L'archipel des Bélep (prononcé ; Dau Ar en langue nyelâyu, soit littéralement « îles du Soleil ») est un petit archipel situé en Nouvelle-Calédonie dont il constitue l'extrémité nord. Il fait partie de la province Nord et de l'aire coutumière Hoot Ma Waap. Il constitue aussi une commune de Nouvelle-Calédonie, Bélep.
Géographie
Localisation
Situé en mer de Corail à 47 km au nord-ouest de l'extrémité septentrionale de la Grande Terre, cet archipel s'étale sur 36 km de long. À 100 km au nord-nord-ouest se trouvent les récifs d'Entrecasteaux, séparés de l'archipel des Bélep par le « Grand Passage », détroit de 500 à 600 mètres de fond. Il est compoes pour l'essentiel de la grande île Art (ou Aar en nyelâyu) dont le chef-lieu est Waala, de la petite île Pott (Phwoc) voisine, de Dau Ac, et des îlots rocheux Daos nord et sud.
Géologie et relief
Les sols sont avant tout constitués de roches magnésiennes et de fer oxydé rouge argileux. Il y a également une présence de cobalt, exploité sans grand succès à la fin du . La partie du lagon néo-calédonien dans laquelle les Bélep se trouvent est l'une des six zones retenus en 2008 par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) pour être classé au patrimoine mondial.
Hydrographie
Climat
Paysages
Milieux naturels et biodiversité
Urbanisme
Typologie
Occupation des sols
Morphologie urbaine
Lieux-dits, hameaux et écart
Logement
Planification de l'aménagement
Projets d'aménagement
Voies de communication et transports La question du désenclavement de l'archipel des Bélep est un enjeu majeur pour ses habitants.
Transport aérien L'archipel possède un aéroport à Waala sur l'île Art (code AITA : BMY), desservi via Koumac par la compagnie domestique Air Calédonie (Aircal, deux rotations régulières hebdomadaires pour 2 h 30 de trajet depuis Nouméa) et par Air Loyauté (à la demande). Il est le moins fréquenté du Territoire, avec en 2009. Il s'agit d'un aérodrome provincial, géré par la Province Nord Transport aérien en Nouvelle-Calédonie, ISEE.
Transport maritime Bélep est d'autre part desservi par la mer par deux compagnies privées : Trans Express Nord qui assure le transport maritime de passagers entre Koumac, Poum et Waala, à travers deux rotations hebdomadaires opérées par le catamaran Seabreeze (capacité de 120 passagers et de 6 tonnes de fret, 3 h 30 de trajet depuis Koumac)Présentation de Trans Express Nord, site Jeco.nc, la SARL Tramanord et sa barge Béléma Nénéma (capacité maximale de 30 t, 4 h de voyage) entre Poum et WaalaPrésentation de Trans Express Nord, site Jeco.nc.
Énergie
Risques naturels et technologiques
vignette|L'œil du cyclone Fran est passé sur l'île en mars 1992. Risques naturels
Risque particulier
Qualité de l'environnement
Toponymie Le nom de Bélep provient d'un chef kanak du à l'origine d'un des clans de ces îles.
Histoire
Époque précoloniale
Mission mariste et autres premiers contacts Une mission mariste fut fondée en 1856 par le père Pierre Lambert à Waala, mais elle n'a qu'une existence éphémère, du fait du manque de missionnaires notamment, et quitte l'archipel des Bélep en 1875.
1878 À la suite de la révolte d'Ataï en 1878, les autorités coloniales en font un lieu de déportation de plusieurs centaines des insurgés, et les pères maristes reviennent à cette occasion.
1892-1898 L'administration ne commence à s'intéresser réellement à l'archipel des Bélep, éloignées, isolées et de tailles réduites, que lorsqu'elle doit faire face au développement de la lèpre. Elle décide ainsi d'installer à Waala, dans la réduction mariste, une léproserie en 1892., tandis qu'un décret du président de la République Sadi Carnot le prévoit d'y envoyer à terme toutes les personnes atteintes de cette maladie. L'installation de ce centre implique de vider les îles Art et Pott de leurs populations mélanésiennes, celle-ci étant alors exilée à la mission de Balade, située au nord-ouest de la Grande Terre, contre la promesse d'une indemnité de F (ils n'en toucheront qu'un tiers, réclamant par la suite en vain le reste de la somme). Quoi qu'il en soit, cette expérience est un échec : le premier bateau ne transporte que 241 malades sur les estimés alors par l'Église catholique. Pendant ses six ans d'existence, de 1892 à 1898, quatre autres convois ne vont amener que 109 pensionnaires supplémentaires à la léproserie de Waala, en grande majorité kanak. L'éloignement et l'isolement, vus à l'origine comme un atout pour tenter cette expérience, se révèle être un inconvénient majeur : les coûts de transports sont élevés, les ravitaillements et les visites d'un médecin (seulement quatre fois durant cette période) rares, la production sur l'île est insuffisante pour nourrir tous les malades qui se retrouvent bientôt dans une situation sanitaire catastrophique.
À la fin de l'année 1898, la léproserie centrale de Bélep est définitivement fermée et les patients sont renvoyés dans leurs tribus d'origine où ils sont juste maintenus à l'écart du reste de la population. De leur côté, les Béléma expatriés, tolérés uniquement par obligation par les Mélanésiens de la tribu de Balade qui les tiennent à l'écart, sont rassemblés par le père Levavasseur sur des terres arides, impropres à la culture. La perte des repères traditionnels, le manque d'eau provoque des ravages au sein de cette population, qui souffre de disettes chroniques devenu une véritable famine en 1894 et d'une épidémie de dysenterie qui fait trente morts dont plusieurs enfants. Finalement, après plusieurs requêtes effectuées par les chefs et le père Levavasseur aux autorités coloniales, et du fait de la fermeture imminente de la léproserie, les Béléma obtiennent le la permission de retourner sur l'île Art (mais pas à Pott, à moins que les Kanak qui en sont originaires se mettent au service du colon à Pânan). Installés dans les locaux de l'ancien centre hansénien, les Béléma voient apparaître les premiers cas de lèpre parmi eux dès 1899, poussant le nouveau responsable de la mission mariste de Waala, le père Gautret, à installer une petite léproserie à IlanoV. DEVAMBEZ, « Belep et les Belepiens au temps de la léproserie centrale de la Nouvelle-Calédonie (1892-1898) », Journal de la Société des Océanistes, Vol. 95, n° 95, 1992, p. 237-239.
1900-1950
1950-2009 À la suite de l'abolition du code de l'indigénat en 1946 et à l'arrivée de Mélanésiens sur la scène politique locale, les Béléma originaires de Pott commencent à revendiquer la rétrocession de leur île d'origine. Jean Téambouéon, ancien « gardien » de Pott, précise les détails des actions de cette époque : « Accompagnés de Michaël Bouédaou qui était le délégué de l’Union des indigènes calédoniens amis de la liberté dans l'ordre, les gens du Conseil général, avec Maurice Lenormand, sont allés voir l’île et les installations du Blanc, monsieur Mary, qui était là-bas (à Pânan). Le colon a dit qu’il avait payé le bâtiment, le dock et la maison, le bateau aussi. En 1960, tous les habitants d’ici ont commencé à travailler le coprah pour payer l’île Phwoc »« Le dossier : Le Pays Béléma, une histoire pleine d’avenir », Mwà Véé n°56, 04-05-06/2007.
Années 2010 Un incendie ravage une grande part de l'île en ..
Politique et administration
Administration Bélep est également une commune. Elle est dotée, comme tous les centres de populations majoritairement mélanésiens, d'une commission régionale à partir de 1947, devenue une commission municipale avec un maire en 1961 et finalement une commune de droit commun français en 1969. Son maire est depuis 2014 Jean-Baptiste Moilou (FLNKS-UPM).
Politique La commune est disputée depuis 1998 entre l'UPM (composante du FLNKS et de l'UNI), qui a détenu la mairie de 2001 à 2008 et depuis 2014, et la FCCI, mouvement indépendantiste plus modéré qui a contrôlé la commune de 1998 à 2001 et de 2008 à 2014. Elle n'a aucun élu anti-indépendantiste.
Élections municipales
Autres élections
Finances communales
Jumelages
Équipements et services publics Les autres infrastructures publiques, outre la mairie, comportent un dispensaire (celui-ci a été vide pendant deux semaines en 2010 puisque, après deux agressions en deux semaines au mois de juillet, une au sabre et la seconde au fusil, faisant échos à l'assassinat le jour de noël 2003 d'une infirmière de ce dispensaire, les deux infirmiers en poste ont été rappelés sur la Grande Terre sur consigne de la Province Nord le pour revenir le suivant après l'incarcération des perturbateurs)S. AMIOTTE, « Agressés, les infirmiers de Bélep quittent l’île », Les Nouvelles Calédoniennes, 28/07/2010J.-N. MERO, « FAITS DIVERS : Retour à la normale au dispensaire de Belep », RFO Nouvelle-Calédonie, 06/08/2010, d'une gendarmerie (avec un personnel en permanence sur place seulement quelques jours par mois), d'une éducation primaire privé catholique et d'une agence de l'Office des postes et télécommunications (OPT). Aucun hôtel, gîte, restaurant ou autre prestataire de tourisme ne s'y est développé.
Eau et déchets
Espaces publics
Enseignement
Le seul établissement scolaire est l'École catholique de Wala, une école primaire privée.
Culture
Santé
Postes et télécommunications
Justice, sécurité, secours et défense
Population et société
Démographie L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1956. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee, mais la loi relative à la démocratie de proximité du a, dans ses articles consacrés au recensement de la population, instauré des recensements de la population tous les cinq ans en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Mayotte et dans les îles Wallis-et-Futuna, ce qui n’était pas le cas auparavantTitre de la loi -276 du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité. Ce recensement se fait en liaison avec l'Institut de la statistique et des études économiques (), institut de la statistique de la Nouvelle-Calédonie. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004, publié au JORF du ., les précédents recensements ont eu lieu en 1996, 1989, 1983, 1976, 1969, 1963 et 1956.
En 2019, la commune comptait 867 habitantsPopulation municipale légale en vigueur au , millésimée 2019, définie dans les limites territoriales en vigueur au , date de référence statistique : ., en augmentation de 2,85 % par rapport à 2014 (Nouvelle-Calédonie : +0,98 %).
Seule Art est habitée, avec 867 individus en 2019 (16,5 hab./km sur cette île) qui sont, dans leur quasi-totalité (soit 99,7 % de sa population en 2019), des Kanak ou métis répartis en huit tribus toutes concentrées autour du chef-lieu Waala (siège de l'ancienne mission) sur la côte ouest. Pott fut également peuplée par le passé mais fut placée, à la fin du , dans le domaine privé et ses habitants ont été obligés de se rendre sur Art, classée en réserve mélanésienne intégrale. Objet de revendications foncières des clans déplacés, une étude de l'Agence de développement rural et d'aménagement foncier (ADRAF) a été lancée pour leur réinstallation sur PottC. Wakahugneme, « Reportage à Bélep », blog Teamboui Kanaky/Nouvelle-Calédonie.
Tribus District Belep : St Joachim, St Joseph, St Louis, St Pierre, Ste Anne, Ste Marie, Ste Thérèse
Manifestations culturelles et festivités
Sports et loisirs
Vie associative
Cultes
Médias
Économie
Revenus de la population et fiscalité
Emploi
Entreprises et commerces
Pêche
La pêche est la principale activité de la commune. Au , 65 sur les 158 entreprises enregistrées au Répertoire d'identification des entreprises (RIDET) pour Bélep (41,14 %) appartenaient à ce secteur de production Portrait de la commune de BELEP, ISEE.