucier de développer, embellir et assainir la ville impériale. Pour ce faire, l’administration royale va, entre autres, amorcer des travaux destinés à résoudre le problème de l’eau. Il faudra encore attendre le Premier, puis le Second Empire, pour que soient réalisés à grands frais, des travaux d’adduction de l’eau. fera amener en ville les premières eaux de sources (captage et d'adductions de plusieurs sources situées sur les collines entourant la ville à + 590 mètres d’altitude, dont les sources de Canneto sur le flanc Est et Lisa, sur le flanc Ouest de la pointe Pozzo di Borgo). C'est Napoléon qui demandera, vers 1807, que l'on étudie la faisabilité d'une dérivation de la Gravona pour amener l'eau jusqu'à Ajaccio, et Napoléon III qui lancera enfin la construction du canal (Décret du , Le Moniteur Universel du , n° 8, p. 33).

Ce canal à ciel ouvert, amène les eaux captées de la Gravona sur 19 kilomètres, depuis le barrage de la commune de Peri jusqu’aux bassins de réception de Canneto, sur les hauts-quartiers de la ville. Il est destiné prioritairement à la consommation ajaccienne, mais aussi à l’irrigation des terres qu’il traverse. Il emprunte sur tout son parcours une série d’ouvrages d’art qui, bien que peu élaborés pour la plupart, ne manquent pas de charme. L’eau du canal arrivera en ville en 1878. Dix ans plus tard, Ajaccio disposera enfin d’un réseau cohérent de distribution des eaux. Deux types de bornes fontaines publiques distribueront l’eau à la population : Les fontaines rouges offriront l’eau potable issue de l’adduction des eaux de sources, dite de Lisa (Premier Empire). Les bornes de la Gravona distribueront l’eau du canal qui n’était pas propre à la consommation mais destinée à l’usage domestique au (Second Empire). Arrosages, lavages du linge ou toilettes corporelles.

Bien que l’eau du canal soit rendue potable juste après la Seconde Guerre mondiale, la population restera toujours réticente à boire cette eau et demeurera tributaire du faible débit des eaux de source qui ne présenteront pas pour autant les garanties sanitaires attendues. En 1964, s'ajouteront après les eaux de Lisa et celles du canal de la Gravona, une troisième ressource en ville : l’eau du Prunelli. Dès lors la ville disposera d’une eau abondante et de grande qualité. Les abonnements particuliers se développeront rapidement et les fontaines publiques disparaitront. Une page de l’histoire de l’eau à Ajaccio sera tournée.

C’est paradoxalement à cette période, alors qu’il ne devient plus vraiment indispensable, que le canal sera enfin géré comme il se doit par le nouveau concessionnaire des eaux de la ville : la CEO (Compagnie des Eaux et de l’Ozone). En effet, depuis la date de sa mise en service jusque dans les années 1960, le manque d’entretien, la mauvaise gestion et l’incivilité des riverains empêcheront d’exploiter le débit du canal au maximum de ses capacités et surtout auront contraint la ville au déficit en eau, alors que même à l’étiage, le débit de la Gravona aurait dû être suffisant pour amener ces eaux jusqu’en ville. S’il n’a pas complètement réglé le problème de l’eau de consommation, le canal de la Gravona a tout de même accompagné le développement de la « Cité Impériale » à la Belle Époque. Les trains et les bateaux à vapeur, grands consommateurs d’eau, auraient-ils pu s’implanter durant cette période, sans une ressource suffisante et disponible en pleine ville ? La vocation des séjours d’hivernage et l’embellissement de la ville d’Ajaccio qu’elle a entraîné, auraient-ils pu se faire sans une ressource abondante permettant l’arrosage des jardins d’ornements du cours Grandval et des premiers palmiers du boulevard Lantivy ou de la place de l’Hôtel de ville ? La CEO cessera d’exploiter le canal en 1985, date à laquelle la dérivation n’aura plus pour vocation que l’irrigation des cultures de la plaine.

Encore une fois, mal entretenu et mal géré par ses nouveaux gestionnaires, le canal cessera d'être exploité vers 1995 et commencera alors à se dégrader. Son état actuel de délabrement le rend quasiment impossible à remettre en eau. De nombreux projets d’avenir, souvent contradictoires, sont régulièrement émis, dans l'attente d’un projet mettant d’abord l'ouvrage à l’abri des dégradations, en valorisant son intérêt patrimonial.

Parcours

thumb|alt=Plan du parcours du canal de la Gravona|center|upright=2|Plan du cheminement du canal de la Gravona, de Peri, par Sarrola-Carcopino, Afa, pour conduire les eaux de la Gravona jusqu'à Ajaccio.

Caractéristiques Les principaux ouvrages du Canal de la Gravona se déclinent en vingt-quatre ponts-aqueducs d'importance variable, deux siphons, plusieurs ouvrages permettant le passage sous les routes, un grand tunnel, de nombreux petits ponts enjambant le canal, et des murs de soutènement. Parmi les ponts-aqueducs, celui de Mezzavia est le plus ouvragé ; celui de Mezzana n'est pas le plus haut (7,5 m), mais c'est le plus long : 289 m avec 39 arches.

Les ouvrages d'art

Source Paul François Miniconi, Le Canal de la Gravona, Une petite histoire de l'eau à Ajaccio (2005)

Notes et références Notes

Références

Articles connexes Gravona Ajaccio

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