La souveraineté sur les îles Malouines (en et en ) est contestée entre l'Argentine et le Royaume-Uni.

La revendication britannique de souveraineté date de 1690, et le Royaume-Uni a exercé une souveraineté de facto sur l'archipel presque sans interruption depuis 1833, l'Argentine a longtemps contesté cette affirmation, ayant eu le contrôle des îles entre 1820 et 1833. En 1982, le différend dégénéra, lorsque l'Argentine envahit les îles, déclenchant la guerre des Malouines.

Les insulaires contemporains préfèrent massivement rester britanniques. Ils acquirent la citoyenneté britannique à part entière avec la loi sur nationalité britannique (îles Malouines) de 1983, après la victoire des Britanniques dans la guerre des Malouines.

Historique du différend

vignette|513x513px|Contrôle de facto des îles Malouines Février 1764 – – 7 février 18117 février 1811 – Aucune (gouvernementalement)2 février 1820 – août 1831Décembre 1831– 3 janvier 18333 janvier 1833 – 26 août 183326 août 1833 – 9 janvier 18349 janvier 1834 – 2 avril 1982L'ancien Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande (en pratique depuis 1922, mais le nom a été utilisé jusqu'en 1927) et l'actuel Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord (en pratique depuis 1922, mais le nom a été utilisé que depuis 1927).2 avril 1982 – 14 juin 198214 juin 1982 – maintenant

Colonie française

thumb|upright|Louis Antoine de Bougainville, noble français La France est le premier pays à établir un contrôle de facto sur les îles Falkland, avec la fondation de Port Saint Louis sur la Malouine orientale par l'aristocrate français, Louis Antoine de Bougainville, en 1764. La colonie française se composait d'un petit fort et quelques habitations avec une population d'environ 250 personnes. Les îles furent nommées d'après le port breton de Saint-Malo, qui reste le nom français pour ces îles. En 1766, la France décida de céder ces îles à l’Espagne, qui remboursa de Bougainville et la Société de Saint-Malo pour le coût d’installation de la colonie.. La France insista pour que l'Espagne maintienne la colonie à Port-Louis et empêchât ainsi la Grande-Bretagne de réclamer la possession de ces îles, demande à laquelle l'Espagne accéda.

Colonie espagnole En 1493, le pape Alexandre VI publia une bulle papale, Inter caetera, divisant le Nouveau Monde entre l'Espagne et le Portugal. L'année suivante, le traité de Tordesillas entre ces pays statuait que la ligne de démarcation entre les deux pays devait être à 370 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert. Les Malouines se trouvent du côté ouest (espagnol) de cette ligne.

L’Espagne réclama la souveraineté sur les îles Malouines en vertu des dispositions du traité d'Utrecht de 1713 qui avait réglé les limites de l'empire espagnol dans les Amériques. L'article 8 du traité garantissait les domaines de l'Espagne en Amérique tels qu'ils étaient à l'époque du Roi catholique Charles II avant la guerre de succession d'Espagne et l'article 14 interdisait à la Grande-Bretagne de naviguer dans les mers du Sud, à l'exception de la compagnie anglaise de traite des esclaves. Lorsque l'Espagne découvrit les colonies britanniques et françaises dans les îles, une querelle diplomatique éclata entre ceux qui la revendiquaient. En 1766, l'Espagne et la France, qui étaient alliés à l'époque, convinrent que la France remettrait à l’Espagne Port Saint-Louis, et que l'Espagne lui rembourserait le coût de l’installation de la colonie. La France insista pour que l'Espagne maintienne la colonie à Port-Louis et éviter ainsi que la Grande-Bretagne ne revendiquât les îles et ce que l'Espagne accepta. L'Espagne et la Grande-Bretagne connurent des relations difficiles à l'époque, et aucun accord ne fut conclu.

Les Espagnols prirent le contrôle de Port Saint-Louis et le rebaptisèrent en Puerto Soledad en 1767. Le , une expédition espagnole expulsa la colonie britannique de Port Egmont, et l'Espagne prit le contrôle de facto des îles. L'Espagne et la Grande-Bretagne furent proches de la guerre sur cette question, mais finalement, conclurent une Déclaration le , permettant aux Britanniques de revenir à Port Egmont. Selon certains auteurs britanniques, aucun des deux pays ne renonça à ses revendications de souveraineté. Cependant, la Grande-Bretagne n’a pas expressément réservé sa prétendue souveraineté comme l’a fait l’Espagne.

La Déclaration de 1771 ne parle pas de réparation légale ni de restauration des droits souverains, mais seulement d'une restauration de possession, et non pas de l'archipel tout entier, mais seulement du « port et du fort appelé Egmont ». Il s’agit simplement d’une restauration physique de la possession anglaise du port et du fort. L'acceptation britannique fait également référence à la restauration du « port et du fort d'Egmont » et ne fait pas référence à une restitution de droits souverains, mais simplement à la restitution d'un statu quo de facto. Elle ne mentionne pas la réserve de droits formulée par l'Espagne dans le dernier paragraphe de sa déclaration, constituant ainsi une acceptation tacite des droits souverains de l'Espagne sur les îles Malouines par la Grande-Bretagne. Le représentant français à Londres a déclaré que : « En recevant cette réserve et en n'y répondant pas, l'Angleterre reconnaît tacitement les droits de l'Espagne, qui [...] acquièrent ainsi une vigueur renouvelée par le silence de l'Angleterre. ». L'acceptation britannique se limitait seulement à accepter ce qui était déclaré par la Couronne espagnole et à le considérer comme « satisfaction pour l'offense faite à la Couronne de Grande-Bretagne. ». Le célèbre intellectuel anglais Samuel Johnson a dit à ce sujet : « Demander si notre établissement à Port Egmont constituait une violation des droits espagnols aurait été entrer dans une discussion que la persistance des argumentateurs politiques aurait fait durer sans fin. C’est pourquoi nous exigeons la restitution, non pas comme un octroi de droits, mais comme une réparation d’honneur. ». Les Britanniques revinrent s’installer en 1771, mais quittèrent les îles en 1774, laissant derrière eux un drapeau et une plaque représentant leur revendication de propriété, laissant à l'Espagne le contrôle de facto des îles.

De 1774 à 1811, les îles furent dirigées dans le cadre de la vice-royauté du Río de la Plata. Durant cette période, 18 gouverneurs se succédèrent pour gouverner les îles. En 1777, le gouverneur Ramon de Carassa reçut l’ordre de détruire les restes de Port Egmont. La plaque britannique fut enlevée et envoyée à Buenos Aires.

Des troupes espagnoles restèrent à Port-Louis, appelée alors Port Soledad, jusqu'en 1811, lorsque le gouverneur Pablo Martinez Guillen fut rappelé à Montevideo alors que les forces révolutionnaires se propageaient à travers le continent. Il laisse derrière lui une plaque affirmant la souveraineté de l'Espagne.

Colonies britanniques thumb|upright|Capitaine John Byron de la marine britannique.

Les Britanniques débarquèrent sur les îles Malouines en 1690, lorsque le capitaine John Strong navigua à travers le bars de mer des Falkland, et nomma ce passage d’après Anthony Cary, de Falkland, le Premier Lord de l'Amirauté à ce moment-là. Les Britanniques souhaitaient s’établir sur les îles qui avaient le potentiel pour être une base navale stratégique pour le passage du cap Horn.. En 1765, le capitaine John Byron débarqua sur l'île Saunders. Il explora ensuite les côtes des autres îles de l'archipel et revendiqua l’archipel pour la Grande-Bretagne. L'année suivante, le capitaine John MacBride retourna sur l'Île Saunders et fit construire un fort appelé Port Egmont. Les Britanniques découvrirent plus tard la colonie française à Port Saint Louis (fondée en 1764), initiant le lancement du premier différend de souveraineté.

En 1770, une expédition militaire espagnole fut envoyée dans les îles après que les autorités de Buenos Aires eurent connaissance de la colonie britannique. Face à une force plus importante, les Britanniques furent expulsés de Port Egmont. La colonie fut restaurée un an plus tard, à la suite de menaces de guerre britanniques dans les îles. Cependant, en 1774, les contraintes économiques qui menèrent à la guerre d'indépendance américaine forcèrent la Grande-Bretagne à se retirer At a time of growing unrest in its American colonies, the Falklands appeared expensive and of marginal strategic value and so Saunders Island was left voluntarily in 1774 as Britain concentrated on North America. des Malouines comme dans beaucoup d’autres de ses colonies d'outre-mer.. En 1774, les Britanniques quittaient Port Egmont, laissant derrière eux une plaque affirmant la souveraineté britannique sur les îles. Bien qu'il n'y eut aucune administration britannique dans les îles, les chasseurs de phoques britanniques et américains les utilisèrent régulièrement pour la chasse aux phoques, s’approvisionnant en eau douce ainsi qu’en bovins sauvages, porcs et même manchots. Des chasseurs de baleines utilisèrent également les îles pour se mettre à l'abri des tempêtes de l'Atlantique Sud et pour se ravitailler en vivres fraîches.

thumb|left|upright|Chargé d'affaires britannique, Sir Woodbine Parish.

Selon les écrivains anglais, Luis Vernet approcha les Britanniques pour obtenir la permission d’établir une colonie à l'emplacement de l’ancienne colonie espagnole de Puerto Soledad, d'abord en 1826 puis à nouveau en 1828, à la suite de l'échec de sa précédente expédition en 1824. Cependant, ce n’est pas vrai. Le , Luis Vernet demanda au gouvernement de Buenos Aires de lui accorder les droits de possession et de propriété sur les îles Malouines et la protection gouvernementale pour le développement de la colonie. Dans sa requête, Vernet déclarait : « [...]. Il faut considérer que le gouvernement, en me permettant d'établir la colonie des îles Malouines, dans les conditions prévues, ne fait rien d'autre que récupérer un territoire qui était comme abandonné, mais qui, ayant été acquis par les Espagnols, n'a pas perdu le droit d'en prendre possession. Il n'y a pas d'autre moyen par lequel une autre nation ne puisse avoir des objectifs particuliers que l'établissement ou la fondation d'une colonie. ». Luis Vernet fit certifier le décret du au consulat britannique de Buenos Aires. Il s’agit d’une légalisation consulaire typique, par laquelle le consulat d’un pays étranger certifie qu’un document officiel est signé et scellé par les autorités compétentes de l’État dans lequel il se trouve. Le décret susmentionné a été émis par le gouvernement de Buenos Aires, qui dispose ce qui suit : 1) il accorde à Vernet des terres dans les îles Malouines, 2) il établit un régime fiscal spécial, 3) il accorde des franchises de pêche, 4) l'État argentin a réservé une zone stratégique à San Carlos comme sa propriété, 5) il exprime la volonté de peupler de manière permanente les îles et d'organiser l'exploitation des ressources naturelles sur terre et en mer, 6) il établit le contrôle gouvernemental sur le développement de la colonie, et 7) il établit une relation de subordination du directeur de la colonie (Vernet) au gouvernement de Buenos Aires. Il n'y eut aucune protestation de la part du gouvernement britannique, bien que ce décret fût un acte public d'exercice de souveraineté et que le représentant britannique à Buenos Aires en ait eu connaissance.