vignette|École juive en Lettonie Les premiers Juifs arrivés en Lettonie se sont installés dans la ville de Pilten (Piltene) vers 1571, mais la première synagogue n'est édifiée que vers 1701 à Hasenpoth (Aizpute)http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/vjw/Latvia.html Jewish virtual Library; Latvia. Les Juifs de Courlande (Kurzeme), premier foyer juif de la région, sont principalement de culture allemande et parlent le yiddish. En dehors de Courlande, la situation des Juifs arrivés à partir du est plus difficile. L'appellation Kurische Yekkes désigne principalement les Juifs germanophones (ashkénazes) de Courlande et de Livonie, dont les survivants sont plutôt aux États-Unis et en Israël.

Avant 1800 Siegfried von Feuchtwangen, grand-maître de l'Ordre Teutonique de 1303 à 1311, aurait émis en 1306 ou 1309 un décret interdisant le territoire de l'État monastique des chevaliers Teutoniques aux Juifs, magiciens et (prêtres de la religion prussienne traditionnelle). En réalité, les premières petites communautés juives se seraient (ré)installées dès 1360-1380, avec l'accord des responsables ecclésiastiques et des nobles locaux, et participent au commerce au long cours de la Hanse. Les Germano-Baltes dominent les territoires du Baltikum. À partir de 1550 environ, selon les nouvelles souverainetés (mouvantes), les Juifs sont exclus ou non de citoyenneté et de commerce.

, évêque de Piltene en 1542-1560, autorise l'installation dans son évêché d'une communauté juive germanophone productive fiable, ce qui contribue à la création d'une minuscule «République aristocratique de Pilten» (paradis des Hébreux en Courlande), qui jusqu'en 1699 fait bénéficier des droits civiques à des Juifs protégés (Handelsjuden, Schutzjuden).

Le Duché de Courlande (1561–1795, Jelgava/Mitau) a ses financiers Juifs de Cour (Hofjuden), dont Aaron Lipman. Les villes de Bauska (Bauske) et Jēkabpils (Jakobstadt) se développent en partie avec une population juive. Les Juifs non protégés, vivant dans des conditions misérables, sont régulièrement expulsés.

L'installation officielle de populations juives est autorisée à partir de l'annexion russe : Gouvernement de Livonie (1713-1918), Gouvernement de Courlande (1796-1915), et leurs zones de résidence (assignation/relégation/protection).

Parmi les réussites commerciales, le baume noir de Riga inventé par le pharmacien juif de Riga Abraham Kunze.

Les Juifs lettons ont pu dès la fin du accéder à des métiers de prestige comme médecin ou architecte.. À la veille de la Première Guerre mondiale, 20 % des médecins de Riga étaient juifs. Comme en Europe occidentale, la pratique religieuse était en déclin chez les élites qui méprisaient le yiddish et parlaient l'allemand ou le russe.

En 1827, les Juifs sont astreints au service militaire, ce qui pose divers problèmes, dont l'enlèvement d'enfants juifs.

En 1840, s'ouvre à Riga une école universelle juive, conforme à la Haskala, avec Max Lilienthal (1814-1882), visant à former à la culture occidentale, par la langue allemande, avec comme objectif la possibilité de libre installation.

En 1841 est officiellement constituée la communauté juive de Riga, incluant les 400 Juifs de Schlock (faubourg industriel),avec obligation pour les hommes de porter la jaquette.

En 1868-1871 est construite la Grande synagogue chorale de Riga (1871-1941).

En 1888 est créée à Riga une section de la "société pour la diffusion et l'éducation chez les Juifs de Russie".

En 1900, l'élite intellectuelle juive reste germanophone, mais la communauté se scinde entre russophones, germanophones et yiddishophones, selon sa position sociale.

Les tensions sociales (avec Lettons, Germano-Baltes, Russes) perdurent, avec antisémitisme et pogroms, incitant de nombreux Juifs des pays baltes à s'exiler.

Parmi les rabbins remarquables, (1817-1889), rabbin de Bauska, un des initiateurs du mouvement Amants de Sion (Hovevei Tsion / Hibbat Zion).

Parmi les personnes d'origine juive célèbres de Riga, on compte : l'homme politique Enrique Dickmann (1874-1955), le cinéaste Sergueï Eisenstein (1898-1948), et son père architecte Mikhaïl Eisenstein (1867-1920), le peintre Mark Rothko (1903-1970), le photographe Philippe Halsman (1906-1979), le penseur, philosophe et historien Isaiah Berlin (1909-1997), le violoniste et chef d'orchestre Gidon Kremer (1947-)...

La révolution russe de 1905, au moins à Saint-Pétersbourg, accentue revendications sociales et nationales dans les pays baltes, par exemple à Tukums, jusqu'à la proclamation de la loi martiale dans les trois provinces baltiques, le , et la répression consécutive.

Dans l'entre-deux-guerres En , devant l'avancée allemande sur le front de l'Est, entre et juifs sont déplacés ou expulsés, de gré ou de force, de Kurzeme/Courlande par le gouvernement russe, sur accusation de sympathies pro-allemandes.

La République de Lettonie (1918-1940) reconnaît aux minorités une autonomie culturelle.

En 1937, il y a Juifs en Lettonie, soit 5 % de la population. Près de la moitié réside à Riga. On trouve aussi un important réseau d'écoles juivesPlus des 100 d'après l'encyclopédie multimédia de la Shoah.. La Lettonie est épargnée par le climat antisémite des années 1930. Des intellectuels comme l'historien Simon Doubnov y trouvent refuge. Cependant, les partis sionistes et bundistes sont persécutés car soupçonnés de sympathies socialistes.

En 1920, Riga compte dix-sept synagogues et lieux de réunion, et, en 1937, soixante-douze synagogues et cent-trente six lieux de réunion.

En 1940, l'URSS envahit la Lettonie. Les Juifs pauvres, membres des mouvements révolutionnaires, sont favorisés. Mais tous les autres Juifs connaissent une forte répression, notamment les membres des élites. Début , environ sont déportés en Sibérie.

Occupation soviétique des États baltes (1940) Occupation allemande des pays baltes pendant la Seconde Guerre mondiale (1941-1944)

Pendant la Shoah

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Lettonie est occupée dès le début de l'opération Barbarossa, à l’exception de Riga qui n’est occupée que le . La Lettonie fait désormais partie du Reichskommissariat Ostland qui regroupe les trois États Baltes et une partie de la Biélorussie.

Les Einsatzgruppen sévissent dès l'arrivée des troupes allemandes. Les Juifs sont regroupés dans des ghettos comme celui de Riga. Entre le et le , le ghetto est vidé de sa population abattue à Rumbula. Les Juifs sont rassemblés sous le prétexte d'un transfert vers un camp de travail. Ils sont obligés de se déshabiller avant d'être fusillés. Il n'y eut que trois survivants dont Frida MichelsonDictionnaire de la Shoah, p 354..

En même temps, des Juifs allemands et autrichiens sont déportés dans le ghetto de Riga pour être ensuite assassinés par les Einsatzgruppen et la police auxiliaire lettone. à auxiliaires lettons ont participé à l'extermination des Juifs.

Ne survivent que les Juifs déportés en URSS avant en tant qu'ennemis de classe et les Juifs communistes évacués aux premiers jours de l'invasion allemande soit environ personnes.

Depuis 1945 La communauté juive se reconstitue lentement pour atteindre personnes dans les années 1970. Les juifs se concentrent surtout à Riga. Ce sont des juifs lettons revenus après guerre mais surtout des juifs russes. Dans les années 1980, beaucoup émigrent aux États-Unis.

À la suite de divers départs (Allemagne, États-Unis, Israël), en 1997, la communauté compte , et en 2024, environ .

Annexes

Bibliographie Reuben Wundebar, L'histoire des Juifs dans les provinces de Livonie et de Courlande depuis l'époque de leur première installation jusqu'à aujourd'hui, Mitau, 1853 Leib Ovcinskis, Histoire des Juifs de Courlande et de Livonie, Riga, Remigolski, 1927 Max Kaufman, Die Vernichtung der Juden Lettlands, Munich, Deutscher Verlag, 1947 Bobe Mendel, S. Levenberg, M. Michaeli, The Jews in Latvia, Tel Aviv, 1971 Bobe Mendel, Les Juifs de Lettonie, Tel Aviv, 1972 Leo Dribins, Ebreji Larviya, Riga, Elpa, 2002 Aleksandrs Feigmanis, Latvian Jewish Intelligentsia Victims of the Holocaust, Riga, 2006 Iosif Rochko, Chronology of the Daugavpils Jewish Community, 1940-2020, sd Aivars Stranga, Les Juifs lettons pendant la révolution et la guerre d'indépendance 1917-1920, Riga, 2023 Yves Plasseraud, Les Yekkés de Lettonie, éd. Armeline, Crozon, 2024

Articles connexes Zone de résidence pour les Juifs dans l'Empire russe (territoires définis par décrets successifs) Musée juif de Lettonie

Journaux juifs disparus , journal juif de Lettonie (1919-1940) Da Spiel'' (actif en 1931) , Bauska Riebiņi, Višķi, Aknīste, Šķēde Synagogues en Lettonie Ancien cimetière juif (Riga), Occupation allemande de la Lettonie pendant la Seconde Guerre mondiale Reichskommissariat Ostland (1941-1944) Einsatzgruppen Viktors Arājs, Alois Brunner, Rudolf Batz, Fritz Dietrich, Otto-Heinrich Drechsler, Erich Ehrlinger Karl Jäger, Friedrich Jeckeln, Heinz Jost, , Ernst Kaltenbrunner, , Rudolf Lange Hinrich Lohse, Friedrich Panzinger, Hans-Adolf Prützmann, Eduard Roschmann, Alfred Rosenberg Martin Sandberger, Albert Sauer, , Franz Walter Stahlecker, Eduard Strauch Police auxiliaire lettone Résistance en Lettonie pendant la Seconde Guerre mondiale Shoah en Lettonie Ghettos de Daugavpils Incendie des synagogues de Riga () Massacre de Rumbula (1941) Massacres de Liepāja (1941) Camp de concentration de Jungfernhof (1941-1942) Camp de Salaspils (1941-1944) (), Daugavgrīva Camp de concentration de Riga-Kaiserwald (1943-1944)

hors de Lettonie Aktion Reinhard, Sonderaktion 1005 Shoah en Biélorussie Histoire des Juifs en Estonie, Shoah en Estonie Histoire des Juifs en Lituanie, Shoah en Lituanie

Justes parmi les nations dont 138 en Lettonie Porajmos

Liens externes Einsatzgruppen

Notes et références