Les élections à l'Assemblée de Madrid de (en ) se sont tenues le dimanche , afin d'élire les cent onze députés de la sixième législature de l'Assemblée de Madrid.
Le scrutin voit le Parti populaire de Madrid (PPM) perdre de justesse sa majorité absolue, mais deux défections au sein de la Fédération socialiste madrilène-PSOE (FSM-PSOE) bloquent le fonctionnement de l'Assemblée de Madrid, qui se trouve rapidement dissoute sans avoir exercé ses prérogatives.
Contexte La Communauté de Madrid est depuis 1993 un fief du Parti populaire (PP), le principal parti du centre droit espagnol.
Au cours des élections autonomiques du 13 juin 1999, le Parti populaire de Madrid remporte en effet 52,1 % des voix et 55 députés sur 102. C'est la première fois qu'une force politique enchaîne deux majorités absolues à l'Assemblée de Madrid. Bien que maintenue dans l'opposition avec ses 37,2 % des voix et 39 sièges, la Fédération socialiste madrilène-PSOE repasse la barre des suffrages pour la première fois depuis 1987. C'est la Gauche unie qui en fait les frais, puisqu'elle perd et doit se contenter de 7,9 % et 8 élus.
La situation s'est dupliquée au conseil municipal de Madrid : la liste du PP vire en tête avec 49,5 %, tandis que celle du PSOE se redressent nettement, passant de 28 % en 1995 à 36 %. C'est donc encore une fois IU qui subit cette performance socialiste, chutant de 15,6 % à 8,7 %.
Les élections législatives du 12 mars 2000 vont également dans ce sens d'une domination du Parti populaire sur le paysage politique et d'un recul très net de la Gauche unie. Les conservateurs engrangent 52,5 % des voix et 19 des 34 sièges au Congrès des députés, soit une hausse de trois points et deux sièges. Tandis que les socialistes, avec 33 % et 12 élus, stagnent, l'extrême-gauche chute à 9 % et 3 députés, ce qui correspond à une division par deux de son score de 1996.
Mode de scrutin L'Assemblée de Madrid (en ) se compose de 111 députés, élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct, suivant le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne d'Hondt. Le nombre d'élus n'est pas fixe puisque le statut d'autonomie prévoit que chaque député représente .
La Communauté de Madrid constitue une circonscription unique. Seules les forces politiques – partis, coalitions, indépendants – ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau du territoire régional participent à la répartition des sièges.
Partis et têtes de liste Formation politique Tête de liste Idéologie Score en 1999 Parti populaire de MadridPartido Popular de Madrid Esperanza Aguirre Centre droitConservatisme, démocratie chrétienne, libéralisme 52,1 % des voix55 députés Fédération socialiste madrilène-PSOEFederación Socialista Madrileña-PSOE Rafael Simancas Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme 37,2 % des voix39 députés Gauche unieIzquierda Unida Fausto FernándezMaire de Rivas-Vaciamadrid GaucheCommunisme, républicanisme 7,9 % des voix8 députés
Résultats Scores +Résultats des élections à l'Assemblée de Madrid de mai 2003Résultats Madrid mai 2003 - juntaelectoralcentral.esFichier:MadridAssemblyDiagram200305.svg Parti Voix % +/- Sièges +/- Parti populaire (PP)46,67 4,4055 Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE)39,99 3,5647 8 Gauche unie (IU)7,68 0,019 1Les Verts (LV)1,38 0,690Les Verts de la Communauté de Madrid (LVCM)0,920Centre démocratique et social (CDS)0,22 0,100La Phalange (FE)0,13 0,020Parti Famille et Vie (PFyV)0,130Parti démocrate espagnol (PADE)0,12 0,020Démocratie nationale (DN)0,110 Autres partis0,66 -0 - Vote blanc1,99 0,11Suffrages exprimés99,55Votes nuls0,45Total100 - 111 9Abstention30,73Inscrits / participation69,27
Analyse Ce scrutin – dernier test national avant les élections législatives du 14 mars 2004 et le retrait de la vie politique du président du gouvernement d'Espagne José María Aznar, voit de plus qu'en 1999 accomplir leur devoir civique.
Cette forte mobilisation ne profite pas au Parti populaire de Madrid, qui progresse de seulement suffrages et stagne en sièges, alors que l'Assemblée de Madrid – en vertu de son statut d'autonomie – gagne 9 élus. En conséquence, après huit années de domination sans partage sur la scène politique régionale, le PPM perd sa majorité absolue en voix et sièges. À l'inverse, la Fédération socialiste madrilène-PSOE est la vainqueur de ce scrutin : en hausse de , elle établit son record régional, repassant le million de suffrages et les 45 sièges, une performance qu'elle n'avait réussi qu'en 1983. Elle capte ainsi 8 des 9 nouveaux sièges de parlementaire créés pour ce scrutin. Avec la petite montée de la Gauche unie, qui engrange un élu et suffrages, l'opposition de gauche cumule 56 députés et 48,64 % des suffrages exprimés.
Conséquences Alors que la gauche dispose d'une courte majorité, deux députés socialistes – Eduardo Tamayo et María Teresa Sáez – abandonnent la session constitutive du et permettent l'élection de la conservatrice Concepción Dancausa à la présidence de l'Assemblée. Tamayo justifie leur attitude par le refus de voir se former une coalition entre la FSM-PSOE et IU. Exclus du PSOE, ils passent chez les non-inscrits.
Cette crise politique conduit à l'absence de candidatures lors de la session d'investiture organisée trois jours plus tard. Alberto Ruiz-Gallardón, devenu maire de Madrid, exerce l'intérim de la direction du gouvernement. Finalement, l'Assemblée de Madrid est dissoute le et de nouvelles élections sont convoquées en octobre.
Notes et références
Annexes Articles connexes Président de la communauté de Madrid Assemblée de Madrid Élections à l'Assemblée de Madrid
2003a Madrid