Ekvtimé Takhaïchvili (), né le à Likhaouri (gouvernement de Koutaïssi, Empire russe) et mort le à Tbilissi (République socialiste soviétique de Géorgie), était un historien, archéologue et homme politique géorgien. Exilé en France de 1921 à 1945 avec le gouvernement de la République démocratique de Géorgie, il y fut le gardien de son trésor national.
Biographie vignette|gauche|Une Commission de l'Assemblée constituante de Géorgie de 1918, où figure Ekvtimé Takhaïchvili.
Études et ethnographie Après des études à l'université de Saint-Pétersbourg, il enseigna l'histoire à Tiflis (entre autres au lycée pour les enfants de la noblesseUNESCO: Ekvtimé Takhaïchvili.) et s'investit dans la Société d'Histoire et d'Ethnographie de Géorgie, dont il prit la direction. Il entreprit ensuite des voyages d'étude et des fouilles archéologiques dans ce qui était le Royaume des Kartvels et qui se trouve aujourd'hui en Turquie : cathédrale de Banak, églises et monastère du défilé de Kakhouli, église d'Ekek, cathédrale d'Ochki Cathédrale d'Ochki., église d'Ichkhan, basilique de ParhalColisée : Ekvtimé Takhaichvili. Il fut aussi l'un des premiers à dater correctement les vestiges de VaniSocial Logics Under Empire: The Armenian 'highland Satrapy' and Achaemenid Rule, Ca. 600--300 BC. Lori Khatchadourian, ProQuest, 2008, page 135..
Politique Après la révolution de février 1917 et l'éphémère République démocratique fédérative de Transcaucasie début 1918, la Géorgie devint indépendante ; il fut l'un des cofondateurs de l'université de Tiflis.
En 1919, Ekvtimé Takhaïchvili fut élu à l'Assemblée constituante de Géorgie au titre de l'opposition nationale-démocrate et en devint l'un des vice-présidents, aux côtés du président Nicolas TchéidzéColisée : Nicolas Tchkhéidzé..
Lors de l'invasion soviétique de la Géorgie, l'assemblée vota l'expatriation du trésor national géorgien le et le confia à Joseph Eligoulachvili et à Ekvtimé Takhaïchvili, qui lui ne partageait pas cette position, mais accepta.
Exil et départ du trésor national Le lendemain, ils le transportèrent de Batoumi à Constantinople sur le croiseur cuirassé Ernest Renan, puis l'acheminèrent à Marseille sur le navire hôpital Biên HòaBiên Hòa. (qui doit son nom à la ville Biên Hòa).
Composé de 39 caisses, ce trésor fut transféré dans un coffre-fort de la Banque nationale. Il contenait : « des anciens manuscrits, des icones ciselées d'or et d'argent dont l'origine remonte pour certaines au , des émaux cloisonnés qui ne se fabriquaient plus que dans 3 pays du monde, des vestiges archéologiques et beaucoup d'autres trésor d'une valeur inestimable » Lili Sakhltkhutsishvili: Le Trésor récupéré Le Canard du Caucase n°2, décembre 2012.. Ekvtimé Takhaïchvili garda intègre ce trésor et refusa les offres d'achat qu'émirent différents musées, n'autorisant même pas qu'ils fussent photographiés, alors que les Géorgiens exilés connaissaient des difficultés économiques.
En 1927, Ekvtimé Takhaïchvili fut l'un des sept membres initiaux de la Société Civile Immobilière Le Foyer géorgienPhilippe Landru : Leuville-sur-Orge (91), cimetière, propriétaire de la résidence d'exil en France de la République démocratique de Géorgie, aux côtés de représentants sociaux-démocrates et sociaux-fédéralistesColisée, op. cit..
En 1933, à la suite de la reconnaissance officielle de l'URSS par les États-UnisGurian W.. USA et URSS. In: Politique étrangère N°5 - 1949 - pp. 411-420. doi : 10.3406/polit.1949.2790 Consulté le 10 août 2014 et la Société des Nations, le gouvernement géorgien en exil ne fut plus considéré comme représentatif et l'État français prit possession des biens par l'intermédiaire de Pierre Jaudon, qui aurait ensuite aidé Ekvtimé Takhaïchvili à les cacher pendant la Seconde Guerre mondialeLili Sakhltkhutsishvili, op. cit..
Retour d'exil avec le trésor national Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale, le , qu'Ekvtimé Takhaïchvili revient sur sa terre natale, convoyant en retour le Trésor national géorgien, muni d'une garantie écrite du général de Gaulle et de Staline.
Il mourut à Tbilissi, sans jamais avoir été inquiété par les autorités soviétiques.
Galerie Photos et documents issus des voyages d'étude d'Ekvtimé Takhaïchvili.
Postérité En 2013, l'UNESCO célébra au Simon Janashia Museum de Géorgie le de sa naissance et le catalogue de l'exposition lui fut dédiéCatalogue d'anniversaire de naissance..
Sources
Такаишвили, Эквтиме. Люди и судьбы. Биобиблиографический словарь востоковедов - жертв политического террора в советский период (1917-1991). Изд. подготовили Я. В. Васильков, М. Ю. Сорокина. СПб.: Петербургское Востоковедение, 2003. 496 с.
Notes et références
Liens externes
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