La Compagnie des mers orientales – plus précisément Compagnie française des mers orientales – est une compagnie commerciale créée par une compagnie de marchands des villes de Laval, Saint-Malo, et Vitré en 1601 dont l'objet était de naviguer et négocier dans toutes les Indes et mers orientales. Cette compagnie peut être considérée comme précurseur de la Compagnie française des Indes orientales.

et à concurrencer les puissantes Compagnies européennes fondées au , comme la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

Naissance du nouveau commerce français avec l'Asie Introduction Voyager vers les Indes orientales via la route maritime des épices apparaît comme une entreprise lucrative ne nécessitant pas de colonisations. Le but pour les marchands est un aller-retour de marchands qui veulent arriver sur les lieux mêmes du négoce.

Ainsi François en 1537 et en 1543, et Henri III, dans un texte du veulent encourager les entreprises lointaines. Malheureusement, à l'époque, la France est épuisée par les guerres de Religion, et ne possède pas les moyens de ses ambitions.

Des initiatives éparses contrées par les Hollandais Dès le milieu du , suivant la trace des Portugais — premiers à ouvrir les routes de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est —, quelques explorateurs français, des corsaires et des aventuriers arment des navires pour rejoindre « Cathay » et « les Indes » et en rapporter des épices. Ils ne rencontreront pratiquement aucun succès commercial.

À partir de 1600, les premières expéditions commerciales de commerçants malouins ou dieppois sont régulièrement lancées vers l'Asie.

Cette compagnie fait partie d'une série d'éphémères compagnies de commerce qui bénéficieront plus tard par lettres patentes d'un monopole commercial (Compagnie Le Roy et Godefroy en 1604 devenue Compagnie des Moluques en 1615, Compagnie de Montmorency pour les Indes orientales, créée en 1611 par Charles de Montmorency-Damville, Amiral de France).

Laval, Vitré, Saint-Malo Laval et Vitré sont à la fin du des villes avec une économie parmi les plus florissantes du duché de Bretagne, et de France. Les deux villes ont continué leur extension dans la ville close autour de leurs remparts et dans ses faubourgs. Elles possèdent la particularité d'avoir le même seigneur : le comte de Laval est aussi Baron de Vitré.

L'apogée se situe au lorsque la Confrérie des Marchands d'Outre-Mer de Vitré vend ses toiles de chanvre et ses canevas dans toute l’Europe. Il en est de même avec le commerce des toiles de lin de Laval.

Ce marché se faisait via le port de Saint-Malo qui commerçait avec les comptoirs d’Amérique du Sud et de toute l’Europe notamment avec la Hanse (grande et puissante association commerciale de l’Europe septentrionale au cours du Moyen Âge).

On retrouve dans les deux villes : des maisons, des grands hôtels particuliers et des éléments Renaissance ; des pionniers, navigateurs, marchands, explorateurs comme : Guyon Lefort, natif de Hollande, rencontré par Pyrard lors de l'expédition, le long des côtes malgaches, fils du marchand originaire de Vitré François Lefort, neveu de Balthasar de Moucheron ; Daniel Le Hirbec, natif de Laval ; Pierre-Olivier Malherbe, natif de Vitré, considéré comme le premier voyageur à avoir effectué le tour du monde par voie terrestre.

Compagnie française des mers orientales Le , la compagnie de Saint-Malo, Laval et Vitré, dite des mers orientales est fondée. Est formée une société au capital de écus pour négocier aux Moluques, voire au JaponLa Roncière, Revue française d'histoire d'outre-mer, 1913, . Commission de l'amiral à Frotet de la Bardelière. 18 décembre (Bibliothèque nationale de France, Nouv. acq. franc. 1754, fol. 14).. L'enjeu pour elle est de propager la foi catholique, et d'augmenter la puissance politique et économique de la France. Il s'agit d'une compagnie de découverte, d'occupation et de commerce. L'intention est de briser le monopole exercé dans cette région par les Portugais et les Espagnols.

Avertis des énormes bénéfices effectués par des compagnies hollandaises aux Moluques, comme la Compagnie de Moucheron, en 1601, la compagnie qui rêve des Moluques arme deux navires, le CorbinDe 200 tonneaux. et le CroissantDe 400 tonneaux. pour sonder le guay et chercher le chemin des Indes.

L'objectif de cette mission était de sonder le gué, chercher un chemin des Indes et le montrer aux Français. On retrouve aussi dans cette expédition des Hollandais, qui seront des compagnons d'infortune de François Pyrard. Il n'y a pas plus de 180 hommes à bord, ils sont originaires de Saint-Malo, Vitré, Laval, Rennes, Dinan et Fougères. Ils sont des gens capables, sur toutes les autres nations, des plus hautes entreprises du monde.

Balthasar de MoucheronSa sœur décédera à La Croixille. est de connivence avec cette expédition : l'équipage du bateau retrouvera plusieurs fois des navires hollandais, avec notamment Guyon Lefort, son neveu. Un document daté de 1600 montre que Moucheron avait mis son expérience au service de sa patrie La FranceComte de Moucheron, Notes sur ma famille, Rome, 1900, in-4. J.-H. de Stoppelar, Balthasar de Moucheron, Gravenhage, 1901, in-8.. Il est possible que la disgrâce de Guyon Lefort soit liée à cette connivence, mal vue par certains Hollandais. Sa famille avait depuis 40 ans les plus étroites relations avec les négociants de Saint-Malo, Vitré et Laval, particulièrement avec les GravéFrais, Registre d'écuyer Nicolas Bouleuc, greffier de l'amirauté de Bretagne au siège de Saint-Malo. Vannes, 1902, in-8, , note..

Il reste néanmoins que l'équipage des navires français est lié à la Ligue, et est aussi proche des Jésuites, comme François Pyrard. Les navires hollandais sont protestants, avec les familles Lefort et Moucheron émigrés de France. Ce point est souligné dans la relation de Joris van Spielberg.

Il est possible que cette compagnie soit aussi liée à Pierre Malherbe, qui conseillera au roi Henri IV de fonder la fortune de la France sur l'exploitation des pays d'outre-mer, et qui va narrer ses aventures à son géographe Pierre Bergeron (1585-1638), tout comme François Pyrard.

Personnages de l'expédition Michel Frotet, sieur de la Bardelière, commandant du Croissant, surnommé l' Ajax Malouin. Il est né à Saint-Malo le . Comme son cousinFrotet de la Landelle, il soutient la Ligue. Nommé capitaine-générale de la milice, il a des importants commandements dans la guerre de 1589-1591. Ses succès lui valèrent son surnom. Il meurt lors de l'expédition retour le et est remplacé par le Sieur de la Villeschar, son second. François Grout, sieur du Closneuf, commandant du Corbin, connétable de Saint-Malo. Il est d'une vieille famille de Saint-Malo, d'origine Hollandaise(Voir : Jacques-François Grout de Saint-Georges. François Martin Christophe Moreau, sieur du BoiscentLe Bois-Cent est situé à Pommerieux., bourgeois de Vitré, les accompagnent comme principal agent de la compagnieIl est qualifié de premier et principal marchand. On trouve Baptiste Chassebeuf, chirurgien, sieur du Boiscent, né à Craon en 1605, mariée à René de Gillier. Il s'agit d'un ancêtre de Volney. (Voir : . Thomas Pépin. Lieutenant du Corbin. Il est de Saint-Malo. Il meurt le à l'île d'Anobon, dans le golfe de Guinée. Les Portugais, qui étaient les maîtres de l'Ile, attirèrent six des officiers français dans un piège : il y eut un engagement; le lieutenant du Corbin, nommé Thomas Pépin est blessé mortellement. François Pyrard Wouter Willekens ou encore WilkensIl n'est pas de la famille de Jacob Wilkens, hollandais, né en 1573 à Zevenbergen, pilote du CorbinPyrard indique dans sa première édition de 1611 que ...de quoi notre général fut fort fâché et en colère contre le pilote, qui était flamand, qui disait avoir été déjà trois fois aux Indes et toutefois il n'y connaissait que peu de chose et je crois que les Flamands nous l'avaient baillés en intention de nous faire perdre et de rendre notre voyage inutile, comme nous fîmes, car il nous trompa en toutes les terres et endroits où nous fûmes... Il y avait aussi un pilote anglais sur le même bateau. Jeune, il participe en mer au service des Portugais à des voyages en Inde et au Japon. Il a fait partie comme enseigne de l'expédition néerlandaise de Cornelis de Houtman. Il fait partie comme marchand de la flotte de Jacob Cornelius van Neck lors de la deuxième expédition néerlandaise vers les Indes orientales en 1598. Il fait partie des navigateurs qui vont trouver les dodos sur l'île Maurice. Son journal de bord serait selon Keuning (1940) à l'origine de la relation de voyage dont les exemplaires en néerlandaisWaararidge Beschryving se sont perdus et qui n'a été conservée que dans une traduction anglaise. Il navigue sur l' Utrecht, mais revient en Hollande sur le Vrieslandt où il revient comme pilote. Il fait partie des administrateurs établis par Willem van der Haegen pour la première expédition néerlandaise vers les Indes Orientales par l'Ouest. En 1606, il offre ses services à l'Espagne à BruxellesThe Dutch Discovery of Japan: The True Story Behind James Clavell's Famous..., de Dirk J. Barreveld, ..

On trouve aussi entre autres de VitréRegistre des décès de l'église Notre-Dame de Vitré, à la date du 18 juin 1603, extrait dans E. Frain, Les Familles de Vitré de 1400 à 1789. Rennes, 1877, in-8, : Julien Bigot, André Burel, Jean Fournier, Mathurin HuréNé à Vitré le 4 décembre 1553 , sieur de la Massonais, époux de Guillemette du Verger. Jean Le Coq, Paul Martin.

Désignations La Bardeliére monte le Croissant, qui était le navire amiral. François Grout commandait le plus petit navire le Corbin, avec le titre de lieutenant ou de vice-amiral.

Le Croissant et Le Corbin thumb|right|250px|Itinéraire de François Pyrard Cette expédition en 1601 sera relaté par un double témoignage dans des ouvrages de : François Pyrard de Laval, à bord du Corbin, marchand ; François Martin de Vitré, à bord du Croissant, chirurgien.

Ils partirent ensemble le de Saint-Malo pour rejoindre les Indes sur les navires le Croissant et le Corbin. Sur les deux navires initialement partis, seul le Croissant, possédant un plus fort tonnage peut aller jusqu'à Sumatra et revenir en 1603.

Pyrard indique dans sa relation le caractère de l'expédition :

Martin indique dans sa relation la curiosité et la fierté de son choix pour :

Rencontre avec les Hollandais de Van Spielberg Le , les deux vaisseaux français sont rejoints au Cap de Bonne-EspéranceConstantin de Renneville , Recueil Des Voyages, Qui Ont Servi A L'Etablissement Et Aux..., Volume 4, 1725, . par les bateaux hollandais de Joris van Spilbergen missionnés par Balthasar de Moucheron. À ce moment-là, van Splibergen a perdu de vue son Vice-AmiralHistoire générale des voyages: ou, Nouvelle collection de toutes ..., Volume 10 Par Anne-Gabriel Meusnier de Querlon, Alexandre Deleyre,Jacques-Philibert Rousselot de Surgy,J. P. J. Du Bois,John Green,Thomas Astley, . depuis le . Le Vice-Amiral de la flotte hollandaise est Guyon Lefort, commandant du Ram''', un des bateaux hollandais. C'est le fils du marchand, originaire de Vitré François Lefort, et le neveu de Balthasar de Moucheron.

Après des visites respectivesEn compagnie de Cornelis Speck., les Français et Hollandais se séparent le en bons amisConstantin de Renneville, Recueil Des Voyages, Qui Ont Servi A L'Établissement Et Aux ..., Volume 4, 1725, ..

Plus tard, Guyon Lefort, commandant du Ram' de la même flotte hollandaise (et en péril à la suite d'une tempête) trouve le 19 février, le long des côtes malgaches les deux vaisseaux français. Les trois commandants s'accommodent d'une terre commune pour un lieu de défense, et que les Français utilisent pour soigner leurs marins atteints du scorbut. Après une pause de plusieurs jours, le Ram repartit. Lefort meurt à Atjeh le 7 mars 1603 après avoir été accusé par Joris van Spilbergen de tentative de conspiration, et relevé de ses charges.

Échec de l'expédition