Richard Croke (dit Crocus) (né vers 1489–1558), érudit et diplomate anglais au service de Henri VIII, est précepteur royal. Disciple d’Érasme, il est l'un des premiers hellénistes anglais.
Biographie Formé d'abord à Eton CollegeD'après la notice de Croke dans le Concise Dictionary of National Biography., il est licencié ès Arts de King's College (Cambridge) en 1510, et entreprend alors de voyager sur le Continent: Richard Croke, de King's College, Cambridge, qui a obtenu son diplôme en 1509–10, a étudié le grec Oxford avec William Grocyn; de là il partit pour Paris; et ensuite enseigna le grec à Cologne, Louvain, Leipzig, et Dresde..
Il étudie le grec sous la direction de William Grocyn à Londres et à Oxford, puis d’Erasme: Érasme confia son Encomium Moriæ à Richard Croke à Paris pour que ce dernier le publie... et d’Aléandre à Paris en 1511. En 1514, il est appelé comme professeur à l'Université de Leipzig, où il demeure quelques années. Il a au nombre de ses élèves Joachim CamerariusCNDB, ., Hieronymus DungersheimSelon M. A. Screech, Erasmus: Ecstasy and The Praise of Folly (1980), , ce dernier a étudié avec Croke à Dresde, Julius von PflugJacques V. Pollet, Julius Pflug (1499-1564) et la crise religieuse dans l'Allemagne du XVIe siècle, Brill, 1990, p. 18.et Caspar Cruciger. C'est Petrus Mosellanus qui prend sa successionL'helléniste Croke et le latiniste Mosellanus à Leipzig étaient aussi en relation avec Georg Agricola, Valentin Friedland ().. Dans ses premières années, on voit encore en lui le successeur d'Érasme, alors que ce dernier met la dernière main à l’editio princeps de son « Nouveau Testament grec » (Bâle, 1516)D'après ; et : À cette époque Érasme de Rotterdam vivait lui aussi à Bâle et était en contact avec ce groupe. Oecolampadius, le réformateur de Bâle, et Hans Denck étaient liés au cercle d’Érasme dès 1515. À ce cercle appartenait également un proche ami du jeune patricien Conrad Grebel : Heinrich Loriti d’Ennenda à Glarus, qui était en relations avec d'autres érudits de Bâle. À part lui, il y a encore lieu de citer Michael Bentinus (un proche de Hans Denck), Richard Crocus, Wolfgang Capiton, et Johann Oecolampadius..
Croke est rappelé par John Fisher en 1519CNDB donne la date de 1517, année où Croke passe son M. A. à Cambridge. confirme cette datation, mais Hilgendorf (université de Michigan, Wayne, 2001) donne plutôt 1518. pour qu'il vienne enseigner le grec à Cambridge: At Cambridge, Fisher, the Chancellor, recalled his protege Richard Croke from Leipzig in 1519 to carry on the work of Erasmus, who had taught Greek in the University between 1511 and 1513. ; la chaire est en effet restée vacante depuis le départ d’Érasme en 1513, et c'est ainsi que Croke devient le second professeur de grec de Cambridge: En 1519 Richard Croke fut nommé professeur de grec à Cambridge. Il avait été le disciple d’Érasme et de Grocyn et, grâce à l’Archevêque Warham, avait pu étudier pendant douze ans dans les universités de Paris, Louvain et Leipzig, entrant ainsi au contact du mouvement de la Renaissance à mi-distance de l’Italie. Sa leçon inaugurale en latin est l’un des plus curieux documents que nous possédions à propos des prémisses de la Renaissance des Belles-Lettres en Angleterre. C’est un éloge splendide, quoiqu’empesé, de la littérature et de l’Esprit grecs.. Il se voit confier la chaire de rhétorique de Cambridge en 1522http://www.compilerpress.atfreeweb.com/Anno%20Zilsel%20Humanism.htm, est promu fellow de St John's College (Cambridge) en 1523 et reçu docteur en théologie en 1524CNDB.. Une controverse s'élève entre Fisher et lui à propos de l'administration du collège à la finCe fait est rapporté dans Catholic Cambridge (1983) de M.N.L. Couve de Murville et Philip Jenkins. des années 1520.
En 1529 et 1530 il représente Henri VIII, dont il a été le précepteur de grecEn 1519, mais pour peu de temps : cf. . Croke est ensuite le précepteur d'un bâtard royal, le Duc de Richmond et du Somerset., en Italie, pour présenter la requête en divorce avec Catherine d'Aragon. En tâchant de recruter des experts en droit canon pour défendre la cause du roi HenriIl tente en vain d'acheter des témoins : Lettre Originale du Richard Croke au Roi Henri VIII, de Venise, l'An de Grâce 1529. ou 1530. ce 23 d’octobre, concernant la prévarication de certains Frères de l'Université de Padoue, qui ont accepté l'argent de sa Majesté pour leur mission, de dénoncer son mariage avec la reine Catherine ; et qui malgré cela y sont à présent favorables.PDF, il fait la connaissance de plusieurs humanistes (tels Girolamo GhinucciDétails dans .) et par leur entremise se mit en quête de manuscrits.
À son retour en Angleterre, il est promu vice-chancelier délégué de Cambridge en 1531, puis vicaire de Long Buckby, dans le Nottinghamshire. L'année suivante il repart pour l'Université d'Oxford.
Il est appelé comme témoin lors du procès Thomas Cranmer en 1555.
Œuvres Ausone (1515) Orationes Richardi Croci duos (1520)
Bibliographie J. Przychocki, Richard Croke's search for patristic mss in connexion with the divorce of Catherine, Theol. Studies. 1911; os-XIII: 285–295 J. T. Sheppard (1919), Richard Croke, a sixteenth century don: being the Croke Lecture for the May Term, 1919 Jonathan M. Woolfson (2000), A "remote and ineffectual Don"? Richard Croke in the Biblioteca Marciana. Bulletin of the Society for Renaissance Studies, 17:2, 1–11
Notes
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