Franz-Olivier Giesbert (parfois abrégé « FOG »), né le à Wilmington (Delaware, États-Unis), est un éditorialiste, présentateur de télévision et écrivain franco-américain, exerçant en France.
Après avoir été directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, directeur des rédactions du Figaro, puis directeur du Point, il est le directeur éditorial de La Provence entre 2017 et 2021. Éditorialiste au Point, il est membre du comité de rédaction de la revue des Deux Mondes.
Biographie Jeunesse Franz-Olivier Giesbert est le fils de Frederick Julius Giesbert, un Américain né à Chicago, et de Marie Allain, une Française native d'Elbeuf en Normandie qui l'a rejoint en 1946 aux États-Unis, où ils se marient le , date symbolique du troisième anniversaire du débarquement allié en Normandie, auquel Frederick a participé le à Omaha Beach.. Ses parents lui donnent un prénom « aux origines mélangées : Franz à cause de Schubert, que Frederick écoute à longueur de journée, comme un écho à son origine allemande, et parce que le prénom est courant du côté de Chicago ; Olivier, parce que Marie aime l'arbre et sa consonance ».
Dégoûté par le consumérisme américain, Frederick installe sa famille en 1952 en Normandie, à Elbeuf, où son beau-père lui propose un poste de dessinateur à l'imprimerie Allain.
Après avoir suivi sa scolarité au lycée André-Maurois d'Elbeuf, Franz-Olivier Giesbert publie à l'âge de dix-huit ans dans Liberté-Dimanche (édition dominicale de Paris-Normandie) son premier article, consacré à l'élection présidentielle américaine. Il refuse le poste de rédacteur en chef-adjoint du quotidien Paris-NormandiePortrait dans le magazine Elle, le 6 mai 2009 ., que lui propose sa famille maternelle, Marie Allain étant l'un des trente-trois actionnaires du quotidien.. Parallèlement, il collabore de 1968 à 1972, en qualité de pigiste, à la page littéraire de Paris-Normandie..
Une vocation au journalisme précoce À l’occasion de cette collaboration, commencée à dix-neuf ans, il réalise des entretiens avec Louis Aragon, Henry de Montherlant, Jules Romains, Maurice Genevoix, Alain Robbe-Grillet, etc..
Il entre en 1969 au Centre de formation des journalistes, où il se lie avec notamment Patrick Poivre d'Arvor. Marqué par les enseignements de François Furet, de Jacques Julliard et de Gilles Martinet, il effectue, durant l'été 1971, son stage de fin d'études aux services « Politique » et « Notre époque » du magazine Le Nouvel Observateur. Il obtient son diplôme la même année..
Débuts au Nouvel Observateur À l'âge de 22 ans, il est recruté au service politique sur recommandation de Jacques Ozouf, alors à la recherche de jeunes journalistes motivés et susceptibles de professionnaliser le service..
Il publie parmi ses premiers articles une interview de Michel Rocard, puis des reportages sociaux, des papiers sur la presse mais aussi sur Jacques Chaban-Delmas ou Edgar Faure. Il prend successivement en charge la droite et l'exécutif puis, à partir de 1974, la gauche notamment, le PS. Il traite parfois du PCF jusqu'en 1977, mais il est essentiellement attaché à la gauche non communiste (il interroge à deux reprises François Mitterrand en l'espace de deux mois). Parmi les autres hommes politiques à qui il donne la parole figurent Edgar Faure, Jacques Delors et Pierre Mauroy.
Aidé par Lucien Rioux, il collabore avec Pierre Mauroy à la rédaction du livre Les Héritiers de l'avenir (Stock, 1977), où le numéro deux du PS défend la crédibilité du Programme communLa vision du progrès économique du numéro deux du PS y apparaît essentiellement productiviste et quantitative : .. Il publie également une biographie (François Mitterrand ou La tentation de l'histoire) au Seuil en Laurence Plenis, La Biographie politique comme processus de construction d'une image, Paris I, mémoire de DEA de sociologie politique, 1998, 122..
Des postes à responsabilité vignette|Franz-Olivier Giesbert à la remise du prix Renaudot 2021. Nommé en 1985 directeur de la rédaction d'un journal en pleine crise, il redresse Le Nouvel Observateur. Il y était considéré comme « de droite » par certains de ses journalistes.
En , après 17 années de collaboration, il quitte Le Nouvel Observateur pour rejoindre Le Figaro, quotidien alors emblématique du Groupe Hersant. Sa mère s'était pourtant vivement opposée à Robert Hersant quand ce dernier avait racheté Paris-Normandie et le passage du grand hebdomadaire de gauche vers le grand quotidien de droite surprend beaucoup de gens, Giesbert ayant écrit à propos de Robert Hersant, dans Le Nouvel Observateur, le : « Cet homme est dangereux […] croisé de l'Occident […] ancien d'un mouvement antijuif et antimaçonnique ». Jean Daniel dit avoir vécu son départ comme une trahison.
Le ton ou l'impertinence du Point auraient déplu à Nicolas Sarkozy qui, en 2008, aurait demandé la tête de Franz-Olivier Giesbert à François Pinault, tout comme l'auraient fait auparavant François Mitterrand, Jacques Chirac et Dominique de Villepin« Nicolas Sarkozy veut la tête de Franz-Olivier Giesbert », Nouvelobs interactif, 21 juillet 2008.. En , François Pinault confirme l'information au magazine économique Challenges : , explique le propriétaire de l'hebdomadaire, avant de préciser que l'immixtion présidentielle lui déplaît et le conduit au contraire à maintenir Giesbert, qu'il décrit comme un , dans ses fonctionsAiry Routier, « François Pinault : la vie après la vie », Challenges, , 9 février 2012, 51..
Il est membre du jury du prix Renaudot, où il a été élu en ..
En 2022, il est candidat malheureux à l'Académie française..
À la télévision thumb|Franz-Olivier Giesbert en 2022. Depuis , il anime 2012, Les grandes questions sur France 5. Cette émission se poursuit en 2013 sous le titre Les Grandes Questions..
Depuis la rentrée 2012, il anime en première partie de soirée sur France 3 l'émission Le Monde d'après, un magazine de société qui traite de sujets économiques une fois par mois, le lundi soir..
En , il rejoint la bande de chroniqueurs de l'émission Les Terriens du dimanche ! de Thierry Ardisson..
À la radio Le , Franz-Olivier Giesbert rejoint Les Grosses Têtes de Laurent Ruquier sur RTL..
En presse écrite En , Franz-Olivier Giesbert devient directeur éditorial du journal La Provence ., nommé par Bernard Tapie après que celui-ci a pris possession du journal. En , à la suite de nombreux incidents, le syndicat national des journalistes, pose la question à la rédaction. Sur 180 journalistes, un peu moins de la moitié prennent part au vote, 74 journalistes répondent « non », 6 votent « oui » et 7 votent blanc...
A la même époque, Franz-Olivier Giesbert, ainsi que le PDG de La Provence Jean-Christophe Serfati, portent plainte contre Mediapart à la suite d'un article. suggérant que la direction du journal fait insidieusement campagne pour la candidate Les Républicains Martine Vassal à la mairie de Marseille. Le procès a lieu le devant le tribunal judiciaire de Marseille. Les deux plaignants perdent leur procès, les magistrats décidant la relaxe totale. de Mediapart au motif que son enquête relève de l'intérêt général et repose sur une base factuelle sérieuse.
Le , le départ du journal de Franz-Olivier Giesbert est annoncé.
En 2024, il est éditorialiste au Point..
Controverses La Tragédie du président Certains observateurs. ou hommes politiques se sont émus du caractère particulièrement critique de son essai intitulé La Tragédie du président, paru en . Franz-Olivier Giesbert y révèle en effet certains aspects de la vie privée de Jacques Chirac, ce type de détails restant habituellement off (c'est-à-dire non diffusés)Franz Olivier Giesbert : « Je n'avais jamais connu une telle violence en politique », 20 Minutes, 30 mars 2006..
L'auteur avait quant à lui justifié son choix de publier ces informations issues de ses conversations avec Jacques Chirac au motif que le métier des journalistes étant de , Franz-Olivier Giesbert, La Tragédie du président : scènes de la vie politique (1986-2006), Flammarion, 2006, 414 p. , ..
En , un journaliste de La Dépêche du Midi relève au sujet des notes utilisées par Franz-Olivier Giesbert pour son livre que .
Un article complaisant du Point Le , Franz-Olivier Giesbert est entendu par la police pour la publication en 2005 d'un article jugé complaisant par le juge Philippe Courroye et paru dans son journal Le Point sur le milliardaire français Iskandar Safa, recherché par la justice.. Marc Francelet, un collaborateur du Point, aurait été payé , ce qu'il a nié, pour mettre en contact l'homme d'affaires français et le journal afin de l'interviewer alors qu'Iskandar Safa était en pleine tourmente judiciaire.. Quelques jours plus tard, Marc Francelet a été mis en examen pour corruption et détenu pendant deux semaines.. Iskandar Safa a, quant à lui, obtenu un non-lieu et été blanchi par la justice...
Prix Renaudot 2007 Le , Franz-Olivier Giesbert a été accusé par Christophe Donner, favori pour l'obtention du prix., d'avoir « manipulé » les délibérations du jury du prix Renaudot au profit de Daniel Pennac, qui l'a finalement emportéMarie Desnos, , Le Journal du dimanche,.. Giesbert a nié avoir manipulé les délibérations..
Émission Des paroles et des actes du 12 avril 2012 En fin d'une double émission Des paroles et des actes du (soit une semaine avant le premier tour de la présidentielle), Franz-Olivier Giesbert enflamme le web par de longues tirades tournant en dérision la légitimité des petits candidats de la présidentielle de 2012Giesbert se lâche sur France2 ; il est taclé sur le Net. Arrêt sur images.Franz-Olivier Giesbert, éclaireur du peuple et Guignol de l’info en campagne (+ verbatim). Acrimed 2012.« Il faut que Franz-Olivier Giesbert arrête de fumer la moquette », Le Monde 13/04/2012.. Il a également choqué en disant que Nicolas Sarkozy, le président sortant, a été . Sur Twitter, le hashtag #FOG a d'ailleurs fait partie des sujets les plus discutés.
Les Nouveaux Chiens de garde (film documentaire 2012) Franz-Olivier Giesbert est l'une des personnes visées par Les Nouveaux Chiens de garde, un documentaire français sorti en qui explore la collusion entre les médias français et le pouvoir politique françaisToutou sur les medias, Libération..
Affaire Gabriel Matzneff En 2020, il prend fait et cause pour l'écrivain pédophile Gabriel Matzneff, dont il publie régulièrement des articles dans Le PointGabriel Matzneff: pour Franz-Olivier Giesbert, "il y a beaucoup de gens qui ont écrit des beaux livres et qui n'étaient pas des saints", BFMTV, 3 janvier 2020.. L'auteur le cite, par ailleurs, comme l'un de ses cinq soutiens indéfectiblesGabriel Matzneff salue 5 soutiens indéfectibles dans son livre auto-édité, Huffington Post, 11 février 2021..
Condamnations judiciaires De 2006 à 2017, Franz-Olivier Giesbert est condamné trente et une fois, la plupart du temps pour diffamation.. Le , Franz-Olivier Giesbert est condamné par la cour d'appel de Paris à une amende de , à de dommages-intérêts et à la publication de la décision dans Le Point, pour diffamation envers le juge Patrick Ramaël, chargé du dossier sur la disparition en 1965 de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka.. Le , le tribunal de grande instance de Paris condamne, entre autres, Franz-Olivier Giesbert pour la publication illicite d'extraits de procès-verbaux dans l'affaire Woerth-Bettencourt. En , la cour d'appel de Bordeaux le relaxe.. Le , Franz-Olivier Giesbert est condamné () par le tribunal de grande instance de Paris pour s'être soustrait à l'obligation de publier un droit de réponse en tant que directeur de publication. En effet, Bernard-Henri Lévy avait signé une chronique diffamatoire envers Bernard Cassen, lequel avait adressé un droit de réponse... Franz-Olivier Giesbert et Bernard-Henri Lévy sont ensuite condamnés, en , pour diffamation (envers Bernard Cassen et le Bloc identitaire) à cause de cette chronique...