Cette église Saint-Nicolas est une église de Wasquehal, dans le département français du Nord en région Hauts-de-France.
De style gothique simple, elle est située dans le quartier du Centre, rue d'Austerlitz.
Élevée en l'honneur de saint Nicolas dont le culte est attesté en Occident à partir du , l'église remplace les lieux de cultes qui se sont succédé sur l'actuelle place Maurice-Schumann depuis le . Le projet de son édification, porté par le conseil municipal du et à la suite d'un rapport de 1871, adressé à Régnier archevêque de Cambrai, répond à l'objectif d'avoir une plus grande église au cœur de la ville qui remplacerait l'église construite en 1511 qui est devenue trop petite et vétuste. L'église dépend aujourd'hui du doyenné de Roubaix de l'archidiocèse de Lille et fait partie de la Paroisse Bienheureux-Frédéric-Ozanam qui regroupe l'église Saint-Clément de Wasquehal et l'église du Sacré-Cœur du Sart.
Sa construction, qui s'est étalée sur deux ans, a débuté en 1877 par la pose d'une première pierre. La réalisation du projet est menée par les architectes Henri de Baralle et Jean-Baptiste Maillard sur les plans et devis de Jean-Baptiste Leroy. À cause de l'insuffisance de fonds qui ne permet pas d'achever le second œuvre, le clocher, la devanture, l'entrée, les marches et la flèche seront ajoutés successivement jusqu'en 1929.
Préambule : trois églises au préalable Existence d'une première église au haut Moyen Âge
Wasquehal qui est connue en 835, par la mention de la ville dans l'acte de donation de Louis le Pieux à sa fille Gisèle, sœur de Charles II le Chauve et petite-fille de Charlemagne, à l'Abbaye Saint-Calixte de Cysoing et qui alors appelé Vakaslane. possède une chapelle ( sur ), qui est le premier édifice religieux de la ville (située sur l'actuelle entrée du métro Wasquehal - Hôtel de ville). Un cimetière est attenant à cette chapelle. thumb|right|120px|Église de Wasquehal vers 835.
Édification d'une deuxième église au Walter de Croix, évêque de Tournai et fils d’Eustache, du chapitre de Tournai et de Mathilde de Croix, fait ériger entre 1232 et 1252, avec la collaboration active des habitants de la paroisse, une église dédiée à saint Maur, abbé de Glanfeuil ( sur ) et qui est située sur l'emplacement de la première église. La population de la ville compte alors 72 feux.. Les sacrifices que s’imposent les Wasquehaliens pour apporter avec leurs 300 brouettes, les pierres blanches des carrières de Lezennes valent ceux des bâtisseurs de cathédrales. Ne possédant ni chariots, ni chevaux, ils alimentent le chantier par ce moyen archaïque, d’où l’expression populaire, À Wasquehal, on y broute.. thumb|right|120px|Église de Wasquehal au .
Des documents de 1624 et 1687 affirment que Saint Maur est honoré et qu'un pèlerinage est organisé en son honneur par une confrérie, fort célèbre en ce lieu. En 1258, la paroisse de Wasquehal sous la doyenné de Tournai est érigée.
Milieu du , Wasquehal est divisé en Wasquehal-la Marque, tenue de Roubaix et dont les terres se situent le long de la Marque, du pont Epinoy (actuelle Planche Épinoy) jusqu'au moulin de Wasquehal (actuel square Jean-Macé) et en Wasquehal-Paroisse, tenue de Lille dont dépendent les autres terres de Wasquehal..
En 1482, l'église est brûlée par les troupes de Louis XI, poursuivant celles de Maximilien d’Autriche..
Construction d'une troisième église au Robert de Ranchicourt, seigneur de Divion, de Maisnil, de Fournes et d'Hénin-Liétard et son épouse Catherine de Bergues-Saint-Winoc, petite-fille de Guy de Ghistelles dit Le vieux et descendante de Winoc de Bergues, font construire en 1511, une nouvelle église, située sur l'emplacement de la deuxième église. La nouvelle église est dissymétrique et la nef est divisée en trois par des colonnes..
Cette nouvelle église est dédiée à Notre-Dame et à Saint Nicolas. avec la présence de deux chapelles latérales qui lui sont jointes et qui sont dédiées à Notre-Dame (chapelle de droite où on trouvera plus tard sous l'autel, le caveau de famille de Charles Hyacinthe Joseph Lespagnol de Grimbry) et à Saint Nicolas (chapelle de gauche où on trouvera plus tard sous l'autel, le caveau de Pierre II Prouvost, échevin de Wasquehal et de son épouse Marguerite de Lespaul). A l'intérieur de l'église on trouve 28 Engoulants.. On note la présence d'une taverne appelé Saint Nicolas qui confronte la place de l'église. A cette époque, Saint Fortunat est le patron secondaire de l'église.. Ces deux chapelles possèdent des vitraux et la chapelle Notre-Dame possède deux vitraux qui représenteront plus tard, Robert de Ranchicourt et Catherine de Bergues-Saint-Winoc.. L'entrée de l'église est située du côté de la mairie actuelle. Au moment de la construction de cette église, le marguillier est Karolus Gadenne comme l'indique une gravure sur la retombée de la voute de la grande nef.. En 1530, le curé Nicolas Agache est inhumé à l'entrée de la sacristie.
Jacques Castiel, dit Samotine, laboureur de Wasquehal, est condamné en 1550, par la gouvernance de Lille à faire une amende honorable pour avoir parlé contre la confrérie du Saint-Sacrement de l'église de Wasquehal. En 1566 durant la Révolte des Gueux, Willliam Leplat dit le Roi des gueux, laboureur à Bondues, saccage les images se trouvant dans les églises de la région et notamment celle de Wasquehal. Le , Hues de le Dicque, Jacques de le Dicque et Fleurens Fremault, sont pendus par la corde et biens confisqués car ils ont fait partie de la troupe des rompeurs, briseurs et saccageurs d'images en les églises de Wasquehal, Flers, Roubaix, Lannoy, Hellemmes et autre lieux. Ils sont aussi accusés d'avoir fréquenté les prédications en public et en cachette.. En 1624, dans le compte de l'église, est mentionné le salaire payé au clerc, pour avoir carillonné et avoir servi les pèlerins pendant la neuvaine de Saint-MaurMémoires de la Société d'émulation de Roubaix (gallica.bnf.fr). En 1653, François Villain de Gand, évêque de Tournai, autorise l'exposition des reliques de saint Christophe..
Jacques Blampain, curé de 1661 à 1711, est inhumé à l'entrée du chœur de l'église. Il est inhumé au-dessous du marchepied de l'autel Notre-Dame. On peut y lire : .
Depuis le , des ossements des martyrs issus du massacre de la légion thébaine provenant de l'abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune sont exposés par l'entremise du père capucin Guillaume de Lille. En 1667, alors que Louis XIV fait le siège de Lille et que Wasquehal fournit des ouvriers pour la défense de Lille, les hommes de loi de la ville de Wasquehal font entourer la place, l'église et le cimetière d'une enceinte qui prend le nom de Fort de Wasquehal.. Les cloches de l'église sont à Lille lors de la prise de Lille et les hommes de loi de Wasquehal doivent les racheter pour 242 Livres 18 gros payés au maître de l'artillerie de France. En 1678, Gilbert de Choiseul du Plessis-Praslin, évêque de Tournai fait un état des lieux des églises et inspecte l'église de Wasquehal qu'il qualifie de belle, de propre, d'ornée et bien meublée.. En 1705 est célébré un service funèbre pour Alexandre III de Bournonville, fils d'Alexandre II de Bournonville..
En 1723, le curé de la ville, Pierre-Joseph Ternois, signe les actes de mariage, choses que ces prédécesseurs ne faisaient pas.. Les comptes-rendus de 1705 et de 1753, démontrent que l'église possède des reliques de saint Maur et elles furent restaurées par Philippe du Bois, orfèvre à Lille, pour le raccommodage et monsieur Delledale, horloger, pour avoir raccommodé le chandelier et la remontrance de la relique.. En 1733, l'église fait une requête auprès des jésuites pour obtenir un vicaire et c'est Pierre-Ange-Joseph Pottier qui sera nommé premier vicaire de l'église Saint-Nicolas.. En 1739, Jacques le Groux, curé de Marcq-en-Barœul, mentionne dans son manuscrit La Flandre Gallicane, la présence sur Wasquehal vers 1560, de la confrérie du Saint-Sacrement.. Le , Guillaume Florent, évêque de Tournai, donne la confirmation à Wasquehal.
En 1791, l'abbé Jean-Michel Odou est contraint à l'exil en 1791 pour avoir refusé de prêter le serment civique. Antoine-Henri-Joseph Du Castillon le remplace à l'issue de l'élection du . Entre fin 1793 et début 1794, alors que la ville tombe sous la loi de déchristianisation, les révolutionnaires viennent pour réquisitionner les cloches, mais les habitants les font reculer. Ces derniers reviennent et finissent pas repartir avec les cloches et des reliques de Saint Maur. Le , l'église de Wasquehal est vendue comme bien national au citoyen François Martine Capron pour le prix de payables en bons, cette vente est faite entre les mains des citoyens Charles Lespagnol, Louis Delporte, de Louis Senacq, d'Antoine-Henri-Joseph Du Castillon entre autres., mais le il la recédera à la commune. Le , le conseil municipal de Wasquehal nomme les citoyens Pierre-Joseph Courrier, Pierre Joseph Droulez et Paul Façon, administrateurs de la fabrique de l'église, chargée, de concert avec le curé, de choisir le clerc. thumb|right|120px|Église de Wasquehal en 1841, dessin d'Alphonse de Contencin.
L'église est de nouveau restaurée et agrandie en 1841 par les architectes Théodore Lepers et Charles Leroy., mais la restauration fait disparaître le clocher et une tour carré de 35 mètres est construite avec un nouveau clocher. Au moment de la restauration, Alphonse de Contencin, architecte, habitant de Wasquehal et fondateur de la commission historique, prend le soin de dessiner le monument... Ce dernier découvre une inscription qui donne la date de la construction en 1511, date inscrite à la retombée de la voûte de la nef et le nom de Karolus Gade (Charles Gade) qui devait être architecte, maçon ou charpentier, originaire de Marquillies, et un signe ou monogramme qui durant le Moyen Âge étaient les emblèmes des confréries de ce qui pourrait être l’ancêtre de la franc-maçonnerie.. La date de 1566, sculptée au-dessus de la fenêtre, semble indiquer une restauration cette année-là.
Antoine-Henri-Joseph Ducastillon, curé de la paroisse, décédé le 11 décembre 1842, est inhumé dans le cimetière qui jouxte l'église (place Maurice-Schumann). Ses restes seront déplacés au cimetière du Centre en 1880. En 1843, le corps de Marie Anne Hyacinthe Joseph l'Espagnol de Grimby est déposé dans le caveau sous l'autel de la chapelle Notre-Dame et en 1848, Marie-Joseph-Séraphine Le Prévost de Basserode, décédée le 7 janvier 1849, âgée de est inhumée contre la muraille extérieure de l'église. Elles seront toutes deux ré-inhumées en 1880 après la destruction de l'église pour être placées dans le caveau familial des Lespagnol de Grimbry et Le Prévost de Basserode, au cimetière du Centre, à Wasquehal. En 1873, sera inhumé contre la muraille extérieure de l'église, Auguste-Désiré Lamblin, curé de la paroisse de la ville. Une stèle commémorative est actuellement visible sur la façade sud de l'actuelle église Saint-Nicolas. En 1863, décède Hector-Louis-François Merlin, qui fut prêtre de 1839 à 1847. Dans l'éloge funèbre, prononcé le 26 mars 1863 par l'abbé Germain Sabatier, ce dernier mentionne par l'intermédiaire de sœur Marie Droulers Aimée, son admirable travail au sein de l'église de Wasquehal.. Une réfection des toitures de l'église est faite en 1868.. thumb|right|120px|Église de Wasquehal et son cimetière en 1874.
En 1871, un rapport adressé à René-François Régnier, archevêque de Cambrai, révèle que l'église construite en 1511 est trop petite et vétuste. Le conseil municipal décide le de la construction d’une nouvelle église, sur les plans et devis d'un architecte lillois, Jean-Baptiste Leroy. Jean-Baptiste Deldalle, propriétaire terrien, fait don de terrains pour la construction d'une nouvelle église.