alt=Robert Harmand, journaliste lyonnais, correspondant de la revue Beaux-Arts|vignette|Charles Beauverie dans son atelier et cabinet de curiosité de Poncins, en octobre 1896 Charles Beauverie né le à Lyon (Rhône) et mort le à Poncins (Loire) est un peintre, graveur et illustrateur français de l'École de Barbizon.

Biographie

Jeunesse Charles-Joseph Beauverie est le troisième enfant du maître charpentier et compagnon du Tour de France, Antoine Beauverie, et de Françoise Charnay, son épouse. Il fait des études secondaires à Lyon, puis est admis en 1855 comme élève de l'École impériale des beaux-arts de Lyon pour y apprendre le dessin de fabrique des soieries de Lyon dans l'atelier de gravure de Louis Guy. Il n'y fait qu'un bref passage et son père le fait entrer chez un quincaillier de ses amis.

Il illustre quelques ouvrages de son frère, Jean-Étienne Beauveriedit « Jean-Étienne Bouvery » de son nom de plume, né à Lyon le , mort à Poncin le . Homme de lettres, il est aussi chef de bureau, puis chef de division à la Préfecture de Lyon..

Apprentissage et début de carrière Charles Joseph Beauverie s'installe à Paris où il entre dans l'atelier de Charles Gleyre à l'École des beaux-arts. Il débute au Salon de 1864.

Le , il épouse Marie-Clotilde Giraud à Villeurbanne. Ils s'installent à Montmartre et y achètent une maison en 1883, au rue Gabrielle C. Beauverie / rue Gabrielle 19 / Paris Montmartre, de 1868 à 1904.

Entre 1874 et 1878, Beauverie travaille à Auvers-sur-Oise pour l'imprimeur-éditeur Alfred Cadart (1828-1875), à qui il fournit de nombreuses planches pour L'Illustration nouvelle (18 pièces de 1868 à 1881)Notice L'Illustration nouvelle, du Catalogue général de la BnF. et L'Eau forte en… (sept pièces de 1874 à 1881)Notice L'Eau forte en… du Catalogue général de la BnF.. Il fait la connaissance du docteur Gachet. Il réalise des gravures représentant des villages et des chaumières des alentours de Pontoise à Auvers-sur-Oise.

Entre 1872 et 1880, il peint à Auvers-sur-Oise, il y est reçu par Daubigny et le docteur Gachet. Il peint également en Bretagne, à Fontainebleau, et dans la vallée de Chevreuse

Il découvre le Forez par son ami Félix Thiollier, dont il fait des dessins et des gravures de ses photographies, certains ayant servi à illustrer l'ouvrage Le Forez pittoresque et monumental. Il est membre de l'Amicale des Foréziens de Paris en 1886. Également graveur d'interprétation, il reproduira sur le cuivre des toiles de Jean-François Millet.

Implantation dans le Forez et apogée artistique Dès 1885, Charles Beauverie rencontre des jours sombres. Son père Antoine, décède en juin et le jour de l’enterrement, la femme du peintre est subitement atteinte de paralysie. Pour qu’elle puisse se reposer, les médecins lui préconisent un séjour à la campagne et le couple est accueilli chez des amis, Les Wolf à la Bréassière (La Fouillouse – Loire). Un an plus tard, sa santé ne s’améliorant pas, ils s’installent à Précivet (Poncins – Loire) chez Félix Thiollier. En 1888, ils achètent une maison à Poncins qu’ils surnomment la « Poncinette ». Il commence à peindre énormément de paysages du Forez. À partir de 1893, pour assister sa femme, il engage Mlle Victorine Hegner (1868 – 1914), une gouvernante. Malheureusement, Marie-Clotilde, restée paralysée pendant près de 10 ans, meurt en , laissant son mari seul avec la gouvernante. Bien que jeune, Victorine a le souci de la respectabilité et n’hésite pas à obliger Monsieur à décrotter ses souliers avant d’entrer.

Très sociable, sincère et joyeux compagnon, il est vite apprécié de ses concitoyens ligériens et rejoint de nombreuses associations. Il intègre également des groupes d’érudits. Ainsi, grâce à ses qualités de lettré, il est admis au petit groupe stéphanois et forézien très fermé du « cénacle des Pingouins » dont fait partie son ami Félix Thiollier. Ces érudits se réunissent régulièrement pour discuter de l’actualité artistique et littéraire, mais aussi pour s’amuser. En , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur. vignette|Saltimbanques à la foire de la Boutheresse, 1893, huile sur toile, inv. 28.1.54, Musée de Feurs Passionné par l’archéologie et s’intéressant aux fouilles, notamment dans la région et autour de Feurs, Beauverie adhère également à la Diana : la Société historique et archéologique de Montbrison (Loire) en 1897. Il collabore à l’édition de son bulletin et réalise plusieurs communications à propos de ses découvertes personnelles, qu’il illustre de dessins précis. Pour les connaissances scientifiques, il s’en remet à ses amis Félix Thiollier, Joseph Déchelette (1862-1914) : archéologue, conservateur du musée de Roanne et membre de la Diana et Eleuthère Brassart (1850-1920) : maître-imprimeur, directeur du Journal de Montbrison - secrétaire de la Diana - adjoint au Maire de Montbrison.

Au fil des années, Beauverie constitue sa propre collection de silex et d’objets archéologiques en les achetant à des paysans. D’après M. Louis Magat (1894 - 1987), berger à cette époque, Beauverie payait les silex de 5 à 10 centimes de Francs, selon leurs grosseurs. On raconte qu’un berger aurait jeté son panier dans le Lignon car Beauverie n’aurait pas donné la somme promise. vignette|Charles Beauverie à l'âge de 75 ans Très fier de ses découvertes, il mène les visiteurs de la Poncinette directement dans son cabinet de curiosité où sont rassemblées ses meilleures pièces. Cependant, s’il accepte des critiques sur sa peinture, on dit qu’il est possible de le faire bondir en s’attaquant à ses collections.

Fin de vie A l’aube du XXe siècle, Charles Beauverie souffre de problèmes respiratoires. Fuyant l’humidité forézienne, il passe tous les hivers dans Le Midi, notamment à La Ciotat. Quand il ne peut pas travailler en extérieur, l’artiste ne lâche pas son pinceau et peint des natures mortes. Comme il l’écrit avec humour en 1914 : « … incapable de travailler sérieusement, je fais de la nature morte ; je travaille donc « avec fruits » ! »

À la fin de sa vie, Beauverie se voit dans l’obligation de prendre à son service une jeune paysanne de la ferme voisine, Jeanne Reynaud (1897 - 1988) car Victorine, malade, a besoin d’aide. En 1914, après de nombreuses années de service, Victorine décède. Jeanne rêve alors de partir car la prise en charge de Beauverie, âgé et malade, lui fait peur. Charles la supplie de rester et elle le veillera jusqu’à sa mort en 1923. Il est enterré au cimetière de sa ville d'adoption : Poncins.

Style pictural Rattaché à l’école de Barbizon, Charles Beauverie s’illustre par un style paysagiste marqué par une observation attentive et fidèle de la nature. Héritier de l’esprit de Corot, il privilégie les scènes rurales, les campagnes et les rivières (le Lignon du Forez et l'Oise par exemple), qu’il traduit avec une attention aux détails et à la lumière. Ses compositions se caractérisent souvent avec les variations de saisons et d’heures du jour.

Cependant, pour sa famille et ses amis, Beauverie s’est essayé à un tout autre genre : le portrait. Celui de sa femme sera exposé au Salon de Paris en 1869.  S’il n’en expose plus par la suite, il est toujours prêt à dessiner les traits de ses proches dont ses gouvernantes Victorine et Jeanne. Il réalise également plusieurs fois des autoportraits.

Collections publiques

vignette|redresse|Auvers-sur-Oise (Bateau lavoir à Auvers) (vers 1870), estampe.

États-Unis Chicago, Art Institute of Chicago : L'Auberge du Soleil levant, gravure

France Amiens, musée de Picardie : Ecluse d'Optevoz, après la pluie, 1884 Auvers-sur-Oise, musée Daubigny : Les gardiennes d'oies, huile sur bois Bords de l'Oise près d'Auvers, huile sur toile Canotier au bord de l’Oise, 1879, huile sur toile Beauvais, musée départemental de l'Oise : Le Matin sur les bords de l'Oise, 1874, huile sur toile. Carcassonne, musée des Beaux-Arts: Matinée brumeuse sur l'Oise, huile sur toile Clermont-Ferrand, musée d'Art Roger-Quilliot : La Foire aux cochons à Poncins, 1895, huile sur toileExposition en 2010 à l'écomusée du Forez. Dijon, musée des Beaux-Arts: Paysanne portant une hotte (titre factice), dessin à la plume encre brune Feurs, musée de Feurs : Les murailles de Crémieu, 1859, dessin Escalier du château Laroche-Lambert, 1868, eau-forte Escaliers des appartements du Préfet à l’Hôtel de Ville de Paris, après l’incendie, 1874, eau-forte L'Oise à Auvers-sur-Oise, 1874-1880, huile sur toile La Loire à St Just ou La Pira Benaetz (La Pierre Bénie), 1879, eau-forte Chaumière à Valhermey, 1879, eau-forte Ravin de la Bréassière, 1885, huile sur toile Coin de foire à Poncins, 1885, huile sur toile La "Moula de le Pouma" (écrase-pommes), 1886, huile sur toile Ferme dans les Hautes Chaumes (ou Vue sur les Monts du Forez), 1888-1920, huile sur panneau La Charrette de foin, 1888-1923, huile sur toile Portrait de Jean-Étienne Beauverie, 1889, eau-forte Les Bords du Lignon, 1889, huile sur toile Sa Terre ! , 1890, eau-forte Saltimbanques à la foire de la Boutheresse, 1893, huile sur toile Voile à bâbord, 1900-1910, huile sur bois Voile à tribord, 1900-1910, huile sur bois Voiles au loin, 1900-1910, huile sur bois Temps gris, 1900-1910, huile sur bois Un canal aux Martigues, 1902, aquarelle Ferme de La Ciotat, 1904, huile sur toile Le Planteur de pommes de terre, 1906, eau-forte Assiette de fraises, 1914-1920, huile sur bois Pommes et poires, 1914-1920, huile sur toile Branche de cerises, 1914-1920, huile sur bois Autoportrait au feutre noir, vers 1920, huile sur toile collée sur carton Loches, musée Lansyer : Ruines de l'hôtel de ville, escalier de l'appartement du préfet, juin 1871, 1871, eau-forte Chapelle des Tuileries, après l'incendie, 1870, eau-forte Le-Puy-en-Velay, musée Crozatier : La réserve St Jean à La Ciotat, 1902 Le Herseur, 1885, eau-forte Beauverie à son chevalet, hiver 1901-1902, photographie Lyon, musée des Beaux-Arts de Lyon : Ramiers sur le Lignon, 1894, huile sur toile Lever de lune dans le Dauphiné, 1877, huile sur toile Montbrison, musée d'Allard : La Porte du fort à Sury-le-Comtal, dessin Paris, musée Carnavalet: Ruines de l'hôtel de ville, escalier de l'appartement du préfet, juin 1871, 1871, eau-forte Rue des rosiers à Montmartre, 1875, eau-forte Sa Terre !, eau-forte Une barricade de Montmartre, rue Lepic, 1871, lavis Ruines des Tuileries, vue prise du vestibule du grand escalier, 1871, dessin Ruines des Tuileries, le Portique, 1871, dessin Ruines des Tuileries, entrée du palais du côté du jardin, 1871, dessin Paris, musée Rodin : Ruines de l'hôtel de ville, escalier de l'appartement du préfet, juin 1871, 1871, eau-forte La Pira Benaetz (Loire), 1879, eau-forte Périgueux, musée d'art et d'archéologie du Périgord: Bords de rivière (titre factice), huile sur toile Pommiers, Association les Amis du Vieux Pommiers : Intérieur forézien, vers 1890, huile sur toile. Poncins, mairie : La gardeuse d'oies, 1922 Pontoise, Musée d’Art et d’Histoire Pissarro-Pontoise : La Vieille Route. Auvers, eau-forte Roanne, musée Joseph Déchelette : Arrivée au marché aux cerises à Poncins, huile sur toile, 1892 Paysage Les trèfles rouges Le chemin, neige Bords de l'Oise Saint-Galmier, hôtel de ville : Le marché du lundi, place des Roches Les courses à St-Galmier, 1906 Saint-Étienne, musée d'Art moderne et contemporain : La Loire près de Grangent, 1882 Rue des rosiers à Montmartre, 1875, eau-forte La vallée d'Optevoz, huile sur bois La pira benaetz à Saint Just sur Loire, 1881, huile sur toile La Récolte de pommes de terre, 1882, huile sur toile Le bécheur, 1891, huile sur toile Pêche d'étang à Mornand, 1889, huile sur toile

Saint-Étienne, maison des avocats : Les Quais du Vizézy à Montbrison, 1894 Canal à Rive-de-Gier, 1894 Saint-Just-Saint-Rambert, musée des Civilisations - Daniel Pouget : Ravin de la Bréassière, 1885, huile sur toile Vieux pont romain à St-Just, huile sur toile