La statue de la Liberté, ou La Liberté éclairant le monde.. (en anglais : )., est une statue monumentale située à New York, sur , au sud de Manhattan, à l'embouchure du fleuve Hudson et à proximité d’. C'est l'un des monuments les plus célèbres des États-Unis.

Construite et assemblée en France, suivant une idée en 1865 du juriste Édouard Lefebvre de Laboulaye, au moment d'une collecte du quotidien Le Phare de la Loire pour honorer la veuve d'Abraham Lincoln, la statue est offerte en signe d'amitié par le peuple français aux Américains. L'inauguration a lieu le en présence du président des États-Unis, Grover Cleveland, pour commémorer, avec dix ans de retard, le centenaire de la Déclaration d'indépendance américaine.

La réalisation et la maîtrise d’œuvre furent confiées en 1871 au Français Auguste Bartholdi qui prit Viollet-le-Duc comme architecte, remplacé après sa mort en 1879 par Gustave Eiffel.

L'énorme socle permettant de doubler sa hauteur de , pour un total de , est le résultat d'une collecte de fonds américaine dirigée par le procureur général, William M. Evarts, mais les travaux s'arrêtèrent aux fondations, suscitant des critiques de la presse américaine face à un projet jugé démesuré. Le journaliste Joseph Pulitzer, d'une socialement"Joseph Pulitzer, pionnier du journalisme moderne" par Liliane Charrier le 14 avril 2013 sur TV5_Monde ., accepta de mobiliser les premières pages de son quotidien pour récolter plus d'argent, gagnant ainsi environ abonnés.

Pour le choix du cuivre, l'architecte Eugène Viollet-le-Duc eut l'idée de la technique du repoussé et, à sa mort en 1879, Bartholdi fit appel à l'ingénieur Gustave Eiffel qui imagina un pylône métallique supportant les plaques de cuivre martelées et fixées.

La statue fait partie des depuis le et de la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984.. La statue de la Liberté, en plus d'être un monument très important de la ville de New York, est devenue l'un des symboles des États-Unis et représente de manière plus générale la liberté et l'émancipation vis-à-vis de l'oppression. De son inauguration en 1886 jusqu'à l'ère de l'aviationC'est-à-dire la période où les avions commencent à se démocratiser à partir des années 1950., la statue est ainsi la première vision des États-Unis pour des millions d'immigrants, après une longue traversée de l'océan Atlantique. Elle constitue l'élément principal du Statue of Liberty National Monument qui est géré par le service des parcs nationaux. La création de la statue de la Liberté se place dans la tradition du colosse de Rhodes, dont certaines représentations ont sans doute été une inspiration pour BartholdiBarry Moreno, The Statue of Liberty, Arcadia Publishing, 2004, .Kevin Tucker, Web of the Illuminati, , .Amos Nur, Apocalypse: Earthquakes, Archaeology, and the Wrath of God, Princeton University Press, 2008, ..

Après les attentats du 11 septembre 2001, l'accès a été interdit pour des raisons de sécurité : le piédestal a rouvert en 2004 et la statue en 2009, avec une limitation du nombre de visiteurs autorisés à accéder à la couronne. La statue (y compris le piédestal et la base) a été fermée pendant une année jusqu'au , pour qu'un escalier secondaire et d'autres dispositifs de sécurité puissent être installés (l'accès à l'île est cependant resté ouvert). Un jour après la réouverture, l'accès a été de nouveau interdit en raison des effets dévastateurs de l'ouragan Sandy. Les accès à l'île et à la statue ont été rouverts le .. L'accès du public au balcon entourant la torche est toujours interdit, pour des raisons de sécurité, depuis 1916.

Histoire

Cadeau du peuple français aux États-Unis gauche|vignette|redresse|Auguste Bartholdi, concepteur de la statue de la Liberté. L'idée d'un présent, en gage de l'amitié franco-américaine et pour célébrer le centenaire de la déclaration d'indépendance des États-Unis, est traditionnellement donnée comme ayant pour origine un dîner organisé au début de l'été 1865 à Glatigny chez le juriste français Édouard de Laboulaye qui avait réuni un groupe d'amis libéraux comme lui (Oscar du Motier de La Fayette, Charles de Rémusat, Hippolyte Clérel de Tocqueville et le sculpteur alsacien Auguste Bartholdi qui venait de sculpter le buste de Laboulaye) pour célébrer la victoire de l'Union dans la guerre de Sécession et se désoler de la mort d'Abraham Lincoln, mais en réalité aucun projet de cadeau n’était sorti du dîner..

L'idée d'une statue en relation avec Lincoln et les États-Unis ne naît pas de ce dîner mais d'une collecte de fonds organisée en 1865 par le quotidien Le Phare de la Loire pour une médaille en or dédiée à Mary Todd Lincoln, la veuve du président américain et qui portait l’inscription « Dédiée par la Démocratie française à Lincoln, honnête homme qui abolit l’esclavage, rétablit l’Union, sauva la République, sans voiler la statue de la Liberté ». Bartholdi a certainement mélangé la campagne pour la médaille et le dîner d'américanophiles pour inventer dans son journal, vingt ans après les faits, un pamphlet donné lors de ce dîner pour lever des fonds..

Ce projet, né à la fin des années 1860, en pleine vague de statuomanie, vacille en raison de la situation politique instable de la fin du Second Empire. Bartholdi, impressionné par les colosses de Memnon qu'il a découverts lors de son voyage en Égypte en 1855, se consacre alors à d'autres sculptures colossales, comme celle d'un grand phare (sous la forme d'une fellahine de de hauteur tenant une torche en l'air) à l'entrée du canal de Suez qu'il propose en 1867 à Ismaïl Pacha, khédive d'Égypte et qui s’appellerait La Liberté éclairant l'Orient. Ce projet est abandonné, faute de financement (une statue plus modeste de Ferdinand de Lesseps, sculptée par Emmanuel Frémiet, est inaugurée le à Port-Saïd), mais Bartholdi garde le souvenir de cette statuaire colossale égyptienne..

En 1870, Bartholdi sculpte une première ébauche en terre cuite et en modèle réduit aujourd'hui exposée au musée Bartholdi à Colmar. La même année, la France entre en guerre contre la Prusse et doit capituler. Le , elle cède l'Alsace-Lorraine à l'Empire allemand. L'opinion publique et le gouvernement français sont déçus de la sympathie des États-Unis pour les Allemands, dont le nombre était important sur le sol américain. Le projet commémoratif est temporairement écarté en raison des troubles politiques que connaît le début de la Troisième République.

Le , muni de lettres d'introduction de Laboulaye, Bartholdi part pour cinq mois aux États-Unis où il repère le site de Bedloe's Island, future Liberty Island, et tente de gagner des partisans. Il rencontre le président américain Ulysses S. Grant le à New York. Dans un club select de la ville de New York, il organise un dîner pour collecter des fonds auprès de riches républicains, leur révélant le coût initial de la sculpture, (correspondant à au début du ) pour le piédestal à la charge des Américains, pour le reste de la statue à la charge des Français, mais il revient en France sans argent, les hommes d'affaires voulant apposer le nom de leur compagnie sur la statue en échange de leur participation financière..

Modèles de la statue vignette|upright=.8|Isabella Eugénie Boyer (1841-1904) épouse de l'inventeur Isaac Merritt Singer, qui aurait servi de modèle pour la statue de la Liberté. Choix du visage Des sources diverses mettent en avant différents modèles qui auraient servi à déterminer le visage de la statue. Cependant, les historiens en sont réduits à des hypothèses et aucune proposition n'est véritablement fiable et authentique.

Parmi les modèles proposés, on trouve Isabella Eugénie Boyer, veuve de l'inventeur milliardaire Isaac Merritt Singer, fondateur de la célèbre entreprise de machines à coudre, qui avait contribué au financement du projet.. Mais Bartholdi ne l'a connue qu'en 1875, alors que le visage existait déjà Ruth Brandon, Singer and the Sewing Machine: A Capitalist Romance, ..

Selon certaines sources, Bartholdi se serait inspiré du visage de sa propre mère, Charlotte Bartholdi (1801-1891), dont il était très proche, pour donner à la statue son visage sévèreLeslie Allen, Liberty: The Statue and the American Dream, .. Le National Geographic Magazine appuie cette hypothèse, en précisant que le sculpteur n'a jamais expliqué ni démenti cette ressemblance avec sa mèreAlice J. Hall, Liberty Lifts Her Lamp Once More, juillet 1986..

D'autres modèles fantaisistes... ont été avancés : Bartholdi aurait voulu reproduire le visage d'une jeune fille juchée sur une barricade et tenant une torche, au lendemain du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte mais Bartholdi n'était pas présent à Paris à cette époque. Il se serait inspiré d'un modèle qui posait pour lui, une femme surnommée la « Grande Céline », prostituée du quartier Pigalle, avec l'accord de la sous-maîtresse dirigeant le grand bordel de la rue de Chazelles, près des ateliers où les feuilles de cuivre de la statue furent assemblées...

Une étude publiée par Nathalie Salmon en août et en L'Est républicain du .L'Express du . obtient le soutien d'institutions européennes et américainesA New York, les services culturels de l'Ambassade de France, la French-American Foundation, le FIAF French Institute Alliance Française, à St Louis le Missouri History Museum, en Allemagne les Archives de la ville de Bad Homburg vor der Höhe, en France le Musée Bartholdi de Colmar. ainsi que l'apport documentaire de divers organismesLe Conservatoire national des arts et métiers (Paris), les Archives de Paris (Paris), le National Archives and Records Administration (New York), le New York Times (New York), le US patent and Trademark Office (New York), la Surrogate's Court (New York), l'Université Yeshiva (New York), la San Bernardino Historical and Pioneer Society (San Bernardino, CA), la Fondation du Musée Juif (Berlin), la Bibliothèque universitaire JCS (Francfort, Allemagne), in Nathalie Salmon, Lady Liberty I love you, , éditions De Rameau, août 2013, .. Elle met en avant une de ses ancêtres, l'Américaine Sarah Coblenzer (New York, 1844 - Paris, 1904), future épouse de son ami intime, fondé de pouvoir et promoteur de l'amitié franco-américaine Adolphe SalmonLettres de Carter Harrison, maire de Chicago, 15 et , Washington and Lafayette Sculpture Collection, Missouri History Museum Archives, St. Louis. documents à l'appui, l'auteur montre comment elle a posé pour lui à Paris pour la statue de la LibertéL'Express , semaine du 16 au .Les Dernières Nouvelles d'Alsace, semaine du 23 au .... au printemps 1875, lors d'un voyage en EuropeNathalie Salmon, Lady Liberty I love you http://www.ladylibertyiloveyou.com.. Bartholdi a peut-être réalisé une synthèse de plusieurs visages féminins..., afin de donner une image neutre et impersonnelle de la Liberté mais la ressemblance avec le visage néoclassique de Sarah Coblenzer est indéniableVSD du ..

Selon Régis Hueber, historien et conservateur honoraire du musée Bartholdi, ces hypothèses relèvent de légendes. Voulant exalter la portée universelle du message républicain de la Liberté, Bartholdi ne s'est certainement pas inspiré de cas particuliersRégis Hueber, documentaire « Bartholdi, le sculpteur qui éclaire le monde », réalisation Dominique Eloudy, image Michel Berrebi, montage Germain Brechot, production exécutive ADLTV / chaîne Histoire, distribution Conform édition Paris, 2015, DVD, ..

Sources d'inspiration vignette|redresse|Aquarelle du projet de Bartholdi pour le canal de Suez, 1869 (musée Bartholdi).