Les chasseurs à cheval de la Jeune Garde, créés officiellement en 1815 sous le nom de de chasseurs à cheval de la Garde impériale et surnommés les hussards-éclaireurs, sont une unité de cavalerie légère de la Garde impériale, formée par Napoléon et en service dans l'armée française de 1813 à 1814, ainsi que pendant les Cent-Jours.

Le décret du donne aux , , et des chasseurs à cheval de la Garde la dénomination de « seconds chasseurs ». Le , ces escadrons prennent officiellement le nom de chasseurs à cheval de la Jeune Garde. Ils participent à la campagne d'Allemagne de 1813 avec la Vieille Garde, puis sont détachés en 1814 à l'armée du Nord commandée par le général Nicolas-Joseph Maison. Les escadrons sont dissous lors de la Première Restauration, les hommes étant pour la plupart replacés dans la cavalerie de la ligne.

Sous les Cent-Jours, les escadrons de Jeune Garde sont rappelés et forment le régiment de chasseurs à cheval de la Garde impériale. Manquant d'hommes et surtout de chevaux, l'unité reste à Chantilly et ne participe pas à la bataille de Waterloo. Les chasseurs à cheval de la Jeune Garde sont définitivement dissous le , après l'abdication de Napoléon et le retour des Bourbons.

Organisation

vignette|gauche|alt=Un cavalier vêtu de vert, sabre à la main, sur un cheval au galop.|Chasseur à cheval de la Jeune Garde (1813), avec le shako cylindrique. Illustration d'Ernest Fort, établie d'après les archives du ministère de la Guerre.

1813-1814

Par décret du , le régiment des chasseurs à cheval de la Garde impériale est porté de cinq à neuf escadrons de 250 hommes chacun, les , , , et conservant seuls la dénomination de Vieille Garde. Le recrutement des , , et , désignés comme « seconds chasseurs », s'effectue au sein des conscrits et parmi les cavaliers fournis par les départements. La paye est celle de la cavalerie de la ligne, mais avec le supplément octroyé aux troupes de la garnison de Paris..

Le statut de ces quatre escadrons est régularisé par un décret du , qui crée la cavalerie de la Jeune Garde, et qui indique que . Ils prennent alors le titre officiel de chasseurs à cheval de la Jeune Garde. À la création des éclaireurs de la Garde impériale en , ils adoptent néanmoins de manière irrégulière le surnom d'« hussards-éclaireurs de la Jeune Garde », aucune de ces nouvelles unités n'ayant été rattachée aux chasseurs à cheval de la Garde. Le commandement du corps est confié au colonel-major Charles-Claude Meuziau.

Lors de la Première Restauration, par ordonnance du 12 mai 1814 qui réorganise les corps de l'armée française, les chasseurs à cheval de la Jeune Garde sont versés pour la plupart dans la cavalerie de la ligne., dans les , et chasseurs à cheval.

1815

vignette|droite|alt=Un cavalier de Napoléon sur son cheval, tourné vers la gauche, de biais, le sabre pendant sur le côté gauche.|Chasseur à cheval de la Jeune Garde, 1815. La culotte est à la hongroise, mais d'après Bernardin, le pantalon en toile gris lui a été substitué pendant les Cent-Jours. Illustration de Marcel de Fonrémis.

Sous les Cent-Jours, Napoléon rétablit la Garde impériale et ordonne la formation d'un régiment de cavalerie de la Jeune Garde. Ce dernier est officiellement créé par décret du , avec un effectif théorique de 49 officiers et . Le recrutement s'effectue à partir des quatre escadrons de chasseurs à cheval de la Jeune Garde précédemment dissous, de cavaliers de la ligne justifiant de quatre ans de services., et parmi les quatre régiments de la cavalerie de la Garde, en particulier chez les chasseurs qui fournissent 438 cavaliers.

L'Empereur tergiverse néanmoins sur l'appellation de l'unité, car il hésite entre les termes de « lanciers » et de « hussards ». Le , il se décide finalement pour les chasseurs à cheval. Ce régiment est attaché aux chasseurs à cheval de la Vieille Garde et son organisation est supervisé par le conseil d'administration de ceux-ci. Le , l'unité prend officiellement le nom de « de chasseurs à cheval de la Jeune Garde », et ajoute à cette dénomination son ancien surnom de « hussards-éclaireurs de la Jeune Garde ». Henry Lachouque affirme que la création du chasseurs a été motivée par le . Un état de situation du indique un effectif de 36 officiers et 657 cavaliers.

Le régiment est définitivement dissous entre le et le , après la chute de Napoléon et le retour des Bourbons. L'état-major et le sont licenciés à La Châtre le ; le à Moulins le , et ses chevaux sont remis au de hussards ; le à Bourges le ; et enfin le à Clermont-Ferrand, le , ce dernier ayant contraint en cours de route le sous-préfet de Montluçon à payer les arriérés de deux mois de solde. Le , le procès-verbal de clôture de licenciement du régiment est établi à Bourges.

Campagnes militaires

En 1813, pendant la campagne d'Allemagne, les escadrons des chasseurs à cheval de la Vieille Garde et de la Jeune Garde combattent côte à côte. En , le général Lefebvre-Desnouettes est envoyé en Hollande avec les chasseurs à cheval de la Jeune Garde, afin de reprendre aux Alliés la ville de Bréda et couvrir Anvers. La disproportion des forces l'oblige toutefois le à se retirer sur cette dernière ville. À partir de cette date, la du , les , et ainsi que la compagnie de mamelouks de la Jeune Garde restent en Belgique, au sein de l'armée du général Nicolas-Joseph Maison. Ils y font toute la campagne de France, sous le commandement du colonel Charles-Claude Meuziau. Au , les états de situation des escadrons de Jeune Garde donnent un effectif de 54 officiers, et chevaux.

Au sein de l'armée d'Anvers, les chasseurs de Meuziau effectuent essentiellement des missions de reconnaissance. Le , le sous-lieutenant Desfossés, à la tête de 48 hommes, charge une troupe de 500 cavaliers adverses et la disperse. Seul un brigadier est blessé, et 24 soldats du régiment, faits prisonniers la veille, sont délivrés. Le , les escadrons de Jeune Garde chargent de nouveau à la bataille de Courtrai, perdant cinq tués et deux officiers blessés. Au , il n'y a plus dans les rangs que 30 officiers, 660 cavaliers et 679 chevaux ; une centaine d'hommes sont hospitalisés et 34 autres sont prisonniers.

Au début de la campagne de Belgique de 1815, le de chasseurs à cheval est à peine organisé. Il manque à l'effectif 451 officiers, sous-officiers et chasseurs, ainsi que 935 chevaux sur 968. De fait, l'unité ne quitte pas les environs de Chantilly, où se situe sa garnison.

Chefs de corps

vignette|droite|alt=Portrait en noir et blanc d'un général français de Napoléon, portant la moustache et un costume avec des épaulettes.|Le général Eugène Merlin, commandant le de chasseurs à cheval de la Garde pendant les Cent-Jours. Gravure de 1818.

Le premier commandant du régiment est le général Charles-Claude Meuziau, qui en prend la tête en tant que colonel-major. Ce dernier effectue la campagne d'Allemagne en 1813, puis passe en 1814 dans l'armée du Nord commandé par le général Maison, qui opère alors en Belgique. Il y combat avec son unité jusqu'à la fin de la campagne de France.

En 1815, pendant les Cent-Jours, le général Eugène Antoine François Merlin est désigné comme chef de corps du de chasseurs à cheval nouvellement reformé, avec le grade de colonel-major. Il est secondé par les chefs d'escadron Assant, Jacobi, Chazanges et Cardon, les adjudants-majors Prégu et Beller, l'officier payeur Duclos, le chirurgien-major Garnier et le major Thomassini.

Uniformes

L'uniforme des chasseurs à cheval de la Jeune Garde, en 1813 et 1814, se rapproche de celui porté par les escadrons de la Vieille Garde, la différence essentielle résidant pour les premiers par le port du shako.

Recréé en 1815 pendant les Cent-Jours, le de chasseurs à cheval de la Jeune Garde voit son projet d'uniforme, proposé par le général Lefebvre-Desnouettes, adopté par l'Empereur le . Le lendemain, Lefebvre-Desnouettes rédige l'ordre qui prescrit la tenue à donner aux officiers et à la troupe.

Troupe

vignette|gauche|alt=Cavalier vêtu de vert, de profil, sur son cheval.|Chasseur à cheval de la Jeune Garde (1813-1814). Illustration d'Ernest Fort, établie d'après les archives du ministère de la Guerre.

1813-1814

Le régiment se distingue par le port du shako, distribué à au cours de l'année 1813. Cette coiffure est surmontée par un plumet ou un pompon, mais sa forme est sujette à débats. La première est celle du shako tronconique, représenté notamment sur un portrait du lieutenant de Girardin, du , et proche de celui des gardes d'honneur. La seconde est celle du shako cylindrique, dont l'existence paraît être confirmée par la liste des effets de magasin et par le procès-verbal du licenciement de l'unité. Le commandant Bucquoy remarque que les deux possibilités sont aussi valables l'une que l'autre, en indiquant que le shako tronconique a pu être porté en 1813 pendant la campagne d'Allemagne, et que le shako cylindrique, , a pu être distribué lorsque les chasseurs à cheval sont partis pour la Belgique, au début de l'année 1814.

Le reste de la tenue comprend un dolman vert ainsi qu'un gilet uni de même couleur. Le pantalon vert est à la hongroise pour la grande tenue, avec nœuds et bande orange. En campagne, les nœuds hongrois disparaissent.

1815

vignette|droite|alt=Cavalier de profil, vêtu d'une coiffure et d'une veste bordée de fourrure rouges, sabre à la main.|Chasseur à cheval de la Jeune Garde (1815). Illustration d'Ernest Fort, établie d'après les archives du ministère de la Guerre.

D'après l'ordre du , le shako est . Le commandant Bucquoy précise qu'il s'agit d'un shako cylindrique, avec cordons et raquettes, mais ajoute que l'emplacement et même l'existence de ces derniers pour l'uniforme de la troupe n'est pas certain. Le shako des chasseurs à cheval de la Jeune Garde, d'après un dessin du général Vanson, est rouge carmin, avec un galon vert et jaune et un pompon ovale de mêmes couleurs. Bucquoy s'interroge néanmoins : . En plus du shako, les cavaliers disposent également d'un bonnet de police vert, avec galons rouge et jaune et passepoil jaune.

En théorie, la pelisse est garance avec tresses jaunes et bordée de fourrure noire. En fait, ce sont les pelisses originellement destinées aux chasseurs à cheval de la Vieille Garde qui sont finalement envoyées à Chantilly pour habiller le . Le dolman est en drap vert, ainsi que le collet, avec tresses jaunes et parements de couleur garance. Toutefois, le collectionneur Léonce Bernardin, dans un article paru dans le Carnet de la Sabretache de 1925, affirme que seul le dolman bleu ciel du trompette-major a été confectionné. Il ajoute qu'aucune des ceintures verte et garance n'a été distribuée au régiment. Les vestes d'écuries, à 18 boutons, sont vertes avec parements garance et décorées de tresses en laine jaune. Le manteau, doté de manches, est également vert. Le pantalon à la hongroise, pour la grande tenue, est garance avec tresses et nœuds jaunes, et le pantalon dit « de cheval » est vert à double bande garance. Bernardin précise à ce sujet que la culotte hongroise n'a pas été fabriquée et que le pantalon de cheval, au lieu d'être vert, a été confectionné en drap gris. Les bottes sont à la hussarde, et équipées d'éperons en fer.

Trompettes

vignette|droite|alt=Un cavalier vu de profil, vêtu d'une coiffe rouge et d'un habit bleu, tenant une trompette de sa main droite.|Trompette-major des chasseurs à cheval de la Jeune Garde (1815). Illustration d'Ernest Fort, établie d'après les archives du ministère de la Guerre.