Jaych al-Islam (, « L'Armée de l'islam ») est un groupe rebelle de la guerre civile syrienne, formé en 2011 et dissous en 2025.

De 2013 à 2018, il forme le groupe rebelle le plus puissant dans le gouvernorat de Rif Dimachq lors de la bataille de la Ghouta orientale. Il se fond ensuite dans l'Armée nationale syrienne.

Drapeaux et logos

Affiliations et alliances L'organisation a rejeté l'adhésion à l'Armée syrienne libreMissile blast wounds Syrian rebel commander: activists. En septembre 2012, elle rejoint le Front islamique de libération syrien The Free Syrian Army, Understanding War, mars 2013, consulté le , puis le Front islamique le .

En , après avoir bénéficié de nombreux ralliements, le Liwa al-Islam se rebaptise Jaych al-IslamBenjamin Barthe, Le chef rebelle salafiste Zahran Allouche a été tué en Syrie, Le Monde, 28 décembre 2015.. Le groupe rassemble alors 43 factions (60 en 2016). Il reçoit plusieurs millions de dollars de financement en armement et entraînement militaire par l'Arabie Saoudite.

Le , il fait partie des mouvements qui intègrent la chambre d'opérations Fatah Halab"Infographic: "Fatah Halab" military operations room – coalition of 31 rebel factions", Archicivilians, 18 juin 2015..

En , une nouvelle coalition baptisée Jund al-Malahim (les Soldats de l'aventure) est formée à Damas : elle regroupe le Front al-Nosra, Ahrar al-Cham et l'Union islamique Ajnad al-Cham, mais Jaych al-Islam refuse de l'intégrer.

Le , le chef du groupe Mohamed Allouche est élu négociateur en chef du Haut Comité des négociations (HCN), aussi appelée « opposition de Riyad » en référence à sa formation dans la capitale saoudienne, représentant une alliance de groupes d'opposition aux discussions de paix de Genève. Il démissionne de sa fonction de négociateur en chef le .

Le , Ansar al-Cham se rallie à Jaych al-Islam. Puis, le , Ansar al-Cham se désolidarise du groupe et préfère rallier le Hayat Tahrir al-ChamHassan Ridha, Ansar al-Sham Battalion joins Tahrir al-Sham. Al-Qaeda still swallowing up other groups + occasional defection from Ahrar al-Sham, twitter, 7 février 2017..

Le , la branche de Jaych al-Islam à Idleb rallie Ahrar al-ChamCaroline Hayek, En Syrie, une trêve aux accents de guerre intestine rebelle, OLJ, 27 janvier 2017..

Fin 2017, le groupe intègre l'Armée nationale syrienneانفوغراف | فصائل الجيش الحر المشاركة في عملية غصن الزيتون, NORS Studies, 30 juillet 2018..

Idéologie vignette|upright=1.2|Zahran Allouche, le chef de Jaych al-Islam, le 29 avril 2015.

Pour la plupart des journalistes et observateurs du conflit syrien, Jaych al-Islam est essentiellement salafisteBenjamin Barthe, L’opposition syrienne à Genève : une union de façade, Le Monde, 28 novembre 2017.Laure Stephan et Benjamin Barthe, Syrie : échec des tractations secrètes sur la Ghouta orientale, Le Monde, 27 février 2018.Eléonore de Vulpillières, Daech, al-Nosra, Armée de l'Islam : les sept familles du djihad en Syrie, Le Figaro, 4 novembre 2015.Laure Stephan, Syrie : quelles sont les forces en présence dans la Ghouta orientale ?, Le Monde, mars 2018.Alexis Feertchak, Syrie : qui sont les rebelles dans la Ghouta orientale ?, Le Figaro, mars 2018. et nationaliste. Le groupe inclut aussi une tendance plus proche des Frères musulmans. Fortement lié à l'Arabie saoudite, Jaych al-Islam est antichiite, anti-alaouite et très hostile à l'Iran, mais aussi à l'État islamiqueMarc Daou, Qui est Mohammad Allouche, le chef de la délégation rebelle syrienne à Astana ?, France 24, 24 janvier 2017.Andrés Allemand, «Notre Armée de l’islam est tout sauf criminelle», La Tribune de Genève, 24 novembre 2014.. Selon le chercheur Ziad Majed, Jaych al-Islam Alexis Feertchak, Guerre en Syrie : qui sont les responsables de la tragédie ?, Le Figaro, 18 octobre 2016.. Le groupe prône l'instauration de la charia, mais contrairement aux djihadistes il s'oppose à toute action en dehors de la Syrie.

Le chercheur Romain Caillet nuance cependant l'idéologie de Jaych al-Islam, en estimant que les membres de ce groupe sont mais qu'ayant communiqué en faveur , malgré le fait que le groupe entretienne un Cécile De Sèze, Syrie : quels sont les groupes rebelles assiégés dans la Ghouta ?, RTL, 7 mars 2018.. Joshua Landis, professeur à l'université d'Oklahoma et journaliste à Syria Comment, écrit au sujet de Zahran Allouche : .

Le chef de Jaych al-Islam, Zahran Allouche, tient initialement un discours sectaire : il appelle notamment à « nettoyer Damas de ces ordures de chiites et d’alaouites ». Au printemps 2015, il change cependant son discours, probablement pour des raisons tactiques, et se déclare favorable à un « gouvernement technocratique » respectueux de toutes les minorités.

D'après l'universitaire Fabrice Balanche, après son classement comme organisation terroriste par les États-Unis fin 2012, le Front al-Nosra .. Mais pour l'universitaire Thomas Pierret, au contraire, le Front al-Nosra et Jaych al-Islam Céline Lussato, SYRIE. Pourquoi des rebelles syriens rejettent la Coalition nationale, Le Nouvel Observateur, 25 septembre 2013.. Selon Ziad Majed, universitaire et politologue : Anthony Samrani, L’Armée de l’islam dans l’attente du feu vert pour lancer la bataille de Damas, OLJ, 26 août 2015.. Pour Aron Lund, chercheur suédois à la Fondation Carnegie pour la paix internationale, les relations entre Jaych al-Islam et al-Nosra sont très mauvaises et des affrontements les opposent dans la Ghouta orientale en 2016. En 2017, après une intensification des combats avec l'ex-Front al-Nosra — Hayat Tahrir al-Cham — Jaych al-Islam annonce son intention de Aron Lund, Syria: East Ghouta Turns on Itself, Again, The Century Foundation, mai 2017..

Effectifs et organisation vignette|gauche|upright=1.3|Des rebelles de Jaych al-Islam à al-Marj, dans la Ghouta orientale, le 13 février 2017.

vignette|upright=1.3|Des rebelles de Jaych al-Islam à al-Marj, dans la Ghouta orientale, le 13 février 2017.

Les effectifs du groupe sont estimés entre BBC : Syria crisis: Guide to armed and political oppositionCatherine Gouëset, Djihadistes, islamistes, rebelles... La guerre dans la guerre en Syrie, L'Express, 9 janvier 2014.L'orient Le jour : Des militants anti-régime sur le terrain ont vu dans cette annonce une "mauvaise nouvelle" pour le président Assad.. Fin 2015, le chercheur américain Charles Lister donne le chiffre de Charles Lister, Yes, there are 70,000 moderate opposition fighters in Syria. Here’s what we know about them, The Spectator, 27 novembre 2015.. Début 2017, les services de renseignement occidentaux estiment le nombre de combattants du mouvement entre . Début 2018, Le Monde chiffre ses effectifs à dans la Ghouta orientaleSyrie : « Washington s’en tient à des déclarations musclées, sans sortir du registre diplomatique », Le Monde, 28 février 2018..

Le fondateur de Jaych al-Islam est Zahran Allouche, également chef militaire du Front islamiqueHassane Zerrouky, En Syrie, sept groupes armés constituent un Front islamique, L'Humanité, 26 novembre 2013.. Il est tué le à Al-Marj dans un bombardement. Quelques heures plus tard, Jaych al-Islam annonce qu' prend la tête du groupeUn chef rebelle syrien tué dans un raid aérien près de Damas, Le Monde avec AFP, 25 décembre 2015.Syrie: le principal groupe rebelle de la région de Damas décimé par un raid, AFP, 25 décembre 2015.. Cependant, selon Lina Kennouche, journaliste de L'Orient-Le Jour, Bouyadani, chef sans poigne ni charisme, n'exerce qu'une autorité de façade et laisse le champ libre au guide religieux Samir Ali Kaaka (aussi orthographié Kaakeh) pour s'imposerLina Kennouche, La bataille de la Ghouta, un affrontement de longue durée, OLJ, 20 mai 2016..

Mohamed Allouche, membre du bureau politique de Jaych al-Islam et cousin de Zahran Allouche, est également le négociateur en chef choisi par le Haut comité des négociations (HCN) pour diriger la délégation de l’opposition à Genève en 2016, puis à Astana en 2017.Premier jour de négociations directes entre rebelles et régime syrien à Astana, AFP, 23 janvier 2017..

Majdi Mustafa Nameh, dit Islam Allouche, ex-capitaine de l'armée syrienne, est porte-parole du groupe jusqu'en Un djihadiste syrien, ancien porte-parole de Jaysh Al-Islam, arrêté à Marseille et mis en examen, Le Monde avec AFP, 31 janvier 2020.Un ex-responsable islamiste interpellé fin janvier présent en France grâce à un visa, L'Obs, 6 février 2020.. Il est arrêté à Marseille, en France, le et est mis en examen et placé en détention provisoire le pour « actes de torture et complicité », « crimes de guerre » et « complicité de disparitions forcées ».

Zones d'opérations Le groupe est actif dans le gouvernorat de Rif Dimachq, région dans laquelle il forme la principale force rebelle qui affronte le régime syrien pendant la bataille de la Ghouta orientaleReuters : Syrie: un missile blesse un chef rebelleTalal el Atrache, L’armée mène une vaste opération dans les faubourgs de la capitale, L'Humanité, 28 août 2013.. Il contrôle la ville de Douma et la partie est de la poche de la Ghouta orientale. Il est également présent à AlepSyrie : calme relatif à Alep après l'accord de trêve, Le Figaro avec AFP, AP et Reuters, 5 mai 2016..

Actions vignette|upright=1.3|Des rebelles de Jaych al-Islam à Qasmya, dans la Ghouta orientale, le 30 janvier 2017.

Jaych al-Islam prend essentiellement part à la bataille de la Ghouta orientale. Il aurait conclu une alliance tactique avec l'Armée syrienne libre dans la région de Damas. Mais le , des affrontements éclatent dans la Ghouta orientale entre Jaych al-Islam et Faylaq al-Rahmane, la plus importante brigade de l'Armée syrienne libre de la régionAron Lund, Showdown in East Ghouta, Fondation Carnegie pour la paix internationale, 4 mai 2016.. Jaych al-Islam entre également en guerre avec Jaych al-Foustate, une alliance formée par le Front al-Nosra et le Liwa Fajr al-Umma. Du au , les combats entre groupes rebelles font plus de 500 morts dans la Ghouta orientaleSyrie: plus de 300 morts dans des combats entre des factions rebelles près de Damas, AFP, 15 mai 2016.. Jaych al-Islam tient l'est de la région, les autres groupes tiennent l'ouest. Le , un cessez-le-feu est conclu entre les différentes factions rebellesSyrian rebels agree in Qatar to stop fighting each other, Reuters, 25 mai 2016.. De nouveau combats meurtriers éclatent en Syrie: des combats entre insurgés ont fait 169 morts en une semaine, L'Orient Le Jour avec AFP, 5 mai 2017., mais en , face aux offensives du régime syrien, Jaych al-Islam et Faylaq al-Rahmane reprennent leur coopération. Le , vers la fin de la bataille de la Ghouta orientale, Jaych al-Islam capitule à DoumaPremier départ de rebelles de Douma en vertu d'un accord avec les Russes, Reuters, 8 avril 2018.In conjunction with preparations for getting out of Ghouta, Jaysh al-Islam informs Douma people about the exit of its fighters and leaders from Douma in response to “popular pressure”, OSDH, 8 avril 2018.Hala Kodmani, La Ghouta à l’agonie, l’Occident de nouveau au pied du mur, Libération, 9 avril 2018.. Le groupe est chassé de la Ghouta et après la conclusion d'un accord avec le régime ses combattants sont transférés vers le nord-ouest de la SyrieSyrie : l'armée annonce la reprise totale de la Ghouta, Le Point avec AFP, 15 avril 2018..

Soutiens et financement Jaych al-Islam bénéficie d'un flot de donations récoltées dans les milieux salafistes des pays du Golfe par le père de Zahran Allouche, le chef du groupe. Ces aides permettent à Jaych al-Islam de s'imposer sur les autres groupes rebelles de la GhoutaBenjamin Barthe, La Ghouta orientale, tombeau de la révolution syrienne, Le Monde, 13 avril 2018..