L’affaire Michael Brown concerne les événements entourant la mort de Michael Brown, un Afro-Américain âgé de , non armé au moment des faits, abattu le par six coups de feu tirés par Darren Wilson, policier à Ferguson, Missouri... Les faits n'ont pas été filmés et les versions qu'en donnent respectivement la police et les témoins divergent. Selon la police, Wilson a agi en état de légitime défense. Selon les témoins, Brown est abattu alors qu'il avait les mains en l'air. Brown n'avait aucun casier judiciaire et les états de service de Wilson étaient vierges au moment des faits.
L'affaire entraîne des émeutes dans une région avec des tensions raciales et une discrimination parmi les plus fortes des États-Unis.. L'événement obtient une couverture médiatique internationale, étant comparé par certains commentateurs à l'affaire Trayvon Martin... Il mène à plusieurs jours de manifestations et d'émeutes à Ferguson dans le Missouri à partir du .
Le , le Federal Bureau of Investigation (FBI) ouvre une enquête sur la fusillade. Le jour suivant, le président des États-Unis Barack Obama fait une déclaration, exprimant ses condoléances à la famille Brown et affirmant que des ressources fédérales seront consacrées à l'enquête. Le , à la suite de l'augmentation des pillages et de la violence, le gouverneur du Missouri Jay Nixon déclare l'état d'urgence, impose un couvre-feu et demande l'aide de la Garde nationale.. Deux jours plus tard, le couvre-feu n'ayant pas réussi à contrôler la violence, Nixon lève ce dernier..
Personnes impliquées
La victime est un jeune homme de du nom de Michael Brown qui devait commencer des études au après avoir obtenu un diplôme du à Wellston (Missouri). Il n'avait pas de casier judiciaire. Son gabarit hors norme de () pour (soit ) lui valait le surnom de « Big Mike », qu'il utilisait également comme pseudonyme pour écrire des morceaux de rap. Selon ses proches, le jeune homme rêvait de se lancer en affaires.. Blessé le samedi , il succombe à ses blessures le lendemain. Dorian Johnson accompagnait Michael Brown au moment de l'incident.
L'officier de police auteur des coups de feu se nomme Darren Wilson. Il est âgé de au moment des faits. Son nom est révélé par la police de Ferguson une semaine après l'incident. En , Wilson reçoit une citation pour pour avoir arrêté un conducteur transportant de grosses quantités de marijuana. Wilson est suspendu avec maintien de salaire à la suite de la fusillade.
Comptes rendus des faits
Le samedi , aux environs de (heure locale), Michael Brown et Dorian Johnson se dirigent vers la maison de la grand-mère de Brown.. À ce moment, un officier de police dirige son véhicule vers eux. La suite des événements est décrite de manière différente selon les témoins.
Version de la police Selon Joe Belmar, chef de la , Michael Brown a été blessé mortellement après avoir agressé un policier de Ferguson et tenté de lui dérober son arme. Selon cette version, un premier coup de feu a été tiré de la voiture du policier, puis le policier est sorti du véhicule et a tiré à plusieurs reprises en direction du jeune homme. Celui-ci s'est affaissé à une dizaine de mètres de la voiture de police, vers . Selon l'officier de police Wilson, Brown aurait baissé les bras après les avoir levés et se serait dirigé vers lui de façon menaçante, le poussant à recourir au tir pour tuer (deadly force).
Le chef de la police de Ferguson, Thomas Jackson, déclare depuis que l'officier qui a tiré sur Brown a été blessé dans l'incident.. Wilson aurait été sévèrement battu, et souffrirait d'une fracture du plancher orbital. Il serait en outre traumatisé, craignant pour sa vie et celle de ses proches et redoutant de servir d'exemple.
Version de Dorian Johnson Dorian Johnson soutient qu'il marchait aux côtés de Michael Brown quand un policier leur a dit de marcher sur le trottoir plutôt que dans la rue. Michael Brown et lui n'en ont pas tenu compte, dit-il, de sorte que le policier est revenu à la charge, d'abord dans sa voiture, puis à l'extérieur, où il a tiré un coup de feu. Effrayés, les deux jeunes hommes ont pris la fuite..
Dorian Johnson déclare que le policier « a tiré de nouveau, et lorsque mon ami a senti ce coup, il s'est retourné, a mis les mains dans les airs et a commencé à se baisser. Mais le policier a continué d'approcher avec son fusil en joue et a tiré plusieurs autres coups ».
Autres témoignages Des témoins contredisent la version du chef de la police. Selon eux, Brown et un ami ont été interpellés par le policier alors qu'ils marchaient au milieu de la rue. Une altercation verbale a suivi et le policier a tenté de faire entrer Brown dans sa voiture. Le jeune homme aurait résisté et se serait éloigné de l'automobile avant de se retourner, les mains en l'air, pour montrer qu'il n'était pas armé. Le policier aurait alors commencé à tirer dans sa direction. Le département de la Justice, dans son rapport du , indiquait que les enquêteurs fédéraux avaient été confrontés à de nombreux témoignages mensongers de la part de personnes présentant un témoignage incriminant le policier. Le témoin reconnaissait avoir menti au FBI, souhaitant juste faire partie de l'événement. Le témoin , après avoir présenté trois versions différentes, reprochait aux enquêteurs le fait qu'ils sollicitent encore son témoignage (« If none of my stuff is making any sense, like why do y'all keep contacting me? »). Selon le rapport du Département de la Justice, aucun élément matériel ni aucun témoignage ne permettait d'établir le fait que Brown avait les mains levées au moment des tirs.
Piaget Crenshaw Témoin de la fusillade, Piaget Crenshaw dit qu'il lui a semblé voir une lutte entre le policier et Brown, avant que le policier ne tire sur Brown depuis l'intérieur de son véhicule. Brown aurait alors pris la fuite, le policier le poursuivant sur une distance de avant de tirer de nouveau. Lorsque Brown se serait arrêté les mains en l'air, le policier aurait tiré de nouveau à deux reprises.
Après la publication du compte rendu de l'autopsie préliminaire, Crenshaw estime que les tirs du policier alors que Brown fuyait en lui tournant le dos n'ont pas atteint la victime (tirs d'avertissement). Les tirs mortels auraient été effectués après qu'il s'est arrêté et retourné vers le policier.
Tiffany Mitchell Venue chercher sa collègue Piaget Crenshaw, Tiffany Mitchell corrobore le témoignage de celle-ci. Selon elle, le premier coup de feu aurait été tiré de l'intérieur de la voiture de police alors que Wilson y était seul et que Brown s'en serait déjà enfui.
James McKnight Autre témoin, James McKnight dit que Brown avait levé les mains sitôt qu'il s'était arrêté de fuir et qu'il avait alors titubé vers le policier mais ne s'était pas jeté sur lui..
Enquête
Le , à la demande de Tom Jackson, Jon Belmar annonce l'ouverture d'une enquête locale... Invoquant des raisons de sécurité, la police locale refuse d'identifier le policier impliqué dans la fusillade. Elle ne donne pas non plus de précisions sur la date où le rapport d'autopsie sera disponible..
Le , le FBI ouvre une enquête.. Le procureur général Eric Holder ordonne au personnel du département de la justice de suivre les éventuels développements.. Selon une porte-parole du FBI, les manifestations et émeutes n'ont joué aucun rôle quant à la décision d'ouvrir une enquête..
frameless|980px|upright=4.5|center|Diagramme de la scène du meurtre
Autopsies À la demande de la famille, une autopsie préliminaire a été menée le par le docteur Michael Baden, ancien examinateur médical en chef de la ville de New York. Selon le rapport d'autopsie du médecin légiste, révélé le , Michael Brown a été touché par six balles. Les quatre premières ont atteint l'adolescent au bras droit, les deux dernières à la tête. Tous les impacts correspondaient à des tirs effectués de face. Aucun impact n'apparaissait dans le dos de Brown. Toujours d'après le médecin, seule une de ces blessures, infligée par une balle reçue au sommet du crâne, était mortelle. L'autopsie ne relève « aucune trace de lutte », attribuant les quelques abrasions présentes sur le corps de la victime à la chute sur la route. Une donnée qui contredit et discrédite la version de la police, selon qui Michael Brown a été tué après une altercation avec un agent auquel il avait essayé de voler son arme. Selon le médecin légiste, aucun résidu de poudre n'a été relevé sur la peau de Michael Brown ce qui signifie que l'arme se trouvait « au moins à plus de 30 à ».. Cependant, de l’ADN de Michael Brown est trouvé sur l’arme du policier, sur la poignée intérieure du véhicule du policier. Diverses autres preuves (tissus, ADN de Wilson dans la paume de Brown...) tendent donc à valider la version de la police Cuadra, Alberto; Gamio, Lazaro; Kelly, Kimbriell; Higham, Scott (December 6, 2014). "Chaos in a police vehicle". The Washington Post.|url= https://www.washingtonpost.com/wp-srv/special/national/ferguson-reconstruction/ Lieb, David A.; Mohr, Holbrook (November 25, 2014). "Ferguson grand jury focused on 'tussle' seen before shooting". Portland Press Herald. Portland, Maine.|url= https://www.pressherald.com/2014/11/25/ferguson-grand-jury-focused-on-tussle-seen-before-shooting/.
Mary Case, examinateur médical du comté de Saint-Louis déclare que Brown avait subi des tirs de face et a refusé de donner davantage d'informations du fait de l'enquête en cours..
Le procureur général Eric Holder ordonne une troisième autopsie du corps de Michael Brown...
Décision du grand jury Au terme de trois mois d'enquête, le procureur du comté de St Louis annonce que le grand jury — composé de neuf Blancs et de trois Noirs — a décidé de ne pas inculper le policier qui a tué Michael Brown. Selon le procureur, le grand jury a entendu pas moins de 70 témoins et trois médecins légistes. Le ministre de la justice Eric Holder précise toutefois qu'une enquête fédérale indépendante de l'enquête locale a toujours cours et qu'elle se poursuivra« Ferguson: violentes émeutes après l'annonce de la non inculpation du policier qui a tué Michael Brown », HuffigntonPost, 25 novembre 2014.. La chaîne d'informations américaine MSNBC affirme que la procureure Kathy Alizadeh. a donné à lire aux membres du grand jury, juste avant le témoignage de Wilson, un extrait d'une loi qui autorise prétendument les officiers de police à tirer sur un suspect en fuite, mais déclarée inconstitutionnelle en 1985, influençant ainsi la décision des jurés.
Décision du département de la Justice En réponse à l’agitation, le département de la Justice, dirigé par le procureur général Eric Holder, a enquêté sur l'affaire et sur le département de la police de Ferguson. Le département de la Justice a publié deux rapports le , dont l'un a cité beaucoup de problèmes avec le département de la police de Ferguson, comprenant des pratiques racistes.; selon Le Monde., « L'enquête souligne notamment le racisme ordinaire de la police locale ciblant la communauté noire. La police mais aussi la justice de la ville étaient ainsi engagées dans une « routine » de discrimination contre la population noire locale, affirment les autorités judiciaires. » L'autre rapport a disculpé Darren Wilson., affirmant que les témoins qui ont dit que les mains de Michael Brown étaient en l’air n’étaient pas crédibles, car ces témoins se contredisaient et contredisaient les preuves que le rapport a cité. D'autres témoins qui ont corroboré la version de Wilson ont été jugés crédibles car leur témoignage était en accord avec les preuves. La popularité de l'histoire de Hands Up (« Mains en L’Air ») a été attribuée à Dorian Johnson, l'ami qui a été avec Michael Brown ce jour-là. Selon la page 44 du rapport du DOJ, Witness 101 (Johnson) a fait plusieurs déclarations aux médias immédiatement après l'incident. Les déclarations de Johnson n'étaient pas crédibles..