Sara Holt, née le à Los Angeles, en Californie (États-Unis), est une sculptrice et photographe américaine, dont le champ de création se situe à la limite de l’art et de la science.
Biographie thumb|Lentille de Mars (1970).
Née à Los Angeles en 1946, diplômée en arts plastiques de l’Université du Colorado, Sara Holt expérimente dès 1967 les possibilités de coloration des résines de polyester transparentes. Elle moule des pièces, sortes de prismes diffractants, avec lesquels elle cherche à maîtriser la décomposition et recomposition du spectre lumineux. Elle porte autant d’intérêt à la forme ou à l’espace environnant de ces pièces qu’à tout Gérard Durozoi, « Sara Holt par Winifred Schiffman », in Dictionnaire d’art moderne et contemporain, Éditions Hazan, Paris, 1992, . Son environnement artistique et scientifique, dans la maison familiale dessinée par l’architecte américain Irving Gill, influence son travail dès son jeune âge.
Après son diplôme, elle entreprend un voyage en Europe et prolonge son séjour en France. Au printemps 1969, elle obtient un studio à la Cité internationale des arts de Paris, où elle continue ses expériences avec la résine. Holt participe à la liberté enthousiasme des années 1960Denys Chevalier, « Sara Holt », in Les Lettres françaises, décembre 1971., non seulement au plan des nouvelles techniques, mais aussi pour l’émergence de nouveaux champs de réflexion que proposent l’emploi de la lumière et de la transparence avec les sculptures de résine Virginia Watson Jones, Contemporary America Women Sculptors, An Illustrated Bio-Bibliographical Directory, Oryx Press, Phoenix, Arizona, 1985, ( questia.com) Plastics in Art, Sara Holt-Sculptor : Transparency in the Third Dimension, Plastics, vol. 3, , août 1977, couverture et illustration .. Elle rencontre de nombreux artistes et critiques d’art tels que Gérard Singer, Piotr Kowalski, Erro, Alain Jouffroy, Frank Popper et Aline Dallier, et plus tard, , Henri-Alexis Baatsh, Jean-Christophe Bailly, Meret Oppenheim et Joan MitchellPatricia Albers, Joan Mitchell : Lady Painter, A life, Knof, 2011 (books.google.fr)..
Une reconnaissance de son travail est marquée en 1971 lorsque Pierre Gaudibert organise ses premières expositions personnelles au musée d’art moderne de la ville de Paris, puis au Städtische Kunstsammlungen de LudwigshafenAlain Jouffroy, A propos des accumulateurs de lumière, exposition Sara Holt, catalogue ARC, Paris, 1971, et Ludwigshafen, Allemagne, 1972.. L’exposition présente Little Rainbow Snakes, un cône de de haut, plusieurs grandes Sphères, deux Lentilles incluant des sphères, un grand Rainbow Snake et plusieurs Prismes : le tout en résine de polyesterSabine Marchand, « Chavignier, Millares, Berni, Fromanger et Holt, artistes pour une action », in Le Figaro, 6 décembre 1971..
Œuvre
Sculpture thumb|Janet's Comet (1984), Rosny-sur-Seine.
Sara Holt travaille, le bronze, le plâtre, la céramique ou la laine Dona Z. Meilach, Soft Sculpture and Other Soft Art Forms, Crown Publishers, New York, 1974. , mais principalement la résine, une technique qu’elle découvre au Pasadena City College sur la suggestion de David Elder. Elle est immédiatement captivée par la lumière et la transparence que proposent ce mediumSara Holt à l'ARC, catalogue de l'exposition, Paris, 1971.. Un voyage dans le Grand Canyon en 1968 révèle son intérêt pour les processus de stratification avec l’emploi de différentes couches de résine coulés dans des moules ; ses œuvres en montrent les étapes après catalysePatrick Beurard, Haute tension, [catalogue de l'exposition], CAC Pablo Neruda, Corbeil-Essonnes, février 1988.. Pour certaines pièces, le processus de fabrication demande une année entière.
1972 est la date de sa première commande d’une œuvre monumentale pour Bagnolet : Douze Cones.
Elle travaille simultanément pour l'espace public ou à des pièces en atelier. Elle réalise, en 1977, la commande Double Rainbow ; avec cette sculpture en acier peint, elle poursuit ses expériences sur le spectre lumineux et ses interactions avec l’espace avoisinant.
En 1981, elle rencontre Jean-Max Albert. Ils collaborent sur plusieurs réalisations en milieu publicBruno Suner, Cergy cherche une nouvelle composition, Urbanisme, Paris, mai 1987.Françoise Very, Ce que les sculptures de Jean-Max Albert et Sara Holt donnent à voir de l’architecture = What Jean-Max Albert’s and Sara Holt’s sculptures show us of architecture. In Situ 32 | 2017 : Le collectif à l'œuvre. Collaborations entre architectes et plasticiens ()
Les Light Tubes représentent une nouvelle étape de son travail. Une installation est réalisée pour l’hospice Saint-Charles, à Rosny-sur-Seine en 1984. Il s'agit d'une mise en œuvre de la lumière et de la couleur dans l’espace sous la forme de tubes de plexiglas peint à l’aérographe avec des dégradés et des lignes en réserve. Ces tubes renferment des néons, ils sont suspendus dans la nef. Leurs lignes de couleur et de lumière dans l’espace répondent à ses photos de ciels nocturnes : Star CrossingsCarole Naggar, « Photographies d’artistes », in Art press, Paris, septembre 1978.Jean-Pierre Thibaudat, « Les voleurs de science », inb Libération, 30 mars 1982..
Sculpture monumentale thumb|Arc-en-ciel éclaté (1982), Caen. Aux États-Unis Double Rainbow, 1977, Pasadena, Californie. En France Douze Cônes, 1972, quartier de la Noue, BagnoletRaoul-Jean Moulin, « Sara Holt », in L'Humanité, 29 mai 1973. ; Arc-en-ciel, 1976, SensJ-M Berthier, « Sara Holt », in Le Progrès, 29 juillet 1979. ; Cônes lever et coucher du soleil, 1977, JoignyJ.F. Gantois, « Un soleil de Géomètre », in L'Yonne républicaine, 2 juin 1977. ; Solaris, 1979, Chevigny-Saint-Sauveur ; Arc-en-ciel éclaté, 1982, Caen, jardin des plantesMaïten Bouisset, « À Caen, la sculpture dans la ville », in Le Matin, 16 avril 1982.Arc-en-ciel éclaté ; Quatre plafonds, 1982, Nice, Nice-Étoile ; Light Ray, 1987, Lieusaint, SAN de Sénart ; La Chambre de la lune, 1993, Oiron, château d’Oiron, Centre national des arts plastiques ; Auriga, 1995, Angers, rond-point Montaigne, en collaboration avec Jean-Max Albert.
Photographie thumb|Moon Dancer (1995), photographie de la lune. Les clichés que fait Sara Holt de ses sculptures transparentes en 1969 lui ouvrent un nouveau champ d’expérimentations Photographers Encyclopaedia International, 1839 to the present. A-K. Camera Obscura Editions, Hermance, Switzerland, 1985, Carole Naggar, Dictionnaire des photographes, Éditions du Seuil, Paris, 1982, .
Cela lui inspire de photographier le ciel de nuit en pose longue, de façon à enregistrer les courbes multicolores que tracent les étoiles et les planètes sur la pelliculeMojave Desert. Puis elle en vient à superposer plusieurs poses longues du ciel nocturne sous des orientations différentes : ainsi les traces se croisent-elles. La nature poétique de ces images ne s’éloigne pas d’une approche scientifique. Employant plus tard un voilier comme un , Sara Holt capte des poses longues de la lune en suivant le mouvement des vagues. Avec les mouvements de la houle, la lune « écrit » sur la pellicule. Des images ou des signes apparaissent : « Papillon », « Why », or « No »Jean Clair, Cosmos, Éditions Prestel, Munich, 1999 (worldcat.org)Jean-Max Albert, « Une obscurité infiniment lumineuse », in Alliages, , Nice, été 1994..
Céramique thumb|Moon Dancer (2002), céramique.
Depuis 1993, Holt crée de nombreuses pièces en céramique qui intègrent les signes issus de ses photographies. Par ailleurs, elle développe un genre naturaliste avec ses Oysters qui perpétuant l’esprit de Bernard Palissy.
Expositions Personnelles Sara Holt, Sculptures, ARC, musée d'art moderne de la ville de Paris, 1971 Städtische Kunstsammlungen, Ludwigshafen, Germany, 1972 Galerie Lucien Durand, Paris. 1973Geneviève Breerette, L’Orphisme de Sara Holt, Le Monde, 4 mai 1973. Night Light, Ufficio dell’Arte, Paris, 1979 Why, galerie Vivian Veteau, Paris, 1981Philippe Sergeant, Why, Internal Waves, catalogue Galerie Vivian Véteau, Paris 1981. AcApA, Hôtel Saint-Simon, Angoulême, France, 1983 Galerie Q, Tokyo, Japon, 1983 Lumen, hospice Saint-Charles, Rosny-sur-Seine, France, 1984Jean-Louis Pradel, Lumen de Sara Holt et Jean-Max Albert, L'Événement du jeudi, 8 novembre 1984.. Cathédrale Notre-Dame de Laon, L’Été de la Photographie, Laon, France. 1992 La Box, Bourges, France, 1992. L’Artothèque d’Entreprise Michel Ferrier, Grenoble, France, 1993 Light Waves, Fleeting White Space, Anvers, Belgique, 1994Sarah Mc Fadden, Sara Holt Photography, The Bulletin, November 24, Brussel, 1994 . Bassin d’essais des carènes, DCN, Val-de-Reuil, France, 1994 Volume et Espace - Sara Holt, Institut Cochin de génétique moléculaire, Paris. 1995 Sara Holt, artothèque d’Angers, Angers, France, 2003 Galerie Edouard Edwards, Paris, 2010 Octobre 2018’’, Sara Holt and Jean-Max Albert, Galerie Mercier & Associés, Paris, 2018 http://www.mercieretassocies.com/img/sarah-holt-2018/octobre_2018.pdf
Collectives (sélection)
1970 Salon de mai, Saint-Germain-en-Laye Salon de la jeune sculpture, Paris Europlastique, Porte de Versailles, Paris Art contemporain du Marais, Paris Artistes de la galerie, Daniel Gervis, Paris Jardin de Matisse, Châtillon-sous-Bagneux 1971 Salon de mai, Paris Artistes de la galerie, Daniel Gervis, Paris Propositions Luminaires, Galerie Atelier A, Paris 1972 Salon de mai, Paris Salon de la jeune sculpture, Paris l’Art et les technologies nouvelles, Vitry-sur-Seine Artistes de la galerie, Lucien Durand, Paris Wool Art, galerie Germain, Paris 1974 Grandes femmes et petits formats, galerie Iris Clert, Paris Soft Art, Camden Arts Center, Londres 1976 Art et science, Vitry-sur-Seine Boîtes, musée d'art moderne de la ville de Paris 1977 Private Images : Photographs by Sculptors, Los Angeles County Museum of Art, Los Angeles, CaliforniaPoster-Catalog 1978 WOZU ?, galerie Nina Dausset, Paris 1980, Biennale de Paris, musée d'art moderne de la ville de ParisBiennale de Paris 1980 archives archives.biennaledeparis.org Six Fotographs, Studio 666, Paris 1982 ALÉA(S), ARC, musée d'art moderne de la ville de Paris Symposium de sculpture, Caen Pavillon d'Europe, Galerie de Séoul, Corée 1983 Espace ouvert, espace construits, Salon de la jeune sculpture, port d’Austerlitz, Paris 1984 La part des femmes dans l’art contemporain, galerie municipale, Vitry-sur-Seine 1985 Peintures de sculpteurs et sculptures de peintres, galerie M.H. Grinfeder, Paris Sélection pour la d’art monumental, Ivry-sur-Seine 1986 Biennale internationale pour la photographie, galerie Donguy, Paris La nuit, galerie Samia Saouma, Paris 1988 Haute tension, C.A.C. Pablo Neruda, Corbeil-Essonnes 1992 l’Art au défi des technosciences, parc de la Villette, Paris L’Art renouvelle la ville, musée national des monuments français, Paris 1993 Différentes Natures, galerie ART 4, La Défense Curios & Mirabilia, Oiron, château d'Oiron, France Ars Technica, Extramuseum, Torino, Italie 1995 Mesures et Démesures, Cité des sciences et de l'industrie, Paris 1996 Bleu, musée d’art et d’histoire de Rochefort, Rochefort, France Chimériques Polymères, musée d'art moderne et d'art contemporain, Nice. Image de la Mère, galerie Viviane Esders, Paris 1997 West Coast, AcApA, hôtel Saint-Simon, Angoulême, France Artistes américains en France, Fondation Mona Bismarck, Paris 1998 Le café d’Alexandrie, Espace #7, 7, rue Keller, Paris 1999 Cosmos, musée national des beaux-arts, Montréal, Canada Cosmos, Centra de cultura contemporània de Barcelona, Espagne Le big crunch, galerie Serge Aboukrat, Paris 2000 Le big crunch II, La Box, Bourges Cosmos, Palazzo Grassi, Venise, Italie 2003 Atelier « A » : la rencontre de l'art et de l'objet, galerie du VIA, Paris 2004 Arbres, galerie Stanze, Paris Mardi céramiques , galerie Carlin, Paris 2005 Contrée, musée des Cordeliers, Saint-Jean-d'Angely, France