Merab Kostava (en ), né le à Tbilissi (Union soviétique) et mort le à Boriti, est un poète, musicien et musicologue géorgien, opposant au régime soviétique.

Biographie vignette|gauche|Zviad Gamsakhourdia et Merab Kostava à Tbilissi en 1988. Photo de George Barateli. Jeunesse et formation En 1954, Merab Kostava et Zviad Gamsakhourdia (qui devient le premier président de la République de Géorgie en 1991) fondent une organisation de jeunesse clandestine, GorgaslianiMurielle Lucie Clément, Andreï Makine : Le multilinguisme, la photographie, le cinéma et la musique dans son œuvre, Éditions L'Harmattan, 2011, page 31.Christophe Dolbeau, Face au bolchevisme : petit dictionnaire des résistances nationales à l'Est de l'Europe, Arctic, 2006, page 85., dont le nom fait référence à l'ancien roi géorgien Vakhtang Gorgassali. En 1956, il apporte son soutien à l'insurrection de BudapestDennis DeConcini, sénateur de l'Arizona, :S19OC9-476 : Tribute to Merab Kostava, 19 octobre 1989, Bibliothèque du Congrès. et il est ensuite l'un des premiers à publier des samizdatsSalomé Zourabichvili, Une femme pour deux pays, Grasset, 10 mai 2006., ce qui le conduit plusieurs fois à être emprisonné.

En 1962, Merab Kostava obtient son diplôme du conservatoire de Tbilissi et enseigne jusqu'en 1977 dans une école de musique de la capitale géorgienne.

Dissidence En 1974, après deux ans d'enfermement, il rejoint le Groupe d'action pour la défense des droits de l'homme et publie deux ans plus tard un journal clandestin qui couvre l'actualité des droits de l'homme en Géorgie soviétique. En , il cofonde le comité géorgienLe groupe de surveillance de l'application des accords d'Helsinki avait quant a lui été fondé en 1976 par Youri Orlov, Elena Bonner, femme de l'académicien Sakharov, l'ancien général Grigorenko, Mme Alexeeva, MM. Alexandre Ginsburg et Anatoli Martchenko. Robert Solé, M. Orlov comparait devant un tribunal à Moscou, 16 mai 1978. de surveillance des accords d'HelsinkiChristophe Chiclet, Zviad Gamsakhurdia, Encyclopædia Universalis.. Edouard Chevardnadze, alors premier secrétaire du comité central du PC géorgien, ordonne son arrestation le ., ainsi que celle de Zviad GamsakhurdiaChristoph Zürcher, The Post-Soviet Wars: Rebellion, Ethnic Conflict, and Nationhood in the Caucasus, New York University Press, 2007, page 128., ce qui les conduit à être condamnés le . au titre de l'article 71 du code pénal géorgien à trois ans de goulag plus deux ans d'exil interne pour agitation et propagande anti-soviétiquesDennis DeConcini, op. cit.. Assigné à résidence en République de Sakha (Iakoutie)., il est de nouveau jugé en et cette fois condamné à cinq ans de camp de travail pour hooliganismeIl reçut le soutien d'Andreï Sakharov : AFP et Le Monde, 29 janvier 1982, M. Sakharov demande à M. Mitterrand d'intervenir en faveur des prisonniers politiques.. En 1985, il est condamné à deux années supplémentaires d'emprisonnement pour violation des règles du camp. Sa santé se détériore (il contracte la tuberculose) et il observe plusieurs grèves de la faim pour protester contre les conditions de vie dans les camps. Au printemps 1985, son fils est retrouvé pendu dans son appartement. Merab Kostava est finalement relâché le lors d'une libération générale de prisonniers.

Militant pour l'indépendance Le , il est l'un des initiateurs de l'association Ilia-Tchavtchavadzé qui a pour but de défendre la culture géorgienne. L'article 3 de sa charte énonce par exemple : « Tout projet mettant en danger en Géorgie la nature, les monuments historiques ou la culture, ou susceptibles d'induire des modifications démographiques, doit être soumis à enquête nationale à l'échelle de la Géorgie tout entière.. »

Il continue son activisme pour les droits de l'homme et est un militant de l'indépendance de la Géorgie, dans une approche car refusant la voie du compromisXavier Follebouckt, Les Conflits gelés de l'espace postsoviétique : Genèse et enjeux, Presses universitaires de Louvain, 2012, pages 88 et 89..

Merab Kostava meurt dans un accident de voiture le . Selon ses proches, il recevait des menaces de mort depuis l'été. Plusieurs centaines de milliers de personnes accompagnent son cercueil à la cathédrale Sioni de Tbilissi.. Il fut inhumé au panthéon de Mtatsminda.

Après son décès, Zviad Gamsakhourdia se pose en leader incontesté de la lutte indépendantisteGhia Nodia, Political Turmoil in Georgia anf the Ethnic Policies of Zviad Gamsakhourdia, in Bruno Coppieters (sous la direction de), Contested Borders in the Caucasus, Bruxelles, VUBPress, 1996..

Notes et références

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