Les émeutes de 1962 à l'université du Mississippi () ont débuté le à l'université du Mississippi, surnommée localement . Elles ont impliqué des civils ségrégationnistes, des forces de l'État du Mississippi ainsi que des forces fédérales américaines.

Les ségrégationnistes s'opposaient à l'inscription à cette université du militaire afro-américain James Meredith.

Lors de la première nuit, deux civils ont été tués, dont un journaliste français, et près de ont été blessées. Jusqu'à la fin du conflit, environ seront blessées, dont près d'un tiers des déployés sur le campus..

Des frictions ont perduré entre les forces étatiques et fédérales au cours des semaines suivant la fin des émeutes.

Histoire Contexte En 1954, la Cour suprême des États-Unis statue dans le jugement Brown v. Board of Education que la ségrégation dans les écoles publiques est inconstitutionnelle.

La déségrégation est intervenue à Ole Miss au début des années 1960 grâce à l'action du vétéran de l'United States Air Force James Meredith de Kosciusko (Mississippi). Ses efforts furent particulièrement courageux, dans la mesure où les réactions du Docteur William David McCain et d'autres responsables politiques du Mississippi avaient été particulièrement violentes lors des tentatives précédentes de Clyde Kennard, étudiant au Mississippi Southern College (appelée aujourd'hui l'université du Sud du Mississippi), pour intégrer Ole MissThe Funding of Scientific Racism: Wickliffe Draper and the Pioneer Fund par William H. Tucker, University of Illinois Press (30 mai 2007), p. 165-66.Neo-Confederacy: A Critical Introduction, Euan Hague, Heidi Beirich, Edward H. Sebesta, University of Texas Press ( décembre 2008) p. 284-85..Medgar Evers par Jennie Brown, Holloway House Publishing, 1994, pp. 128-132..

Opposition Diplômé de l'université d'État de Jackson et vétéran de lUnited States Air Force, Meredith envoie sa candidature à l'université du Mississippi. Mise au courant de la situation, l'administration Kennedy a plusieurs discussions avec le gouverneur Ross Barnett et son équipe à propos de la protection de Meredith.

Cependant, Barnett affirme publiquement que la ségrégation se poursuivra à l'université : lors d'un discours à Ole Miss, il affirma aux étudiants qu'il "aime le Mississippi ! J'aime son peuple ! Nos coutumes. J'aime et je respecte nos traditions !"..

Toute la classe politique de l'État, qui était alors entièrement favorable à la ségrégation, manifeste son opposition totale à toute intégration : la législature de l'État vota une résolution exprimant son "mépris complet, entier et total pour l'administration Kennedy et ses tribunaux fantoches" tandis qu'en novembre, le Sénat de l'État appela à l' du président sur quatre chefs d'accusation, entre autres d'incitation à l'émeute à Ole Miss. Le , le sénateur E. K. Collins fit même à la chambre haute un discours dans lequel il affirma que .

Le général Edwin Walker, qui avait dû démissionner pour violation du Hatch Act, en raison de la propagande politique qu'il menait parmi les soldats sous son commandement, incita activement au combat contre la "tyrannie fédérale" : le , il appela les opposants à se regrouper dans un appel diffusé par plusieurs radios et, trois jours après, il réitéra ses appels dans une allocution télévisée..

Procédures légales Le , Meredith remporta un procès devant les tribunaux fédéraux en vue de son admission à l'Université du Mississippi ; à la suite de cela, l'État du Mississippi demanda plusieurs sursis, qui lui furent accordés par le juge , ségrégationniste, jusqu'à ce que ces sursis soient définitivement rejetés en ..

Il tenta d'accéder au campus le , le et encore le , mais il fut repoussé à chaque fois par le gouverneur du Mississippi Ross Barnett qui avait pris personnellement en charge les inscriptions universitaires et déclara le "aucune école ne sera intégrée au Mississippi tant que je serai votre gouverneur", ajoutant, dans le même discours, que "il n'y a pas d'exemple dans l'histoire où la race blanche ait survécu à l'intégration sociale. Nous ne boirons pas à la coupe du génocide". vignette|Le chef du United States Marshals Service (gauche) et l'assistant du procureur général aux droits civiques (droite) escortant James Meredith en classe à . Après que la Cour d'appel des États-Unis pour le cinquième circuit a reconnu Barnett et le vice-gouverneur Paul B. Johnson, Jr. coupables d'outrage à la cour et les a condamnés à une astreinte quotidienne de plus de jusqu'à ce que Meredith soit admis à l'université, celui-ci, escorté par des marshalls fédéraux, put entrer sur le campus le .

Émeutes Les frères Kennedy étaient réticents à utiliser les forces fédérales pour plusieurs raisons. Robert Kennedy espérait que les moyens légaux, conjugués à la présence des marshals, suffirait à forcer le gouverneur à se conformer aux ordres des tribunaux fédéraux. Il craignait également une « mini guerre civile » entre l'armée et les manifestants à l'image de ce qui était arrivé à Little Rock..

Il faisait enfin confiance à un accord secret et tacite avec Barnett intervenu le selon lequel Barnett déploierait des agents de la police d’État sur place pour maintenir l'ordre et ferait semblant d'avoir été surpris par Kennedy, afin d'éviter toute effusion de sang tout en permettant à Barnett de sauver la face.. Cependant, avec la montée de la violence (attaques par des snipers, cocktails Molotov), ils durent se résigner à faire intervenir les forces fédérales.

Des étudiants blancs ainsi que des manifestants venus des quatre coins de l'État voire des États voisins commencèrent une émeute sur le campus d'Oxford (Mississippi). La police d'État fut bientôt dépassée par les événements et le procureur général Robert Francis Kennedy ordonna à 500 de se rendre sur les lieux. Il semblait régner parmi certains Blancs du Mississippi l'idée que c'était là leur bataille contre l'intervention du Nord dans les affaires du Sud.

Le président John Fitzgerald Kennedy ordonna à la police militaire de lUnited States Army d'intervenir. Des milliers d'hommes, dont de lUnited States Border Patrol et de la garde nationale, ainsi que du personnel médical de lU.S. Navy, furent alors envoyés sur les lieux.

Lors de la première nuit, deux personnes furent tuées : le journaliste français Paul Guihard, envoyé par le journal londonien Daily Sketch et retrouvé derrière un édifice avec une blessure par balle derrière la tête, et Ray Gunter, un réparateur de juke-box de qui visitait le campus. Les officiers de justice ont affirmé que les deux décès ressemblaient à une exécution sommaire. La plupart des médias de l'État affirmèrent que Guihard avait été abattu par les agents fédéraux pour que l'Europe ne sache pas ce qui était vraiment arrivé à Ole Miss.

Grâce à la protection des marshalls, Meredith put finalement être admis et assister à son premier cours le . Après l'émeute, des unités d'une division de terre de la Garde nationale furent postées dans Oxford pour empêcher toute forme de violence similaire. Pour se concilier les sensibilités locales, aucun soldat noir ne fut affecté à Ole Miss..

Alors que la plupart des étudiants d'Ole Miss ne participèrent pas aux émeutes avant son admission à l'université, beaucoup le harcelèrent pendant ses deux premiers semestres sur le campus. Le procureur général de l'état demanda aux étudiants d'éviter toute fraternisation avec lindésirable..

Selon des témoignages de première main mentionnés par Nadine Cohodas dans son livre The Band Played Dixie, des étudiants vivant dans le dortoir de Meredith faisaient rebondir des ballons de basket sur le sol au-dessus de sa chambre tout au long de la nuit. Quand Meredith pénétrait dans la cafétéria pour les repas, les étudiants déjà assis pour manger lui tournaient le dos. Lorsque Meredith s'asseyait à une table avec d'autres étudiants, tous blancs, ceux-ci se levaient immédiatement pour rejoindre une autre tableNadine Cohodas, The Band Played Dixie: Race and the Liberal Conscience at Ole Miss, Free Press, , ..

Conséquences et postérité Politique James H. Meredith est le premier étudiant afro-américain à fréquenter l'université du Mississippi. Il obtiendra son diplôme en science politique le .. L'événement est considéré comme un pivot dans l'histoire du mouvement afro-américain des droits civiques.

Le gouverneur Barnett a été condamné à verser une amende de ainsi qu'à une peine de prison pour outrage au tribunal. Les charges ont été par la suite annulées par la cour d'appel à la suite de l'intégration d'Ole Miss.

Culture et mémoire Les événements ont inspiré à Bob Dylan la chanson . La partie du campus où se sont déroulés les affrontements, , a été désigné site historique national. Le , le , avec une statue à l'effigie de Meredith, est inauguré pour souligner le combat de ce dernier, et de plusieurs autres, pour l'accès de tous les citoyens du Sud à l'éducation... Une statue de Meredith est érigée sur le campus pour commémorer son rôle historique. Le Mississippi State Sovereignty Commission fit réaliser un film, Oxford, U.S.A., pour montrer sa vision des évènements..

Notes et références

Traductions

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

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