Noutte Genton-Sunier, née le aux Pays-Bas, et morte en 1996 en Suisse, est connue sous le nom de Mâ Sûryânanda Lakshmî, en tant qu'autrice de plusieurs ouvrages sur l'hindouisme et le christianisme.

Elle rencontre Jean Herbert en 1938 et se met à lire des écrits de Ramakrishna, Vivekananda, et Aurobindo. Marquée par cette spiritualité hindoue, elle entreprend une sadhanaJean-François Mayer, Les nouvelles voies spirituelles : enquête sur la religiosité parallèle en Suisse, Éditions L'Âge d'Homme, 1993, pp. 192-193 (lire en ligne). À partir de 1970, elle donne des centaines de conférences publiques, en Suisse et en France. Elle intitule son enseignement

Biographie

Enfance et études

Noutte Genton-Sunier née à La Haye, aux Pays-Bas, le . À l’âge de trois ans, avec ses parents et son frère aîné, ils partent à La Neuveville, dans le Jura bernois. Elle fait ses études à Lausanne où elle obtient son baccalauréat latin-grec. Dans le même temps, elle étudie la musique l’amenant à devenir professeur de piano et de chant en 1938. Elle reçoit un prix de virtuosité de chant en 1941 au conservatoire de La Chaux-de-Fonds dirigé par Charles Faller, organiste de la cathédrale de Lausanne et chef d’orchestre. Elle possédait une voix de soprano lyrique et son répertoire s’étendait de Vivaldi, Pergolèse, Bach, Haendel, Mozart, à Beethoven, et d'autres.

Rencontre avec Jean Herbert

En 1938, elle rencontre dans un train Jean Herbert, le traducteur en français de Vivekananda, Ramakrishna et Aurobindo. Seuls dans un compartiment, ils parlent et échangent leurs adresses. Jean Herbert lui envoie par la suite les livres qu’il traduit. Ces lectures lui permettent de s’ouvrir à la spiritualité hindoue. Quelques années plus tard, en 1963, Jean Herbert écrit la préface de Quelques aspects d’une sâdhanâ, premier livre sous son nom Mâ Sûryânanda Lakshmî, décrivant ses expériences mystiques hindoues. Selon Jean Herbert, l'ouvrage .

Vie de famille

En 1945, elle épouse Anselme Genton, médecin de campagne. Ils s’étaient connus durant la guerre, dans un petit groupe d’amis auquel elle lisait et expliquait la Bhagavad-Gita traduite et commentée par Shrî Aurobindo, dans la version française de Jean Herbert. En 1946, elle donne naissance à son premier enfant. Trois autres viendront au monde par la suite.

Révélations et expériences mystiques

En , sa santé se fragilise avec une grave infection. Elle écrit à Shrî Aurobindo pour lui demander de la guider à distance. Peu de jours après, elle aurait reçu une réponse favorable sous la forme d’un songe. Alors que sa santé ne s’améliore pas, son mari l’envoie consulter un confrère à Genève. C'est dans une église toute proche qu’elle aurait vécu sa première vision divine lui expliquant que son rôle était d’unir l’Orient et l’Occident.

Au printemps 1948, suivant les conseils du médecin, elle part se reposer et méditer seule pendant deux mois. Elle choisit le petit village montagnard suisse de Corbeyrier où elle vécut de multiples expériences mystiques. À partir de là, elle connait durant près de deux années plusieurs samâdhis qu’elle note régulièrement. Elle considérait Râmakrishna comme son « Maître en Visions » et Shrî Aurobindo comme « Le Verbe de Vérité » qui la guidait intérieurement. Shrî Aurobindo lui aurait donné intérieurement le nom de « Sûryânanda Lakshmî » signifiant Béatitude de la Lumière et Opulence divine. Mâ Ananda Mayi fera de même en rajoutant « Mâ », la Mère Divine. Elle écrit une première version de Quelques aspects d’une sâdhanâ en 1949-1950. Le manuscrit fut publié par Albin Michel en 1963. Signé Mâ Sûryananda Lakshmî, nul ne se douta autour d’elle qu'elle en est l’auteur. Elle vécut des extases à l’insu de tous et les raconte dans son Journal Spirituel. Puis tout s’arrête pendant quinze ans. Ce fut pour elle, un temps d’assimilation.

Enseignement et conférences

En 1962, ses expériences intérieures reprennent l’amenant à écrire sur les Hymnes Védiques et des passages du Mahabharata comme celui de la Princesse Kuntî. Puis elle lit l’Apocalypse à partir de . Elle fait également des études – des exégèses – de l’Ancien et du Nouveau Testament.  

Elle donne plus de 800 conférences : notamment à Villebon dans le Centre de retraites des Pères Lazaristes, puis à Paris dans leur maison mère, mais également à Lyon dans un Centre Dominicain, à l’Université des sciences sociales et dans la belle salle du Sénéchal à Toulouse, à la Sorbonne, ainsi qu’à Crêt-Bérard dans le Canton de Vaud en Suisse, et d’autres lieux. La basilique du Sacré-Cœur l’accueillit aussi avec un bon nombre de personnes pour des méditations qui pouvaient durer deux heures.

Elle donne sa dernière conférence en .

Ouvrages

Notes biographiques, Rencontre avec Mâ Sûryânanda Lakshmî, Saint-Prex,1991 Quelques aspects d'une Sâdhanâ, Albin Michel, Paris, 1963 Les Sentiers de l'âme, Saint-Prex, 1974, 2e éd. 1988 Exégèse spirituelle de la Bible, Apocalypse de Jean, Éditions La Baconnière, 1975 Qui est Dieu ? Brochure illustrée pour les enfants, Saint-Prex, 1975 Journal spirituel, Boudry-Neuchâtel, La Baconnière, 1978, 2e éd. 2001, Saint-Prex Le Voilier Rouge & Les Vitraux du Saint Portique, Saint-Prex, Suisse, 1984 Six Poèmes de Shri Aurobindo, Saint-Prex, Suisse, 1985 L'Ascension de Jésus-Christ, Boudry, La Baconnière, 1986 Une Offrande de nous-même, Editions Terre du Ciel, 1995 Foi chrétienne et Spiritualité hindoue, tome 1, Saint-Prex, Suisse, 1981 Foi chrétienne et Spiritualité hindoue, tome 2, Saint-Prex, Suisse, 1989 Le Yoga de la Princesse Kuntî, Foi chrétienne et Spiritualité hindoue, tome 3, Éditions La Baconnière, 1996 Apocalypse de Jean, Exégèse spirituelle, Foi chrétienne et Spiritualité hindoue, tome 4, Saint-Prex, Suisse, 2016

Références

Voir aussi Liens externes

Articles de Ma Suryananda Lakshmi, Revue Interview en vidéo, 1990 Conférences audio Eléments biographiques sur un blog dédié à Mâ Sûryânanda Lakshmî Rencontre avec Noutte Genton Sunier (notes biographiques)

Catégorie:Naissance en mars 1918 Catégorie:Décès en juillet 1996 Catégorie:Écrivaine suisse du XXe siècle Catégorie:Décès à 78 ans