Cet article constitue une liste regroupant les digrammes et trigrammes par langue, ces dernières étant classées par ordre alphabétique.
Albanais Phonème(s) Exemple(s) Traduction Remarque(s) dh dhe et lettre de l'alphabet, entre D et E. gj gjatë pendant lettre de l'alphabet, entre G et H. ll mbyllur fermé lettre de l'alphabet, entre L et M. nj enjte jeudi lettre de l'alphabet, entre N et O. rr kurrë jamais lettre de l'alphabet, entre R et S. sh shtunë samedi lettre de l'alphabet, entre S et T. th gjithmonë toujours lettre de l'alphabet, entre T et U. xh tenxhere casserole lettre de l'alphabet, entre X et Y. zh vazhdojnë continuer lettre de l'alphabet, dernière derrière Z.
Allemand Phonème(s) Exemple(s) Traduction Remarque(s) ch lachen rire Après A, O ou U. lächeln sourire En dehors de A, O et U. chs wachsen grandir S’emploie aussi X dans les mots d’emprunt. ei frei gratuit eu freundlich amicalie[iː]liebenaimer[iə].aktieaction ng lang long S’emploie aussi dans les mots d’emprunt. ph phänomenal phénoménal Principalement dans les mots d’emprunt. Ailleurs, F ou V. qu quadratisch carré Dans certains dialectes, il peut se prononcer . sch schon déjà ss küssen embrasser ẞ peut aussi s’employer. st stellen poser Souvent en début de mot.fest fermement Utilisé également dans les mots d’emprunt.
Anglais ai et ay correspondent principalement à la diphtongue . ch, correspond généralement à , moins souvent à . ck correspond à . ea, ie et ei correspondent principalement à . ee correspond à . gh correspond à . kn correspond à . ll correspond à . ng correspond à ou à (consonne nasale vélaire voisée) oo correspond à . ph correspond à . pn correspond à en début de mot ou de morphème. ps correspond à en début de mot ou de morphème. pt correspond à en début de mot ou de morphème. sh correspond à . th correspond généralement à ou . ue correspond à . wh correspond à (voir Ƕ).
Basque tx correspond à .
Breton añ correspond à ou ch correspond, hors cas de mutation adoucissante ou de voisement final, à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une consonne ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou lorsque le mot se poursuit par une consonne, et à dans le cas d’une mutation adoucissante ou en finale selon le mot qui suit. cʼh correspond à , ou . eñ correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une consonne courte, une voyelle ou rien (finale de mot), à ou en dehors de l’accent ou devant une consonne longue. eu correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une consonne courte, une voyelle ou rien (finale de mot), à ou en dehors de l’accent ou devant une consonne longue. euñ correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une consonne courte, une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou devant une consonne longue. ʼf correspond à , son intermédiaire entre et , ce digramme, inusité dans la graphie standard, est parfois en usage en initiale de mot en graphie dite universitaire, mais cette dernière est de moins en moins employée. gn correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou devant une consonne. ilh correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou devant une consonne. iñ correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une consonne courte, une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou devant une consonne longue. ll correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou devant une consonne. mm correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou devant une consonne. nn correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent ou devant une consonne. oñ correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une consonne courte, une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent tonique ou devant une consonne longue. ou correspond à ou . rr correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une voyelle, à en dehors de l’accent, lorsque le mot se poursuit par une consonne ou en finale de mot. sh correspond à en KLT, et à ou est muet selon les parlers en vannetais. uñ correspond à sous l’accent tonique lorsque le mot se poursuit par une consonne courte, une voyelle ou rien (finale de mot), à en dehors de l’accent tonique ou devant une consonne longue. zh correspond à en KLT, et à en vannetais.
Catalan ig correspond à en fin de mot et après une voyelle. ix correspond à après une voyelle. gu correspond à devant e ou i. ll correspond à . l·l correspond à . ny correspond à . qu correspond à devant e ou i. rr correspond à entre deux voyelles. ss correspond à entre deux voyelles. tg correspond à devant e ou i. tj correspond à devant a ou o ou u/ ts correspond à . tx correspond à . tz correspond à .
Corse ch correspond à et est uniquement utilisé avant e et i. chj correspond à . dd correspond à et est uniquement présent dans le sud de la Corse (quelques exceptions existent). gh correspond à et est uniquement utilisé avant e et i. ghj correspond à . gl correspond à avant i. gn correspond à . sc correspond à avant e et i et correspond à avant d'autres lettres. sg correspond à avant e et i et correspond à avant d'autres lettres.
Espagnol ch correspond à . gu correspond à devant e, i ou y. ll, correspond à . qu correspond à . rr correspond à et ne se rencontre qu'entre deux voyelles. À noter cependant qu'en tant que double consonne prononcée rr n'est pas phonétiquement équivalent à la consonne simple r et constitue une paire minimale dans certains cas, permettant de distinguer deux paronymes quasi-homophones comme et , le second se prononçant avec un /r/ “roulé” plus long et insistant.
Espéranto
Pour l'espéranto, contrairement aux autres langues, il ne s'agit pas digrammes mais d'un moyen permettant d'écrire les lettres accentuées au moyen d'un clavier n'en disposant pas.
Phonème Exemples Traduction Remarque ch chielo ciel Substitut de Ĉ. cx cxielo gh ghardeno jardin Substitut de Ĝ. gx gxardeno hh hhoro chœur Substitut de Ĥ. hx hxoro jh jheti jeter Substitut de Ĵ. jx jxeti sh shafo mouton Substitut de Ŝ. sx sxafo uh auhtuno automne Substitut de Ŭ. ux auxtuno
Français Pourquoi tant de digrammes/trigrammes en français ? Le français compte 55 polygrammes (digrammes et trigrammes) en tout, ce qui constitue un record pour les langues européennes, parmi lesquelles il n'est dépassé que par l'irlandais qui en compte 62. Soit 44 digrammes (car « œu » comporte une ligature et une lettre donc deux graphèmes simples), et 11 trigrammes. Ce nombre élevé de signes composés est une des raisons de la complexité et donc de la difficulté de l'orthographe française, avec le nombre et la fréquence de lettres muettes qu'elle comporte, ainsi que la pluralité des réalisations phonétiques de chacun des graphèmes du français, comme la diversité des manières d'écrire chacun de ses phonèmes.
Les raisons de ce grand nombre de digrammes/trigrammes en français sont multiples.
Il manque des lettres à notre alphabet La première est sans nul doute que, malgré son alphabet de 26 lettres, plus ses 13 voyelles accentuées (comme é, à, û ou ï : signes diacritiques suscrits), sa consonne à cédille (le ç : signe diacritique souscrit) et ses 2 ligatures (æ et œ) , parmi les 40 phonèmes du français. il existe des sons spécifiques qui ne sont pas représentés par un signe simple, comme les phonèmes (digrammes “ch” ou “sh”), (entre autres “an”, “en”), (entre autres “in”), (entre autres “ou”), etc. Voir « Troisième approche » dans : . . Souvent, ces sons n'existaient pas en latin classique et n'avaient donc pas de lettre dédiée (sauf le “u” latin → qui s'est peu à peu prononcé en français privant le son “ou” de graphème simple) : donc l'alphabet latin que nous utilisons est adapté seulement partiellement à la phonologie des langues romanes actuelles, mais particulièrement peu à celle du français qui s'est plus éloigné de la phonologie latine que ses langues sœurs comme l'italien ou l'espagnol, l'occitan, le catalan . . .
Par exemple, l'évolution phonétique d'une langue connaît parfois le phénomène de la « monophtongaison » : un couple de lettre comme “au” se prononçait bien en diphtongue (/au/ voire /aw/) en latin puis en ancien français, mais avec le temps il a correspondu à un phonème unique et stable : , sans voir son écriture changer, peut-être du fait du conservatisme et de la révérence envers l'histoire des clercs et des lettrés. Ainsi la diphtongue “au” (deux graphèmes distincts pour un phonème unique mais “glissant” au timbre variable au cours de son émission) devient le digramme “au” (un seul graphème composé pour un seul phonème vocalique au timbre stable ou « monophtongue »). Sa graphie représente donc un archaïsme non phonologique en français d'aujourd'hui [voir « Fausses diphtongues et anciennes diphtongues » de l'article générique sur le digramme].
Le français a plusieurs langues d'origine Sans oublier la transcription parfois problématique de sons, de mots et de tournures empruntés dès l'antiquité tardive et le haut Moyen Âge à d'autres langues que les bas-latin et latin vulgaire de l'époque, et dont la phonétique en était parfois très éloignée : le gallo-roman, comme son nom l'indique, est lui-même le résultat d'une fusion progressive entre le gaulois et le latin tardif, laquelle a laissé des traces dans notre français du . Et il a connu des transformations par les apports syntaxiques, morphologiques, lexicaux et surtout phonétiques (notamment pour les sons-voyelles) issus du vieux-francique (la langue germanique ancienne des Francs saliens).
Ainsi le gallo-roman a peu à peu donné naissance à l'ancien français, mais aussi à l'ancien occitan, l'ancien catalan et à l'ancien francoprovençal. Il était déjà suffisamment éloigné du latin en 813 pour que ce dernier soit devenu presque incompréhensible pour les populations de l'ouest de l'empire de Charlemagne (sauf pour les clercs) : le concile de Tours en prend acte et préconise désormais que les sermons soient dits en (langue romane rustique) et non plus en latin. [Voir les articles détaillés « Histoire de la langue française » et « Histoire linguistique de la France »].
Le français a donc une pluralité de langues mères, substrats et superstrats linguistiques assez éloignés les uns des autres, tant sur le plan phonétique que lexical et grammatical (sauf à remonter à l'hypothétique indo-européen commun). Il résulte de la confluence de langues celtiques, latines et germaniques. Ceci explique le caractère particulièrement composite du français actuel, et le fait que parmi les langues romanes, le français semble à certains chercheurs (dont Mario Pei) comme la plus éloignée phonétiquement du latin, et donc inévitablement la plus difficile à transcrire en utilisant l'alphabet latin.. Ainsi, malgré le fait que leur langue mère latine commune engendre entre toutes les langues romanes actuelles une parenté évidente et qu'elles partagent de nombreuses similitudes qui favorisent leur apprentissage réciproque et une relative intercompréhension, , et encore plus de difficultés à l'écrire !
L'écriture du français n'est pas que phonographique
Lettres à valeur idéographique