Les élections aux Cortes de Castille-et-León de 1995 (en espagnol : ) se sont tenues le dimanche afin d'élire les quatre-vingt-quatre députés de la quatrième législature des Cortes de Castille-et-León, parlement de la communauté autonome.
Contexte Lors des précédentes élections du 26 mai 1991, le Parti populaire de Castille-et-León (PPCyL) met fin à l'instabilité politique qui règne depuis la création de la communauté autonome. Il devient le premier parti à obtenir la majorité absolue aux Cortes, avec 43 députés sur 84 grâce à un résultat de 44,3 %. Juan José Lucas, son chef de file, devient le cinquième président de la Junte en huit ans.
Principale force de l'opposition, le Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE (PSCyL-PSOE) engrange 37,1 % des suffrages exprimés, ce qui lui donne un total de 35 parlementaires régionaux. Le Centre démocratique et social (CDS), faiseur de roi après 1987 et puissante troisième force politique, entame son déclin avec un score en chute libre. Il termine à 8,3 %, contre 19,7 % quatre ans auparavant, et se contente de 5 sièges. La Gauche unie (IU), qui obtient 1 député grâce à un résultat de 5,5 %, complète l'hémicycle.
Les élections municipales, qui confirment l'ordre d'arrivée, pointent certaines différences. Toujours premiers, les conservateurs réunissent 41,7 % des voix, tandis que les socialistes rassemblent 35,6 % des suffrages. Les centristes viennent en troisième, en totalisant 8,7 % ; la gauche radicale se place pour sa part derrière avec 4,7 %.
Aux élections législatives anticipées du 6 juin 1993, le Parti populaire (PP) confirme sa domination, étant toujours emmené par l'ancien président de la Junte José María Aznar. Il vire en tête avec 47,4 %, ce qui lui permet de faire élire 20 candidats sur 33 sièges à pourvoir au Congrès des députés. Les 13 autres mandats vont au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui se place à 36,7 % des exprimés. Les 7,7 % d'IU, désormais troisième, ne lui accordent aucun siège. Il en va de même pour le CDS, qui s'écroule à 4,1 %.
Mode de scrutin Les Cortes de Castille-et-León se composent de 84 députés (en espagnol : ), élus pour un mandat de quatre ans au suffrage universel direct, suivant le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne d'Hondt. Toutefois, le nombre de parlementaires n'est pas fixe : chaque province en a trois d'office, puis un supplémentaire pour ou fraction supérieure à .
Chaque province constitue une circonscription, à raison de 7 sièges pour Ávila, 11 sièges pour Burgos, 15 sièges pour León, 7 sièges pour Palencia, 11 sièges pour Salamanque, 6 sièges pour Ségovie, 5 sièges pour Soria, 14 sièges pour Valladolid et 8 sièges pour Zamora. Seules les forces politiques – partis, coalitions, indépendants – ayant remporté au moins 3 % des suffrages exprimés au niveau d'un territoire provincial participent à la répartition des sièges.
Campagne Partis et chefs de file Parti Chef de file Idéologie Score en 1991 Parti populaire de Castille-et-LeónPartido Popular de Castilla y León Juan José Lucas Centre droitConservatisme, libéralisme, démocratie chrétienne 44,3 % des voix43 députés Parti socialiste de Castille-et-León-PSOEPartido Socialista de Castilla y León-PSOE Jesús Quijano Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme 37,1 % des voix35 députés Gauche unieIzquierda Unida José Antonio Herreros GaucheÉcosocialisme, communisme, républicanisme 5,5 % des voix1 député
Résultats Voix et sièges
Analyse Ces élections voient une belle amélioration de la mobilisation électorale, de plus qu'en 1991 se rendant dans les bureaux de vote. En conséquence, la participation finale repasse la barre des 70 %, à l'instar des élections de 1987, alors que le seuil des est franchi pour la première fois.
C'est le Parti populaire de Castille-et-León qui tire le plus grand bénéfice de cette hausse de la participation. La formation au pouvoir depuis 1987 voit en effet son soutien gonfler de en quatre ans, ce qui constitue la meilleure hausse jamais enregistrée pour un parti dans la communauté autonome. Cette concentration de vote vers le PPCyL – première force à disposer d'une majorité absolue en voix – est aussi la conséquence logique de la totale disparition du Centre démocratique et social. Restant le deuxième parti du Parlement régional, le Parti socialiste de Castille-et-León-PSOE fait face à une sévère déconvenue puisque se détournent de lui, le contraignant à abandonner 8 sièges aux Cortes. Son résultat de 30,44 %, associé à ses 27 élus, est tout simplement son pire score depuis 1983. Jamais encore il n'avait remporté moins de 30 députés. La Gauche unie est loin d'être victime du même désamour, puisque la formation de gauche radicale fait un bond de et réalise un score presque double de celui de 1991, ce qui lui donne 5 députés, soit 4 de mieux qu'à la précédente élection. Les 2 derniers parlementaires vont à une force régionaliste provinciale, l'Union du peuple léonais (UPL), qui perce aux Cortes à sa deuxième tentative. Dans la province de León, la seule où il se présente, il totalise plus de 13 %.
Conséquences Juan José Lucas, premier chef du gouvernement régional à accomplir un mandat complet, est réinvesti pour un deuxième mandat – une première – le , après deux jours de débats parlementaires.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Élections aux Cortes de Castille-et-León Cortes de Castille-et-León
1995 Castille-et-Leon