Mehdi Nemmouche, né le à Roubaix, est un criminel, terroriste islamiste et djihadiste français, auteur de l'attentat du musée juif de Belgique du . Il est également accusé d'avoir été un des geôliers de l'État islamique par les otages rescapés de ses prisons syriennes dans le cadre de la guerre civile.

Le en Belgique, la cour d’assises le déclare coupable des quatre assassinats à caractère « terroriste » commis le au musée juif de Bruxelles. Après plus de 8 heures de délibéré, il est condamné le à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une mise à disposition de la justice pour 15 ans.

En 2025, il est jugé à Paris en France pour la détention d'otages en Syrie entre 2013 et 2014, dont des journalistes français et travailleurs humanitaires. Le , il est condamné par la cour d'assises spéciale à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Enfance

Il est né le à Roubaix, originaire du quartier des Trois-Ponts, il n’a jamais connu son père et sa mère étant impécunieuse, il a été placé, comme ses deux sœurs, dès l’âge de trois mois en foyers et familles d’accueil. À l'âge de , il est confié à sa grand-mère à Tourcoing, dans le quartier sensible de La Bourgogne. Il prépare ensuite un baccalauréat professionnel électrotechnique mais ne se présente pas aux épreuves en pour raisons de santé. En , il s'inscrit à la faculté pour tenter une capacité en droit.

Parcours judiciaire En 1999, il est l'auteur de plusieurs cambriolages, d'un vol et d'un recel.

En 2002, il agresse une enseignante, « avec usage ou menace d’une arme », à Tourcoing.

En Mehdi Nemmouche, un délinquant à l’enfance difficile, radicalisé en prison dépêche AFP publiée juin 2014 dans Libération, il est condamné une première fois par le tribunal pour enfants de Lille à une peine de trois mois d'emprisonnement dont deux et demi avec sursis pour des faits de vols avec violence« Qui est Mehdi Nemmouche, le suspect roubaisien de la tuerie du Musée juif de Bruxelles ?» France 3 Nord Pas-de-Calais, 2014. Il est emprisonné une première fois à la maison d'arrêt de Loos (Nord).

En 2006, il est de nouveau condamné pour conduite sans permis.

En 2007, il est condamné à deux reprises pour refus d'obtempérer<. Il est incarcéré un mois, puis dix-sept mois et quinze jours enfin trois mois et huit jours à la prison de Lille-Sequedin d'où il sort en « Suspect multirécidiviste, drapeau terroriste, "Bruxelles à feu et à sang" » rtl.be, juin 2014Site lepoint.fr, juin 2014.

En , il est condamné par le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes) à quatre ans d’emprisonnement dont un an assorti d'un sursis avec mise à l’épreuve pour vol aggravé commis le même mois dans la concession Yamaha de Saint-Laurent-du-VarUn commerçant de Saint-Laurent: "J'ai été braqué par Mehdi Nemmouche",Var-Matin 2 juin 2014,

En 2008, il est condamné à dix-huit mois de prison pour le vol d’une voiture commis à Tourcoing.

En « Mehdi Nemmouche, un nouveau Mohamed Merah ? » metronews.fr 2 juin 2014, il est de nouveau condamné à deux ans de prison pour le braquage en d'une supérette de cette même ville « Musée juif de Bruxelles: "Les présomptions qui pèsent sur le suspect sont importantes"», juin 2014 sur le site de la RTBF

Radicalisation

Il est incarcéré de à « Tuerie de Bruxelles: principales déclarations du procureur de Paris » nordnet.fr, juin 2014, d'abord à la maison d'arrêt de Grasse de à , puis au centre pénitentiaire de Salon-de-Provence de à , ensuite à celui du Pontet de à et enfin au centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède« VIDEOS. Fusillade de Bruxelles : Mehdi Nemmouche, du braquage au jihad », Le Parisien, 2 juin 2014 de à . Il s'y radicalise« Tuerie de Bruxelles : un suspect français a été arrêté à Marseille », Le Figaro, juin 2014. D'après le syndicaliste pénitentiaire David Mantion qui l’y a connu,

Le , il est poursuivi pour avoir agressé un gardien  et placé en quartier disciplinaire, puis à l’isolement. Son emprise religieuse sur les autres détenus se renforce : Durant sa période d’isolement, il se laisse pousser la barbe, choisit de porter la djellaba et se retranche dans la religion. Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, , France Info. En , l'administration avertit la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de son comportement« Mehdi Nemmouche : questions autour de la radicalisation en prison » Le Monde, 3 mars 2014]. Son extrémisme religieux et diverses provocations, comme le jet de projectiles contre les surveillants, conduisent la direction de l'établissement pénitentiaire de Toulon à le placer un mois en quartier disciplinaire« En prison, Mehdi Nemmouche n'était pas le "gentil garçon" décrit », lci.tf1.fr, 3 juin 2014 puis, d' à , à le mettre à l'isolement« VIDEO. Un surveillant de Toulon se souvient du détenu Mehdi Nemmouche » sur France 3 Provence-Alpes, 2 juin 2014.

Sorti de prison le « Nemmouche : à 29 ans, après 7 condamnations, il bascule dans l'islam radical », [Le Figaro], juin 2014, il est fiché S mais part pour la Turquie le via la Belgique, la Grande-Bretagne et le Liban« Mehdi Nemmouche, itinéraire d'un djihadiste français » Le Nouvel Observateur, juin 2014. De là, il est soupçonné d'avoir franchi la frontière turco-syrienne et d'avoir séjourné un an en Syrie« Tuerie de Bruxelles : ce que l'on sait de l'homme arrêté à Marseille »Le Monde, juin 2014 où il rejoint l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le principal groupe djihadiste participant à la guerre civile syrienne« Tuerie de Bruxelles : ce que l'on sait de Mehdi Nemmouche », Journal du dimanche, 2014. Au sein de ce groupe, il aurait été geôlier brutal envers les otages, bien qu'il fût hiérarchiquement inférieur au Français Salim BenghalemLe djihadiste français Salim Benghalem aurait été le geôlier des ex-otages en Syrie https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/25/le-djihadiste-francais-salim-benghalem-aurait-ete-le-geolier-des-ex-otages-en-syrie_4771104_1653578.html. Au nombre des otages, figuraient notamment des journalistes français dont Nicolas Hénin, Didier François (grand reporter de la radio Europe 1), Édouard Elias et Pierre Torres. On retrouve ensuite sa trace à Istanbul d'où il gagne le « Tuerie de Bruxelles: principales déclarations du procureur de Paris », dhnet.be, juin 2014 la Malaisie. De là, il se rend à Singapour et Bangkok. Inscrit au fichier Schengen dès « Nemmouche était surveillé par la police "dès sa sortie de prison" » dépêche AFP publié par Le Point, 4 juin 2014« Tuerie de Bruxelles : ce que l'on sait de l'homme arrêté à Marseille»Le Monde, juin 2014 par la DCRI« Tuerie du Musée juif de Bruxelles : le suspect était fiché comme "profil djihadiste" », Le Point, juin 2014, il est repéré à Francfort-sur-le-Main par les douaniers allemands lors de son retour en Europe le Nemmouche-Merah : un même profil», La Dépêche, 2 juin 2014.

Attentat du Musée juif de Bruxelles

L'attentat est commis le au musée juif de Belgique à Bruxelles. Un homme y tire, avec ce qui semble être un revolver, depuis la rue vers le hall du musée et vise un couple de touristes. Il contourne leurs corps, puis, avec une Kalachnikov AKM ouvre de nouveau le feu depuis le hall vers l'intérieur du musée, sur deux autres personnes, employées à l'accueil. Puis il sort du bâtiment et s'enfuitMeurtre rue des Minimes, Fedpol Belgium (police fédérale belge)..

Trois personnes sont tuées sur le coup. Il s'agit d'un couple de touristes israéliens, Emanuel et Miriam Riva, âgés de , et d'une Française, Dominique Sabrier, , travaillant bénévolement au muséeJérôme Sage et A.C., « Bruxelles était pour Dominique un havre de paix », Le Parisien, .. La quatrième victime est Alexandre Strens, un Belge de préposé à l'accueil du musée. Transporté à l'hôpital Saint-Pierre, grièvement blessé, il restera dans le coma et mourra quelques jours plus tard, le « La de la fusillade du musée juif est décédée », La Libre Belgique, ..

L'enquête est confiée à l'unité anti terroriste de la Police Judiciaire fédérale de Bruxelles, la DR3.

Mehdi Nemmouche serait le premier djihadiste issu des rangs de l’État islamique à avoir commis un attentat en Europe..

Arrestation

Au cours d'un contrôle de douane inopiné effectué le vendredi à la gare routière internationale de Marseille Saint-Charles à bord d'un autocar en provenance d’Amsterdam via Bruxelles, Mehdi Nemmouche est interpellé en possession d'armes ressemblant à celles visibles sur la vidéosurveillance de la fusillade de l'attentat du Musée juif de Belgique, d'une casquette semblable à celle que portait le tueur et d'une caméra de type GoProFusillade au Musée juif: un Français soupçonné d'être le tireur, arrêté à Marseille, La Libre Belgique,Attaque du Musée juif de Bruxelles : un suspect arrêté, Libération, juin 2014. Il est placé en garde à vue pour assassinat, tentative d'assassinat, détention et transport d'armes, en lien avec une entreprise terroriste. Dans une vidéo trouvée par les enquêteurs lors de son arrestation, une voix off qui ressemble à celle du suspect revendique l'attentatSite leparisien.fr, juin 2014..

Le « Nemmouche ne s'opposera pas «en principe » à son extradition vers la Belgique » 20 minutes, 2 juin 2014, un mandat d'arrêt européen est émis par la justice belge contre luiLa libre Belgique, juin 2014. Présenté le au parquet général du tribunal de Versailles (Yvelines), il annonce d'abord son intention de s'opposer à son extradition en Belgique et se voit écroué au centre pénitentiaire de Bois-d'Arcy dans les Yvelines, mais y renonce le Nemmouche sera bien extradé vers la Belgique, lefigaro.fr, 11 juillet 2014.

En , il est renvoyé devant la cour d'assises de Bruxelles avec son complice présumé Nacer Bendrer (le troisième inculpé, le Français Monir Attalah, bénéficiant lui d'un non-lieu) pour un procès qui se tient à partir de .

Présomption de participation à la détention d'otages En , quatre journalistes ; Didier François, Édouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres, sont enlevés en Syrie par des groupes djihadistes. Début juillet, les otages sont transférés dans . Ils y rencontrent un gardien français, surnommé Abou Omar, qui , et qui ne cache ni son antisémitisme, ni . En , après un passage en Asie, le djihadiste français rejoint l'Europe. Les otages, qui sont libérés en avril de la même année, reconnaissent leur tortionnaire , . Nicolas Hénin prévient la Direction générale de la sécurité intérieure. Pierre Torres, Didier François, Édouard Elias, Federico Motka et Marcos Marginedas identifient également Mehdi Nemmouche au son de sa voixSoren Seelow, Au procès des geôliers de l’Etat islamique, le récit sidérant de l’ancien otage Edouard Elias, journaliste jusqu’au bout de l’enfer, lemonde.fr, 20 février 2025.

Le journaliste Nicolas Hénin affirme notamment avoir été par Mehdi Nemmouche : . Nicolas Hénin estime que la personnalité de Mehdi Nemmouche est Nicolas Hénin, ex-otage en Syrie : «Mehdi Nemmouche m'a maltraité», Le Parisien, 6 septembre 2014..

En 2023, la DGSI identifie Mehdi Nemmouche, Salim Benghalem et un autre djihadiste français, sur des images de vidéosurveillance enregistrées dans le sous-sol d'un hôpital d'Alep reconverti en centre de torture en 2013, récupérées par une ONG et remises à la justice française, qui montrent des actes de violences commises sur des détenus.

Le , son procès, ainsi que quatre autres djihadistes également accusés d'être impliqués dans la détention d'otages, s'ouvre à Paris.

Procès en Belgique Le , la cour d’assises de Bruxelles le déclare coupable, avec Nacer Bendrer considéré comme coauteur des faits en ayant fourni les armes, des quatre assassinats à caractère commis le au musée juif de Bruxelles.