Les archives départementales des Vosges (ADV) sont un service du conseil général des Vosges puis du conseil départemental des Vosges (depuis 2015) localisé 4 avenue Pierre-Blanck à ÉpinalSauf mention spécifique de source, toutes les informations contenues dans cet article sont extraites du Guide des Archives départementales des Vosges (Épinal, Conseil général des Vosges, 2011), dirigé par Isabelle Chave, Marie-Astrid Zang et Nicole Roux.

Histoire Création Les archives départementales des Vosges, comme celles des autres départements de France, sont créées par la loi du 5 brumaire an V (). Cette loi prescrit le dépôt, au chef-lieu de département, des archives jusqu'alors rassemblées dans les chefs-lieux des districts, eux-mêmes supprimés le 5 fructidor an III (). Auparavant, le , par décret, avait été prescrite la remise aux chefs-lieux de tous les papiers des anciennes administrations et la création d'un dépôt d'archives dans chaque département.

Premières activités Les troubles consécutifs à la Révolution française ne simplifiaient pas la tâche des premiers archivistes : de nombreux titres sont officiellement détruits ; un incendie à la Préfecture en 1808 entraîne le déménagement des archives en désordre. Leur réintégration dans leurs locaux se fera sans remise en ordre systématique. L'ancien collège des jésuites, qui avait été mis à la disposition de la Préfecture en attendant la construction d'un bâtiment dédié, n'est pas un lieu propice à la bonne conservation des papiers. En 1829, un nouvel hôtel de la Préfecture est bâti et les archives s'y installent, dans l'aile nord. À la suite de la saturation de ces locaux, les ailes nord et sud sont surélevées entre 1859 et 1861, et les archives départementales s'installent dans les deux niveaux de l'aile sud.

Les conditions de conservation sont désormais bien meilleures. Toutefois, en raison du désordre de 1808, les archivistes ne parviennent pas à appliquer le cadre de classement prescrit en 1817. En 1843, les archives départementales des Vosges se dotent d'un règlement. Au milieu du , les bâtiments sont saturés et sans doute trop humides. Nombre de liasses et registres sont conservés à même le sol. En même temps, la mission et le rôle des archives départementales se trouvent pleinement confirmés au niveau départemental.

La guerre de 1870-1871 Lors de la formation du département des Vosges, six communes alsaciennes de la haute vallée de la Bruche lui avaient été agrégées. Puis, en 1795, dix communes déjà furent extraites du Bas-Rhin pour compléter le district de Senones et rattachées en 1800 à l'arrondissement de Saint-Dié. Après le traité de Francfort (1871), une convention additionnelle annexe à la Basse-Alsace onze de ces communes, extraites du canton de Schirmeck, et sept autres de celui de Saâles. Les Vosges ne comptent plus que 29 cantons. En 1871, le poste d'archiviste départemental est supprimé pour des raisons budgétaires. L'administration allemande vient se servir dans le dépôt. À partir de 1873, les nouveaux archivistes constatent une perte de plus de 70 liasses, dont 10 renfermaient des titres de la principauté de Salm. Ce n'est qu'en 1922 que 28 des liasses prélevées sont restituées par la préfecture du Bas-Rhin, surtout relatives à la principauté de Salm. Les documents administratifs postérieurs à la Révolution et concernant les communes vosgiennes cédées à l'Allemagne demeurent aux archives départementales du Bas-Rhin.

La Première Guerre mondiale À la suite de l'adoption au niveau national d'un dispositif d'évacuation du patrimoine culturel, en 1917, un wagon de 70 caisses de bois contenant les trésors des archives départementales, mais aussi des bibliothèques municipales d'Épinal et de Saint-Dié, part pour les archives départementales de l'Hérault à Montpellier en . Les caisses arrivent en très mauvais état. Elles reviennent à Épinal en 1919. Mais une grande partie des communes vosgiennes occupées auront vu leurs archives disparaître partiellement ou totalement.

La Seconde Guerre mondiale En 1938, 150 liasses ou registres sont répartis en caisses pour partir dans l'Indre. En 1939, 23 nouvelles caisses quittent Épinal pour Bains-les-Bains, puis, en 1940, sont transportées près de Reuilly (Indre). 100 nouvelles caisses furent transportées à Bains-les-Bains. Quand cette ville est occupée par les Allemands, on négocie leur retour à Épinal, qui a lieu en 1940. Un archiviste allemand identifie 214 documents devant prétendument revenir de droit à l'Allemagne. Des reliquats des fonds du chapitre de Saint-Dié et de l'abbaye d'Etival sont transférés aux archives départementales, les sauvant de l'incendie de l'hôtel de ville de Saint-Dié en 1944. En 1944, les archives administratives sont endommagées par les bombardements sur Épinal à la Préfecture, à l'Inspection académique (depuis 1840) et au Tribunal de grande instance. 75 nouvelles caisses sont alors envoyées à Bains-les-Bains. Épinal est libéré le . À leur retour de l'Indre, les archives municipales d'Épinal sont déposées aux archives départementales. Les caisses d'archives reviennent toutes à bon port. Dans les communes, une cinquantaine de fonds sont fortement touchés par les destructions, tandis que 8 auront été sauvés par leur dépôt aux archives départementales juste avant la guerre.

Évolution des bâtiments (1945-2014) À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les archives départementales deviennent officiellement dépositaires des archives administratives post-révolutionnaires, en plus de leur mission de conservation des archives pré-révolutionnaires. Malgré de nombreux travaux, les magasins sont saturés. En 1977, on décide d'aménager une annexe dans l'ancienne chapelle des Franciscains à Épinal. Les linéaires sont rapidement occupés. En 1982, une nouvelle annexe est installée à Golbey. En 1983, le Conseil général des Vosges achète à la ville d'Épinal un terrain à La Voivre (banlieue nord d'Épinal). Guy Wurmser, architecte à Nancy, est choisi pour édifier les nouvelles archives départementales, avec deux niveaux de locaux administratifs (avec une salle de lecture de et une salle d'exposition de ) et six niveaux de magasins, pour une capacité totale de linéaires. En 1986 sont mises en place des fondations spéciales permettant d'édifier un bâtiment particulièrement lourd sur le terrain argilo-marneux. Le nouveau bâtiment ouvre ses portes au public le et est officiellement inauguré le .

Au début des années 2000, face à la saturation proche des magasins, naît un projet d'extension du bâtiment de 1988. Le cabinet Gérard Buffière, assisté de l'architecte Gérard Klauss (Épinal), est retenu en 1987. En 2010 commence le chantier d'extension des magasins en respectant les règles de haute qualité environnementale. En même temps, un nouveau parking et un dépose-minute pour les bus sont aménagés.

Missions et fonds Conservation des fonds pré-révolutionnaires La collecte, la conservation, le classement et la communication des fonds pé-révolutionnaires se trouvant dans la circonscription départementale sont les premières missions des archives départementales. Si la collecte de ces fonds, sauf exception rare, est aujourd'hui terminée, leur classement ne l'est toujours pas. Les séries judiciaires (série B, 1480-1791), en particulier, qui contiennent les procès et documents judiciaires annexes (et souvent très utiles pour la connaissance des coutumes, faits divers, etc.) provenant des présidiaux, bailliages, prévôtés, justices seigneuriales, châtellenies, maîtrises des eaux et forêts, grueries, ne sont inventoriées que de façon très sommaire et parfois inexacte. Les fonds sont toutefois identifiés, et des répertoires méthodiques commencent progressivement à voir le jour, juridiction par juridiction. Toutes les autres séries d'archives anciennes sont classées et inventoriées de manière relativement satisfaisante : série A (actes du pouvoir souverain et domaine public, 1611-1792), série C (administrations provinciales : intendance, subdélégations, bureaux des finances, bureaux du contrôle des actes, comté puis principauté de Salm ; 1194-1793), série E (archives des seigneuries, des familles, des communautés d'habitants, des corporations et métiers ; 1116-1789), série F (fonds divers : salines de Rosières, baronnie de Damblain, marquisat de Bulgnéville ; 1333-1792), série G (clergé séculier : chapitres, églises collégiales, églises paroissiales et fabriques, chapelles, confréries, châtellenies ; 664-1792), série H (clergé régulier : abbayes, prieurés, commanderies), et même une curieuse série I (fonds rattachés aux archives ecclésiastiques : chapitres, abbayes, paroisses, chapelles ; 1136-1789).

Collecte des fonds modernes Les fonds post-révolutionnaires, jusqu'en 1940, sont traditionnellement les plus consultés (hors état civil, en particulier les séries M et R : ils sont relativement riches et exhaustifs et bien inventoriés. Leur collecte est terminée, sauf exception. En outre, ils sont utiles à la généalogie et, globalement, fondent l'activité administrative dans sa forme encore actuelle (préfecture, police, justice, etc.). La série K ne concerne que les textes législatifs et réglementaires. La série L, décrite seulement par un répertoire numérique provisoire, contient les archives des administrations révolutionnaires (1789-an VIII). La série M provient des services de la Préfecture et concerne à peu près tous les domaines administratifs (en particulier la police administrative, le personnel, la vie publique et politique, la santé publique, les statistiques de population, en particulier les recensements, mais aussi l'agriculture et l'économie). La série N rassemble essentiellement les archives du conseil général des Vosges. La série O concerne la comptabilité et l'activité globale des communes contrôlées par la Préfecture). La série P concerne les finances, le cadastre, les postes et eaux et forêts, mais seule la partie consacrée au cadastre et au remembrement est définitivement classée. La série Q concerne essentiellement les biens nationaux, donc la période révolutionnaire. La série R est consacrée aux affaires militaires et contient notamment les recrutements et matricules militaires, mais aussi la gendarmerie, les anciens combattants, les sapeurs-pompiers, les faits d'occupation, les organismes temporaires en temps de guerre, etc. La série S, très riche, concerne les travaux publics et les transports (routes, voirie, navigation, service hydraulique, chemins de fer, mines, énergie). La série T est relative à l'enseignement (instruction primaire, collèges, lycées, écoles supérieures), aux affaires culturelles (archives, bibliothèques, musées, théâtre, monuments) et aux sports. La série U, héritière de la série B, contient les archives des juridictions de tous ordres ayant eu leur siège dans les Vosges (tribunaux, justices de paix, conseils de prud'hommes, officiers publics et ministériels). La série V est relative à l'administration des cultes pendant la période concordataire (1801-1905). La série X, tout à fait sérieuse, concerne l'assistance et la prévoyance sociales (hôpitaux, bureaux de bienfaisance et d'assistance, secours mutuels, etc.). La série Y rassemble les archives des établissements pénitentiaires (registres d'écrou des maisons d'arrêt, etc.). Enfin, la série Z est consacrée aux papiers des sous-préfectures (Mirecourt, Neufchâteau, Remiremont et Saint-Dié).

Collecte des archives publiques contemporaines Les archives publiques contemporaines sont par définition en cours de collecte.