Le sommet de l'OTAN Newport 2014 est le sommet de l'OTAN, conférence diplomatique réunissant dans la ville de Newport, au pays de Galles (Royaume-Uni), les 4 et , les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord et des alliés de l'organisation. Les grands sujets abordés sont l'Ukraine, l'Afghanistan, le Moyen-Orient et la situation géopolitique générale.
Il succède au de l'OTAN à Chicago en 2012. Il est suivi du de l'OTAN, à Varsovie en 2016.
Organisation du sommet Contexte Le sommet, qu'accueille le Premier ministre britannique David Cameron, réunit les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de l'OTAN, ainsi que ceux de pays non membres et les représentants d'entités supranationales. Au total, une soixantaine de pays et entités est présente de manière officielle lors de ce sommet. Le , un grand hôtel de Newport, est choisi comme lieu de réunion. Ce sommet compte et de délégations et autres officiels.. Il s'agit du premier sommet OTAN se tenant au Royaume-Uni depuis celui de Londres en juillet 1990.
Il intervient alors que l'actualité internationale est foisonnante. En premier lieu pour l'OTAN, il s'agit d'acter le retrait d'Afghanistan et la fin de la Force internationale d'assistance et de sécurité, plus importante opération militaire menée par l'organisation. Mais il s'agit également de prendre des dispositions au vu de la situation internationale, en particulier vis-à-vis de la situation en Ukraine menaçant de dégénérer en conflit ouvert au Donbass, mais aussi des menaces que font peser ou ressentir les actions de l'État islamique.
La tenue du sommet avait été précédée fin par une réunion préparatoire à Bruxelles, au cours de laquelle Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN, avait annoncé des mesures concernant les relations entre l'organisation et la Géorgie d'une part, pour laquelle il est convenu de sans promettre de prendre part au « Plan d'action pour l'adhésion », et le Monténégro d'autre part, pour lequel il est convenu d' la possibilité d'une « invitation à l'adhésion ».
Ordre du jour vignette|Salle de réunion des chefs d'État et de gouvernement des vingt-huit pays membres de l'OTAN. Le sommet se déroule sur deux jours, les 4 et . Au cours de ces deux journées, les représentants des États se réunissent pour des réunions de travail, principalement au , mais également pour quelques réunions mineures à Cardiff. Lors de ces séances, il est débattu des sujets ayant trait à la sécurité nationale des États membres, comme les « États fragiles », la piraterie, le terrorisme et les cyberattaques.
Le programme du sommet est le suivant. :
: Afghanistan et FIAS : Situation en Ukraine : Repas de travail au château de Cardiff
: Première réunion du Conseil atlantique : Deuxième réunion du Conseil atlantique.
Sécurité du site vignette|Préparatifs à Cardiff avant l'ouverture du sommet, le . La tenue du sommet de l'OTAN a engendré un fort déploiement de forces militaires afin d'assurer la sécurité des chefs d'État présents. Tant à Newport qu'à Cardiff, des routes ont été fermées à la circulation une semaine avant l'ouverture du sommet, créant de fortes perturbations dans la vie locale.. Une clôture de de haut a été construite sur autour de l'hôtel qui accueille le sommet ; dans le centre-ville de Cardiff, ce sont de clôture qui sont déployés, formant ce que la presse locale appelle un ..
Le dispositif de sécurité inclut le déploiement de qui patrouillent dans les deux villes, des hélicoptères militaires dont des américains ainsi que six navires de guerre dont le nouveau destroyer de la ..
Lors du repliement des installations de sécurité, et faisant écho aux menaces récentes de la maire de Calais Natacha Bouchart de fermer le port de Calais si le gouvernement britannique ne prenait pas des mesures concrètes pour lutter contre l'immigration clandestine., le bureau de l'immigration du Home Office britannique offre à la mairie de Calais les clôtures utilisées pour la sécurisation des sites sommet..
Décisions Les principales décisions prises lors du sommet sont regroupées au sein de la Déclaration du sommet du pays de Galles sur le lien transatlantique. Cette déclaration comporte cent-treize points, couvrant les aspects suivants. : Points 5 à 13 : l'adoption du plan d'action « réactivité » (ou ) tourné explicitement contre les menaces venant de Russie, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, avec notamment au point 9 le renforcement de la Force de réaction de l'OTAN, l'établissement d'une Force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation capable de se déployer dans les zones périphériques aux pays membres, et un renforcement des Forces navales permanentes. Ceci inclut au point 13 la révision de la doctrine en cas de . Points 14 et 15 : l'augmentation des budgets de la Défense des pays membres, avec une recommandation d'un minimum de 2 % du PIB, objectif à atteindre sous dix ans pour les pays alors en deçà de cet objectif. Ce budget doit être consacré au moins pour 20 % à l'acquisition de matériels neufs. Points 16 à 24 : la condamnation des actions de la Russie ; cela couvre son action en Ukraine, comprenant la non-reconnaissance de l'annexion de la Crimée par la Russie, son implication dans les troubles à l'Est de l'Ukraine, les discriminations dont sont victimes les Tatars de Crimée, et un rappel à l'ordre onusien quant au rôle présumé de la Russie dans la destruction du ; cela couvre également son « comportement » en Géorgie et en Moldavie, et la non-application du Traité sur les forces conventionnelles en Europe ; l'OTAN indique également soutenir les sanctions prises par l'Union européenne et le G7 à l'encontre des capitaux russes ; l'OTAN prend acte de la remise en question par la Russie des termes fondateurs du Conseil OTAN-Russie, tout en garantissant sa volonté de maintenir ouverte la voie diplomatique. Points 25 à 29 : le soutien de l'OTAN à la démocratisation de l'Ukraine, saluant la tenue des élections présidentielles de , la signature de l'accord d'association avec l'Union européenne le , et précisant porter de grandes attentes dans la tenue des élections des parlementaires de la Rada en ; le soutien aux démarches de l'OSCE avec en particulier sa mission d'observation. Points 30 et 31 : l'inviolabilité territoriale des pays non membres mais alliés par des contrats bilatéraux avec l'OTAN : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie. Points 32 à 37 : la réaction de l'OTAN face à la situation au Moyen-Orient, la condamnation du et l'évocation de la possibilité de représailles dans le cas où les agissements de l'organisation à sa tête viendraient à menacer la sécurité d'un des pays membres ; le soutien à l'État irakien ; le rappel du régime syrien de Bachar el-Assad à ses engagements du Communiqué de Genève du et les effets potentiellement déstabilisateurs de la guerre civile syrienne sur les pays voisins comme la Turquie, pays membre de l'OTAN, la Jordanie, partenaire de l'OTAN, et le Liban ; le rappel du déploiement de missiles Patriot en Turquie tout en félicitant la mission de l'OAIC. Point 38 : l'inquiétude face à la situation en Libye et le soutien au déploiement de la MANUL, événements faisant suite à l'intervention de l'OTAN dans le pays en 2011. Point 39 : la possibilité de coopérer aux opérations en cours au Mali si le besoin s'en fait sentir. Point 40 : un satisfecit quant à la situation aux Balkans, face à la normalisation des relations entre Serbie et OTAN, la tenue des élections législatives au Kosovo en juin. Points 41 à 43 : le retrait des troupes otaniennes d'Afghanistan avec la fin de la mission militaire en , et le maintien d'une mission diplomatique pour une durée indéterminée. Points 44 et 45 : un satisfecit quant au rôle de la KFOR, en cours depuis quinze ans sous mandat de l'ONU. Points 46 et 47 : un état des lieux des opérations en Méditerranée et contre les actes de piraterie autour de la Corne de l'Afrique ; le maintien de l'OTAN au sein d' jusqu'à fin 2016. Points 48 à 61 : un rappel du rôle de dissuasion, notamment nucléaire, de l'OTAN quant à la sécurité des États membres ; un rappel à la Russie de ses engagements au travers du traité FNI ; la poursuite du système de défense antimissile de l'OTAN rappelant que ce système n'est pas dirigé contre la Russie. Points 62 à 71 : un point d'avancement sur les engagements de restructuration des forces de l'OTAN, pris lors du précédent sommet de Chicago en 2012 ; l'acquisition de drones ; le développement du concept OTAN de « pays-cadre » pour créer des centralités dans le déploiement de démarches spécialisées ; la nomination de pays-cadres dans certains domaines : Allemagne pour le « développement capacitaire », Royaume-Uni pour la constitution de la Force expéditionnaire interarmées ou JEF ; la programmation pour 2015 de « l'exercice à haute visibilité » baptisé « 2015 » auquel participeront, organisé par l'Espagne, le Portugal et l'Italie ; la politique otanienne en matière de guerre navale. Points 71 à 73 : la politique en matière de cyberdéfense, s'axant autour des capacités du Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence et de l' de l'OTAN. Point 74 : la reconnaissance du rôle important des PME dans l'industrie de défense de l'OTAN. Points 75 à 78 : la position de l'OTAN face aux armements nucléaires ; le rappel à l'Iran des clauses du traité de non-prolifération nucléaire dans le cadre de l'accord préliminaire de Genève sur le programme nucléaire iranien de 2013 ; l'inquiétude face aux essais nucléaires nord-coréens. Point 79 à 81 : le rappel des valeurs otaniennes en matière de lutte contre le terrorisme international. Points 82 à 89 : un état des lieux des traités et accords en cours ; la célébration du vingtième anniversaire du Partenariat pour la paix ; la célébration du vingtième anniversaire du Dialogue méditerranéen ; la célébration du dixième anniversaire de l'Initiative de coopération d'Istanbul ; la volonté de développement des partenariats avec d'autres organisations internationales comme le Conseil de coopération du Golfe et la Ligue des États arabes ; le développement des relations avec la Géorgie, la Moldavie, la Jordanie. Points 90 et 91 : la condamnation des violences faites aux femmes lors des conflits et de l'emploi d'enfants soldats dans la ligne de la du Conseil de sécurité de l'ONU. Points 92 à 97 : le maintien de la « politique de la porte ouverte », notamment vis-à-vis de la Géorgie, dont les provinces d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud sont toujours considérées par l'OTAN comme relevant de son autorité ; notamment vis-à-vis du Monténégro, de la Macédoine, de la Bosnie-Herzégovine ; ces quatre pays sont à divers échelons dans le processus d'adhésion à l'OTAN. Points 98 et suivants : la position de l'OTAN dans le contexte général international, sur les aspects sociaux, environnementaux, économiques.
Le sommet est également l'occasion d'une déclaration conjointe des membres de l'OTAN rendant hommage aux personnels militaires ayant servi au sein des forces armées de l'OTAN depuis les soixante-cinq ans de son existence..
Création de la Force expéditionnaire interarmées Le sommet a été le lieu de la création de la Force expéditionnaire interarmées, en anglais ou JEF. L'acte fondateur de cette troupe a été la signature d'un accord entre les vingt-huit membres de l'OTAN à bord du le ..