Arthur Wilson (baptisé en 1595 à Great Yarmouth et mort en 1652 à Felsted) est un dramaturge et un historien anglais de la période élisabéthaine.
Biographie
Enfance Il est baptisé le à Great Yarmouth dans le Norfolk. Il est le fils de John et Suzan Wilson d'après le registre de baptême, et de Richard Wilson d'après le registre d'immatriculation de l'université d'Oxford. La famille a une certaine aisance, puisque son grand-père est vraisemblablement armateur.
À quatorze ans, son père l'envoie en France, où il loge apparemment chez des gens faisant le commerce de vins en Gascogne. Deux ans plus tard, il embarque à Bordeaux et rentre en Angleterre sur un vaisseau appartenant à son grand-père. Son père tente d'abord de le mettre en apprentissage chez un commerçant de Londres. Mais, quand il découvre que ce commerçant est catholique, il décide d'orienter la carrière de son fils vers l'administration fiscaleOxford Dictionary of National Biography, édition électronique.
Une place est vacante à la Cour de la Chancellerie, mais le jeune Wilson ne connaît pas l'écriture propre à cette administration, et on l'envoie tout d'abord les étudier pendant six mois chez John Davies de Fleet Street, un des plus fameux professeurs d'écriture légale de Londres. Par la suite, il devient employé à la Cour de l'Échiquier sous les ordres de sir , chez qui il loge, découvrant ainsi que toute la famille est secrètement catholique. À dix-huit ans, à la suite d'une querelle domestique, il est renvoyé et prend une chambre dans Holborn. Il lit beaucoup de poésie contemporaine, mais ne sait pas quelle carrière choisir. Il pense un moment partir pour les Indes orientales, mais il échappe à ce projet irréfléchi quand une cousine, Mrs. Nixon, lui trouve une place dans la maison de Robert Devereux, comte d'Essex.
Au service du comte d'Essex
À l'automne 1614, alors que le comte réside dans son château de Chartley dans le Staffordshire, Wilson sauve une lavandière de la noyade en plongeant derrière elle dans les douves du château et en la ramenant sur la berge. Essex assiste à cet acte courageux, et, impressionné par cette initiative, il fait de Wilson un de ses gentilshommes de compagnie. Wilson raconte combien sa promotion provoque de jalousies parmi ses camarades, ce qui se traduit parfois par des querelles ou des duels. Pendant son temps libre, il étudie l'histoire et la philosophie, et compose des poèmes d'amour, bien qu'il ne soit amoureux de personne.
En 1620, sur l'autorisation de Jacques , Essex met sur pied, avec le comte d'Oxford, une compagnie d'infanterie destinée à venir en aide dans le Palatinat à , beau-fils du roi d'Angleterre, mis en difficulté par les troupes de l'empereur . Wilson fait partie de l'expédition, et pendant les cinq années suivantes il se bat avec la compagnie d'Essex dans le Palatinat en 1620 et aux Pays-Bas en 1621-23. Chaque année, dès que les troupes ont pris leurs quartiers d'hiver, Essex et Wilson rentrent en Angleterre, soit à Drayton Bassett, soit dans une des résidences de William Seymour, comte de Hertford, où ils se livrent tous deux à leur passion commune, la chasse.
Il participe au siège de Breda en 1624, et il accompagne le comte lors de la désastreuse expédition de Cadix de 1625, composée de cent vingt navires. Le général en chef de cette force navale, Edward Cecil, nommé hâtivement à la tête de cette armada par le duc de Buckingham, se montre totalement incapable de mener à bien sa mission, et Wilson le copiera dans son personnage de TimentesTimentes : latin de « Craignant » (« un général peureux ») de sa pièce The Swisser. Une chanson de l'époque se rit de cette expédition ratée :
Wilson est alors devenu le secrétaire du comte. Cette relation enrichissante s'interrompt lors du second mariage du comte avec Elizabeth Paulet ou Pawlett, qui prend Wilson en grippe. Elle fait en sorte que celui-ci quitte le service du comte. Il en gardera toujours de l'amertume et une rancune tenace contre elle. Il l'incarnera dans sa pièce The Inconstant Lady en femme ambitieuse et criminelle.
Études à Oxford
Wilson se décide alors à suivre une éducation conventionnelle. Il a alors trente-six ans, et il ne subsiste que grâce à la générosité de son maître, le comte d'Essex, qui lui verse une rente annuelle. Il entre à Trinity College de l'université d'Oxford comme gentleman roturier, et est immatriculé le en tant qu'étudiant adulte. Wood indique qu'il a peu de connaissances en latin, encore moins en grec, mais une bonne lecture du français et des notions de néerlandais. Il possède enfin une excellente maîtrise de l'anglais à l'oral comme à l'écrit. Selon son camarade Bathrust, Wilson fréquente assidûment la chapelle et le collège. Finalement, Wilson choisit d'étudier la médecine après avoir hésité avec la théologie. Il aime néanmoins débattre de théologie et de monarchie absolue avec William Chillingworth, un camarade du collège, filleul de Laud et partisan de l'absolutisme. Il déteste toutefois le pouvoir et l'amour propre grandissants du clergé à Oxford, ainsi que la « debaucherie » de la vie universitaire et la ferveur à s'enivrer montrée même par les plus remarquables licenciés en théologie. Grâce à l'aide d'amis, il est admis Master of Arts. Il quitte l'université en 1633.
Écriture théâtrale
Wilson commence à écrire pour le théâtre avant son entrée à l'université. En , une de ses pièces, The Inconstant Lady, est jouée par la Troupe du roi. Pendant son séjour à Oxford, deux autres pièces sont jouées, The Swisser et The Corporal. Edward Bathurst, un camarade d'université, indique que les pièces de Wilson sont jouées au Blackfriars Theatre à Londres, et en juillet, à Oxford, où elles sont applaudies chaleureusement en sa présence. Preuve de leur succès, ces trois pièces figurent sur la liste des pièces de la compagnie que le lord Chamberlain interdit aux imprimeurs de publier sans le consentement de la compagnie, ce qui montre que la Troupe du roi désire les conserver à leur répertoire. Les deux dernières pièces sont inscrites au Registre des Libraires le et The Inconstant Lady le , mais elles ne sont imprimées que lors de l'édition par Philip Paul Bliss de cette dernière en 1814 et celle de l'universitaire français, Albert Feuillerat, de The Swisser en 1904.
Au service du comte de Warwick
Wilson entre au service de Robert Rich, comte de Warwick, qui est, comme le comte d'Essex, plutôt attiré vers une sorte de religion simple, que Wilson lui-même suit. Il est touché par le sermon qu'il entend chez Warwick, qui prêche une vie plus pieuse en portant simplement plus d'attention à faire le bien. Warwick est l'idole des puritains, et à son contact, Wilson brûle d'imiter son exemple.
En , Wilson se marie avec Susan Spitty, la veuve de Richard Spitty de Broomfield dans l'Essex. Wilson a alors trente-neuf ans et l'acte de mariage montre que sa femme en a quarante-cinq. Elle a deux enfants d'un premier mariage, et Wilson s'occupera avec soin de ses deux seuls enfants d'adoption, car ils n'en auront pas ensemble. Elle mourra avant lui et Wilson lui rendra hommage, lui ayant permis, écrit-il, de mener « une vie paisible et pleine de satisfaction ».
Tout comme Essex, le comte de Warwick veut aller aider la cause protestante sur le continent. En 1637, Wilson le suit aux Pays-Bas et participe à un nouveau siège de Bréda, qui est le cinquième que subit cette ville pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans. Wilson avait été témoin de la prise de cette ville en 1625 par Ambrogio Spinola, puis sa reconquête en 1637 par le prince Frédéric-Henri. Quand la guerre civile se déclenche en Angleterre, Warwick devient un des leaders de la cause parlementaire. Wilson ne s'implique pas dans les combats, mais il fait fonction de régisseur des biens du comte dans l'Essex. Les principaux incidents qu'il mentionne de ces années de guerre sont sa tentative de sauver la de la populace en , et ses efforts pour empêcher le pillage par les forces royalistes de l'armurerie du comte dans le prieuré de Leez en .
Écriture de sa biographie
En 1644, inspiré par un sermon qu'il a entendu le , Wilson a la conviction que tout chrétien doit tenir registre de ses actions et colliger les exemples de la miséricorde divine à son égard. Il décide donc d'écrire sa biographie pour montrer la bonté que Dieu lui a témoignée pendant toute sa vie mouvementée. Pendant les cinq années qui suivent, il compose une narration au style vivant, qu'il intitule pieusement Observations of God's providence in the tract of my life (« Observations de la providence divine dans le cours de ma vie »). Se tenant au but qu'il s'est fixé, il passe sous silence les époques où la Providence divine n'a pas eu besoin d'intervenir, ce qui donne à cette biographie « l'apparence d'un livre dont on aurait arraché çà et là quelques pages ». Il y rapporte de nombreuses occasions où il échappe à la mort ou au déshonneur, lui permettant de travailler à son salut et de reconnaître la bienveillance de Dieu à son égard. C'est une remarquable production d'une conscience puritaine (Wilson est presbytérien), d'autant qu'elle est écrite par un homme d'action et non par un membre du clergé. Cette combinaison du détail social de l'époque et de la compréhension religieuse de la providence fait de cette biographie un document captivant de l'Angleterre des Stuart. Elle est publiée pour la première fois dans la collection Desiderata curiosa par en 1735.
Mort
Physiquement, Wilson est petit, hardi et franc, mais de tempérament colérique, parfois violent. Plusieurs épisodes de sa biographie montrent sa force physique et son impulsivité, modérées – trop souvent après coup – par son souci constant de faire le bien. Par exemple, un matin d'hiver dans la campagne, il marche à côté de son cheval à cause du verglas. Il rencontre un homme assis au bord du chemin bredouillant des paroles incompréhensibles. Wilson s'approche de lui pour lui venir en aide. Il s'agit en fait d'un brigand qui l'assaille. Malgré la taille de l'agresseur, Wilson l'empoigne et le rejette dans le fossé, puis reprend son chemin. Mais le brigand revient vers lui en courant. Wilson dépose son épée pour ne pas avoir la tentation de s'en servir. Ce geste généreux manque de lui coûter la vie, car son adversaire est vigoureux. Il parvient néanmoins à grand peine à reprendre le dessus. Une autre fois, dans les écuries du comte de Warwick, un gentleman l'insulte d'après lui. Sans même entreprendre la procédure classique entre gentlemen de demande d'un duel, Wilson se précipite sur lui et le rosse si violemment qu'il lui casse une jambe. Pendant les deux mois que son adversaire passe cloué au lit, Wilson lui rend régulièrement visite.
Ses manières sont courtoises et obligeantes, comme il sied à un gentleman bien éduqué. Il s'exprime de façon expressive et aisée, et il parle bien le français et convenablement le néerlandais. Il meurt à Felsted dans l'Essex au début d', et est enterré dans le chœur de l'église de ce village. Bliss a donné un résumé de son testament dans ses additions à Athenae Oxonienses de Wood. Dans son testament, Wilson fait ses adieux en homme du monde et a une politesse pour chacun. L'importance de son legs montre qu'il a su gérer ses finances. Il laisse même aux pauvres de sa paroisse le revenu d'une de ses propriétés, afin que soit distribué du pain chaque dimanche matin.
Œuvre littéraire
Wilson a été un touche-à-tout littéraire : poète, dramaturge et historien, mais cette œuvre nous est parvenue tronquée. À quelques exceptions près, ses poèmes sont perdus, ainsi que sa pièce The Corporall et les masques écrits pour la . Sa pièce The Swisser, considérée pendant longtemps comme perdue, n'a été retrouvée qu'au début du , ce qui laisse l'espoir que d'autres manuscrits de lui seront retrouvés un jour.
The Swisser