L' hyperactivité vésicale (ou vessie hyperactive, VH) est un symptôme urologique affectant la miction. Elle se caractérise par une sensation de miction impérieuse (sensation ), avec ou sans incontinence urinaire, associée à une pollakiurie diurne (> 8 épisodes) et à une nycturie (> 1 épisode).
Ce symptôme affecte la qualité de vie des patients, à la fois physiologiquement et psychologiquement. Elle dérange les activités quotidiennes, elle affecte la qualité du sommeil, elle peut abaisser l’estime de soi, ainsi que le profil psychologique et sexuel des patients.
Physiopathologie
Une hyperactivité du détrusor, muscle entourant la vessie, est souvent alléguée mais ce mécanisme n'est pas toujours retrouvé D'autres structures ont sans doute un rôle : urothélium, urètre, mais aussi le microbiote urinaire, des causes hormonales ou une atteinte du système nerveux végétatifPeyronnet B, Mironska E, Chapple C et al. A comprehensive review of overactive bladder pathophysiology: on the way to tailored treatment, Eur Urol, 2019;75:988-1000. Une inflammation de la vessie ou un défaut de perfusion sanguine de cet organe peuvent également jouer un rôleChess-Williams R, Sellers DJ. Pathophysiological mechanisms involved in overactive bladder/detrusor overactivity, Curr Bladder Dysfunct Rep, 2023;18:79-88.
Épidémiologie
La prévalence des symptômes est d'un peu plus de 10 % chez l'adulte tout venant et s'accroit avec l'âge. Ils sont aussi fréquents chez la femme que chez l'hommeIrwin DE, Milsom I, Hunskaar S et al. Population-based survey of urinary incontinence, overactive bladder, and other lower urinary tract symptoms in five countries: results of the EPIC study, Eur Urol, 2006;50:1306-1314.
Traitement
La prise en charge de ce symptôme, chez l'homme, a fait l'objet de la publication de recommandations. Celles, européennes, datent de 2023Gravas S, Gacci M, Gratzke C et al. Summary paper on the 2023 European Association of Urology guidelines on the management of non-neurogenic male lower urinary tract symptoms, Eur Urol, 2023;84:207-222. Celles, américaines, datent de 2024Cameron AP, Chung DE, Dielubanza EJ et al. The AUA/SUFU guideline on the diagnosis and treatment of idiopathic overactive bladder, Neurourol Urodyn, 2024;43:1742-1752.
La restriction hydrique et une diminution de la consommation de café peuvent améliorer les symptômes d'urgences mictionnellesWei JT, Dauw CA, Brodsky CN, Lower Urinary Tract Symptoms in Men: A Review, JAMA, 2025;334:809–821. Ces modifications comportementales sont aussi efficaces que les médicaments parasympatholytiques, du moins chez l'hommeBurgio KL, Kraus SR, Johnson TM II et al. Effectiveness of combined behavioral and drug therapy for overactive bladder symptoms in men: a randomized clinical trial, JAMA Intern Med, 2020;180:411-419.
Les médicaments parasympatholytiques ou anticholinergiques sont indiqués pour l'hyperactivité vésicaleReinier-Jacques Opsomer, Jean de Leval, Incontinences urinaires de l'homme, Springer Science & Business Media, 2011, p. 257.. Ils sont tous d'efficacités comparables avec les mêmes effets secondaires de type atropinique (sécheresse buccale et oculaire, constipation modérée). Il est observé une augmentation du risque de troubles cognitifs, surtout si leur usage est prolongéePieper NT, Grossi CM, Chan WY et al. Anticholinergic drugs and incident dementia, mild cognitive impairment and cognitive decline: a meta-analysis, Age Ageing, 2020;49:939-947 mais les données ne sont pas unanimesWelk B, McClure JA. The impact of anticholinergic use for overactive bladder on cognitive changes in adults with normal cognition, mild cognitive impairment, or dementia, Eur Urol Open Sci, 2022;46:22-29.
Les médicaments activateurs du récepteur β3 adrénergique, de type mirabegron ou vibegron, ont une bonne efficacité sur les symptômes et sont bien tolérésShin DG, Kim HW, Yoon SJ et al. Mirabegron as a treatment for overactive bladder symptoms in men (MIRACLE study): efficacy and safety results from a multicenter, randomized, double-blind, placebo-controlled, parallel comparison phase IV study, Neurourol Urodyn, 2019;38:295-304.
Notes et références
Catégorie:Symptôme en urologie