Un coteaux-d'ensérune est un vin français d'indication géographique protégée (le nouveau nom des vins de pays) de zone du vignoble du Languedoc-Roussillon, produit sur une partie du département de l'Hérault. Ces vins peuvent être blancs, rosés ou rouges. Situé sur une quinzaine de communes entre les fleuves Orb et Aude au nord-ouest de Béziers, le nom de coteaux d'Ensérune vient de l'oppidum qui surplombe l’étang asséché de Montady et le canal du Midi avec le tunnel du Malpas.
Histoire vignette|gauche|Dolias vinaires de l'oppidum d'Ensérune. Un village préhistorique s'installa sur la colline d'Ensérune dès la période de l'âge du fer ( avant notre ère)Les coteaux-d'ensérune sur le site lefigaro.fr. Les fouilles archéologiques ont montré que ce site fut finalement occupé par un oppidum romain. La culture de la vigne au pied de l'oppidum commença dès l'époque antique. Tout d'abord les Grecs et les Ibères firent ici un important commerce du vin, mais ce fut sous la colonisation romaine que se développèrent des domaines viticoles. Le musée, construit en 1938, présente, au rez-de-chaussée, les vestiges des habitats pré-romains et gallo-romains avec de nombreuses dolia et amphores vinaires, l'étage étant consacré aux trouvailles faites dans la nécropoleLe musée d'Ensérune.
vignette|gauche|Vignes dans l'étang asséché de Montady. L’étang de Montady, qui était insalubre, fut asséché en 1247-1268 au profit de bourgeois de Béziers et des seigneurs locaux, avec l'autorisation de l'archevêque de Narbonne (alors seigneur de Nissan). Les travaux furent une prouesse technique : des fossés de drainage convergeant vers le centre, le Redondel, un fossé circulaire qui récupère les eaux et les évacue par un aqueduc souterrain (reprenant le système des qanats), de de long sous la colline du Malpas, avec , pour se vider dans l'Aude grâce aux étangs de Poilhes et de Capestang. Ces fossés dessinent des cercles et un paysage en forme d’étoile sur près de plantés en vignes et céréales.. Fin , les terrains de l'ancien étang sont régulièrement inondés pour lutter contre le phylloxéra.. Il a été classé « site pittoresque » depuis 1974.
vignette|gauche|Péniche et ses barriques sur le canal du Midi à Béziers. C'est seulement à partir du qu'est mentionné un des types de vins de ce secteur : c'est le muscat, dit de Nissan, qui eut grande renommée de 1435 jusqu'à la révolution de 1789. Après une courte interruption il la retrouva jusqu'à la fin de l'Empire. Au pied de la colline coule le canal du Midi, ouvrage classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui relie la mer Méditerranée à l’océan Atlantique en traversant l'aire géographique de l'IGP, avec notamment le premier tunnel au monde destiné au passage d’un canal de navigation (lieu-dit Le Malpas). Dès 1681, le canal permit de développement du commerce des productions agricoles du Languedoc. Le blé, le vin et l'alcool purent être exportés du Lauragais vers Toulouse, Bordeaux et Marseille. Le canal a pour effet d'élargir la zone de vente des producteurs du Languedoc. Dans les années 1730-1740, ce commerce fut prospère et les structures agricoles s'améliorèrent. Par contre le vin devint une production de masse sans grande qualité. Le canal ne fut pourtant jamais la grande voie internationale ambitionnée par les rois de France, car son trafic se limita à des échanges nationaux voire locauxMichel Cotte, Canal du Midi, merveille de l'Europe, 80-81..
vignette|Un des premiers tracteur enjambeur à chenilles. Le vin du Bas-Languedoc, et plus particulièrement celui de l'Hérault, s'imposa, au milieu du , avec le développement du chemin de fer, sur les grandes places de consommation. Des coteaux, la vigne descendit en plaine et la région devint presque exclusivement consacrée à la viticulture. La coopérative de Maraussan (Les Vignerons libres), fondée le , est inaugurée le (Jean Jaurès visite le chantier le de cette année là), pour concurrencer le monopole du négoce. Basé sur une production pléthorique de vin de piètre qualité, cette expansion du vignoble permit des développements économiques et technologiques importants, avec notamment le tracteur Georges VidalLe tracteur à chenille Vidal.
Au cours des années 1980, ayant de plus en plus de mal à vendre du vin ordinaire, les producteurs du Midi prirent conscience du besoin de s'orienter vers une politique de qualité. Ils vendaient initialement toute leur production comme « vin de table » (VDT, les actuels VSIG) ; pour valoriser un peu cette production par une meilleure traçabilité, les pouvoirs publics créèrent le label « vin de pays » (VDP, en 1968), publié au JORF du .. En furent ainsi reconnu le nom de , publié au JORF du ..
Dans le cadre de la réforme de la filière viti-vinicole et de l'harmonisation européenne, les vins de pays changent de nom en 2009 pour devenir des indications géographiques protégées (IGP), publié au Journal officiel de l'Union européenne du . et dépendent désormais pour leur contrôle de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). ; le vin de pays des coteaux d'Ensérune devient donc le l'IGP , publié au Journal officiel de l'Union européenne C 187 du .. Le cahier des charges a été publié en , publié au JORF du ., puis modifié en (ajout de ; retrait de cépages), homologué par l'arrêté du publié au JORF du .. Les vignerons réunis au sein du syndicat de producteurs de l’IGP Coteaux d’Ensérune ont pris en considération l'importance du milieu naturel : ils ont engagé une démarche volontariste en faveur de la préservation des habitats naturels des espèces d'oiseaux rares nichant sur leur terroir.
Vignoble Aire de production
Onze communes sont concernées en tout ou en partie : Béziers (en partie), Capestang (en partie), Cazedarnes, Cazouls-lès-Béziers (en partie), Colombiers, Lespignan, Maraussan (en partie), Maureilhan, Montady, Montels, Nissan-lez-Enserune, Poilhes, Puisserguier, Thézan-lès-Béziers (en partie) et Vendres (en partie).
Orographie et géologie La zone de production occupe la partie de la plaine languedocienne située entre le sud de Béziers et le département de l’Aude. Elle jouxte au nord les contreforts de la Montagne Noire et s'étend jusqu'à la côte méditerranéenne. Le vignoble, dans sa partie méridionale, a été installé sur des plateaux calcaires et des collines molassiques (les puechs), avec quelques variations dans la profondeur. Là, l’érosion a créé des banquettes et des versants en pente douce favorables à la culture de la vigne grâce à leur exposition et leur alimentation par ruissellement.
Ce terroir est caractérisé par des sols calcaires et argilo-calcaires recouvrent la quasi-totalité de la zone. Toutefois leur texture et leur profondeur est très variable. Elle peut varier au sud de sols constitués d'une roche très tendre, formée par des sédiments du miocène et des sables marins des littoraux, pour passer, plus au nord, à des schistes et des marnes, entremêlés de calcaires et de molassesLes coteaux-d'ensérune sur le site vin-vigne.com. Cette diversité pédologique permet une adaptation à une large gamme de cépages.
Climat
Les vignes bénéficient d’un climat méditerranéen caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers doux, avec deux périodes pluvieuses en automne et au printemps. Les températures sont suffisantes pendant toute la période végétative de la vigne pour garantir une bonne maturation des raisins. La chaleur pendant la saison de croissance est tempérée par les brises de mer, qui refroidissent les raisins, ce qui leur permettent de développer l'acidité et une bonne maturité phénolique. La pluviométrie, principalement au printemps et en automne, atteint en moyenne à dont moins de pour la période de juin à août. C'est toutefois suffisant pour hydrater convenablement la vigne.
Encépagement Un total de sont autorisés pour produire du coteaux-d'ensérune : agiorgitiko NLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. ., alicante Henri Bouschet N, alvarinho B, aramon gris G, aramon N, arinarnoa N, N, assyrtiko B, aubun N, bourboulenc B, bronner B, cabernet blanc B, cabernet cortis N, cabernet franc N, cabernet sauvignon N, calabrese N (nero d'Avola), caladoc N, carignan blanc B, carignan N, carménère N, carricante B, chardonnay B, chasan B, chasselas B, chambourcin N, chenanson N, chenin B, cinsaut N, clairette B, colombard B, côt N (malbec), counoise N, danlas B, egiodola N, fer N, fiano B, B, gamay N, gewurztraminer Rs, grenache blanc B, grenache gris G, grenache N, gros manseng B, johanniter B, listan B, lledoner pelut N, macabeu B, marsanne B, marselan N, mauzac B, meunier N, merlot N, N, montepulciano N, morrastel N (graciano), Rs, mourvèdre N, muscaris B, muscardin N, muscat à petits grains blancs B, muscat d'Alexandrie B, muscat de Hambourg N, négrette N, nielluccio N (sangiovese), parellada B, petit manseng B, petit verdot N, pinot noir N, pinot gris G, pinotin N, piquepoul blanc B, piquepoul gris G, piquepoul noir N, portan N, primitivo N (zinfandel), N, riesling B, roditis Rs, roussanne B, saperavi N, B, B, sauvignon B, sauvignon gris G, sciaccarello N, sémillon B, solaris B, soreli B, B, sylvaner B, syrah N, tannat N, tempranillo N, terret blanc B, terret gris G, terret noir N, touriga nacional N, ugni blanc B (trebbiano), verdejo B, verdelho B, vermentino B, N, viognier B, B et N.
Face à une mévente chronique des simples vins de table, un effort de reconversion du vignoble débuta dès le début des années 1950, et se poursuivit au cours des années 1960. Les cépages hybrides ou à gros rendement, qui ne pouvaient donner que des vins grossiers, laissèrent la place à des variétés plus nobles ayant fait la réputation des régions traditionnelles pour les appellations d’origine contrôlées. Une sélection fut même entreprise pour les adapter à leur nouveau terroir et ces cépages ne furent introduits que dans les zones les plus aptes à leur culture. Pour les coteaux d'Ensérune, les cépages à raisins noirs couvrirent 80 % des surfaces dont la moitié en merlot, syrah et cabernet sauvignon. Les raisins blancs (20 % des surfaces) proviennent des cépages qualitatifs comme le chardonnay, le sauvignon et le viognier. Ces vins de cépage ont constitué un potentiel important du renouveau et de la diversification de la production viticole pour tout ce secteur viticole.
En 2022, ont été d'une part autorisées 30 « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA), d'autre part retirées du cahier des charges non-utilisées (alphonse-lavallée, altesse, auxerrois, baco blanc, cardinal, Maréchal Foch, müller-thurgau, savagnin rose, etc.). Les VIFA rajoutées sont soit des variétés résistant mieux aux maladies (artaban, bronner, cabernet blanc, cabernet cortis, floréal, johanniter, monarch, muscaris, pinotin, prior, saphira, sauvignac, solaris, soreli, souvigner gris, vidoc et voltis), soit des variétés plus méridionales (agiorgitiko, assyrtiko, calabrese, carricante, fiano, montepulciano, moschofilero, primitivo, roditis, saperavi, touriga nacional, verdejo et xinomavro).
Méthodes culturales et réglementaires Sur recommandation de l'INAO, le cahier des charges impose : .
L’indication géographique protégée est réservée aux seuls vins tranquilles rouges, rosés, blancs avec la mention d'un ou plusieurs cépages en cas d'assemblage. Leur étiquettes peut aussi faire mention du qualificatif « primeur » ou « nouveau » dans les limites de la législation qui régit les vins de pays.
Ces vins rouges, rosés et blancs, pour être labellisés, ont une limite de rendement maximum à l’hectare de 90 hectolitres (au lieu 120 hectolitres avant). Il est à noter que les volumes pris en compte pour le calcul de ce rendement s’entendent après séparation des bourbes et des lies.
Vins