vignette|upright=2|La gare de Juvisy-sur-Orge (Essonne) au début du , alors « la plus grande gare du monde ». Le bombardement de Juvisy est un important bombardement aérien mené en fin de soirée du par les Britanniques de la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale sur les villes de Juvisy-sur-Orge et Athis-Mons (actuellement situées dans le département de l'Essonne) au sud de Paris.
Le bombardement du 18 avril 1944 La gare de Juvisy, mise en service le André Jacquot et Pierre Laederich, La ligne C du RER, Valignat, Éditions de l'Ormet, 1989, par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, est une des gares majeures de la région parisienne. Elle est un important carrefour ferroviaire sur la ligne de Paris-Austerlitz à Orléans, Limoges, Toulouse et Bordeaux, et sur la ligne de Paris-Gare-de-Lyon à Corbeil. Elle dispose d'un triage très important, créé en 1884 et situé en grande partie sur la commune d'Athis-Mons. Sur les cartes postales du début du , la gare de Juvisy est fréquemment qualifiée et considérée comme « la plus grande gare du monde »La plus grande gare du monde à Juvisy-sur-Orge, Le Parisien, 27 juillet 2000..
Après le bombardement de la gare de Trappes ( tonnes de bombes6-7 mars 1944 : 1.260 tonnes de bombes sur Trappes) le et avant ceux de la gare de Villeneuve-Saint-Georges le Le quartier du triage sous les bombes, Le Parisien, 26 avril 2011. et d'Étampes le 10 juin 1944 : Étampes bombardé, Le Parisien, 9 juin 2001, la gare de Juvisy est visée le , en même temps que la gare de Noisy-le-Sec à l'est de ParisNoisy-le-Sec se souvient du bombardement allié il y a 70 ans, Le Parisien, 16 avril 2014. et celle de Sotteville-lès-RouenIl y a 70 ans, Rouen était sous les bombes.
Le bombardement, mené par l'aviation britannique de la RAF, débute à 23h05 et dure pendant 1h30, alors que les sirènes retentissent à 23 heures« La moitié de nos voisins a disparu », Le Parisien, 18 avril 2009. Deux cents bombardiers Lancaster accompagnés de sept Mosquitos effectuent jusqu'à minuit trente. le bombardement à d’altitude sur la gare de triage de Juvisy après avoir envoyé des fusées éclairantes.
D’après un rapport britannique, près de tonnes de bombes sont utilisées soit environ à bombes de plusieurs calibres, plus d’autres bombes pour le marquage. Près de 400 bombes ( selon certaines sources) à retardement explosent jusque dans l’après midi du , retardant considérablement les secours, causant encore des pertes parmi les habitants mais également parmi les sauveteurs (Sapeurs-Pompiers locaux, Croix Rouge, équipes nationales, défense passive, volontaires…) ; d’autres bombes à retardement explosent encore quelques jours durantBombardement du 18 avril 1944.
Bilan humain et matériel vignette|L’église Notre-Dame-de-France, en partie touchée par les bombardements. Ce bombardement a officiellement tué 392 personnes : 125 morts à Juvisy-sur-Orge et 267 morts à Athis-Mons, et a fait de très nombreux blessés18 avril 1944, Athis et Juvisy sous les bombes, Le Parisien, 18 avril 2009.. Beaucoup de personnes sont portées disparues car elles se sont réfugiées sur les bords de l’Orge et elles ont été ensevelies complètement par la vase comme par des sables mouvantsLes souvenirs de Geneviève C. de ce mémorable 18 avril. Les communes de Draveil, Vigneux-sur-Seine et Savigny-sur-Orge sont également partiellement touchées. vignette|Le château de Juvisy, dans lequel se situait la mairie, a été entièrement détruit par les bombardements qui ont frappé le centre-ville. À Juvisy, le bombardement détruit plus de 600 habitations dont le centre-ville qui est entièrement ravagé, ainsi que le château où se trouvait alors la mairieAssociation Les Juvisiens de Juvisy, Juvisy-sur-Orge, images du XXe siècle, 1993, ., le marchéAssociation Les Juvisiens de Juvisy, Juvisy-sur-Orge, images du XXe siècle, 1993, p.64 et le collège Saint-CharlesAssociation Les Juvisiens de Juvisy, Juvisy-sur-Orge, images du XXe siècle, 1993, .. Une bombe tombe également au pied du clocher de l'église Notre-Dame-de-France. À Athis-Mons, le quartier d'Athis-Val, qui était avant-guerre le quartier le plus peuplé et le plus actif de la commune, est rasé à plus de 80 % avec plus de sinistrés et 800 habitations ravagéesLe quartier du Val d'Athis. L'église Notre-Dame-de-Lourdes est en partie détruite, la nef est éventrée par un wagon projeté sur deux cents mètres..
vignette|La gare de Juvisy de nos jours (bâtiment construit en 1907 et qui a miraculeusement échappé au bombardement). Le complexe ferroviaire de Juvisy est également entièrement détruit, excepté la gare proprement dite qui avait été reconstruite en 1907. Le magazine La Vie du rail écrit dans son numéro 170 du : « Après de multiples avalanches de bombes en 1944, il ne resta de ce très important triage de Juvisy qu'un inextricable enchevêtrement de ferrailles tordues, vestiges de wagons, de rails, de bâtiments. Dès le mois de septembre suivant, les équipes d'entreprises et de la SNCF s'attaquent au déblaiement, labeur aussi gigantesque que celui qui consistera à niveler, creuser, exhausser ce terrain bouleversé, à poser des kilomètres de voies et des dizaines d'appareils, à construire bâtiments et ouvrages d'art. »Cité par Roger Bailly dans 150 ans de chemin de fer en Essonne, Le Mée-sur-Seine, Éditions Amatteis, 1994, .
Les dégâts matériels ferroviaires sont en effet considérables : 47,2 kilomètres de voies sont détruits, le triage est anéanti, la signalisation électrique, les circuits téléphoniques, les installations caténaires, les canalisations hydrauliques ont disparu. Les wagons sont disloqués, éventrés, empilés les uns sur les autres, souvent brûlés. Plusieurs postes d'aiguillage sont rasés. Le bureau du chef de circulation, la lampisterie, les halles de transbordement, l'atelier du service électrique, le poste de commande des sous-stations et l'Entretien sont détruits. Le dépôt est lui aussi très touché. Entièrement repensé, le nouveau triage de Juvisy ne sera rouvert à une exploitation partielle qu'à partir du . Juvisy se spécialise alors dans le trafic accéléré de marchandises, mais sans retrouver son rôle d'avant-guerreÀ la croisée des chemins : la gare de Juvisy-sur-Orge.
Souvenir Pour récompenser l'héroïsme des habitants, la croix de guerre avec étoile d'argent est décernée à la ville de Juvisy le par le ministre Max Lejeune et épinglée sur le drapeau des sapeurs-pompiers le par le général de Monsabert. Sept des sapeurs-pompiers, dont le commandant, le lieutenant Pierre Bûchet18 avril 1944, 70 ans déjà., ont trouvé la mort lors de la destruction du château par des bombes à retardementAssociation Les Juvisiens de Juvisy, Juvisy-sur-Orge, images du XXe siècle, 1993, et 218.
Il existe aujourd'hui à Juvisy-sur-Orge un monument aux morts dans l'ancien cimetière, tandis que les tombes des victimes civiles se trouvent dans le nouveau cimetière, surnommé pendant longtemps le « cimetière des bombardements de Juvisy ». Une plaque dans la ville, apposée le , rappelle également le souvenir de « la Ville de Juvisy aux victimes du bombardement du ».
À Athis-Mons, l'odonyme « » rappelle aussi cet événement.
vignette|Stèle à la mémoire des victimes du bombardement du 18 avril 1944. Au numéro 125 avenue du est érigée une stèle L’inauguration de la stèle à la mémoire des victimes du bombardement du a eu lieu le .. Chaque année, la municipalité organise une cérémonie officielle à la date anniversaire, par devoir de mémoire envers ces événements qui ont marqué à jamais les personnes et les lieux.
Le largage par les Britanniques de bombes à retardement« Des images terribles, qui me hantent encore », Le Parisien, 18 avril 2009, particulièrement meurtrières dans la population civile française lors des opérations de déblayage de la gare, pose encore aujourd'hui question.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . .
Articles connexes
Gare de Juvisy Juvisy-sur-Orge Athis-Mons Église Notre-Dame-de-la-Voie d'Athis-Mons, reconstruite en 1954 pour remplacer l'église Notre-Dame-de-Lourdes dans le quartier Athis-Val. Bombardement de Noisy-le-Sec
Liens externes Photographies d'archives du bombardement de Juvisy. Souvenir du bombardement de Juvisy par deux pompiers volontaires. Témoignage de Geneviève Cotty, habitant alors avenue du Miroir à Juvisy-sur-Orge. . .
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