L’église Saint-Ouen est une église catholique paroissiale située à Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise, en France. Elle succède à une chapelle, qui a été bâtie à la fin du ou au début du pour commémorer le passage du cortège funèbre de saint Ouen vers sa ville épiscopale de Rouen, en 686. La chapelle est reconstruite pendant la première moitié du dans le style roman. Seul le portail occidental en subsiste. Le reste de la chapelle est reconstruite pour une nouvelle fois à partir de la fin du , et jusqu'au milieu du . Les dimensions sont modestes, car Saint-Ouen de Saint-Ouen-l'Aumône n'est pas encore une paroisse jusqu'à l'achèvement de la chapelle, qui devient alors église paroissiale. La nef et les bas-côtés sont voûtés d'ogives pendant la première moitié du dans le style gothique flamboyant. Les chapelles au nord et au sud de la façade paraissent aussi flamboyantes, mais ne datent que du . À cette époque, l'église est lourdement restaurée, et si la restauration est heureuse pour le portail, elle reste inachevée dans le transept, et l'chœur gothique est démoli pour être remplacée par une nouvelle structure en 1837. L'église Saint-Ouen n'est donc pas un édifice homogène, mais ses différentes parties s'accordent harmonieusement, et son intérêt archéologique est indéniable. Pour cette raison, elle est inscrite à l'inventaire des monuments historiques par arrêté du .. Aujourd'hui, l'église Saint-Ouen demeure le principal lieu de culte catholique de la commune, et sa vie spirituelle est intense avec plusieurs messes en semaine, et des messes dominicales tout au long de l'année.

Localisation thumb|left|Vue depuis le sud.

L'église Saint-Ouen est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans l'agglomération de Cergy-Pontoise, sur la commune de Saint-Ouen-l'Aumône, avenue de Verdun. La façade occidentale donne directement sur la rue. L'élévation méridionale et le chevet donnent sur le cimetière désaffecté, qui est entouré de hauts murs de clôture, et habituellement fermé au public. Ainsi, l'église est très mal visible depuis ces deux côtés, qui présentent pourtant un intérêt certain. L'élévation septentrionale donne en partie sur la cour de la maison paroissiale, et on y trouve un accès secondaire à l'église, par une porte dans le mur oriental de la chapelle du qui flanque le bas-côté nord.

Histoire Les origines thumb|upright|Statue de saint Ouen dans la nef, au revers de la façade.

L'église est dédiée à saint Ouen, évêque de Rouen de 639 jusqu'à sa mort le , au palais du roi près de Clichy-la-Garenne. Sous l'influence du pèlerinage vers la chapelle érigée en son lieu de décès, se développe la ville de Saint-Ouen. L'abbé Lebeuf est persuadé que les origines de la ville de Saint-Ouen-l'Aumône sont également liées directement aux reliques du saint patron. En effet, après sa mort, un cortège raccompagne son corps au retour vers sa ville de Rouen. Il passe par Pontoise, qui à la fin du n'est qu'un petit village situé un peu en aval du centre-ville actuel, à l'emplacement de l'école Saint-Martin-de-France, où un bac permet de franchir l'Oise depuis l'époque romaine, et le fait encore au . L'église Saint-Ouen est quant à elle située proche de l'endroit où l'ancienne voie romaine de Paris à Rouen aboutit à la rivière. Le cortège funèbre a donc dû transiter par ici afin de gagner le bac de l'Oise. On a certainement érigé une chapelle afin de commémorer l'événement, et elle fut sans doute dotée de reliques de saint Ouen bientôt après sa canonisation. Ce n'est qu'une hypothèse, mais Louis Régnier la juge probante. Elle explique aussi la situation périphérique de l'église par rapport au centre-ville historique de Saint-Ouen-l'Aumône, le quartier dit L'Aumône, qui se forme au près du pont bâti à cette époque, face au château de Pontoise. Au , la situation périphérique est encore plus frappante qu'aujourd'hui, car le quartier de l'église se résume alors à une poignée de maisons, et les hameaux de Courcelles et Épluches sont encore plus éloignés de l'église que L'Aumône. Normalement le bourg se serait développé autour de l'église, à moins qu'il se ne soit déplacé après la construction du pont, comme le suggère l'abbé Lebeuf. En fait une seconde église ou chapelle existe à une certaine époque. Elle était probablement dédiée à saint Hilaire de Mende, ou, selon certains, à saint Hilaire de Poitiers. Sa cure est mentionnée dans le pouillé du , qui omet toutefois la cure de Saint-Ouen. Comme l'observe Louis Régnier, l'existence d'un second lieu de culte permettrait de comprendre les petites dimensions de l'église actuelle, qui n'est guère en adéquation avec l'importance de la ville...

L'histoire de la paroisse thumb|upright|Plaque commémorative de la dédicace en 1499.

La paroisse de Saint-Ouen-l'Aumône a probablement été démembrée du territoire de la paroisse de Méry-sur-Oise. Elle ne figure pas encore au pouillé rédigé au début du , avant le règne de saint Louis, bien qu'il puisse s'agir d'une omission. L'existence de la cure est seulement assurée pour le milieu du , époque de l'achèvement de l'église actuelle. Il arrive parfois que des chapelles existent plusieurs siècles avant l'érection en paroisse. Aucun pouillé ne mentionne les cures de Saint-Ouen et Saint-Hilaire à la fois. Mais comme le montre l'existence d'une seigneurie et d'un lieu-dit Saint-Hilaire, cette chapelle ou église a bien dû être réelle. En plus, un acte de 1486 parle de la démission du chapelain de Saint-Hilaire, dépendant de la paroisse de Saint-Ouen. La cure est à la nomination directe de l'évêque de Paris, bien que Saint-Ouen-l'Aumône soit considéré comme faubourg de Pontoise, qui dépend de l'archidiocèse de Rouen jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. La cérémonie de dédicace de l'église a été célébrée le par Jean-Simon de Champigny, évêque de Paris. Ce renseignement provient d'une plaque commémorative au nord du chœur, qui se trouve actuellement dans l'absidiole. Le jour de la fête patronale est également précisé par la plaque : c'est le dimanche précédant l'Ascension. Comme relique de son protecteur, l'église possède juste un petit ossement, qui était jadis enchâssé dans un bras-reliquaire portant l'inscription . L'abbé Lebeuf assure qu'il y a dans l'église une chapelle de fondation consacrée à Saint-Louis, sans préciser dans quelle partie de l'église elle se situe. Selon une tradition locale, le nom du quartier de L'Aumône provient d'une maison d'aumône que saint Louis fonda sur la rue débouchant sur le pont de l'Oise. L'abbaye de Maubuisson se situe sur le territoire de la paroisse de Saint-Ouen-l'Aumône. Elle possédait une partie de la dîme, selon un accord conclu en 1395 entre Pierre de Villiers, abbé de Saint-Martin de Pontoise ; les frères et sœurs de l'hôtel-Dieu de Pontoise, et l'abbesse de Maubuisson. La majeure partie de la grosse dîme revient à l'abbaye Saint-Martin ; au milieu du , ce sont les deux tiers. — Simon-Pierre de La Corée, évêque de Saintes de 1764 à 1762, est né à Saint-Ouen-l'Aumône et a été baptisé en l'église Saint-Ouen.

Après la Révolution française et la création du département de Seine-et-Oise, la paroisse de Saint-Ouen-l'Aumône est rattachée au nouveau diocèse de Versailles, qui correspond exactement au territoire du département. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est érigé en 1966, et Saint-Ouen-l'Aumône en fait partie à l'instar de toutes les autres paroisses du département. Le diocèse de Paris se limite désormais à la seule ville de Paris. La paroisse de Saint-Ouen-l'Aumône est aujourd'hui l'une des très rares paroisses du diocèse qui se limitent au territoire de la commune, et n'inclut aucune des communes voisines, alors que même la paroisse de Pontoise dessert plusieurs villages. Hormis l'église Saint-Ouen, les fidèles disposent de deux autres lieux de culte : la chapelle Sainte-Thérèse, rue Guy-Sourcis (non loin de la gare de Saint-Ouen-l'Aumône, au nord de la voie ferrée, en direction de l'abbaye de Maubuisson), et la chapelle d'Épluches. La messe principale du dimanche est célébrée à 10 h 30 en l'église Saint-Ouen..

Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Mur occidental de la nef. thumb|upright|Vue depuis le nord-est.

Une église romane a précédé l'église actuelle. Puisqu'il est probable que Saint-Ouen-l'Aumône n'est pas encore une paroisse du temps de l'existence de l'église romane, il est plus approprié de la qualifier de chapelle. Elle est néanmoins susceptible d'avoir les mêmes dimensions que l'église gothique actuelle, qui serait le résultat d'une reconstruction successive de la chapelle primitive. Seul le portail occidental subsiste d'origine. Louis Régnier le date de la première moitié du . La disposition de toute la façade occidentale de la nef et des bas-côtés est également héritée de l'ancienne chapelle, qui devait avoir une nef non voûtée, sans bas-côtés, mais pratiquement aussi large que nef et bas-côtés de l'église gothique réunis. C'est ce que Louis Régnier conclut des restes de deux enfeus à gauche et à droite du portail, dont celui du nord se poursuivait derrière le début des grandes arcades ; et de la position des fenêtres bouchées, visibles seulement depuis l'intérieur. La fenêtre du sud touche l'angle entre façade occidentale et mur gouttereau sud, et la fenêtre du nord se continue en partie derrière le début des grandes arcades, à l'instar de l'enfeu. Tout le parement extérieur de la façade a été repris au , mais vers l'intérieur de l'église, le mur subsiste de la chapelle primitive. La façon de laquelle le pilastre par lequel commencent les grandes arcades du sud se raccorde au mur occidental, et les pilastres contre lesquels butent les grandes arcades contre aux piles occidentales du clocher, constitue, pour Louis Régnier, également une indice pour la réutilisation d'une structure plus ancienne. Sinon, rien à l'intérieur de l'église n'est roman..

Selon les dires de l'abbé Lebeuf, le chœur datait de la même époque que le clocher. Pour lui, il s'agit de la fin du ou du début du , mais pour Louis Régnier, il ne fait pas de doute qu'il faut ajouter un siècle de plus pour le clocher. Peut-être une faute typographique s'est immiscée dans l'ouvrage de l'historien du ; sinon, il faut reconnaître que l'histoire d'art ne proposait pas encore des critères de datation suffisants à l'époque. En tout cas, le chœur devait également être gothique, et l'abside romane n'a donc pas été conservée. — À la fin du ou au début du , l'absidiole est édifiée dans l'angle entre le nouveau chœur et le (futur) croisillon sud. Cette datation repose sur les frises en dents de scie qui ornent les arcs des fenêtres, à l'extérieur. Le voûtement est probablement intervenu après coup, au cours de la première moitié du . Une datation exacte n'est plus possible, car les élégants culs-de-lampe qui reçoivent les six nervures de la voûte, sont, selon Louis Régnier, beaucoup trop bien conservés pour remonter à la période de construction supposée. Ils ont donc été resculptés lors d'une restauration au . Au cours du premier quart du , le transept roman est entièrement rebâti dans le style gothique, et, avec lui, le clocher. La nef et les bas-côtés succèdent un peu plus tard, au cours du second quart du . Il n'est pas possible de déterminer si nef et bas-côtés ont été voûtés dès leur construction. Les voûtes actuelles datent en tout cas de la période gothique flamboyante, soit de la fin du , ou de la première moitié du ...