La bataille de Sinjar a lieu du au lors de la seconde guerre civile irakienne. Initialement contrôlée par les peshmergas du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK), Sinjar, la plus importante ville yézidie d'Irak, est attaquée le et prise en quelques heures par les djihadistes de l'État islamique.
Au cours de l'offensive, les djihadistes massacrent ou réduisent en esclavage des milliers de yézidis et encerclent les monts Sinjar où se sont réfugiés une partie des rescapés. Le , venus de Syrie et de Turquie, les forces des YPG et du PKK, parviennent à ouvrir un corridor au nord des montagnes avec le soutien de l'aviation américaine qui commence à bombarder l'État islamique le . Les djihadistes parviennent cependant à assiéger une deuxième fois les monts Sinjar le .
Le , les peshmergas lancent une vaste offensive qui permet aux forces kurdes de repousser l'EI hors des montagnes et de reprendre une partie de la ville de Sinjar. Dans les mois qui suivent, la situation est bloquée et le contrôle de la ville reste disputé. La bataille s'achève le par la victoire des forces kurdes qui reprennent entièrement le contrôle de Sinjar après une offensive lancée la veille.
Déroulement Prise de la ville de Sinjar par l'État islamique thumb|left|upright=1.3|Vue en 2015 de la ville de Sinjar depuis les hauteurs des monts Sinjar.
Le , les djihadistes de l'État islamique attaquent les peshmergas kurdes à Sinjar, une ville de située au nord-ouest de l'Irak, dans une zone précédemment administrée par le Gouvernement régional du Kurdistan.
Les assaillants prennent rapidement l'avantage et s'emparent de la ville après quelques heures de combats. Les drapeaux noirs de l'EI sont hissés sur les bâtiments gouvernementaux.
Les peshmergas n'opposent pas une grande résistance, ils abandonnent la ville et se replient en bon ordre dans les zones montagneuses afin de recevoir des renforts. Cet abandon est vécu comme une trahison par les habitants de SinjarSamuel Forey, Irak : quand les Kurdes lâchaient les Yazidis, Le Figaro, 4 août 2016..
Dès le jour de leur entrée en ville, les djihadistes détruisent le mausolée de Sayyeda Zeinab, fille de Mahomet, qui était un sanctuaire chiite.
Premier siège des monts Sinjar et exode des populations
thumb|left|upright=1.3|Vue en 2004 d'un temple yézidi au sommet des monts Sinjar.
La prise de Sinjar provoque la fuite vers le Kurdistan irakien de plusieurs centaines de milliers d'habitants, principalement des Yézidis mais aussi des Turcomans chiites qui s'étaient réfugiés dans cette ville. Environ se retrouvent bloqués et encerclés dans le mont Sinjar. Isolés, ils souffrent principalement du manque d'eau. Deux jours après la prise de la ville au moins sont morts de soif.
Environ Yézidis, dont des femmes et des enfants, sont massacrés par les djihadistes au cours de l'offensive. Les corps, pour certains encore vivants, sont sommairement enterrés dans des fosses communeFrancetvinfo : L'Irak accuse l'État islamique d'avoir assassiné au moins 500 Yézidis, dont certains enterrés vivants, , FranceTVinfo. Plusieurs milliers de civils sont également capturés et conduits vers Tall Afar. Les hommes sont exécutés, tandis que les femmes les plus jeunes sont réduites à l'esclavage sexuel.
Environ parviennent cependant à s'échapper des montagnes, en passant par la Syrie ; ils regagnent ensuite le Kurdistan irakien avec l'aide des forces kurdes des YPG et des peshmergas.
Intervention des Kurdes syriens et des forces aériennes de la coalition Venus de Syrie et de Turquie, les YPG et le PKK entrent en Irak pour soutenir les miliciens yézidis et ouvrir un front près de la frontière contre les djihadistes de l'EI.
De leur côté, les Américains et les Britanniques se mettent d'accord le pour effectuer des frappes aériennes afin de soutenir les forces kurdes. Ces frappes ciblées sur des véhicules de transport et des pièces d'artillerie de l'État islamique débutent dès le lendemain, le ; elles s'accompagnent de largages d'aide humanitaire dans les monts Sinjar..
Vers le , les YPG et le PKK parviennent à ouvrir un corridor qui relie le Sinjar à la frontière syrienne et à briser le siège et l'encerclement de la zone par l'EI. Les combattants kurdes perdent au moins huit hommes dans ces combats.
À la même période, des milices yézidies se forment dans les monts Sinjar : les HBS et les YBS, les premiers soutenus par le Gouvernement régional du Kurdistan, les seconds entraînés et équipés par les YPG et le PKK. Ces forces compteraient au total à combattantsEzidi Press : IS-Terror in Shingal: Wer kämpft gegen wen? Ein Überblick.
Le , les peshmergas reprennent le contrôle de la ville de Rabia, après des combats ayant fait au moins 12 morts chez les djihadistes. Seule une dizaine d'hommes de l'EI résiste quelque temps dans une clinique malgré des frappes de l'aviation britannique contre ce bâtimentIrak: des djihadistes assiégés dans une clinique, Le Figaro octobre 2014. VIDEO. Bataille stratégique entre Kurdes et jihadistes à Rabia, dans le nord de l'Irak, France info, 2 octobre 2014.Les Kurdes reprennent du terrain aux djihadistes en Irak, boursorama.com, 30 septembre 2014..
Deuxième siège des monts Sinjar upright=1.3|thumb|left|Combattantes yézidies des YBS.
Le , 300 combattants de l'EI s'emparent de plusieurs villages yézidis, provoquant la fuite des habitants. Le 22, les djihadistes mettent pour la deuxième fois le siège sur les monts Sinjar, où vivent encore familles yézidies défendues par les YBSlorientlejour.com : Irak : les jihadistes de l'EI assiègent de nouveau le Mont SinjarReuters : L'État islamique lance un nouvel assaut contre les Yazidis et des troupes du PKKMédiapart : Des milliers de civils menacés dans les monts Sinjar, soit au total combattants kurdeslalibre.be : La guerre en Irak est "différente" cette fois-ci. Selon Reuters les YPG affirment de leur côté avoir 500 hommes dans le massifzonebourse.com : Des combattants kurdes, yazidis tentent de reprendre Sindjar à l'EI.
La coalition mène ponctuellement quelques frappes. Ainsi le , deux avions Rafale français détruisent un check-point de l'EI au sud-ouest du mont SinjarL'armée française détruit un check-point du groupe État islamique en Irak, , FranceTVinfo..
Le , les peshmergas du PDK lancent une offensive depuis Rabia et Zoumar afin de reprendre Sinjar et sa régionLe Monde : Irak : offensive kurde pour reprendre la région de Sinjar aux djihadistes, . Ils sont soutenus par la coalition qui intensifie ses raids en engageant 15 avions qui mènent 45 raids du 15 au et détruisent 50 ciblesL'Obs avec AFP : Irak : 61 raids aériens contre l'État islamique en 3 joursnouvelobs.com : La coalition contre le groupe EI a mené 61 raids aériens en Irak depuis lundi, 45enord.ca : Les CF-18 en action pour aider les kurdes à briser le siège du Mont Sinjar, The Guardian : Australian Super Hornets strikes helped turn back Isis fighters at Mount Sinjar, . Le 18, les Kurdes progressent sur une centaine de kilomètres carrésLe Figaro : Irak : Daech perd du terrain face aux Kurdes, et dans la soirée ils atteignent le mont Sinjar et brisent le siège des djihadistesnouvelobs.com : Irak: des chefs de l'EI tués, les peshmergas brisent le siège du Mont Sinjar, . Un nouveau corridor est ouvert pour permettre le ravitaillement ou l'évacuation des milliers de civils toujours présents dans la montagneLe Monde : En Irak, les combattants kurdes reprennent du terrain à l'État islamique, RFI : La percée peshmerga va permettre d'évacuer les civils du mont SinjarLe Monde : Les yézidis du mont Sinjar libérés de la menace djihadiste, par Allan Kaval.RFI : Avancée kurde en Irak: les peshmergas et Washington enthousiastes.
Contre-offensive kurde sur la ville de Sinjar en décembre 2014 thumb|upright=1.4|Carte de l'offensive kurde sur Sinjar en décembre 2014.
Le , les peshmergas poursuivent leur offensive au sud de Rabia afin de reprendre le contrôle de la frontière, ils atteignent également les abords de la ville de Sinjar. De leur côté les YPG progressent également côté syrien et prennent le contrôle de huit villagesnouvelobs.com : Les jihadistes visés par une nouvelle offensive kurde en Irak et en Syrie. Le 21, Massoud Barzani se rend sur les monts Sinjar pour célébrer contre l'État islamique. Il annonce que les peshmergas sont entrés dans la ville de Sinjar et qu'ils auraient libéré une grande partie du centre-ville. À ce moment, les Kurdes affirment également avoir repris environ carrés aux djihadistesRFI : Irak: après le mont Sinjar, les peshmergas visent MossoulLe Monde.fr : En Irak, Kurdes et Yézidis célèbrent la fin du siège du mont Sinjarlorientlejour.com : Le chef des Kurdes d'Irak célèbre la levée du siège du Mont Sinjar. Le combat s'engage dans la ville de Sinjar, où malgré une dizaine de frappes aériennes de la coalition, les Kurdes se heurtent à une forte résistance des djihadistes divisés en plusieurs petits groupesAP : Irak: les kurdes avancent dans la ville assiégée de Sinjar. Le , les djihadistes contrôlent toujours les deux tiers de la ville, ils incendient plusieurs bâtiments dans le but de brouiller la visibilité des avions de la coalitionRFI : Irak: féroce offensive des peshmergas pour libérer Sinjar. De leur côté, les peshmergas évacuent une partie de la populationIrak : Irak: vol au-dessus de Sinjar, en proie aux combats.
Cependant en janvier, des miliciens yézidis commettent un massacre à Jiri et Sibaya, deux villages arabes sunnites de la région de Sinjar. Selon Amnesty International, 21 civils sont tués, pour moitié des hommes âgés, des handicapés, des femmes et des enfants ; 40 autres personnes sont enlevées, dont 17 étaient toujours portées disparues en juinLe Monde : Les yézidis accusés de massacre en Irak.
Dans les mois qui suivent, la ligne de front n'évolue guèreSur le front de Sinjar, les Kurdes hésitent à lancer l'assaut contre l'EI, lepoint.fr, 31 août 2015.. En juin 2015, l'État islamique contrôle toujours 70 % de la ville de Sinjar Vice news : Cloués au sol par l'organisation État islamique - Sur la route de Mossoul (1/3).. Les combattants se font face à moins de sur certains points de la ville, ponctuellement les djihadistes mènent des attaques-suicides avec des véhicules piégés.
Offensive kurde de novembre 2015 thumb|upright=1.3|Peshmergas à Sinjar, début novembre 2015. thumb|left|upright=1.3|Ligne de front en Syrie et en Irak le 12 novembre 2015.
Le , les forces kurdes lancent une grande offensive en vue de reprendre la ville de Sinjar et couper l'autoroute 47 qui relie Mossoul à la Syrie. Après 24 frappes aériennes de la coalition et des barrages d'artillerie, peshmergas et miliciens yézidis des HBS sont engagés dans les combats. Basés dans les Monts Sinjar, les forces liées au PKK ; les HPG, les YPG et yézidis des YBS, forts d'environ combattants, prennent également part aux combats. Les djihadistes ne sont pas surpris par l'offensive, ils ont envoyé des hommes en renfort à Sinjar, mais ils demeurent cependant très inférieurs en nombre par rapport aux Kurdes. Selon les estimations américaines, l'EI ne compte alors que 300 à 600 hommes à Sinjar mais la ville et ses environs ont été massivement minésIrak : vaste offensive des Kurdes irakiens pour reprendre Sinjar à l’EI, France 24 avec AFP, 12 novembre 2015. Offensive kurde contre l’EI : "Les membres de l’État islamique s’attendaient à cette attaque", France 24, 12 novembre 2015.Les Kurdes irakiens lancent la bataille de Sinjar contre l'EI, lexpress.fr, 12 novembre 2015.Jean-Pierre Perrin et Luc Mathieu, L’État islamique sur la défensive, Libération, 12 novembre 2015.Mohammed A. Salih, With the Islamic State gone from Sinjar, Kurdish groups battle for control, Al-Monitor, 10 décembre 2015..
Au même moment en Syrie, les Forces démocratiques syriennes, dont les YPG constituent la force principale, mènent une offensive dans la zone de al-Hol, près de la frontière irakienne.