L’abbé Placide Guillermic, surnommé , (né le à Plounez, mort le à Bégard), est un curé et chanoine catholique mythifié par les croyances des Bretons. Peu d'informations biographiques sont connues à son sujet, mais les témoignages évoquent les exorcismes que ce recteur de Bégard pratiquait au Menez Bré dans la chapelle Saint-Hervé. Anatole Le Braz collecte un récit selon lequel possède la connaissance de la vie et de la mort et des pouvoirs surnaturels, lui permettant de se réincarner indéfiniment, de commander aux démons et au vent. Selon Claude Sterckx, est l'un des rares personnages issus du folklore breton que l'on puisse rattacher directement à des thèmes de la mythologie celtique, en particulier à Merlin.
Étymologie En breton, Dans les ouvrages anciens, on trouve parfois écrit ou (orthographes de l'époque). signifie « vieux papa » ; c'est un terme affectueux pour les personnes âgées. D'après le collectage d'Anatole Le Braz, ce nom fut donné à l'abbé parce qu'il s'adressait à ses paroissiens en leur disant , soit . Le surnom a fini par lui rester ..
Biographie vignette|La chapelle Saint-Hervé, où pratiquait ses séances d'exorcisme D'après l'état civil, Placide Marie Guillermic est né à Plounez le , de Jean Guillermic et Françoise Le Calvez..Une source des Annales de Bretagne affirme qu'il avait 92 ans en 1869, ce qui le ferait naître onze ans plus tôt, en 1777. Mais cette information semble fausse. Voir . La naissance en 1788 est en effet confirmée par Daniel Giraudon (voir )..
Un récit est collecté en 1886 à Penvénan, de la bouche d'un certain Baptiste Geffroy qui le décrit comme .. Gwenc'hlan Le ScouëzecGwenc'hlan Le Scouëzec (ill. Jean-Robert Masson), Bretagne terre sacrée: un ésotérisme celtique, Éd. de Beltan, 1986, . et Dominique BesançonAnatole Le Braz et Dominique Besançon, La légende des saints bretons: d'après la tradition populaire, coll. Bibliothèque celte, Terre de brume, 1997, , . précisent que plusieurs personnes de l'époque gardent un fort souvenir de cet abbé, réputé être un « grand thaumaturge ». D'après les archives départementales des Côtes-du-Nord, il est le recteur de Bégard de 1838 à 1873.. , sous le nom officiel de « monsieur Guillermic », pratique au milieu du des séances d'exorcisme très impressionnantes au sommet du Menez Bré dans la chapelle Saint-Hervé, durant lesquelles il , avant Claude Arz, Voyages dans la France mystérieuse, coll. Ésotérisme et spiritualité, Place Des Éditeurs, 2011, , p. rech. Abbé Guillermic.. Il s'agit de la messe de trentaine, dite , pratiquée à minuitAlain Dag'Naud, Guide des lieux insolites et secrets de Bretagne, Éditions Jean-Paul Gisserot, 2002, , .. L'abbé semble avoir été un spécialiste de ces séances d'exorcismeChristian Bougeard, Côtes-d'Armor, coll. Encyclopédies régionales, éditions Bonneton, 1992, , .. Il meurt le , à 85 ans.
Légende
De son vivant, a sans doute incarné le prêtre exorciste idéal, une personne très proche de ses paroissiensAnatole Rivoallan, Présence des Celtes, coll. Amateur averti, La Découvrance, 1957, , .. Il a été transformé par l'imagination populaire en un personnage doué de pouvoirs surnaturels : lui sont attribués les pouvoirs de dompter les fantômes, d'enfermer les mauvaises âmes dans le corps d'un animal et de sauver celles des morts.. Le recteur de Plounez écrit vers 1880 qu'Yves (sic) Placide Marie Guillermic est devenu aveugle en bas âge, mais en a été guéri par miracle.. Une autre légende affirme qu'avec le prêtre de la région de Lannion Cloarec Prat, et une troisième personne aussi intelligente qu'eux deux, Placide Guillermic aurait pu empêcher le vent de soufflerDaniel Giraudon et Jakez Monant, « Le réel et l’imaginaire » dans Tud ha Bro, Mondes paysans, . ..
Son âge canonique est à l'origine d'une autre partie de sa légende, puisque Baptiste Geffroy précise que « n'avait été connu que vieux », dix fois mort et dix fois ressuscité, car Dieu avait confié à ce prêtre « autant de pouvoirs qu'au Pape ». Il aurait possédé les secrets de la vie et de la mort, conversant avec les Diables de l'enfer en passant sa tête dans le soupirail. Lors d'une enquête personnelle, Daniel Giraudon recueille le récit d'une femme née en 1897 à Tréglamus, affirmant que avait reconnu dans une personne décédée un damné, ce qui lui valut un procès de la famille du défunt. Pendant ce procès, énuméra les diables, provoquant l'arrivée d'une nuée de corbeaux qu'il interrogea en leur donnant une graine de lin à chacun..
est donc vu comme un personnage omniscient possédant la maîtrise et la connaissance des éléments et des réincarnations, comme Merlin et le druide irlandais Fintan.Par ailleurs, une tradition bretonne collectée par François-Marie Luzel veut que Merlin ait fini sa vie au sommet du Menez Bré, voir .. À ce titre, bien qu'il s'agisse à l'origine d'une personne vraisemblablement bien réelle, il peut être rattaché à la mythologie celtique..
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Catégorie:Mythologie celtique bretonne Catégorie:Naissance dans la province de Bretagne Catégorie:Décès dans les Côtes-du-Nord Catégorie:Naissance en janvier 1788 Catégorie:Décès en avril 1873 Catégorie:Prêtre catholique breton Catégorie:Prêtre catholique français du XIXe siècle Catégorie:Personnalité bretonne du XIXe siècle Catégorie:Décès à 85 ans