La Maison Mégard est une imprimerie, maison d'édition et librairie tenue par plusieurs membres de la famille Mégard à Rouen au . Cette maison aurait produit de livres pour la jeunesse entre 1850 et 1900. Les livres imprimés et édités portent diverses mentions, dont : « Chez Mégard, Imprimeur-Libraire », « impr. de Mégard », « Imprimerie Mégard et Compagnie », « impr. de Mégard et , Libraires-Éditeurs à Rouen », « Maison Mégard ».

Généalogie Ces imprimeurs-libraires font partie d’une branche de la famille Mégard qui est originaire de Bellencombre (proche de Bosc-le-Hard, Seine-Maritime)« Familles françaises », Seine-Maritime, site généalogique de Maurice Mégard www.megard.com..

Historique Jean-Baptiste dit Sébastien Mégard est le fils d'un menuisier de Rouen. Il est bachelier ès lettres puis travaille chez Nicolas Labbey (imprimeur dès 1791). Il épouse une fille de Labbey et reprend son commerce vers 1804 (il est appelé « gendre et successeur de N. Labbey »)Notice d'autorité, catalogue de la BNF.. Jean-Baptiste obtient des brevets de libraire en 1813, d'« imprimeur en lettres » en 1815 (pendant les Cent-Jours) et de lithographe en 1829Libraires et imprimeurs. Rouen ..., Archives nationales, P. Laharie, 2003.. Il rachète l'imprimerie de Nicolas Herment et succède à celui-ci en 1815.

En 1827, Jean-Baptiste Mégard vend sa librairie (et cède son brevet) à son fils Sébastien, mais continue l'exploitation de l'imprimerie. En 1833, l'imprimerie Mégard emploie . Sébastien reprendra le brevet d'imprimeur à la mort de son père en 1844.

Dès 1857, Pierre Eugène Vimont a acquis l'entreprise de Sébastien Mégard, désormais exploitée sous le nom « Mégard et », et il reprend les brevets d'imprimeur et de libraire en 1860. Ernest Mégard, fils de Sébastien, reprend les brevets de libraire et d'imprimeur après le décès de Pierre Vimont en .

À la fin du , Léon Mégard a repris l'entreprise ; il est fils d’Adolphe et neveu de SébastienOn trouve la mention « Mégard et imprimeurs-éditeurs 136, rue Saint-Hilaire à Rouen, L. Mégard Succ. » dans l'ouvrage Catéchisme du diocèse de Rouen… en 1902 (CNDP). Une mention analogue figure dans L'Hôtellerie de la montagne de Céline Fallet publié vers 1891 (CNDP). L. Mégard est qualifié d' imprimeur de l'archevêché en 1902 dans Histoire du bréviaire de Rouen, par l'abbé A. Collette (Hathi Trust). En 1906, le sermon imprimé sous le titre La fonction nationale du clergé de France porte la mention « Rouen, Impr. L. Mégard ». Léon Mégard est domicilié 136 rue Saint-Hilaire dans l’Almanach de Rouen de 1902..

Les derniers documents mentionnés au catalogue de la BNF sont un livre (Henri Thiellé, Traitement de la tuberculose…, 1905), de nombreuses lettres pastorales jusqu'en 1907, et la série Le Messager pour l'an 19.. : contenant des prédictions pour chaque mois, les évènements… semble avoir été publiée jusqu'en 1908Notice au catalogue BNF..

Complexité des transmissions L'acquisition d'un commerce, l'obtention d'un brevet et la pratique d'une profession sont trois événements différents (et trois sources d'informations potentielles).

Nicolas Labbey (?-1841) pratique l'imprimerie dès 1779 après avoir été lui-même commis de libraire, il est aussi marchand de papier« Nicolas Labbey », notice de la BNF.. Une de ses filles épouse (Laurent) Thierry Joseph Le Crêne en 1801, une autre fille épouse Sébastien Mégard. Labbey aurait remis son commerce à ses deux beaux-fils entre 1801 et 1804. En 1814, on trouve une demi-douzaine de livres imprimés par « Lecrêne-Labbey » ou par « Impr. de Herment », et qui portent simultanément l'indication « À Rouen, Chez Mégard » apparemment en tant que libraire-éditeurBibliographie de la France ou, Journal général de l'imprimerie et de la librairie, 1815.. Un livre publié en 1811 porte l'indication « Chez Mégard, Libraire, Successeur de N. Labbey »Cantiques spirituels à l'usage des missions, retraites et catéchismes du diocèse de Rouen avec les prières du matin et du soir…, Nouvelle édition.. Ainsi Sébastien Mégard aurait d'abord repris l'activité de libraire de son beau-père, avant d'avoir l'occasion d'acheter l'imprimerie Herment en 1815.

Le Crêne obtient ses brevets d'imprimeur en 1811 et de libraire en 1818, il restera dans la profession et acquiert l'imprimerie Trenchard vers 1833, y compris un brevet d'imprimeur qui reste inutilisé. Il démissionne et cède ses brevets de libraire et d'imprimeur à Adolphe Mégard le (lequel a cédé à Narcisse Niel un brevet d'imprimeur trois jours auparavant). Adolphe, frère cadet d'Ernest Mégard, est donc aussi un imprimeur-libraire (il se trouve à la même adresse que son père en 1844 et son grand-père en 1823 : 200 rue Martainville, monument historique depuis 1956).

Littérature pour la jeunesse

La collection « Bibliothèque morale de la jeunesse » débute en 1850 et publie jusqu'au début du , elle comprend des romans, des livres d’histoire (vulgarisation) et des « récits édifiants ». Avec environ publiés et dix millions de livres imprimés, c'est un succès important : la collection apparaît comme concurrente de la « Bibliothèque de la jeunesse chrétienne » de Mame à Tours, de la « Bibliothèque religieuse, morale et littéraire pour l'enfance et la jeunesse » de Martial Ardent à Limoges, des Éditions Lefort de Lille, des Éditions Barbou de Lyon, Limoges et Paris, ainsi que de la fameuse « Bibliothèque rose » d'Hachette à Paris« Joseph Guibout (1827-1873), auteur d'ouvrages d'histoire pour la jeunesse », JJB, mai 2010, sur le site pages.textesrares.com. Dont une présentation de la « Bibliothèque morale de la jeunesse » pour laquelle Joseph Guibout a écrit de 1856 à 1861.« enfance et jeunesse », extrait du Dictionnaire mondial des littératures, Larousse..

Un comité d'ecclésiastiques nommé par l’archevêque de Rouen révise et approuve chaque ouvrage, comme l'indiquent les éditeurs : .

Plus de collaborent à cette collection, dont les historiens Céline Fallet (qui signe aussi C. Vériot ou Alexandre Müller, près de de 1851 à 1887, , d'exemplaires), Théodore Bachelet (qui use parfois des pseudonymes Bosquet ou Mignan, neuf ouvrages, près de ), Louis Phocion Todière, Joseph Guibout, Victor Deville ou encore le graveur Auguste Pontenier. Plusieurs ouvrages sont réédités maintes fois, par exemple les de la Galerie des artistes célèbres de Fallet (de 1854 à 1884).

Notes et références

Annexes

Bibliographie . . .

Libraires et imprimeurs. Rouen (Seine-Maritime), 1813-1881. Imprimeurs en lettres, lithographes, taille-douciers et libraires, Archives nationales, répertoire par P. Laharie, 2003, 100 p. .

Articles connexes Auguste Pontenier (1820-1888), graveur et lithographe qui a travaillé pour les éditions Mégard Cartonnage romantique

Catégorie:Imprimeur français du XIXe siècle Catégorie:Imprimeur français du XXe siècle Catégorie:Maison d'édition ayant son siège en Normandie Catégorie:Librairie en France Catégorie:Maison d'édition fondée en 1804 Catégorie:Maison d'édition française disparue Catégorie:Personnalité liée à Rouen Catégorie:Famille normande Catégorie:Entreprise disparue en 1908