L'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais est une église catholique paroissiale située à Saint-Gervais, dans le Val-d'Oise, en France. Sa fondation remonte vraisemblablement à l'époque carolingienne. L'édifice actuel date pour l'essentiel du second quart du , et le style gothique flamboyant est dominant. La façade occidentale avec son porche est la dernière partie construite. C'est une œuvre du maître-maçon Jean Grappin, et l'une des principales réalisations de la Renaissance dans le Vexin français. L'intérieur de la nef est également de style Renaissance, et surprend par son élégance, qui contraste avec la physionomie trapue de l'édifice. Le clocher roman ne compte qu'un seul étage, qui est presque entièrement noyé dans les toitures. Il est coiffé de l'une des quatorze pyramides de pierre romanes que l'on recense dans le Vexin français, et sa base voûtée d'arêtes n'a pratiquement pas changé depuis la construction au second quart du . Elle constitue la première travée du chœur liturgique. Ses trois autres travées présentent des voûtes du , mais le reste a été fortement remanié au . L'église a été classée aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est affiliée au secteur pastoral du Vexin ouest avec siège à Magny-en-Vexin, et les messes dominicales n'y sont célébrées plus qu'irrégulièrement, deux fois par an.

Localisation thumb|left|Vue depuis le nord-est. thumb|upright|Vue depuis le sud-ouest. thumb|upright|Bannière de procession - saint Gervais et saint Protais. thumb|upright|Base du clocher, vue vers le nord. thumb|upright|Vitrail de saint Gervais et saint Protais (collatéral nord).

L'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Saint-Gervais, au centre du village, en surplomb de la rue Robert-Guésnier, qui constitue le principal axe de communication à l'intérieur de l'agglomération. Le dénivelé est mis en exergue par un mur de soutènement élevé, et par la forte déclivité de la rue de l'Église, qui passe, à une certaine distance, devant la façade occidentale, et relie la rue Robert-Guésnier à la partie haute du village. À l'angle des deux rues, un vieil escalier grimpe vers la terrasse qui entoure l'église, et qui correspond à l'ancien cimetière jusqu'en 1880. Il est toutefois possible d'y accéder de plain-pied, en montant par la rue de l'Église. Des arbres bordent l'ancien cimetière à l'ouest et au sud, où il est du reste relativement étroit : de ce fait, il est impossible de contempler l'élévation méridionale de l'église en prenant du recul. L'élévation septentrionale et le chevet sont encore moins bien visibles, car il n'y a qu'un étroit passage qui les sépare des propriétés voisines. En plus, une sacristie est accolée au chevet sur toute sa largeur. — Lors du transfert du cimetière, une arcade dans le mur de soutènement fut débouchée, et l'on décrivit une galerie souterraine, à seulement un mètre en dessous du niveau du sol. Elle conduit vers un caveau, où gisaient six squelettes, les pieds partant d'un même centre, et les corps formant rayons. Depuis le caveau, une galerie part en direction du nord pour aboutir à la margelle d'un puits, et une autre, vers le porche de l'église..

Historique

Saint-Gervais est situé sur la voie romaine de Paris à Rouen. Des cercueils de pierre sont découverts au cours des années 1780 près de l'église. L'abbé Verdière, curé de Saint-Gervais de 1779 à 1817, les considère comme mérovingiens, et ils sont en tout cas une preuve de l'ancienneté de l'implantation chrétienne dans le village. Selon la tradition, une première chapelle est construite en 841 afin d'accueillir des reliques des frères saint Gervais et saint Protais, martyrs au sous le règne de l'empereur Néron. Il s'agit d'abriter les reliques des invasions normandes. Le village abandonne son nom ancien Bercagny pour devenir Saint-Gervais. Vers l'an 1000, la chapelle aurait été détruite.. La fondation de la paroisse n'intervient que beaucoup plus tard. On la doit probablement à l'abbaye Saint-Germer-de-Fly, dans le diocèse de Beauvais, puisque son abbé est le collateur de la cure. L'abbé Vital Jean Gautier situe l'érection de la paroisse en 1119. Cette date concorde avec les caractéristiques stylistiques du clocher roman, les chapiteaux archaïques autour de sa base et sa pyramide en pierre. Selon le même auteur, la construction de la première église romane remonte à 1150, ce qui pourrait correspondre à sa date d'achèvement. Elle reprend le double vocable de la chapelle, et ses patrons sont donc saint Gervais et saint Protais. Sous l'Ancien Régime, Saint-Gervais relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise et de l'archidiocèse de Rouen..

Au , le chœur primitif, sur lequel on ignore tout, est remplacé par trois nouvelles travées. Leur largeur augmente légèrement en direction du chevet, ce qui démontre l'existence de collatéraux dès cette époque (autrement, l'irrégularité des trois travées aurait été trop mise en évidence). Après les ravages de la guerre de Cent Ans, l'église est presque entièrement reconstruite grâce aux libéralités de Nicolas III de Neufville, dit Le Gendre, sieur de Villeroy, Magny et Alincourt, baron de La Chapelle-la-Reine, et gouverneur du Vexin français. Seulement les parties mentionnées sont conservées, ainsi que partiellement, le croisillon nord, qui conserve toujours son pignon. Des restes de l'ancien voûte sont visibles dans les combles, et les transformations subies sont toujours bien visibles sur la charpente, au niveau du transept. Le style dominant est le gothique flamboyant, sauf pour la nef et la façade, qui sont de style Renaissance. Le portail est commencé par l'architecte Robert Grappin de Gisors, connu pour sa contribution à la collégiale Saint-Gervais-Saint-Protais de Gisors, et terminé par son fils Jean. Cette attribution ne se fonde pas sur des documents écrits, mais ne fait aucun doute. La date de 1549 se lit sur l'une des consoles à statues, et correspond apparemment au début des travaux. La date de 1550, gravée sur le dais de la Vierge à l'Enfant sur le trumeau du portail, est considérée par Léon Palustre et Louis Régnier comme celle de l'achèvement. Ainsi, le portail de Saint-Gervais a été réalisé immédiatement après celui de Magny-en-Vexin. Ce n'est que le qu'est célébrée la nouvelle consécration par John Lesley, évêque de Ross en Écosse exilé en France, et évêque auxiliaire de Rouen entre 1579 et 1590 environ.... Le seul ajout postérieur est la sacristie, qui date de 1874..

Sous la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise sont regroupées dans le nouveau diocèse de Versailles. L'abbé Jean-Baptiste Verdière, installé comme curé de Saint-Gervais le , est le premier prêtre du canton à prêter serment à la constitution civile du clergé, et préside au premier mariage civil du village. Il est néanmoins arrête le 3 germinal an II et emprisonné à Mantes, mais relâché quelques jours plus tard.. Trois parmi les quatre cloches sont descendues, et envoyées à la fonte pour en faire des canons, comme dans toute la France. Seule la plus grosse, qui date de 1755, est conservée.. L'abbé Verdière continue d'exercer la prêtrise, mais n'est pas nommé à la cure. En 1805, il fonde une pension à côté de l'église, qui est surnommée la « petite Chartreuse ». Le premier curé nommé après la Révolution est l'abbé Drahon, qui a également la charge de l'Église Saint-Nicolas de La Chapelle-en-Vexin. Pour le , les archives de la fabrique renseignent sur les travaux de réparation effectués à l'église. Ils concernent la toiture (1804 et 1856) ; le mur de clôture (1840) ; les piliers (1856) ; et le rejointoiement des huit pans du clocher en ciment Portland (1860). Grâce à la générosité de Paul de Magnitot, des vitraux figurés et en grisaille sont installés entre 1865 et 1874. Ils donnent l'impression d'obscurcir l'église, dont le vaisseau central est aveugle, mais comme le rappelle Alphonse Subtil, plusieurs baies étaient bouchées avant l'installation des vitraux, et l'église était encore plus sombre. Paul de Magnitot finance également le repavage d'une partie de l'église en pierre de Tonnerre en 1870/71, la grille des fonts baptismaux, et la construction de la sacristie. Les soubassements des fenêtres sont grattés, et toute l'église est repeinte. Quand M. de Magnitot meurt le , le préfet ne répond pas favorablement à la demande de l'abbé Drouet et des habitants, d'obtenir une dérogation pour le faire inhumer dans l'église. La cloche de 1755 se casse pendant l'hiver 1879/80, quand les températures descendent jusqu'à moins vingt-sept degrés, pendant un office d'enterrement. La cloche est refendue l'année même par MM. Lecull et Daperon, fondeurs à Amiens. D'un poids de , elle mesure de diamètre, et donne le son si bémol. Elle est baptisée au nom de Georgette-Émilie. Une deuxième cloche d'un poids de et de de diamètre, arrive le , et est baptisée au nom de Marie-Camille. Comme particularité, le trou dans la voûte de la base du clocher par lequel l'on descend et remonte les cloches est bouché à chaque fois par des carreaux de plâtre, pour la dernière fois, en 1966..

L'église de Saint-Gervais est classée aux monuments historiques par arrêté du . Quand une bombe allemande tombe dans le parc de M. Bellet le , une partie des vitraux est endommagée. Les vitres qui viennent les remplacer sont soufflées à leur tour lors de l'explosion des carrières en 1944. Les réparations et restaurations sont effectuées par la maison Grüber, de Paris, entre 1947 et 1948. La Seconde Guerre mondiale apporte également la destruction du reliquaire en bois de l'autel de saint Gervais, qui avait été donné par Georges de La Rochefoucauld en 1858. Depuis la mort de l'abbé Herboulé, curé de Saint-Gervais de 1961 à 1964, l'église est desservi par le curé de Magny-en-Vexin ou son vicaire.. Depuis 1966, Saint-Gervais dépend du diocèse de Pontoise érigé en cette année. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Gervais-et-Saint-Protais irrégulièrement, environ deux fois par an..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement, avec une déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme largement symétrique, qui s'inscrit dans un rectangle. Elle se compose d'une nef de quatre travées, qui est accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept non débordant dont la croisée sert de base au clocher ; et d'un chœur de trois travées accompagné de deux collatéraux. Les trois vaisseaux se terminent par un chevet plat. En dépit du nombre important de travées, soit vingt-quatre, l'église est de dimensions modestes. La nef mesure de largeur ; le bas-côté nord ; et le bas-côté sud (y compris l'épaisseur des grandes arcades pour les bas-côtés). Alphonse Subtil n'indique par la longueur. Une tourelle d'escalier se situe à l'angle nord-est du croisillon nord. La sacristie est accolée au chevet. La croisée du transept est voûtée d'arêtes. Le reste de l'église est voûté d'ogives, avec des voûtes à liernes et tiercerons pour la première travée du collatéral sud, et la dernière travée du collatéral nord. Seule la nef possède une élévation à deux niveaux, avec l'étage des grandes arcades et un étage de murs hauts aveugles. Le reste de l'église n'atteint que la hauteur des bas-côtés de la nef. Le portail occidental constitue le seul accès à l'église. La nef est munie d'une toiture à deux rampants, avec un pignon en façade. Le croisillon nord conserve son pignon au nord, tandis que le croisillon sud est muni d'un toit en appentis en continuité avec le rampant couvrant le bas-côté. Le collatéral sud du chœur et son vaisseau central sont recouverts d'une toiture commune à deux rampants, avec un pignon à l'est. Le collatéral nord du chœur présente un toit en bâtière, avec un petit pignon à l'est.