L'YJ-12, ou Ying Ji-12 (en , signifiant ), est un missile antinavire supersonique chinois développé dans les années 1990. En partie à cause du peu d'informations disponibles sur cet équipement, l'YJ-12 est fréquemment confondu avec l'YJ-22, l'équivalent chinois du missile soviétique P-270 Moskit. Il est aussi parfois confondu avec l'YJ-91 par les observateurs extérieurs à la Chine.

Il est entré en service au tout début des années 2000.

Développement Le C-803, un autre missile antinavire chinois, est capable d'atteindre des vitesses supersoniques lors de la phase finale de son approche sur sa cible. Il ne peut cependant pas être déclaré comme étant un véritable missile supersonique, car la majeure partie de son vol de croisière s'effectue à une vitesse subsonique.

Au début des années 1990, le conseil des affaires de l'État et la commission militaire centrale donnèrent l'ordre de commencer le développement d'un missile antinavire qui soit réellement supersonique, capable de voler à des vitesses supérieures à Mach 1.0 durant la totalité de son temps de vol. La de conception du ministère aérospatial chinois, plus tard réorganisée et dénommée CHEMTA (China Sea Eagle Electromechanical Technology Academy, 中国海鹰机电技术研究院), fut choisie et désignée comme première partie prenante dans le projet, étant désormais responsable du système dans son ensemble, alors que les et de recherches, ainsi que l'académie de recherches navales furent désignés comme sous-traitants. Les instituts de recherche furent nommés responsables de la conception aérodynamique du futur missile, alors que l'académie navale fut désignée responsable de la mise au point de son système de guidage.

Le premier test réussi de l'YJ-12 fut accompli en 1997. Tous les tests au-dessus des terres, afin de tester les sous-systèmes, furent effectués cette même année, et la plupart des tests au-dessus de l'eau furent effectués l'année suivante. Après une série de mises à jour majeures, le missile reçut la certification de l'État en octobre 1999 et entra en service en nombre très restreint à des fins d'évaluation opérationnelle. La rumeur prétendit que les Chinois n'avaient alors qu'une confiance assez limitée dans leur premier missile supersonique indigène, et que le missile C-803 avait été développé en parallèle, afin de pouvoir disposer d'une solution de rechange si le premier n'avait pas complètement rempli son contrat.

Une pratique habituelle des producteurs d'armes chinois consiste à dévoiler et faire de la publicité pour leurs futurs produits sur les salons et les exhibitions militaires, afin d'attirer des clients potentiels et de cette manière récolter des fonds supplémentaires via le marché d'exportation. D'après les médias internet chinois, ce serait de cette manière que l'YJ-12 aurait fait ses débuts en public lors des salons aéronautiques de Zhuhai, sous la forme provisoire d'une maquette à l'échelle.. Peu de temps après, le missile avait complètement disparu des meetings suivants, ce qui prouva, aux yeux des experts chinois, que le missile avait obtenu d'importantes commandes de la part des forces armées du pays. La commande effectuée par les militaires chinois avait apporté des fonds suffisamment conséquents pour ne plus avoir nécessairement recours au marché d'exportation, ce qui expliquerait pourquoi la publicité faite autour du missile avait simplement disparu.. Le missile YJ-12 ne réapparaîtra pas avant le aéronautique de Zhuhai, en novembre 2012, d'ailleurs toujours sous la forme d'une maquette.. La production en série commença en janvier 2004, après une série de ce que les Chinois appellent . Les sources chinoises ont affirmé que le nombre total d'exemplaires du missile en service au sein des forces du pays est d'au-moins 816 unités, incluant également les unités de présérie fabriqués avant l'année 2000. Ce chiffre demeure toutefois à confirmer par des sources extérieures ou indépendantes.

D'après les concepteurs chinois, l'YJ-12 peut être lancé depuis une grande variété de plateformes, incluant des aéronefs, des navires de surface, des véhicules ou des batteries côtières fixes. Cependant, depuis ses brefs débuts en public à Zhuhai, le missile n'a été vu que transporté par un Xian JH-7, à raison d'un exemplaire sous chaque aile.

Caractéristiques À l'origine, dans les années 1990, les analystes occidentaux pensèrent que l'YJ-12 serait quelque chose d'assez similaire au missile français ASMP (Air-Sol Moyenne Portée). Toutefois, les dernières vidéos publiées sur le net montrent qu'il en est en fait complètement différent.. Contrairement à l'ASMP, qui est essentiellement un missile air-surface, l'YJ-12 fut d'abord développé comme missile antinavire puis comme missile antiradar. Sa version aéroportée d'attaque terrestre ne fut que sa dernière évolution. D'après les ingénieurs chinois, la raison de la ressemblance supposée de l'YJ-12 avec l'ASMP vient du fait que cet arrangement aérodynamique est le meilleur compromis possible afin de pouvoir répondre aux impératifs de performance désirés. Cette caractéristique donne à ces deux missiles des aspects très similaires sur le plan esthétique.

La propulsion est confiée à un statoréacteur, doté d'un accélérateur à poudre intégré, qui serait essentiellement basé sur le propulseur équipant déjà le missile Kh-31 russe, et qui aurait été développé pour l'YJ-12 avec leur aide. Cette contribution serait peut-être également responsable de la confusion parfois persistante entre les systèmes YJ-12 et YJ-91. Lors de ses débuts, l'arrangement latéral du moteur était le même que celui de l'ASMP.. Beaucoup d'experts militaires chinois affirment que le développement couronné de succès de l'YJ-12 serait la principale raison pour laquelle la Russie autorisa l'export du missile Kh-31 (et même du Moskit) vers la Chine. Toutefois, toutes ces affirmations sont fortement démenties par le constructeur, et lorsque des questions furent posées à ce sujet lors des salons aéronautiques précédents à Zhuhai, les concepteurs chinois répondirent qu'ils n'avaient même pas eu connaissance de tels propos. Même le gouvernement chinois ne donna aucune confirmation de telles affirmations. Le développeur du missile affirma que le Kh-31, et son équivalent chinois YJ-91, jouaient sur un tableau différent de celui de l'YJ-12, ce dernier ayant une portée plus importante, et qu'au lieu de se confronter, les deux missiles étaient complémentaires, l'YJ-91 étant utile pour les cibles proches et l'YJ-12 pour celles étant plus éloignées.

L'YJ-12 serait le premier missile antinavire supersonique chinois à incorporer une conception modulaire dans son développement, et environ une douzaine de versions dérivées auraient été développées ou seraient en cours de mise au point. En plus de la version de base antinavire, des versions antiradars et d'attaque terrestre ont aussi été développées. La plus économique de toutes est la version « tire et oublie » d'attaque antinavire, dépourvue de toute forme de système de liaison de données. Concernant les autres versions, bien plus chères, il n'est actuellement pas possible de déterminer si elles sont déjà en service ou si elles sont encore en cours de développement (en raison de la disparition du missile sur les expositions internationales après ses premières apparitions avant l'an 2000). La plupart des techniques embarquées par le missile sont dérivées de celles déjà présentes dans le C-803, mais un tout nouveau circuit intégré à technologie VLSIC (intégration à très grande échelle) fut développé spécifiquement pour lui par le de recherches de l'ex-ministère aérospatial chinois. Il participe à la fois à employer le radar du missile ainsi que ses contremesures électroniques. La capacité de calcul et de traitement du nouveau composant serait tellement supérieure à celles du composant équipant le C-803 que le système pourrait s'accommoder du radar hautement numérisé de l'YJ-12 et même améliorer ses capacités sans opérer aucun autre changement. Toutefois, en raison des limitations et du retard important de l'industrie microélectronique chinoise, le coût à l'unité de ce composant est exorbitant, ce qui augmente également le prix total du missile. Le prix à l'unité d'un YJ-12 à la fin des années 1990 était de 1.8 million de dollars américains, soit plus de deux fois le prix d'un Harpoon américain. L'autodirecteur radar coûte , alors que le système de traitement des données (qui assure également le rôle de contre-mesures électroniques) coûte à lui seul . Le coût total de ces seuls sous systèmes atteint déjà quasiment la moitié de celui du missile dans son ensemble.

D'après le développeur du missile, il existerait trois catégories d'YJ-12. La catégorie « tire et oublie » fut la première à avoir été conçue, et la suivante fut équipée d'une liaison de données additionnelle à sens unique, ce qui permettait aux pilotes de changer de cible même après le tir du missile. La dernière catégorie fut équipée d'une liaison de données bidirectionnelle, ce qui permettait aux pilotes de voir également les informations concernant la cible que l'autodirecteur avait accrochée. Quelques experts chinois ont malgré tout affirmé qu'exceptée la première catégorie, aucune des deux autres n'avait dépassé le stade du développement, en raison principalement d'un manque de fonds, causé probablement par le prix unitaire exorbitant du missile.

La portée du missile est habituellement de 250 à , en profil de vol High-LowHigh-Low (« haut-bas »), signifie que le missile vole d'abord à haute altitude puis redescend avant d'aller toucher sa cible., mais des plans de vol alternatifs sont également possibles afin d'augmenter cette portée à près de .. Comme le Kh-15 russe, le missile grimperait à une altitude élevée (environ ) pour son vol de croisière et plongerait au tout dernier moment pour aller s'écraser en piqué sur sa cible. Beaucoup de sources chinoises affirment que cette capacité intégrée au missile serait largement basée sur les techniques du Kh-15, mais elle n'est toutefois disponible que sur les versions antinavires de l'YJ-12. Depuis que le missile a été retiré des expositions publiques, ces affirmations restent cependant à confirmer par des sources indépendantes. La seule confirmation du gouvernement chinois, lors du aéronautique de Zhuhai au troisième trimestre de 2006, concerne la vitesse du missile, qui est d'environ Mach 4.0 lors du vol de croisière et de l'attaque finale. Il a également été confirmé que les missiles étaient habituellement transportés sur les pylônes d'emport les plus intérieurs de l'avion JH-7A, comme montré sur le modèle de l'exposition.. Le guidage de mi-course du missile est confié à une plateforme inertielle associée à un récepteur GPS, même si le développeur a affirmé que d'autres systèmes de navigation satellitaire pouvaient également être incorporés.