L’église Notre-Dame-de-l’Assomption est une église catholique paroissiale située au Plessis-Gassot, dans le Val-d'Oise, en France. Elle remplace une première église qui ne devait pas être antérieure au , et dont quelques assises subsistent peut-être en bas du mur méridional. L'édifice Renaissance actuel a été construit entre la fin des années 1560 et 1575 sous les pères Guillemites de Paris, dits les Blancs-Manteaux, seigneurs du Plessis-Gassot, comme maître d'ouvrage ; et le maître-maçon luzarchois Nicolas de Saint-Michel, comme maître d'œuvre. Les deux dernières travées du bas-côté sud sont postérieures ; elles datent peut-être de 1682, date de construction de la façade occidentale. Le retable majeur et ses boiseries sont contemporains de ces travaux, et se distinguent dans la région par leur décor peint. En ce qui concerne le clocher, il n'est pas resté inachevé, mais ses deux étages ont été démolis en 1899 pour parer au risque d'effondrement. Abrité derrière des murs plutôt austères, l'espace intérieur séduit par ses proportions et son esthétique graphique ; la décoration est soignée sans être surabondante. En tenant compte de l'insignifiance du village, la qualité de l'architecture et du mobilier paraissent exceptionnelles. On note des similitudes frappantes avec les églises voisines d'Attainville et de Mareil-en-France. Pour ses qualités, l'église Notre-Dame a été classée monument historique en 1930.. Au début du , elle a bénéficié d'une restauration complète.
Localisation thumb|left|Approche depuis le sud.
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, sur la commune du Plessis-Gassot, place de l'Église. C'est un cul-de-sac, point d'aboutissement de la rue du Pays-de-France, qui constitue l'unique voie d'accès vers l'église. À droite, une impasse part vers la mairie, et à gauche, la sente de la ferme du Château conduit vers cette même ferme. En approchant l'église, c'est l'élévation méridionale que l'on aperçoit en premier lieu. Elle comporte le mognon du clocher, dont les deux étages ont été démolis en 1899.. Le chevet est visible depuis l'impasse desservant la mairie, tandis que la façade occidentale donne également sur la place de l'Église. Celle-ci est aménagée pour partie en parvis, et pour partie en jardin public. Le petit cimetière se situe derrière l'église, qui est donc entièrement dégagé d'autres bâtiments.
Histoire thumb|upright|left|Photo montrant le clocher complet, avant sa démolition partielle en 1899.
On ignore les origines de la paroisse du Plessis-Gassot, mais il semble qu'elle n'est pas de fondation très ancienne. La cure n'est pas encore mentionnée dans le pouillé du , et figure pour la première fois dans le pouillé parisien rédigé vers 1450. La cure est à la nomination exclusive de l'évêque de Paris, comme dans les paroisses voisines de Bouqueval et du Mesnil-Aubry. L'abbé Lebeuf en déduit que le territoire de la paroisse du Plessis-Gassot a été démembré de l'une de ces deux paroisses, ou bien des deux. Sous l'Ancien Régime, Le Plessis-Gassot dépend du doyenné de Montmorency du diocèse de Paris. Au , le village n'atteint plus deux cents habitants, mais selon la tradition locale, ce fut anciennement un bourg, et on aurait trouvé les vestiges d'une ancienne route pavée derrière l'église, à plusieurs pieds sous terre. Ceci explique peut-être que les revenus de la cure étaient assez convenables. Périodiquement, l'église de Bouqueval a été desservie par le curé du Plessis-Gassot. C'était apparemment aussi le cas de la chapelle Saint-Loup de Tessonville, village disparu situé à proximité. Les seigneurs du Plessis-Gassot et de Tessonville avaient fait construire une léproserie sur la limite entre les deux territoires, qui est en piteux état à l'issue de la Guerre de Cent Ans. Pour cette raison, Jean-Simon de Champigny, évêque de Paris, la confie aux soins de Matthieu de Robichon, curé du Plessis-Gassot, en date du .. Avec la Révolution française, l'ancien diocèse de Paris cesse d'exister, et le diocèse de Versailles est érigé pour regrouper toutes les communes situées dans le département de Seine-et-Oise. Dans le contexte de la refonte des départements d'Île-de-France, le nouveau diocèse de Pontoise est créé en 1966, et regroupe désormais toutes les communes du Val-d'Oise, dont Le Plessis-Gassot. Le village est affilié à la paroisse d'Écouen / Ézanville, dont dépend également Bouqueval. thumb|Clé de voûte avec la date de 1575.
L'église du Plessis-Gassot est placée sous le vocable de la Vierge Marie. L'abbé Lebeuf n'apporte pas la précision de la dédicace plus particulière à l'Assomption de Notre-Dame, mais elle peut être déduite, sans certitude, du motif du retable majeur, qui est justement l'Assomption. La construction de l'édifice Renaissance actuel commence à la fin des années 1560, et s'achève en 1575, selon la date gravée sur la clé de voûte de la dernière travée de la nef. Les maîtres d'ouvrage sont les pères Guillemites de Paris, dits les Blancs-Manteaux. Ils ont reçu la seigneurie du Plessis-Gassot en don de la part du dernier seigneur laïc, Antoine-Robert Malon, en 1521Ils sont encore seigneurs en 1580, quand ils comparaissent comme tels à la Coûtume de Paris (Lebeuf). Ils sont remplacés par les Bénédictins, quand ceux-ci prennent possession du prieuré des Blancs-Manteaux de Paris (de Guilhermy).. L'attribution à l'architecte Nicolas de Saint-Michel de Luzarches est possible grâce à la comparaison avec l'église Saint-Martin d'Attainville, et avec la façade et la première travée de l'église Saint-Côme-Saint-Damien de Luzarches, où son intervention est prouvée par des documents écrits. Le clocher de la précédente église est apparemment réutilisé, comme l'indique son caractère rustique. Cependant, le clocher proprement dit résultait d'une réfection du . Il comportait deux étages de baies, et sa flèche de charpente, couverte d'ardoise et cantonnée de quatre clochetons cumulait à une hauteur de . Des problèmes de stabilité ont motivé la démolition des étages en 1899, et ils n'ont pas été remplacés. En plus du clocher, une partie du bas-côté sud de la précédente église a également été maintenu dans un premier temps, car les deux dernières travées sont nettement postérieures aux autres, et le mur des trois premières travées est sans style. La date de la construction des deux dernières travées du bas-côté sud pourrait être celle de la façade occidentale, où se lit l'année 1682..
Selon Dominique Foussard, .. L'extérieur est plus sobre que sur les autres églises construites par le même architecte. Pour ses qualités esthétiques, l'église Notre-Dame-de-l'Assomption est classée monument historique par arrêté du . Au début du , elle a bénéficié d'une restauration complète.
Description Aperçu général
Orientée un peu irrégulièrement, avec une dérivation de l'axe de l'édifice vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan simple, sans transept ni déambulatoire. Ce plan s'inscrit dans un rectangle au sol, devant lequel seulement l'abside et la sacristie font saillie. Concrètement, l'église se compose d'une nef aveugle de cinq travées accompagnée de bas-côtés ; et d'une abside comportant une partie droite et un chevet à trois pans. La troisième travée est moins profonde que les autres. Le mognon du clocher s'élève au-dessus de la troisième travée du bas-côté sud, et il est flanqué d'une tourelle d'escalier à son angle sud-ouest, devant la seconde travée du bas-côté. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. On trouve des croisées d'ogives simples dans les bas-côtés, et des voûtes complétées par quatre liernes dans le vaisseau central, tandis que l'abside est recouverte par une voûte à six branches d'ogives. La structure des toitures reflète parfaitement l'organisation intérieure, avec un toit à deux rampants pour le vaisseau central, et des toits en appentis pour les bas-côtés. L'église possède deux accès : Le portail occidental de la nef, et le portail méridional dans la première travée du bas-côté sud.
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|, élévation nord. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
Dans l'œuvre de Nicolas de Saint-Michel, le début du chantier de l'église du Plessis-Gassot se situe après l'église de la Nativité-de-la-Vierge du Mesnil-Aubry, qui a été commencée par un autre architecte et achevée vers 1582 seulement, et après l'église Saint-Martin d'Attainville, qui a été commencée en 1572 et terminée provisoirement en 1575, en même temps que Le Plessis-Gassot. C'est en cette année qu'est lancé le chantier de l'église Saint-Martin de Mareil-en-France. Dans les quatre cas, le maître-maçon renonce à la superposition de trois ordres comme il l'avait expérimenté dans la première travée de l'église Saint-Côme-Saint-Damien de Luzarches, et se limite à deux ordres. Il reste toujours fidèle aux structures gothiques et à l'arc brisé, qu'il emploie de façon plus restreinte à Attainville seulement. En l'occurrence, les grandes arcades, les arcs-doubleaux, les arcs formerets et les fenêtres (sauf au chevet du bas-côté nord) sont en arc brisé, et seulement les ogives sont en plein cintre. L'élévation latérale comporte invariablement l'étage des grandes arcades et un étage de murs hauts, sans fenêtres. Les grandes arcades sont toujours largement ouvertes, sauf dans la troisième travée du Plessis-Gassot et au début de l'abside de Mareil, et les piliers ont environ la même hauteur que la distance du sommet des grandes arcades jusqu'au sommet des formerets. Les arcades sont donc l'élément dominant de l'élévation, ce qui n'empêche pas que le vaisseau central manque un peu de luminosité. Comme plus tard à Mareil, un bandeau horizontal en faible relief structure les murs hauts. Au milieu du siècle, Nicolas de Saint-Michel avait mis au point, dans l'église de Luzarches, un système de piliers carrés cantonnés de quatre demi-colonnes doriques, dont les chapiteaux sont surmontés d'une section d'entablement complet. Dans l'église du Mesnil-Aubry, le maître-maçon luzarchois applique ce système avec une variation : vers la nef, les demi-colonnes montent directement jusqu'aux supports des hautes-voûtes. Dans l'église du Plessis-Gassot, il applique son système le long des murs gouttereaux des bas-côtés seulement, ainsi qu'à la fin des grandes arcades du nord. Celles-ci reposent sur des piliers monocylindriques appareillés en tambour. Lors de la reconstruction de la nef de Luzarches à la fin du , ces piliers ont été recopiés par l'architecte Franz Boulogne. Voir aussi les articles du même auteur sur les églises d'Attainville (), Le Mesnil-Aubry et Mareil-en-France ()..