, né le et mort le , est un poète et traducteur roumain.
Biographie Il est le fils de et . Dans les années 40, devant les menaces dont les Juifs étaient l'objet, Nadejda a intenté un procès en paternité à Naum, obtenant que l'acte de naissance de Leonid soit modifié et qu'il soit considéré comme un enfant naturelLeonid Dimov, Scrisori de dragoste, étude introductive de Corin Braga, Bucarest, Polirom, 2003. Il fut élevé par ses grands-parents, Teodor (prêtre devenu plus tard également député) et Mitrodora Dimov, à Kiev puis bientôt à Bucarest. Adolescent, il adopta brièvement l'idéologie antisémite du mouvement légionnaireDan C. Mihăilescu, Ultraînviera lui Dimov, Ziarul financiar, 21 janvier 2004.
Il étudia au lycée Sfântul Sava, où il publia deux poésies dans le journal du lycéeEugen Simion, , vol. III, p. 31, Bucarest, Litera, 2002. Il s'inscrivit en faculté de philosophie en 1944, puis en mathématiques et en sciences naturelles mais abandonne ses études, ne pensant pas que la science permette de parvenir à la vérité.
En 1957, Dimov urina sur une statue de Staline dans le parc Herăstrău, qui était renommé à cette période parc Staline ; le poète fut incarcéré pour outrage à la prison de JilavaCaiete critice [Cahiers critiques], mars-avril 1992, p. 26 et 45-47. Entretemps, la statue fut démontée et la peine de Dimov fut limitée à sa détention préventive.
Il devint traducteur et correcteur et publia son premier recueil de poèmes en 1966, puis à intervalles réguliers environ un par an. Il s'est marié deux fois et a eu un enfant en 1952. Il a également adopté la fille de sa seconde épouse et du poète Teodor Pâcă. Dimov fit partie, avec Dumitru Tsepeneag, du groupe des poètes oniriquesPetre Raileanu, Gherasim Luca, Oxus Éditions, collection Les Roumains de Paris, Paris, 2004, p.103, qui s'est dissous sous la surveillance de la Securitate durant les années 70..
Il a mené une vie de bohème, tirant essentiellement ses ressources du Fonds littéraire roumain. À son enterrement, cinq écrivains étaient présents, sur les 2000 que comptait l'Union des écrivains à cette époqueEugen Simion, Caiete critice, mars-avril 1992, p. 27.
Œuvre littéraire Influences Dimov citait Dostoievski comme son mentor spirituel. Il appartenait au groupe des oniristes, avec notamment Tsepeneag et , étant leur protecteur. Ce groupe se caractérisait par une position critique vis-à-vis du régime communiste, même si Dimov montrait dans l'ensemble peu d'intérêt pour la politique, et par une poésie qui essaie de reconstituer le monde des rêves. Parmi les classiques il citait Creangă, Eminescu ou encore Coşbuc. Assez tard dans sa vie, Mircea Cărtărescu lui rendit brièvement visite : beaucoup ont souligné son influence sur ses premiers poèmes. Le prosateur le qualifie de seul grand auteur balkanique roumain depuis Anton Pann : on ressent, dit-il, dans les poésies de Dimov, "l'âme du vieux Bucarest". Selon Marin-Victor Buciu, en tant que post-moderne, Leonid Dimov n'était intolérant qu'envers l'intoléranceMarin-Victor Buciu, Leonid Dimov (1926-1987) in Seine et Danube n°6, Paris, 2005, Paris-Méditerranée, p. 31.
Poésies Pour , la poésie de Dimov, notamment dans Carte de vise, évolue dans un territoire pur, anhistorique, sans préoccupations logiques ou causales, comme dans les Souvenirs d'enfance de Creangă. Andreia Roman relève que Dimov, comme dans les rêves, décrit fréquemment un décor du quotidien avec d'abondants détails, d'où surgit soudain un événement inattenduAndreia Roman, Littérature roumaine / Literatura româna, Paris, Non-Lieu, 2013, p. 157-158. Mihai Neagu Basarab indique, dans le même ordre d'idées, que Dimov avait "le sourire le plus inquiétant de la littérature roumaineMihai Neagu Basarab, Ultima boemă bucureșteană (1964-1976), p. 10, Onești, Magic Print, 2013.". Marian-Victor Buciu indique que pour Dimov, le rêve était un moyen de déchiffrer l'universMarian-Victor Buciu, Onirisme esthétique (structurel) et surréalisme in Seine et Danube 3, Paris-Méditerranée, Paris, 2004, p. 128.. Selon Nicolae ManolescuNicolae Manolescu, Istoria literaturii române pe înțelesul celor care citesc [L'Histoire de la littérature roumaine à la portée de ceux qui lisent], p. 237, il s'agit [...] "d'un voluptueux des matières exotiques, pittoresques, luxueuses, ainsi qu’un fantaisiste de la domesticité, non dépourvu d’une immanquable pointe d’humour. Son lyrisme métronomique n’exclut pas d’amples volutes qui sont celles d’une imagination ivre d’elle-même. Son lexique est baroque et opulent."
Traductions Le poète a également eu une activité importante de traducteur, reconnue par le prix de l'Union des écrivains en 1979. Il maîtrisait plusieurs langues (russe, italien, français) et a pu traduire de nombreux auteurs en roumain.
Deux de ses poèmes, Jenny et les quatre sergents et Saut ont été traduits par Ion Pop et Serge Fauchereau dans Les Lettres Nouvelles., collection dirigée par Maurice Nadeau, numéro spécial de paru sous le titre d'Écrivains roumains d'aujourd'hui, p. 126-129.
Liste des principales œuvres Poésies [Poèmes], Bucarest, 1966 [7 poèmes] , Bucarest, 1968 [Sur les rives du Styx], Bucarest, 1968 [Livre de rêves], Bucarest, 1969 (en collaboration avec ), Bucarest, 1970 [Signes célestes], Bucarest, 1970 [Ouvertures], Bucarest, 1972 , Bucarest, 1973 [Souvenirs] (en collaboration avec et ), Bucarest, 1973 [Au bout], Bucarest, 1974 [Litanies pour Horia], Cluj, 1975 [La Dialectique des âges], Bucarest, 1977 [Jeunesse sans vieillesse], Bucarest, 1978 [Spectacle], Bucarest, 1979 [Textes], Bucarest, 1980 [L'éternel retour], Bucarest, 1982 , édition établie par Marina Dimov, Bucarest, 1991
Traductions
Emma Vygodskaya, [Un dangereux fuyard], Bucarest, 1955 A.F. Tresnikov, [Histoire de la recherche et de la découverte de l'Antarctique], Bucarest, 1965 René Marill Albérès, Histoire du roman moderne, Bucarest, 1968 Marcel Raymond, De Baudelaire au surréalisme, Bucarest, 1970 Curzio Malaparte, Sodome et Gomorrhe, Bucarest, 1970 Andreï Biély, Poésies, Bucarest, 1973 Artem Vesely, [Festoie, Volga], Bucarest, 1973 G.B. Marino, Florilège, Bucarest, 1976 Lermontov, Poésies, Bucarest, 1977 René de Solier, L'Art fantastique, Bucarest, 1978 Gérard de Nerval, Poésies, Bucarest, 1979 L.N. Tolstoi, Enfance et adolescence, Bucarest, 1980
Notes et références
Annexes Articles connexes Littérature postmoderne, Liste de romans postmodernes Liens externes
Corina Sabău, "Le poète Leonid Dimov", entretien avec Luminiţa Corneanu sur RRI: http://www.rri.ro/fr_fr/le_poete_leonide_dimov-22118
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