, née le à Nara, dans la préfecture homonyme, est une femme d’État japonaise. Elle est Première ministre du Japon depuis le .

Membre du Parti libéral-démocrate (PLD), qu'elle préside depuis , Takaichi représente la préfecture de Nara à la Chambre des représentants du Japon depuis 1993, et est nommée à plusieurs reprises à plusieurs postes au sein de différents gouvernements, devenant notamment la première femme à briguer le poste de ministre des Affaires intérieures et des Communications.

Personnalité politique importante, elle est candidate une première fois à la présidence du PLD en 2021, arrivant en troisième position, avant de devenir la première femme à accéder au second tour lors de l'élection interne de 2024, échouant cette fois face à Shigeru Ishiba. Elle remporte finalement l'élection en 2025, devenant la première femme présidente du PLD et la première femme cheffe du gouvernement du Japon le , après plusieurs difficultés à former une coalition parlementaire. Elle remporte largement les élections législatives anticipées de 2026.

Considérée comme conservatrice, voire ultraconservatrice, même au sein de son parti, Takaichi est affiliée au groupe d'influence révisionniste Nippon Kaigi et est un fervent soutien de l'ancien Premier ministre Shinzō Abe. Elle se montre critique vis-à-vis des excuses du Gouvernement japonais pour les crimes commis par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale, et est favorable à la visite par les membres du gouvernement du sanctuaire Yasukuni, sanctuaire shinto considéré par certains comme l'un des symboles militaristes du Japon, qu'elle visite régulièrement. Conservatrice également sur le plan social, elle exprime à plusieurs reprises son opposition au mariage homosexuel ainsi qu'aux tentatives de changer la loi japonaise imposant aux couples mariés de partager le même nom.

Jeunesse, études et carrière pré-électorale Sanae Takaichi naît le à Nara, dans la préfecture du même nom.. Fille de parents aux revenus modestes , Takaichi grandit dans la ville de Nara, où elle effectue ses études. Bien qu'admise aux prestigieuses universités Waseda et Keiō à Tokyo après les examens d'entrée à l'université, ses parents ne peuvent pas se permettre de l'envoyer vivre à Tokyo, arguant la nécessité de payer les études de son jeune frère. Takaichi rejoint ainsi l'université de Kobe, une université publique plus proche de Nara. Considérée comme une rebelle pendant ses études, Takaichi développe notamment un fort intérêt pour les motos et le heavy métal.

En , elle poursuit son cursus à l'Institut Matsushita de politique et de management, dont elle ressort diplômée en 1989. En 1987, elle effectue une année d'échange aux États-Unis, où elle effectue un stage d'assistante parlementaire aux côtés de la sénatrice démocrate du Colorado Patricia Schroeder.

Après ses études, Takaichi se spécialise dans une carrière télévisuelle, et devient présentatrice pour plusieurs émissions de variétés ou d'informations sur TV Asahi. Elle y côtoie Renhō, future présidente du Parti démocrate du Japon, alors aussi présentatrice. Ses chroniques étaient alors marquées par son look punk assumé ainsi que par son fort accent de la région du Kansai. Elle arrête rapidement ses chroniques et devient professeure d'économie dans une université privée, l’université Kindai.

Carrière électorale Débuts en politique gauche|vignette|203x203px|Takaichi en 1998, lors de sa nomination au gouvernement Obuchi. Sanae Takaichi commence sa carrière politique en 1992, alors qu'elle désire obtenir l'investiture du Parti libéral-démocrate pour l'élection à la Chambre des conseillers du Japon de la même année. Bien qu'elle échoue à obtenir cette investiture, elle se présente tout de même dans la circonscription électorale de Nara, sa circonscription natale, en tant qu'indépendante mais n'est pas élue. L'année suivante, lors des élections législatives japonaises de 1993, elle se présente à nouveau dans la circonscription de Nara, toujours en tant qu'indépendante., et est cette fois élue, faisant son entrée à la Diète du Japon. Elle participe à la création du très éphémère Parti libéral japonais de 1994, dissous moins de après sa création, et rejoint le Shinshintō en , lors de sa création.

Elle est à nouveau candidate lors des élections législatives japonaises de 1996, cette fois dans la première circonscription uninominale de la préfecture de Nara, toujours sous les couleurs du Shinshintō. Élue à nouveau, elle quitte néanmoins ce parti seulement quelques mois après son élection pour rejoindre le PLD. Elle rejoint en 1998 le gouvernement Obuchi, au poste de secrétaire parlementaire chargée de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie. Candidate à sa réélection lors des élections législatives japonaises de 2000, elle est cette fois la tête de liste proportionnelle du PLD dans la circonscription proportionnelle du Kinki, et est réélue à cette occasion.. En 2002, elle rejoint le premier gouvernement Koizumi, au poste de vice-ministre chargée de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie.

Takaichi perd néanmoins son siège en 2003 alors qu'elle se présente à nouveau dans la première circonscription de la préfecture de Nara face au candidat du Parti démocrate du Japon Sumio Mabuchi. Bien qu'elle n'abandonne pas la politique, elle continue sa carrière universitaire pendant ce temps et enseigne l'économie à l'université Kindai. En 2005, lors des élections législatives japonaises de la même année, elle se présente cette fois dans la deuxième circonscription de la préfecture de Nara, toujours sous l'investiture du PLD, et effectue son retour à la Diète du Japon..

Ministre des gouvernements Abe gauche|vignette|, médecin japonais, et Sanae Takaichi, alors ministre de l'Innovation, en 2007. En 2006, Sanae Takaichi sert au sein du premier gouvernement de Shinzō Abe en qualité de ministre d'État chargée d'Okinawa et aux Territoires du Nord, ministre d'État chargée de la Politique scientifique et Technologie, ministre d'État chargée de l'Innovation, ministre d'État chargée de la Natalité et l'Égalité des sexes, et enfin ministre d'État chargée la Sécurité alimentaire. C'est également à cette époque qu'elle commence à obtenir des postes au sein de l'organigramme interne du PLD, notamment la présidence du comité chargé des questions liées à la jeunesse, ou celui chargé des questions liées au textile et l'industrie de la mode. Elle retrouve par la suite son poste de vice-ministre chargée de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie dans les gouvernements Fukuda et Asō.

Takaichi perd son siège de la deuxième circonscription de Nara à l'issue des élections législatives japonaises de 2009, mais conserve un siège à la Diète grâce à la relance proportionnelle. Désormais dans l'opposition, à la suite de la prise du pouvoir par le Parti démocrate du Japon, elle se rapproche encore plus de Shinzō Abe. Elle retrouve son siège lors des élections législatives japonaises de 2012, et est nommée la même année directrice du cabinet de stratégie politique du PLD par Abe. gauche|vignette|246x246px|Portrait officiel de Takaichi en 2010. Le , Sanae Takaichi accède au poste de ministre des Affaires intérieures et des Communications, au sein du second gouvernement de Shinzō Abe, succédant ainsi à Yoshitaka Shindō.. Elle devient la première femme à occuper ce poste.. Lors des élections législatives de la même année, elle conserve son siège avec une large avance sur son opposant démocrate. Durant sa période au ministère, elle est également responsable d'un redécoupage des circonscriptions électorales japonaises. Elle devient en 2017 la personnalité politique avec le mandat le plus long à ce poste, et est remplacée la même année par Seiko Noda.. Elle conserve plusieurs postes importants dans l'organigramme du PLD, où elle est nommée présidente du siège de la cybersécurité, ou à la chambre des représentants, où elle dirige la Commission du règlement de la Diète du Japon.

Takaichi retrouve ce poste en 2019, dans le gouvernement Abe IV. Durant cette période, elle s'implique notamment dans des lois sur la redevance télévisuelle japonaise, ainsi que dans des mesures de soutien aux industries touchées par la pandémie de Covid-19. Elle n'est pas reconduite en 2020 dans ses fonctions dans le gouvernement Suga, laissant plusieurs de ses travaux en cours à son successeur Ryōta Takeda.

Candidature à la présidence du PLD en 2021

Sanae Takaichi se déclare en 2021 candidate pour succéder à Yoshihide Suga à la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD), avant même l'annonce de sa démission. Dans le rapport de force qui l'oppose à d'autres chefs du parti, elle bénéficie notamment des faveurs des ex-Premiers ministres Shinzo Abe et Yoshirō Mori dont elle est connue pour avoir des positions politiques semblables.. Parmi les autres figures du PLD, elle est notamment soutenue par Tomomi Inada, ancienne ministre de la Défense, Eriko Yamatani, Yasutoshi Nishimura ou Satsuki Katayama. Elle ancre notamment sa politique économique, nommée « Sanaenomics », dans la continuité de celle de Abe, les « Abenomics », qui visent la reconstruction de l’économie, un assouplissement monétaire et la promotion de la croissance. Bien qu'elle ne remporte pas cette élection, que Fumio Kishida remporte, elle crée la surprise en dépassant les intentions données par les sondages à son égard..

En 2022, Takaichi est nommée au sein du gouvernement Kishida II, au poste de ministre chargée de la Sécurité économique... La même année, elle est également nommée directrice de la section préfectorale du PLD de Nara, devenant la première femme à occuper ce poste.

Candidature à la présidence du PLD en 2024

vignette|Sanae Takaichi et Shigeru Ishiba en 2024, lors du deuxième tour de l'élection à la présidence du Parti libéral-démocrate japonais. En , à la suite de la démission de Fumio Kishida de la présidence du PLD, Sanae Takaichi est candidate à sa succession et donc au poste de Premier ministre du Japon. Elle s'oppose notamment à Yōko Kamikawa, Toshimitsu Motegi, Yoshimasa Hayashi, Shigeru Ishiba et Shinjirō Koizumi.. Sa candidature est soutenue, entre autres, par Haruko Arimura, Mio Sugita et Hirofumi Nakasone. Elle organise cette fois sa campagne autour de son programme économique, ainsi qu'autour de sa volonté de faire du Japon une puissance majeure du Pacifique, notamment par l'intermédiaire d'une modification de la constitution anti-militariste du Japon. Takaichi milite également pour un maintien des forces américaines dans la zone..

Bien qu'elle arrive au second tour de cette élection, en ayant devancé Shigeru Ishiba à la fois dans le vote des parlementaires et dans le vote des adhérents, elle perd le second tour. Elle devient à cette occasion la femme ayant été le plus proche du poste de Premier ministre au Japon. À la suite de cette élection, Takaichi se voit proposer par Ishiba le poste prestigieux de présidente du conseil général du PLD, qu'elle refuse. Elle prend en la présidence d'un nouveau comité au sein du PLD, voué à la lutte contre la cybercriminalité.. La même année, elle est largement réélue dans son fief de Nara lors des élections législatives japonaises de 2024, décidées après une dissolution de la Diète du Japon par Shigeru Ishiba..

Présidente du Parti libérale-démocrate

vignette|Sanae Takaichi prononçant un discours à Nagoya, le 26 septembre 2025.