La flotte du Pacifique est une flotte de la Marine nationale française stationnée dans l'océan Pacifique, dont l'origine remonte au milieu du et à la division navale de l'Océanie et la division navale des mers de Chine et du Japon.

Son état-major actuellement est installé sur la base navale de Papeete en Polynésie française, qui constitue la principale base de la flotte. Une autre base importante se situe à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Elle fait partie des forces armées en Polynésie française.

Dénominations Différentes dénominations ont été utilisées au cours de l'histoire :

En Extrême-Orient « Division navale des mers de Chine » puis, à partir du milieu des années 1860, « Division navale des mers de Chine et du Japon » (1850-1884) « Escadre d'Extrême-Orient » (1884-1885) « Division navale d'Extrême-Orient », DNEO (1885-1899) « Division navale d'Extrême-Orient et du Pacfiique Occidental » (1899-1900) « Escadre d'Extrême-Orient » (1900-1906) « Division navale d'Extrême-Orient » (1906-1920) « Forces navales en Extrême-Orient », FNEO (1926-1940) « Forces maritimes d'Extrême-Orient », FMEO (1944-1956) qui comprend durant la guerre d'Indochine à partir de 1947 la DNEO (reformée en 1947) et la Marine d'Indochine.

En Océanie « Station navale du Pacifique » (1822-1825) « Station navale des mers du sud » « Division navale de l'Océanie » pour la flottille affecté aux intérêts français en Océaniehttps://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1959_num_46_163_1308 « Division navale de l'océan Pacifique » « Division navale du Pacifique et des côtes ouest d'Amérique" » (1851-1857) « Division navale du Pacifique oriental » (1899-1900) « Station navale du Pacifique » (1920-1939) « Forces navales françaises libres du Pacifique » (1940-1944) « Forces maritimes de l'océan Pacifique » depuis 1956

Historique Au début de l'année 1823, le ministère de la Marine et des Colonies ordonne au Contre-amiral Roussin de gagner l’Océan Pacifique avec trois bâtiments pour y créer une station navale. Cette nouvelle escadre, destinée à couvrir les côtes du Chili et du Pérou, fixe son centre d’opérations dans le port de Valparaiso. Le choix de ce port s’explique non seulement par la guerre d'indépendance qui se déroule à cette époque au Pérou, mais aussi par les avantages qu’il offre en ce qui concerne l’approvisionnement des équipages. La station navale du Pacifique se maintient de manière autonome jusqu'en 1825, date à laquelle, elle passe sous le commandement du chef de la Station navale en Amérique du Sud, basée à Rio de Janeiro.

Devenue station navale des mers du sud, elle retrouve son autonomie en 1830 et va participer à l'expansion coloniale française en Océanie.

Dans les années 1850, la division navale de l’Océanie est constituée de deux ou trois navires et d'un peu plus de . Leurs commandants sont alors les gouverneurs (plus précisément les commissaires navals) administrant Tahiti, Moorea, l'archipel des Tumamotu, les iles Marquises, Tubuai, et à partir de la Nouvelle-Calédonie.

Au début de 1854, la France a, dans le Pacifique, deux forces navales. La première porte le titre de « Division navale de l’océan Pacifique ». Elle est placée, de 1852 à sa mort en 1855, sous le commandement du contre-amiral Febvrier-Despointes, qui a la charge des intérêts français sur toute la côte américaine et dans le Pacifique oriental et qui a pris officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de la France, le . La division comprend la frégate Forte de 50 canons, portant le pavillon de l’amiral, la corvette l’Eurydice, de 28 canons, le brick l’Obligado, de 18 canons, la frégate Alceste, de 52 canons. L’amiral Febvrier-Despointes a également sous son autorité le Gouverneur des établissements français d’Océanie. Ce dernier est le capitaine de vaisseau Théogène François Page, qui sera contre-amiral en et gouverneur militaire de la Cochinchine et commandant de la division des mers de Chine et du Japon en 1859. Il est remplacé à la fin de 1854 par le capitaine de vaisseau Du Bouzet. Il a l’administration des îles françaises et commande une « subdivision navale » comprenant la corvette Artémise de 32 canons, la corvette à vapeur Prony de 6 canons, et l’aviso à vapeur Duroc, de 4 canons, plus quelques goélettes sans valeur militaire.

Le Pacifique occidental est le domaine d’une autre force navale française, la « Division de la Réunion et de l’Indo-Chine », commandée par le contre-amiral Adolphe Laguerre. Sa zone normale d’action comprend la mer Rouge et l’océan Indien, les mers de Chine et du Japon, et les parages des îles de la Sonde. Au début de la guerre de Crimée, la composition de la division est la suivante : la frégate Jeanne d’Arc, de 44 canons, portant pavillon de l’amiral, la corvette Constantine, de 30 canons, la corvette à vapeur Colbert, de 6 canons, la frégate Sibylle, de 50 canons..

Après 1860, l'escadre française opérant en Asie de l'Est est nommée station navale de Saigon puis « division navale des mers de Chine et du Japon »..

Division navale des mers de Chine, escadre d'Extrême-Orient, division navale d'Extrême-Orient et forces navales en Extrême-Orient

Forces navales françaises libres du Pacifique vignette|gauche|Le Triomphant en 1940 après avoir rejoint les FNFL. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le contre-torpilleur Le Triomphant appartient à la force de Raid. Dès , le bâtiment rallie les forces navales françaises libres (FNFL). Il est commandé par le capitaine de frégate Philippe Auboyneau, qui le réarme et le conduit dans l'océan Pacifique. Promu capitaine de vaisseau, il prend le commandement des FNFL dans le Pacifique à bord du TriomphantPhilippe Auboyneau, fiche biographique, Chancellerie de l'Ordre de la Libération.. L'enseigne de vaisseau Robert Girardon, futur vice-amiral, est embarqué sur Le Triomphant jusqu'en 1942, avant de rejoindre l’état-major du général de Gaulle à Alger.

Le , le contre-torpilleur arrive à Papeete où il est rejoint le par l'aviso Chevreuil puis par le croiseur auxiliaire Cap des Palmes..

En 1941, l'aviso Chevreuil, commandé par l'enseigne de vaisseau Fourlinnie, des Forces navales françaises libres est envoyé dans le Pacifique pour des missions de maintien de l'ordre. Avec l'accord de l'amirauté Britannique, il est mis à la disposition du commandant des Forces navales françaises libres du Pacifique, le capitaine de frégate Georges Cabanier. Le , le Chevreuil appareille et fait route sur la Nouvelle-Calédonie, il atteint Nouméa le . Jusqu'en il va effectuer cinq principales missions, avec Nouméa comme point de départ et de retour, qui vont lui permettre de sécuriser et montrer la présence de la France libre dans un grand nombre d'îles et de lieu du au mois de .

Bâtiments de la Marine Nationale ayant servi dans le Pacifique durant la seconde guerre mondiale

TypeNomPériodeNoteCuirasséRichelieu1945 Contre-torpilleurLe Triomphant1941-1943 puis 1945 Aviso-colonialDumont d'Urville1939-1940 puis 1945Aviso-colonialSavorgnan de Brazza1944Aviso-colonialLa Grandière1944-1945Aviso-dragueur'Chevreuil1941-1944Croiseur-auxiliaireCap des Palmes1941-1945 Cargo-fruitier réquisitionnéPatrouilleur-auxiliaireOiseau des Iles1941-1943 Goélette à trois mâts à coque d'acier réquisitionnéeGoélette-arméeZélée1939-1940

Flotte du centre d'expérimentation du Pacifique

Entre 1964 et 1966, la Marine nationale française mobilise plus de cent bâtiments pour la construction des installations du centre d'expérimentation du Pacifique (CEP) en Polynésie française,

Le premier de ces bâtiments est un navire stationnaire : l'aviso-colonial F730 Francis Garnier qui avait déjà accompli une campagne hydrographique aux Tuamotu australes et aux Gambier deux ans avant la création du CEP. Puis, dès 1964, il servit de bâtiment-base à Mururoa durant deux ans.

Le transport de arrivé à Tahiti le , débarque une batellerie de premiers LCM et EDIC ainsi que des matériels roulants et engins de terrassement. Deux autres transports de chalands de débarquement et porte-hélicoptères de , l'Ouragan et l'Orage (construit spécialement pour les besoins du CEP), sont mis en service respectivement en 1965 et 1968. Comme la Foudre, leur radier permet d'embarquer et débarquer à flot EDIC, CTM ou LCM.

À l'été 1965Arrêté ministériel du 20 août 1965., la Marine nationale française crée le groupe aéronaval du Pacifique (dit groupe Alfa puis force Alfa) de plus de , comprenant sept bâtiments : un porte-avions, trois escorteurs d’escadre, deux pétroliers et un bâtiment de soutien. Ils feront les campagnes de 1966 et 1968.

La Marine a également besoin d'un grand bâtiment pour héberger militaires et ingénieurs civils. Après réflexion c'est le croiseur De Grasse, qui de par son âge notamment, est retenu. Le De Grasse effectue sept campagnes d'expérimentations nucléaires en Polynésie française jusqu'en 1972. C'est à son bord que le général de Gaulle assiste au premier tir sous ballon captif (code Bételgeuse) le à Moruroa.

Deux bâtiments de soutien renforcent le dispositif, le Garonne de 1965 à 1973 et le Rance destiné à la sécurité radiologique du centre d'expérimentation du Pacifique (CEP) lors des tirs nucléaires expérimentaux et basé à Papeete de 1966 à 1976.

Basé dans un premier temps à Brest, le TCD Orage effectue onze campagnes dans le Pacifique pour le compte de la Direction des centres d'expérimentations nucléaires (DirCEN) avant de rejoindre l'escadre de l'Atlantique le ..

L'ordre 294 du crée la division des avisos-escorteurs du Pacifique (Divavpaci). Elle est composée des bâtiments de la classe Commandant Rivière, Commandant Rivière (arrivé en 1962 et resté jusqu'à 1984), Doudart de Lagrée (de 1966 à 1980), Amiral Charner (de 1963 à 1980), Protet (de 1964 à 1971 et de 1978 à 1981) et l'Enseigne de vaisseau Henry (de 1965 à 1985). Ils assurent la surveillance de la zone maritime autour des sites. Les avisos-escorteurs qui dépendaient des forces maritimes du Pacifique, sont remplacés le dans leurs missions de surveillance, par deux avisos A69, le Commandant Blaison et le Jean Moulin. Seul le Balny, basé à Tahiti depuis le , y reste affecté près de , jusqu'en .

En 1984, la Direction des centres d'expérimentations nucléaires (DIRCEN) commande aux chantiers Dubigeon à Nantes un bâtiment de transport et de soutien. Achevé par les chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, le Bougainville est opérationnel le . Mesurant de long et déplaçant en pleine charge, le BTS assure le transport des matériels entre la Métropole, Tahiti et l'atoll.

Principaux navires de surface de la flotte du Pacifique Après guerre les aviso-coloniaux La Grandière et Dumont d'Urville se relaient pour effectuer des croisières dans le Pacifique. Jusqu'en 1948, il n'y a, à Papeete ou à Nouméa, aucun bâtiment stationnaire faisant office de patrouilleur. Seules des vedettes de port (VP 51 et 52 désarmées en 1964 et 1971 à Papeete, VP 61, 62 et 63 à Nouméa), de construction américaine, contribuent à la surveillance maritime et participent aux liaisons interinsulaires. En 1948, le Tiaré, ancien dragueur américain, rallie Tahiti et effectue les missions d'un patrouilleur. Il est remplacé en 1951 par le Lotus, lui-même remplacé en 1957 par son sistership le Zinnia qui reprend le nom de Lotus.

Composition en 1957 #TypeNomClassePort d'attacheEntrée en service actifNoteF711Escorteur de 2e classeLa ConfianceRiverNouméa1944Ex HMS Moyola, ex Tonkinois, reste dans le Pacifique jusqu'en 1960F730Aviso-colonialLa GrandièreEritreaPapeete1937Ex aviso-colonial italien Eritrea transféré à la France en 1948 au titre des dommages de guerre.P656PatrouilleurLotusYMS 135Papeete1943 Ex Zinnia, Ex YMS-227, à Papeete en 1957P657PatrouilleurTiaréYMS 135Nouméa1943Ex Pétunia, ex YMS-207, à Nouméa en 1957A656Bâtiment-atelierVulcainLST Mk2Nouméa1943Ex USS Agenor, ex LST 490

L'aviso-dragueur La Capricieuse (F745) relève La Confiance en 1960.