Sid Ahmed Rezala, né le , à El Biar, en Algérie, et mort le , à Lisbonne, au Portugal, surnommé le « Tueur des trains »Serial Killers à la française, LeJdd.fr, 10 avril 2008, est un tueur en série franco-algérien« Depuis, un avis de recherche a été lancé contre cet « individu dangereux », Français « né le 13/05/79 à El Bar (Algérie) », « connu pour violences avec arme blanche et viols ». Les vies multiples d'Ahmed Sid Rezala, Naour Sylvestre, Tourancheau Patricia, Simmonot Dominique, Libération du 20 décembre 1999, fortement soupçonné d’être l’auteur de trois meurtres de femmes commis en France entre octobre et . Réfugié au Portugal, il meurt par autolyse avant son extradition et son procès.
Biographie Sid Ahmed Rezala naît le à El Biar, en Algérie. Son père est un mécanicien itinérant originaire de Mouzaïa. Sa mère Yasmina, naît en Belgique et sa famille rentre en Algérie en 1962. Le couple a trois garçons et une fille.
Sid Ahmed évolue au sein d'une famille élargie. Sa tante, la sœur d'Ali Rezala, habite le quartier avec son mari et ses enfants. Rezala se divertit avec ses cousins. Il est inscrit à l'école maternelle des Orangers. Décrit comme un enfant timide, il est la des autres élèves. Ses parents le placent ensuite chez les scouts.
À ses heures libres, Sid Ahmed est chez sa tante avec laquelle il noue une relation particulière. Elle prend le relais de sa mère, Yasmina, qui se morfond dans le quartier et lui apprend le français.
En 1988, âgé de 9 ans, un tournant a lieu dans la vie de Rezala. Il aurait été victime d'un viol collectif par des jeunes de son quartier. Il déclarera plus tard lors d'une interview : . Sa famille, mise au courant par la suite et connaissant les coupables, ne lui aurait pas porté assistance.
Sid Ahmed est scolarisé au CEM Bougara (équivalent du collège). Il est un élève turbulent. Son père Ali est souvent convoqué par la direction du CEM Bougara pour des faits de violence, insultes, indiscipline permanente. Il est considéré comme un petit caïd qui fait régner l'injustice parmi les élèves.
À la Jeunesse sportive de Bir Khadem (CRMB), Sid Ahmed pratique plusieurs sports, en particulier le basket, avec une habileté certaine. Un dirigeant se souvient de son comportement instable.
Avant son départ en France, Rezala est déscolarisé, il ne fréquente plus que la rue. Un de ses anciens professeurs se souvient :
vignette|Point de vue sur l'immeuble à Marseille dans lequel vivaient Sid Ahmed Rezala et sa famille. Durant l'été 1994, son père décide de quitter l'Algérie avec son épouse et ses quatre enfants. L'Algérie est en proie à une violente guerre civile et la violence islamiste touche le quartier à l'époque1 rue de la Belle de Mai à Marseille.. La famille s'installe à Marseille au quartier la Belle-de-Mai, proche de la gare Saint-Charles.
En , à son arrivée, Sid Ahmed est inscrit au collège Edgar-Quinet. Il commence à fuguer. Ses parents demandent au juge pour enfants une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert. Il ne reprend pas le basket, un sport qu'il aimait pratiquer en Algérie.
La famille Rezala est décrite comme un modèle d'intégration. Le père trouve un emploi de carrossier dans un garage du quartier de La Plaine, et les deux frères et la sœur de Sid Ahmed suivent sans difficulté leur scolarité. Selon Fabrice Andrac, le premier avocat de Sid Ahmed : « M. et Mme Rezala sont des gens charmants, qui se rendaient à toutes les convocations concernant leur fils. Ils s'occupaient de Sid Ahmed, pour lequel ils étaient préoccupés ».
En 1995, en classe de quatrième, Sid Ahmed quitte l'école. La même année, il est pour la première fois fiché comme délinquant. Commence alors presque aussitôt sa descente aux enfers : consommation de drogue et d'alcools forts, vols de voiture et vols à la roulotte, dégradations, actes de violence et de délinquance divers.
En , Sid Ahmed viole un garçon de quinze ans dans un sous-sol du parking Saint-Charles. Le , alors qu'il n'a pas encore seize ans, il est placé en détention provisoire, accusé de viol. Rezala dit aux enquêteurs qu'il ne comprend pas exactement ce qu'on lui reproche, il finira des années après par reconnaître que ce crime était motivé par ses pulsions qui le forçaient à humilier et faire souffrir ses victimes, ses pulsions seront certainement les éléments déclencheurs des trois meurtres de la courte vie de Rezala.
Le , Rezala est condamné par le tribunal pour enfants de Marseille à quatre années de prison dont dix-huit mois ferme et trente mois de mise à l’épreuve. Son ADN est également prélevé pour analyse.
Les rapports des experts psychiatres mentionnent « l'absence d'organisation perverse de la personnalité ». Rezala serait d'une « intelligence moyenne ». Les rapports écartent « tout trouble psychologique susceptible d'influencer ses comportements », mais, ajoute l'un d'eux, « ses traits de personnalité peuvent inciter à évoquer un risque de récidive délinquante ». Il est également précisé que « ses tendances à la manipulation lui permettent de s'adapter à des situations défavorables comme la détention ».
Incarcéré au quartier des mineurs de la prison de Luynes, Rezala se montre très agressif envers le personnel. Il fait l'objet d'une plainte pour viol, déposée par un codétenu. La plainte sera classée sans suite, les faits, qui se sont déroulés dans les douches, se rapprochant davantage d'une relation sexuelle consentie, selon une nouvelle version des faits apportée par le codétenu de Sid Ahmed Rezala. Entre deux crises d'épilepsie, Sid Ahmed détruit plusieurs fois sa cellule et n'échappe pas aux diverses sanctions disciplinaires« Le mal ne doit pas m'atteindre ». À , en 1994, « Sid » fuit la guerre en Algérie. Et dérape vite., Libération du 12 janvier 2000.
Au printemps 1996, Sid Ahmed sort de prison et entame un apprentissage de pâtissier, une activité qui lui vaut les éloges de son employeur. Selon le restaurateur marseillais qui avait embauché Sid Ahmed Rezala, il était son « meilleur apprenti ». Les témoignages se recoupent pour dépeindre un garçon « avenant, séducteur, très poli, bien élevé ». « Un garçon un peu introverti, parlant peu de lui. Je ne le sentais pas violent, mais j'avais l'impression qu'il ne vivait pas comme un garçon de son âge », note M. Andrac.
Néanmoins, Sid Ahmed retombe rapidement dans l'errance et la délinquance. Le , Sid Ahmed est condamné à cent heures de travail d'intérêt général pour avoir volé une montre aux abords de la gare Saint-Charles.
En , Sid Ahmed Rezala, armé d'un couteau, blesse un vigile SNCF, qui, prétendra-t-il, voulait s'opposer à son entrée dans une brasserie de la gare.
En , Il agressera violemment un autre agent de la SNCF dans un train de nuit, il dépouillait les passagers, les faits s'étant produits à une vingtaine de kilomètres de la frontière franco/allemande, celui-ci ne sera pas inquiété sur le moment : Le , il sera condamné à une année de prison ferme par le tribunal correctionnel.
Février 1999, il est placé en détention provisoire, toujours à la prison de Luynes. Des codétenus se seraient plaints d'abus sexuels commis par Rezala mais ces affaires seront classées sans suite, faute de preuves. Les surveillants l'ont classé « sujet à risque » : « Il était très agressif envers le personnel, n'acceptait aucune remontrance, il était dangereux, imprévisible, toujours à fleur de peau », raconte un gardien. À mon avis, il ne relevait pas de l'emprisonnement classique, la prison ne pouvait rien pour lui car il lui manque des tas de cases. »Les vies multiples d'Ahmed Sid Rezala, Libération du 20 décembre 1999.
Il sort de prison le et se rend à Amiens pour rendre visite à son ex-compagne de vingt ans avec qui il a eu une petite fille née en 1998. Cette dernière l'a cependant quitté alors que Rezala était toujours en détention, quand elle a su qu'il avait violé un codétenu à la maison d'arrêt de Luynes où Rezala a eu deux affaires de violences sexuelles, qui n'ont pas été instruites : dans un cas, la victime a retiré sa plainte ; dans l'autre, les éléments étaient jugés insuffisantsAhmed Sid Rézala vu à Saint-Quentin. Le serial-killer présumé du train a retiré de l'argent, vendredi, dans l'Aisne., Libération du 21 décembre 1999.
À Amiens, il entame une vague formation dans l'hôtellerie. Il avait également tenté, sans succès, de rentrer dans la Légion étrangère, à Aubagne« …Ils ont vu mes cicatrices sur les avant-bras, j'avais déjà essayé de me suicider en prison, en France, ils m'ont jeté. » Les « aveux » controversés de Sid Ahmed Rezala, LaDepeche.fr, 21 mai 2000. Cependant, il reste toujours aussi instable et continue ses errances dans les trains de toute la France (il est d'ailleurs verbalisé quarante-deux fois pour ne pas avoir acheté de billet de transport), vivant d'expédients, de vols à l'arraché, de dealRezala : l'insoutenable confession, Le Figaro magazine du 20 mai 2000 et de la prostitutionLisbonne, terminus de Sid Ahmed Rezala. Le présumé tueur des trains a été arrêté hier « sans violence », Patricia Tourancheau, Libération du 12 janvier 2000.
Sid Ahmed Rezala est suspecté d'au moins trois meurtres de jeunes femmes : s'il refuse de les reconnaître sur son procès-verbal face à la police, il les avoue plus tard à Aziz Zemouri, journaliste du Figaro MagazineL'étonnante confession de S.A. Rezala, Nouvelobs.com, 19 mai 2000. Ce dernier parvient à entrer facilement en contact avec Rezala, se faisant passer pour le beau-frère de ce dernier auprès des gardes portugais. Il lui révèle que : Il a appris par la presse qu'il était recherché, Le Nouvel Observateur du 3 février 2000.
Isabel Peake Isabel PeakeIsabel Peake sur news.bbc.co.uk, jeune Britannique de vingt ans étudiant en France, est assassinée le dans le train Limoges-Paris alors qu'elle compte se rendre en Angleterre. Selon des témoins, elle rencontre Rezala en gare de Limoges. Dans le train, ce dernier tente vainement de la violer avant de la jeter, probablement toujours vivante, par la fenêtre du train en marche (roulant à près de ). Isabel Peake meurt sur le coup, sa tête heurtant un pylône. Son corps désarticulé est retrouvé à la gare de Chabenet du côté de Châteauroux. Les résultats de l'autopsie, difficile à cause de la violence du choc et l'état du cadavre, ne permettent pas de savoir, entre autres, si la victime a eu des rapports sexuels juste avant de mourir. Une reconstitution spectaculaire de la chute du corps défenestré du train est réalisée sous la supervision du cascadeur Rémy JulienneRémy Julienne, 50 ans de cascades, documentaire 2016, diffusé le 14 Février 2017 sur france5.
À propos d'Isabel Peake, Rezala raconte : Les terrifiants aveux de Rezala, LaDepeche.fr, 20 mai 2000.
Émilie Bazin Émilie Bazin est une jeune étudiante de vingt ans qui aurait eu une brève aventure avec Rezala en et dont le corps est retrouvé le de la même année dans une cave d'Amiens, rue Jules-Lefebvre, sous le propre petit appartement de Rezala. Ce dernier laisse ses traces : dans la cave, un mégot de cigarette à rouler et du sperme sur le corps de la victime ; dans l'appartement, du sang de la victime sur les murs. La victime a certainement été frappée avant d'être étranglée avec une chemise en jean retrouvée autour du cou du cadavre.
Une voisine et amie de Rezala, logeant à l'étage du dessus, dira plus tard avoir entendu des cris et des coups vers / ; d'autres témoins disent avoir entendu vers minuit du bruit dans les escaliers comme si l'on descendait une grosse malle (certainement Rezala descendant le cadavre). L'autopsie réalisée sur le cadavre de la victime conclura au fait qu'elle était morte étranglée et que son agresseur avait eu une relation sexuelle avec elleL'ADN de Rezala l'accuse formellement, Le Parisien du 30 août 2000.
A propos de ce meurtre qu'il avoue plus tard de sa prison portugaise, il dit à Aziz Zemouri du Figaro Magazine : .
Corinne Caillaux