Le dopage aux Jeux olympiques concerne l'utilisation de drogues améliorant la performance par des sportifs participant aux Jeux olympiques d'hiver et d'été. Du fait des nombreuses rumeurs visant certains athlètes sur des soupçons de dopages, le Comité international olympique (CIO) a décidé, en 1967, d'interdire l'utilisation de drogues améliorant la performance dans la compétition olympique. Lors des Jeux olympiques d'été de 1968, le CIO officialise les contrôles antidopage et oblige les femmes à se soumettre à des tests de féminité. En 1989, le CIO met en place les contrôles inopinés.
Histoire thumb|right|Kornelia Ender, quadruple championne olympique en 1976, reconnait avoir reçu de nombreuses injections.
Les origines remontent aux Jeux olympiques antiques où les Olympiens auraient mangé de la viande de lézard préparée d'une manière spéciale, dans l'espoir d'avoir un avantage athlétique.. Dans les Jeux olympiques antiquesBref historique de l'antidopage, site de l'Agence Mondiale Antidopage, l'alcool était prohibéJeux Panhelléniques, site de l'Ambassade de Grèce en France. Un juge placé à l'entrée des stades reniflait l'haleine des compétiteursAudition de M. Jean-Pierre de Mondenard, médecin du sport, spécialiste des questions relatives au dopage, site officiel du Sénat.
La première utilisation documentée de drogues pour améliorer la performance d'un athlète est le vainqueur du marathon olympique en 1904, Thomas Hicks qui s'est injecté de la strychnine.
Le dopage apparaît sous forme de stéroïdes anabolisants à partir de 1964 et provoque une importante amélioration générale des résultats. Ce recours aux pratiques dopantes n'est pas encore interdit en 1964. Il est généralisé tant aux États-Unis que dans les pays du bloc communiste.
Le premier athlète olympique contrôlé positif pour utilisation de drogues améliorant la performance est Hans-Gunnar Liljenwall, un athlète suédois pratiquant le Pentathlon moderne. Lors des Jeux olympiques d'été de 1968, il perd sa médaille de bronze pour consommation d'alcool.. Il est le seul athlète à être contrôlé positif pour une substance interdite aux Olympiques de 1968.
Le cas le plus connu d'usage de drogues est le vaste programme de dopage des athlètes en Allemagne de l’Est de 1970 à 1980. Les nageuses est-allemandes établissent une hégémonie sur les podiums et s'approprient bon nombre de records du monde. Malgré les soupçons et les accusations, il faut attendre les années 1990 et la chute du communisme à l'Est pour assister à des révélations et le début d'une enquête de grande envergure lancée par le gouvernement allemand.
En 1990, des documents ont été rendus publics, établissant que les nageuses est-allemandes subissaient des injections régulières de testostéroneCharpentier - Boissonnade, La Grande Histoire des Jeux olympiques, 1999, p. 838.. Ainsi, quelques nageuses telles Petra Schneider ou Ute Geweniger ont avoué les pratiques de dopage« Petra Schneider veut faire annuler son record », dopage.com., d'autres ont entamé des poursuites judiciaires pour obtenir des dédommagements à cause des problèmes de santé provoqués par les effets secondaires du dopage. Ces grands procès s'ouvrent à partir de 1998, au cours desquels sont jugés entraîneurs et responsables du sport est-allemand de l'époquesport.fr.. Malgré les condamnations judiciaires, les médailles n'ont pas été annulées.
En 1991, les experts de la lutte antidopage, Brigitte Berendonk et Werner Franke eurent accès à plusieurs travaux des chercheurs est-allemands. À l'aide de ces documents, ils purent établir les pratiques de dopage de nombreux sportifs est-allemands dont Jürgen Schult. Celui-ci aurait reçu de hautes doses d'Oral-Turinabol de 1981 à 1984Brigitte Berendonk: Doping-Dokumente - Von der Forschung zum Betrug. Springer-Verlag, Berlin 1991, , S. 128, Tabelle 8.
Dès 1994, le quotidien allemand Berliner Zeitung révèle dans ses colonnes, par le biais de Werner Franke, professeur en biochimie chargé de l'enquête sur les archives de la Stasi, que les nageurs est-allemands engagés dans les compétitions internationales étaient tous dopés. Ainsi, les analyses urinaires de Kristin Otto, sextuple championne olympique aux Jeux de Séoul en 1988, révèlent des taux supérieurs à trois fois la limite d'un test positif selon le magazine américain Swimming World« Kristin Otto mise en cause », archives en ligne du quotidien français L'Humanité, 7 décembre 1994..
En 2015, la révélation d'un système de dopage par deux lanceurs d'alerte russes en fuite aux États-Unis conduit à la suspension de la Fédération russe d'athlétisme pour les Jeux olympiques de 2016 à Rio, bien qu'aucun athlète n'ait été contrôlé positif (notamment aux Jeux olympiques de 2014 à Sotchi, où ils étaient dopés selon les révélations des lanceurs d'alerte).. La fédération kényane est également visée..
Réponse thumb|right|Logo de l'agence Durant les années 1970, les tests en dehors des compétitions sont intensifiés, car ils dissuadent les athlètes d'utiliser des produits dopants. Le problème des tests effectués à cette époque est le manque de standardisation des procédures, qui porte atteinte à leur crédibilité. Il faut attendre la fin des années 1980 pour que les fédérations sportives internationales commencent à coordonner leurs efforts pour standardiser les protocoles de dépistage des produits dopants.
Le CIO prend les devants dans la lutte contre les stéroïdes lorsqu'il crée une Agence mondiale antidopage (AMA) indépendante en . Cette lutte antidopage se ressent dès les Jeux olympiques d'été de 2000 et Jeux olympiques d'hiver de 2002 où alors que les Jeux ne sont pas encore terminés, plusieurs médaillés en haltérophilie et au ski de fond furent disqualifiés car ils avaient échoué à un test antidopage.
Pendant les Jeux olympiques d'été de 2012, plus de ont été effectués. Les contrôles d'urines tests sanguins ont été utilisés dans un effort coordonné pour détecter les substances interdites et les récentes transfusions sanguines. Avant même le début des Jeux de Londres, 107 athlètes furent écartés.
Jeux olympiques d'été Ce qui suit est une liste de tous les athlètes ayant été contrôlés positifs à une substance interdite peu avant, pendant ou après les Jeux olympiques dans lesquelles ils ont concouru. Des médailles énumérées ont été révoquées par le Comité international olympique. En 1967, le CIO a interdit l'utilisation de drogues améliorant la performance, et a institué une commission médicale. Une liste des substances interdites a été créée..
JO de 1968 à Mexico
Pour la première fois, le Comité international olympique décide d'instituer des contrôles antidopage lors des Jeux olympiques. C'est ainsi que quotidiennement, dans cinq compétitions, cinquante tests sont effectués, notamment des prélèvements urinaires des six premiers de chaque épreuve individuelle. Au total, 667 athlètes seront contrôlés et un seul cas de dopage sera avéré, celui du pentathlonien suédois Hans-Gunnar Liljenwall pour lequel des traces d'alcool furent découvertes dans son sangListe des sportifs dopés aux Jeux olympiques.
NomPaysSportSubstance bannieMédailles retiréesHans-Gunnar LiljenwallPentathlon moderneÉthanol (équipe)
JO de 1972 à Munich
6 cas de dopages furent décelés à l'occasion de ces jeux de Munich. NomPaysSportSubstance bannieMédailles retiréesBakaava BuidaaJudoMéthandrosténolone ()Rick DeMontNatationÉpinéphrine ( nage libre homme)Jaime HuélamoCyclismeNicéthamide (course sur route individuelle)Walter LegelHaltérophilieAmphétamineMohammad Reza NasehiHaltérophilieÉpinéphrineAad van den HoekCyclismeCoramine ( course d'équipe)
JO de 1976 à Montréal
11 cas de dopages furent décelés à l'occasion de ces jeux de Montréal. NomPaysSportSubstance bannieMédailles retiréesBlagoy BlagoevHaltérophilieStéroïde anabolisant ()Mark CameronHaltérophilieStéroïde anabolisantPaul CeruttiTirAmphétamineDragomir CiorosianHaltérophilieFencanfaminePhilippe GrippaldiHaltérophilieStéroïde anabolisantZbigniew KaczmarekHaltérophilieStéroïde anabolisant ()Valentin HristovHaltérophilieStéroïde anabolisant ()Lorne LiebelVoilePhénylpropanolamineArne NorrbackHaltérophilieStéroïde anabolisantPeter PavlasekHaltérophilieStéroïde anabolisantDanuta RosaniAthlétismeStéroïde anabolisant
JO de 1980 à Moscou
Aucun athlète ne fut contrôlé positif à l'occasion de ces Jeux de Moscou, qualifiés alors des et des premiers sans dopages, mais il a été affirmé que des athlètes ont commencé à utiliser de la testostérone et d'autres médicaments pour lesquels des tests n'avaient pas été encore développés. Les jeux olympiques de Moscou de 1980 ont été qualifiés de Jeux olympiques de toxicos ou des Jeux olympiques de chimistes par un rapport de 1989 du comité du sénat australien qui a affirmé : « Il n'y a guère de médaillés aux Jeux de Moscou et certainement pas un médaillé d'or, qui ne soient pas sous une sorte de substance ou une autre : Les JO de Moscou auraient pu être appelés les Jeux des pharmaciens »..
JO de 1984 à Los Angeles
12 cas de dopages furent décelés à l'occasion de ces Jeux de Los Angeles. Le cycliste américain Patrick McDonough a admis plus tard un « dopage sanguin » aux Jeux de 1984 à Los Angeles.. Après les jeux, il a été révélé que le tiers de l'équipe cycliste américaine avait reçu des transfusions sanguines avant les Jeux, où ils ont remporté neuf médailles. Le « dopage sanguin » a été interdit par le CIO en 1985, mais aucun test existait pour elle à l'époque. NomPaysSportSubstance bannieMédailles retiréesSerafim GrammatikopoulosHaltérophilieNandroloneVésteinn HafsteinssonAthlétismeNandroloneTomas JohanssonLutteMéténolone (Super-lourd)Stefan LaggnerHaltérophilieNandroloneGöran PeterssonHaltérophilieNandroloneEiji ShimomuraVolley-ballTestostéroneMikiyasu TanakaVolley-ballÉpinéphrineAhmed TarbiHaltérophilieNandroloneMahmud TarhaHaltérophilieNandroloneGiampaolo UrlandoAthlétismeTestostéroneMartti VainioAthlétismeMéténolone ()Ánna VeroúliAthlétismeNandrolone
JO de 1988 à Séoul
10 cas de dopages furent décelés à l'occasion de ces jeux de Séoul. Le cas le plus retentissant fut celui du sprinteur canadien Ben Johnson qui en finale de la compétition pulvérisa le record du 100 mètres en 9.79 secondes. Après des analyses sanguines, il est contrôlé positif au stanozolol, un stéroïde anabolisant. Il est suspendu pour deux années, et sera radié à vie après une seconde affaire de dopage en 1993Il était une fois les JO : 1988, le séisme Ben Johnson directmatin.fr.
NomPaysSportSubstance bannieMédailles retiréesAlidadLutteFurosémideKerrith BrownJudoFurosémideKalman CsengeriHaltérophilieStanozololMitko GrablevHaltérophilieFurosémide ()Angel GuenchevHaltérophilieFurosémide ()Ben JohnsonAthlétismeStanozolol ()HaltérophiliePémolineJorge QuesadaPentathlonPropranololAndor SzanyiHaltérophilieStanozolol ()Alexander WatsonPentathlonCaféine
JO de 1992 à Barcelone
5 cas de dopages furent décelés à l'occasion de ces Jeux de Barcelone. NomPaysSportSubstance bannieMédailles retiréesMadina BiktagirovaAthlétismePhénylpropanolamineVolley-ballStrychnineAthlétismeClenbutérolAthlétismeClenbutérolAthlétismeMeziocarde
JO de 1996 à Atlanta
2 cas de dopages furent décelés à l'occasion de ces Jeux d'Atlanta. NomPaysSportSubstance bannieMédailles retiréesIva PrandzhevaAthlétismeMéthandrosténoloneAthlétismeStanozolol
JO de 2000 à Sydney
C'est en 2004 que l'affaire concernant l'athlète la plus titrée de sa discipline éclateAthlétisme : les 5 grands dopés de l'Histoire. Marion Jones, une sprinteuse américaine reconnaît avoir pris des stéroïdes au moins à partir de 1999. Des aveux qui lui coûtent 5 médailles olympiques. 13 cas de dopages furent décelés à l'occasion de ces jeux de Sydney.