Liste des ponts de Vérone sur l'Adige, ordonnés d'amont en aval.

Pont-digue de Chievo

Connu par les Véronais sous le nom de Diga del Ceo (ou ponte della Diga), l'ouvrage est, en allant de l'amont vers l'aval, le premier des quatorze ponts qui enjambent l'Adige à Vérone. Ce pont à voûtes, qui permet le passage des piétons, est constitué de huit arches d'une ouverture de , soutenues par sept piles de , et barrées par des vannes servant à la régulation du niveau de l'Adige. Longue de la passerelle est bâtie en béton armé, revêtu presque entièrement de briques rouges, sauf la base des piles et le profil inférieur des arches qui sont en pierre blanche. Son tablier est ponctué de huit tourelles dont quatre portent des casemates en tôle. L'ouvrage est complétée par une petite écluse destinée, à l'origine, au passage des embarcations fabriquées à Pescantina et vendues aux pêcheurs de la lagune de Venise. Les travaux de construction du pont-digue de Chievo ont débuté en , sur un projet de l'ingénieur Gaetano Rubinelli. Il a été inauguré le et réhabilité en . Sa construction avait initialement pour objectif d'élever le niveau des eaux afin d'augmenter la force hydraulique de la dérivation connue sous le nom de canal Camuzzoni, qui alimentait en énergie électrique les industries installées au sud de la ville (moulins Consolaro, papeteries Fedrigoni, Cotonificio veneziano, qui financèrent, avec la municipalité, la construction du pont-digue)..

L'ouvrage fait également fonction de digue contre les crues de l'Adige. Lors de la catastrophe de , Vérone ne doit son salut qu'à la Diga del Ceo, alors que la crue descendant du Trentin charrie avec elle boue, troncs, toits, charognes et voitures fracassées, et que le débit de l'Adige passe à 2,5 millions de litres à la seconde, l'eau effleurant alors pendant plusieurs jours les voûtes des ponts les plus hauts.

Pont du Saval Assurant le passage de la route nationale 12, le ponte Unità d'ItaliaIl a été baptisé ainsi en 2012, pour célébrer les cent cinquante ans de l'unité italienne. est connu par les Véronais sous le nom du quartier où il se trouve : le Saval. C'est un ouvrage de de long en béton armé précontraint, avec finition béton en face visible. Il s'agit d'un pont à poutre de type Gerber, composé de trois arches, deux latérales d'une ouverture de , une centrale de . Le tablier est supporté par six nervures longitudinales, d'épaisseur variant de 18 à et espacées de avec, en partie basse, des renforts de de large, le tout encadré par deux voiles de béton latéraux de d'épaisseur. L'ouvrage, dessiné par l'ingénieur Bruno Gentilini et l'architecte Antonio Pasqualini, a été inauguré en 1971, pour assurer la distribution, en les écartant du centre urbain, des flux arrivant de Milan, Modène et Rovigo et se dirigeant vers le col du Brenner.

Ponte della Catena Historiquement, le ponte Catena (ou ponte Catena, « pont de la Chaîne ») était, à Vérone, le pont le plus en amont sur l'Adige. Son nom vient de la chaîne qui était autrefois tirée en travers du fleuve pour empêcher les contrebandiers de descendre l'Adige de nuit sans payer le péage installé sur le pont.

Le pont actuel, inauguré en 1929, est un pont à poutre de de long, en béton armé et ciment granit, composé de trois arches, une centrale dont l'ouverture est de , et deux latérales de . Il a été bâti en 1929 pour assurer la connexion avec l'Ospedale maggiore et avec le nord de l'Italie.

Il relie la rive gauche de l'Adige aux quartiers du Saval et de Borgo Milano.

Ponte del Risorgimento Le ponte del Risorgimento (ou ponte Risorgimento) est un ouvrage de de long, incliné de 10°20' par rapport aux berges. Il s'agit d'un pont à poutre, en béton armé visible, composé de trois archesLe cahier des charges imposait comme modèle le ponte Catena., une centrale d'une ouverture de , et deux latérales de . La structure est formée d'un caisson pluricellulaire (cinq cellules centrales quadrangulaires et deux cellules latérales triangulaires). Le pont a été réalisé entre 1966 et 1968, sur un projet de l'ingénieur Pierluigi Nervi, dans le cadre d'un projet ambitieux — mais sans lendemain — de connexion entre le centre historique et le quartier de San Zeno, avec pour prolongement, via un axe routier à trafic dense, la nationale Vérone-Peschiera-Brescia.

Pont Scaliger

thumb|upright=0.8|Le Pont Scaliger et le Castelvecchio. Le pont Scaliger (Ponte Scaligero ou Ponte di Castelvecchio), est un pont médiéval fortifié qui fait partie du Castelvecchio. D'une longueur de ce pont à voûtes est composé de trois arches d'ouverture décroissante de la rive droite vers la rive gauche (, et ), soutenues par deux piles pentagonales en forme de rostres mesurant respectivement et . La grande arche de détint en son temps le record d'ouverture pour un pont en arc.

Le pont fut construit en trois ans, de 1354 à 1356, sur ordre de Cangrande II della Scala, qui entendait ainsi s'assurer un moyen de quitter la ville par le nord. Après avoir franchi sans encombre cinq siècles d'histoire, il fut totalement détruit le par les troupes allemandes en retraite. Il fut reconstruit à l'identique après la guerre, à l'exclusion de la tour gauche, d'époque postérieure aux Scaliger. Les travaux furent achevés en 1951.

Ponte della Vittoria

Le ponte della Vittoria est un pont à poutre en béton armé de de long, recouvert d'un parement fait de calcaire rosé et gris de Vérone et de trachyte grise des monts Euganéens. Il est composé de trois arches d'ouvertures décroissante de gauche à droite : , et . Décidé par l'administration communale le Et inauguré en 1929., conçu par l'architecte véronais Ettore Fagiuoli et l'ingénieur Ferruccio Cipriani, il a été bâti pour relier le centre historique de Vérone avec la zone de la Campagnola et pour commémorer les victimes de la Première Guerre mondiale et la victoire de Vittorio Veneto.

À chaque extrémité du pont, deux socles monumentaux portent chacun un groupe de statues équestres symbolisant la victoire. Les bases des piédestaux portent des plaques de marbre gravées où figurent des extraits des bulletins de l'armée, dont celui de la victoire. Partiellement détruit lors de la retraite de l'armée allemande en 1945, il fut reconstruit à peu près à l'identiqueDans un premier temps, les sculptures, qui avaient fait l'objet d'un procès en impudicité, ne furent pas réinstallées sur les socles. Les terrasses panoramiques ne furent pas reprises dans le nouveau pont. et à nouveau inauguré le .

Pont Garibaldi

Le pont Garibaldi est un pont à poutre de de long en béton armé. Il est recouvert d'un parement fait de calcaire rosé et gris de Vérone et de trachyte grise des monts Euganéens. L'ouvrage est composé de trois arches, une centrale d'une ouverture de , et deux latérales de . Un premier pont a été réalisé en 1864 par une entreprise vénitienne, pour relier au centre historique la zone de la Campagnola auparavant assujettie aux bacs et aux passeurs.

Le premier pont ayant été détruit, un second ouvrage, édifié par une entreprise anglaise, le remplace. On y prélève alors, jusqu'en 1913, un péage de de lire par piéton. Le pont est démoli en 1934 pour faire place, l'année suivante, à un ouvrage en béton armé, posé sur des piles de pierre et agrémenté de quatre sculptures de Ruperto Banterle, représentant le Condottiere, le Passeur, la Mère et l'Agriculture.

Le pont Garibaldi, comme les autres ponts de Vérone, est détruit dans la nuit du , par l'armée allemande en retraite. Il est remis en état en 1947.

Ponte Pietra

thumb|upright=0.8|Le ponte Pietra. Le pont de pierre ou ponte Pietra, autrefois appelé pons marmoreus (« pont de marbre »), est le seul pont d'époque romaine conservé à Vérone. Le gué sur l'Adige intégré à la Via Postumia, probablement à l'origine de la fondation et du développement de la ville, fut remplacé par un pont de bois, sans doute à l'époque augustéenne, pour enfin laisser place au pont de pierre à cinq arches parvenu jusqu'à nous, après bien des remaniements.

Au il est paré d'un revêtement de marbre. L'arche du côté de la cité (rive droite) a été reconstruite en 1298, par Alberto I della Scala, en même temps que la tour attenante qui commandait l'entrée de la ville. En 1520, il est modifié sous la direction de Giovanni Giocondo. La reconstitution moderne d'après 1945 est fidèle à la structure d'origine. Les deux premières arcades touchant à la rive gauche sont romaines, en blocs de calcaire blanc d'origine locale. La pile qui les sépare est percée d'un fenêtre (c'était auparavant le cas de chaque pile) destinée à briser la force du courant en cas de crue. Les deux arcades centrales remontent probablement à 1520. L'arcade qui touche à la rive droite est surmontée d'une tour en brique datant de 1298. Quatre des arches, détruites en 1945 lors de la retraite des troupes allemandes, furent reconstruites avec les pierres récupérées dans le lit du fleuve. Les travaux, commencés en 1957, se sont achevés en 1959..

L'emploi de matériaux variésCalcaire blanc pour la partie romaine originale, brique rouge pour la partie reconstruite à l'époque des Scaliger. aux diverses couleurs, donnent au pont un charme pittoresque.

L'ouvrage est un pont à voûtes, long de et large de . Il est constitué de cinq arches, deux latérales d'une ouverture de et trois centrales de .

Ponte Nuovo del Popolo

Le ponte Nuovo del Popolo (ou ponte Nuovo, un temps dénommé ponte Umberto) est un pont à poutre de trois arches, la centrale de d'ouvertures, les latérales de . L'ouvrage fait de long. il est en béton armé recouvert d'un parement fait de calcaire rosé et gris de Vérone et de trachyte grise des monts Euganéens.

L'existence du pont remonte au Moyen Âge (il est cité pour la première fois en 1179). Il a été bâti pour relier le quartier de Santa Maria Antica avec l'île San Tommaso. D'abord construit en bois, il s'effondre en 1239, et n'est reconstruit qu'en 1299, sur des piles de pierre, sur ordre d'Alberto I della Scala, avec un pont-levis et une tour de garde. En 1334, il est pris dans un incendie qui n'épargne que les piles. Deux ans après, il est rebâti, sur ordre de Mastino II della Scala en pierre et en brique. Emporté par une inondation en 1430, il est remplacé par un pont de bois jusqu'au . En 1529, il est totalement rebâti sur un projet de Michele Sanmicheli. En , il est emporté par une crue de l'Adige. il est reconstruit l'année suivante, sa structure en acier ne comportant alors qu'une seule arche. Il est restructuré plusieurs fois, notamment pour accueillir les rails du tramway, mais se révèle inadapté aux exigences de la circulation et la ville décide de le remplacer. Le pont actuel, qui date de 1939, est légèrement en aval des ponts d'origine. En 1945, il a été endommagé, comme les autres ponts de Vérone, par le sabotage de l'armée allemande en retraite.

Ponte Navi

Le ponte Navi (souvent appelé ponte delle Navi) est un pont à poutre en béton armé revêtu d'un parement de briques, sauf les piliers, parés de pierre blanche. L'ouvrage est long de et large de environ. Il est composé de trois arches égales d'une ouverture de .

Le premier pont construit à l'emplacement du ponte Navi a été érigé en 895 à la demande du roi Bérenger Ier de Frioul († 924) pour mettre en communication l'île San TommasoL'île San Tommaso est alors bordée à l'ouest par le cours de l'Adige et à l'est par le canal dell'acqua morta. Ce dernier va être couvert par la suite, rattachant l'île aux quartiers est de la ville. avec le quartier qui s'étendait alors autour de l'église de San Vitale et avec le quartier San Fermo. Alors situé hors les murs, initialement construit en bois, il est emporté par les crues en 1087, en 1153Paride da Cerea parle d'un effondrement en 1153, dû à la même inondation qui emporte la dernière pile du ponte Postumio (aujourd'hui disparu), et d'un autre le 3 octobre 1239, confirmé par des inscriptions conservées à Santo Stefano et à San Zeno., et reconstruit à chaque fois.