Les Naufrageurs est un film dramatique français réalisé par Charles Brabant et sorti en 1959.
Synopsis En 1852, la famine sévit sur l’île bretonne désolée de Blaz-Mor, située au large du Finistère. Certains habitants exaltés tiennent pour responsable la jeune Moïra (Renée Cosima), assimilée à une sorcière. Le vieux Marnez (Charles Vanel), « chef » de l’île, s’efforce de rétablir le calme et s’oppose à Yann Le Cœur (Henri Vidal), le fiancé de sa fille Louise Kermelen (Dany Carrel), qui veut provoquer un naufrage pour sauver l’île de la famine.
Moïra, qui vient de se faire chasser du village à cause des soupçons planant sur elle, se venge en brisant le fanal chargé d’indiquer aux marins les écueils à éviter, dans le but de provoquer l’échouage d’un bateau. Quand, quelques nuits plus tard, un navire chargé de nourriture s’échoue, les îliens pillent l’embarcation et massacrent les marins. Un seul en réchappe : Gilles. Il est caché par Moïra, et ils deviennent amants.
Mais, le jour du Pardon, les gendarmes, appuyés par le curé, enquêtent sur cet intrigant naufrage et les soupçons se resserrent autour des habitants de Blaz-Mor. Gilles s’enfuit après avoir exigé de partir avec Louise, dont il s’est épris, comme prix de son silence. Le sage Marnez, qui vient de voir partir sa fille Louise, choisit de se sacrifier et s’accuse pour sauver les autres habitants de l’île. Mais Moïra ne l’entend pas ainsi.
Fiche technique vignette|Charles-François Daubigny : Le village de Kérity en Bretagne, un des lieux du tournage, et qui traduit bien l’atmosphère du film se déroulant en 1852, époque de ce tableau. vignette|La chapelle Notre-Dame-de-Tronoën avec son calvaire, principal lieu de tournage du film.
Titre original : Les Naufrageurs Réalisation : Charles Brabant Scénario : Gwenaël Bolloré Adaptation et dialogues : Roland Laudenbach et Charles Brabant Décors : Jean-Pierre Thévenet et Jacques Mély Costumes : Francine Galliard Photographie : Ghislain Cloquet et Pierre Lhomme Son : Séverin Frankiel Montage : Huguette Brabant Musique : René Cloërec Production : Evrard de Rouvre et Gwenaël Bolloré Sociétés de production : Société des Films Véga et Finistère Films Société de distribution : La Société des films Sirius Pays de production : Langue originale : français Format : Noir et blanc - - 2,35:1, Cinémascope - Mono Genre : drame Durée : 92 minutes Dates de sortie : France : (avant-première à Quimper en Bretagne.) ; (sortie nationale) Affiche : Guy-Gérard Noël (France).
Distribution
Henri Vidal : Yann Le Cœur Dany Carrel : Louise Kermelen Charles Vanel : Marnez, le vieux chef de l’île Renée Cosima : Moïra, la sorcière Jacques Fabbri : le gitan Alfred Adam : le commissaire Madeleine Sologne : la mère Gestin Jean d'Yd : le curé Lucien Raimbourg : le vieux Gaël Guy Decomble : un habitant Gérard Darrieu : Jean Pâquerette : une vieille dame Julien Verdier : Pierrick Sylvain Lévignac Carl Schell : Gilles, le rescapé du naufrage
Tournage vignette|Manoir de Kerlut en Plobannalec, lieu de résidence de l’équipe de tournage pendant la réalisation du film.
Le tournage a lieu du au Jean-Pierre Berthomé et Gaël Naizet, Bretagne et Cinéma, Cinémathèque de Bretagne/éditions Apogée, octobre 1995, ., principalement entre Tronoën et Kérity, dans le sud du Finistère, en Bretagne. Un village complet est construit en dur autour du calvaire et de la chapelle de Tronoën, et les scènes d’intérieur sont tournés dans les maisons de pêcheurs de Kérity. Le naufrage est filmé sur le littoral de Bénodet à l’est du pays BigoudenCette information du livre précédemment cité est démenti par Gwenn-Aël Bolloré, dans une interview en 2001. Lui parle de Saint-Guénolé comme lieu de tournage de la scène du naufrage.. Des prises ont également lieu à LesconilKeleier, Journal d’information de Plonéour-Lanvern, , juin 2013, .http://www.ploneour-lanvern.fr/Keleier36.pdf et à Plomeur. Gwenn-Aël Bolloré en 2001, quelques mois avant sa disparition déclare : La comédienne Dany Carrel intitule le chapitre de ses mémoires consacré au tournage du film « Fêtes en Bretagne », ce qui donne une idée de l’ambiance dans l’équipe, contrastant avec l’atmosphère qui se dégage du film. Elle indique même que, ayant grossi de sept kilos pendant les deux mois passés à tourner, en contradiction donc avec son rôle de jeune îlienne affamée, quelques dialogues furent intégrés au film en fin de tournage pour expliquer ce changement physique, dialogues qui évoquent un dérèglement hormonal entraînant cette prise de poids, alors que son personnage, comme les autres, est affamé. Elle se rappelle enfin des difficultés rencontrées par le réalisateur pour tourner la scène du pardon breton, avec des figurants locaux. En effet, après une nuit particulièrement éthylique, certains des figurants (uniquement les hommes, précise Carrel) tombaient au cours de la procession, « perdues dans les brumes du chouchen ». Cette scène, prévue pour être tournée en une journée, le fut finalement en une semaine, Charles Brabant pensant même faire venir des figurants « sobres » de Paris, ce que la production refusa !
vignette|Lesconil : rochers granitiques du littoral, lieu de tournage.
L’île fictive sur laquelle se déroule l’action du film est appelée Blaz-Mor en breton ; Blaz signifiant à la fois « goût » ou « saveur », mais aussi « odeur » - dans un sens péjoratif (mauvaise odeur), et Mor signifiant « mer », la traduction du nom de l’île peut ainsi être double et présenter la même ambiguïté que ses habitants : « le goût de la mer » où « l'odeur (mauvaise) de la mer ». Cette dualité, voire cette opposition, est très présente dans le film : entre les habitants et Moïra sur les motifs de la famine entre Yann et le vieux Marnez pour provoquer ou non un naufrage volontaire entre Moïra et Louise pour l'amour de Gilles entre Yann et Gilles pour l'amour de Louise entre les habitants et les gendarmes pour l’enquête entre le commissaire (pouvoir civil) et le curé (pouvoir religieux) entre Moïra et Marnez pour la dénonciation des responsables des massacres.
L’équipe du film, en dehors de Charles Vanel, s’installe au manoir de Kerlut en Plobannalec, pendant le tournageDany Carrel, L’Annamite, J'ai lu, 1993, à 251..
Accueil Critiques Jean Tulard note dans son Guide des films que c’est Tulard Jean, Guide des films, Robert Laffont, collection Bouquins, 2002, tome 2, . Le lecteur intéressé trouvera une critique pertinente du film sur le lien suivant (http://dcrisp.centerblog.net/27-les-naufrageurs-1958), mais, étant anonyme, je ne la note pas dans cette rubrique.. Charles Ford souligne dans Charles Vanel, un comédien exemplaire que Charles Ford, Charles Vanel, un comédien exemplaire, éditions France Empire, 1986, ..
Box-Office France :
Autour du film Le très prolifique Charles Vanel, né à Rennes, n’en était pas à son premier tournage breton, il avait joué dans : Pêcheur d’Islande de Jacques de Baroncelli, en 1924 (scènes à Paimpol) La Femme du bout du monde de Jean Epstein, en 1937 (scènes à Ouessant) le Bateau à soupe de Maurice Gleize, en 1947, (scènes à Paramé) Pêcheur d’Islande de Pierre Schoendoerffer, en 1959 (scènes à Concarneau et Beg-Meil) Charles Vanel retrouve ici Charles Brabant, avec qui il vient de tourner Le Piège en 1958. Dany Carrel tourne avec Charles Brabant pour la deuxième fois après Les Possédées en 1956, et elle le retrouve à nouveau en 1962, pour le peu connu Carillons sans joie.. Elle retrouve de la même façon Charles Vanel en 1968 dans La Prisonnière d’Henri Georges Clouzot Henri Vidal retrouve Dany Carrel, avec qui il a déjà tourné Porte des Lilas de René Clair, en 1957. Acteur très prolifique à l’époque, il est encore à l'affiche de pas moins de cinq films en dehors des Naufrageurs en cette année 1959, année à la fin de laquelle il décède d’une crise cardiaque, le Renée Cosima, qui joue ici le rôle de la sorcière Moïra, est l’épouse de l’ancien Résistant, homme d’affaires, producteur et scénariste de ce film, Gwen-Aël Bolloré, dont c’est le seul long métrage scénarisé. Il fait ensuite de son scénario un roman - le premier - publié le aux éditions de la Table ronde, qu’il intitule Moïra la naufrageuse.. Le comédien Lucien Raimbourg est le cousin germain de Bourvil C’est le dernier film dans lequel apparaît le comédien Jean d'Yd L’acteur est le frère des comédiens Maria et Maximilian Schell L'avant-première du film a lieu à Quimper le , en présence de Gwenn-Aël, Michel et René Bolloré, de Georges Cravenne, du jeune romancier Roger Nimier, du journaliste Roland Laudenbach dialoguiste du film, de Louison Bobet, d’Hervé Mille, alors directeur de Paris-Match, de Jacques Thubé oncle des Bolloré, ainsi que des principaux acteurs du filmPremière bretonne..
Notes et références
Annexes Articles connexes Liste de films tournés dans le département du Finistère Liste de films français sortis dans les années 1950
Liens externes
Les Naufrageurs sur Cinémathèque-Bretagne.fr.
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