Bakhdida ou Baghdeda (en , en ), dénommé en turc ottoman Qaraqoch, est une ville du nord de l'Irak, dans le district d'Al-Hamdaniya de la province de Ninive. Il s'agit de la plus grande ville Assyrienne chrétienne d'Irak.
Description et histoire L'ancien nom « Bakhdida » apparaît dans les manuscrits syriaques sous le nom de « Baith Khodida », qui signifie « la maison des dieux ».
La ville est située à environ au sud-est de Mossoul, à proximité des ruines des anciennes cités assyriennes de Nimroud et de Ninive.
La ville vit essentiellement de l'agriculture et du travail du cuir.
La grande majorité de ses habitants sont des Assyriens descendant des anciens Assyriens, dont beaucoup parlent encore la langue Araméenne (le Soureth). Plus de 96% d'entre eux appartiennent à l'Église catholique syriaque, les autres à l'Église syriaque orthodoxe.
Les vagues de violence qui ont frappé les chrétiens d'Irak depuis les années 2010 les ont conduits à se réfugier dans la plaine de Ninive. De nombreux réfugiés fidèles de l'Église catholique syriaque et de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient se sont installés dans la ville.
Les langues parlées sont l'arabe ainsi que le syriaque, dans sa variante de la plaine de Ninive.
Le , Bakhdida tombe aux mains des djihadistes de l'État islamiqueLa plus grande ville chrétienne tombe aux mains des djihadistes.. Les pechmergas se replient sans combattre et la population s'enfuit pendant la nuit pour se réfugier à ErbilAdrien Jaulmes, Des chants montent à nouveau de l'église dévastée de Qaraqosh, Le Figaro, 29 novembre 2016.. Pendant deux ans, la ville est occupée par les djihadistes qui saccagent la cathédrale et plusieurs bâtimentsIrak: première messe d'espoir à Qaraqosh après d'occupation jihadiste, AFP, 30 octobre 2016.. Au cours de cette période, la ville est pratiquement vide de toute population civile, seul un tout petit nombre d'habitants chrétiens restent sur placeBilly Briggs, Avec les Irakiens qui protègent leur ville détruite par l'EI, VICE News, 19 juin 2017.. Bakhdida est reprise par l'armée irakienne et les milices Assyriennes chrétiennes des NPU et du groupe Babylone le , lors de la bataille de MossoulThierry Oberlé, Dans Qaraqosh la chrétienne, libérée, Le Figaro, 24 octobre 2016.Allan Kaval, Irak : deux ans après sa prise par l’EI, les chrétiens retournent à Karakosh, Le Monde, 25 octobre 2016. VIDEO. Les forces irakiennes libèrent la ville chrétienne de Qaraqosh, France info, 29 octobre 2016.. Après les combats, la ville est en grande partie détruite : 36 % des maisons ont été incendiées par les djihadistes et 62 % ont été endommagées par les combats..
Le , dans le cadre de son voyage apostolique en Irak, le pape François visite Bakhdida.. Il est accueilli par des fidèles à l’église de l’Immaculée‑Conception où il prie l’Angélus avec la communauté locale..
Le , un incendie s'est déclaré dans la salle de mariage d'Al Haytham lors d'un mariage chrétien dans la ville, tuant au moins et en blessant 150..
Édifices religieux La ville compte plusieurs édifices religieux saccagés par les djihadistes entre 2014 et 2016, dont la cathédrale al-Tahira (de l'Immaculée-Conception), incendiée et vandalisée, l'église Saint-Jean ou encore l'église Saint-Paul, laquelle avait été transformée en mosquéeSylvain Tesson, « Les chrétiens d'Irak retrouvent leurs églises », Le Figaro Magazine, semaine du 18 novembre 2016, pages 56-66..
L’église Mart Schmouni de Bakhdida dispose d'un portail royal dont le linteau et les montants sont ornés de bas reliefs du représentant des personnages de type mongol (enfants de Mart Shmouni, Maccabées, personnage tenant deux lions en laisse...)..
Culture Entre la fin du et le début du , à l'occasion des fêtes chrétiennes et les dimanches, les femmes de Bakhdida ont coutume de revêtir un costume brodé propre à la mode vestimentaire du nord de l'Irak. Faites de laine ou de poil de chèvre et de fils de coton satiné, ces robes sont fabriquées par les habitants de chaque village : une fois la laine tondue, lavée puis filée, elle est teintée avec des couleurs naturelles, suivant les ressources de la région. Le plus souvent, la robe est de couleur noire. Le costume évolue et se dote de couleurs plus chaudes et éclatantes lorsque les habitants substituent à l'artisanat de tissage manuel l'usage d'une machine pour fabriquer les tissus. Les femmes de Bakhdida se distinguent dans la confection de ces robes, lesquelles reflètent leur patrimoine et leur culture. Elles privilégient notamment les références naturelles dans la broderie du panneau central, en particulier des fleurs (chrysanthèmes, anémones, jasmins), des arbustes, des oiseaux, ou encore des caprinés. Figurent parfois de petits personnages, hommes et femmes : c'est notamment le cas d'une robe brodée chuqta recueillie à Bakhdida par le père Patak, aujourd'hui conservée par le musée du Quai Branly à Paris. La robe s'accompagne également d'un manteau (tcharouka), étoffe en laine de forme rectangulaire brodée dans le même style que la robe. À Bakhdida, ce manteau a la spécificité d'être brodé de manière assez dense sur de la laine colorée.
Études Christian Lochon, Qaraqoche ou la disparition des chrétiens de la plaine de Ninive, dans Perspectives et Réflexions , 2015, Œuvre d'Orient, Paris
Personnalités liées Basile Georges Casmoussa (1938), évêque syro-catholique de Mossoul ; Yohanna Petros Mouche (1943), évêque syro-catholique de Mossoul. Voir aussi Monastère Saint-Jean-de-Dailam
Notes et références
Liens externes L´église Al Tahira de Qaraqoch L'église Mar Behnam et Sarah de Qaraqoch L´église Mar Guorguis de Qaraqoch L´église Mar Yacoub al Mouqataa L´église Mart Schmouni L'église Mar Sirkis et Bacchus de Qaraqoch
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