Le lieutenant-colonel Robert Blair Mayne, dit Paddy Mayne, né le et mort le , est un officier de l'armée de terre britannique. C'est l'un des trois membres fondateurs (avec Jock Lewes et David Stirling) du Special Air Service (SAS) pendant la Seconde Guerre mondiale, après laquelle il suit une carrière d'avocat. Sportif accompli, il pratique la boxe en amateur, à haut niveau ; il est également sélectionné pour l'Irlande et les Lions britanniques au rugby à XV.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Mayne devient l'un des soldats les plus décorés de l'armée britanniqueThe Oxford Companion to World War II, Oxford University Press, 2001 paperback edition, , 'Special Air Service'. Il s'est vu refuser de manière controversée une Croix de Victoria.

Jeunesse et activités sportives Robert Blair Mayne naît à Newtownards, dans le comté de Down, en Irlande (aujourd'hui l'Irlande du Nord). C'est le sixième de sept enfants d'une famille protestante. Les Mayne étaient d'éminents propriétaires fonciers qui possédaient plusieurs commerces de détail dans la ville. Il est prénommé Robert Blair en l'honneur d'un cousin germain, officier dans l'armée de terre. La maison familiale, à Mount Pleasant, est située sur les collines au-dessus de Newtownards.

Mayne fréquente la Regent House Grammar School, où son talent pour le rugby à XV se révèle à l'adolescence. Il joue également au cricket et au golf et fait preuve d'aptitude en tant que tireur dans le club de tir. À la sortie de l'école, il étudie le droit à l'Université Queen's de Belfast afin de devenir avocat. Pendant ses études universitaires, Mayne est élève-officier avec le contingent de l'Université Queen's, Belfast, de l'Officers' Training Corps.

Pendant ses études universitaires, il se lance dans la boxe et devient champion poids lourd des universités irlandaises en . Il atteint la finale du championnat universitaire britannique, pour être finalement battu aux points. Au golf, avec un handicap de 8, il remporte la Coupe du Président du club de Scrabo l'année suivante.

Sa première sélection pour l'équipe irlandaise de rugby à XV a lieu en 1937, lors d'un match contre le Pays de Galles. Après avoir été sélectionné à cinq autres reprises pour l'Irlande au poste de deuxième ligne, Mayne est sélectionné pour la tournée des Lions britanniques de 1938 en Afrique du Sud. Bien que les Lions perdent le premier match, un journal sud-africain juge que Mayne joue . Il joue dix-sept des vingt matches provinciaux et les trois test-matches. À son retour d'Afrique du Sud, il rejoint le club Malone RFC à Belfast.

Lors de cette tournée sud-africaine de 1938, la nature exubérante de Mayne fait grand bruit : il dégrade les chambres d'hôtel de ses coéquipiers, laisse échapper provisoirement un condamné avec lequel il s'était lié d'amitié et qui travaillait à la construction du stade Ellis Park, ou encore il s'échappe d'un dîner officiel pour partir chasser l'antilope.

Au début de 1939, Mayne obtient son diplôme de l'Université Queen's et rejoint le cabinet George Maclaine & Co à Belfast, après avoir été stagiaire au TCG Mackintosh pendant les cinq années précédentes.

Dans son activité sportive en 1939, Robert Mayne reçoit des éloges pour les trois matches qu'il a disputés avec l'équipe d'Irlande, comme l'atteste un reportage d'époque : .

Deuxième Guerre mondiale vignette|Paddy Mayne avec les Royal Ulster Rifles.

Missions initiales En , avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Paddy Mayne avait rejoint la Réserve supplémentaire à Newtownards et devient officier dans la Royal Artillery. Il fut affecté à la 5 Light Anti-Aircraft Battery, au 8th Anti-Aircraft Regiment, celui-ci devenant plus tard le 8th (Belfast) Régiment antiaérien lourd. Lorsque la batterie a été affectée au 9th Anti-Aircraft Regiment (plus tard 9th Heavy AA Regiment de Londonderry) pour le service outre-mer, Mayne a été transféré au 66th Light AA Regiment en Irlande du Nord. En , il est de nouveau muté, cette fois aux Royal Ulster Rifles.

À la suite de l'appel de Churchill à former une force de commandos pour des assauts nommés « boucher et verrouiller » après l'évacuation de Dunkerque, Mayne se porte volontaire pour le nouveau Commando n°11 (écossais). Il connaît son premier engagement en en tant que sous-lieutenant avec le 11 Commando, pendant la campagne Syrie-Liban. L'officier mène avec succès une section d'hommes lors de la bataille du fleuve Litani au Liban contre les forces françaises de Vichy. L'opération était commandée par le major Dick Pedder, du Highland Light Infantry, tué au combat. Paddy Mayne remplit courageusement sa mission d'assaut et reçoit une citation militaire britannique.

Transfert au SAS Mayne est alors recommandé au capitaine David Stirling par son ami le lieutenant Eoin McGonigal, collègue officier du Commando (Écossais) n°11 et l'un des premiers volontaires du Special Air Service (SAS), unité alors simplement connue sous le nom "d'unité de parachutistes". On a longtemps cru que lorsque Stirling l'a rencontré pour la toute première fois, Mayne était en état d'arrestation. Il aurait frappé son supérieur, le lieutenant-colonel Geoffrey Charles Tasker Keyes le soir du , à Salamis au mess des officiers du Commando (Écossais) n° 11 sur l'Île de Chypre. Cependant, selon ce qu'il écrit dans son journal personnel, Geoffrey Keyes indique qu'il avait passé la nuit ailleurs, n'arrivant à Salamis que le lendemain des faits, le . Keyes écrit avoir mené une enquête établissant que Mayne était bien coupable d'une l'agression et que sa victime était un autre officier du Commando, le major Napier. En effet, Mayne ne supportait pas Napier, lui faisant grief de son absence au Liban lors du combat de la rivière Litani et de plus, selon Michael Asher un membre actif du Commando N°11, Napier avait abattu le chien de Mayne alors que celui-ci était absent. Mayne qui était attaché à ce fidèle animal de compagnie était furieux. Le même journal de Keyes précise que, le soir du , après avoir beaucoup bu au mess, Mayne avait attendu le retour de Napier à sa tente et l'avait agressé. Dans son journal, Geoffrey Keyes indique clairement que le , pour répondre son acte, Mayne parut devant le brigadier général Rodwell commandant en second du bataillon. Avec effet immédiat, la sanction prise à son encontre fut le renvoi du Commando N°11. Le journal du lieutenant-colonel Geoffrey Charles Tasker Keyes ne mentionne toutefois pas d'arrestation. "Libéré" du Commando, il rejoint alors Stirling et le nouvellement créé SAS.

SAS – 1941 et 1942 De à la fin de 1942, Mayne a participé à de nombreux assauts nocturnes en profondeur derrière les lignes ennemies, dans les déserts d'Égypte et de Libye. Le SAS y a fait des ravages en détruisant de nombreux avions ennemis au sol. Mayne a été le pionnier de l'utilisation de jeeps militaires pour mener des attaques surprises suivies de fuites rapides, en particulier contre les aérodromes de l'Axe. Il a été dit qu'il avait personnellement détruit jusqu'à cent avions.

Son premier assaut réussi à Wadi Tamet (Libye) le où des avions et des stocks d'essence ont été détruits, a contribué à maintenir le SAS en existence, après l'échec du précédent derrière les lignes ennemies. Pour sa participation à celui de Wadi Tamet, Mayne a reçu la médaille de l'Ordre du service distingué (DSO). Il a également reçu une citation militaire britannique le .

À propos de l'attaque de Tamet, son rapport officiel note :

Mayne a pris part à l'assaut du SAS le plus réussi de la guerre du désert. Dans la nuit du , avec dix-huit jeeps armées, lui et Stirling ont attaqué l'aérodrome de Sidi Haneish. Évitant d'être détectés, ils ont détruit jusqu'à quarante avions allemands, s'échappant en perdant seulement trois jeeps et deux hommes tués.

Commandant Après la capture de David Stirling en , le 1st SAS Regiment a été réorganisé en deux parties distinctes, le Special Raiding Squadron (SRS) et la Special Boat Section (l'ancêtre du Special Boat Service ). Mayne a alors été parachuté une semaine sur l'île de Chamili dans le cadre d'une mission de renseignement, afin de vérifier si les allemands n'y avaient pas installé de matériel militaire puis, en tant que major, il a été nommé commandant de l'escadron spécial. Il a dirigé l'unité en Sicile et en Italie continentale jusqu'à la fin de 1943. En Sicile, Mayne a reçu une barrette pour sa DSO. La citation officielle se lit comme suit :

En , Mayne est promu lieutenant-colonel et nommé commandant du régiment SAS reformé. Il dirige ensuite le SAS avec une grande efficacité lors des dernières campagnes de la guerre en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et en Norvège, faisant souvent campagne aux côtés de résistants locaux, dont le maquis français. En reconnaissance de son autorité et de son courage en France, où il s'est entraîné et a travaillé en étroite collaboration avec la Résistance française, Mayne a reçu la deuxième barrette pour sa DSO. La citation officielle indique :

Au cours de la guerre, il est devenu l'un des soldats les plus décorés de la British Army titulaire de la DSO avec trois barrettes.

Recommandation pour la Croix de Victoria Mayne a participé aux campagnes en Sicile, en Italie continentale et en Europe du Nord-Ouest. Il a ensuite dirigé deux escadrons de jeep blindées à travers les lignes de front vers Oldenburg en Allemagne. Il a sauvé ses hommes blessés. Il a éliminé une position de mitrailleuse allemande dans un village local. Une citation, approuvée par le maréchal Bernard Montgomery, commandant du 21e groupe d'armées allié, a été émise recommandant Mayne pour la Croix de Victoria.

Le succès dans sa mission pour ouvrir la voie à la 4e Division (blindée) canadienne et pour semer la désorganisation parmi l'ennemi était dû à son « brillant leadership militaire et à son sang-froid calculateur » et à un « simple acte de bravoure » qui « chassa l'ennemi d'un village clé fortement tenu, brisant ainsi la barrière des défenses ennemies dans l'ensemble de ce secteur."Halliday, Hugh Valour Reconsidered: Inquiries into The Victoria Cross (Robin Brass Studio Inc, Toronto, ON, 2006) Appendix E. Suivant une pratique courante de l'époque, la récompense sollicitée a été accordée à un niveau inférieur ; Mayne a seulement reçu une troisième barrette à sa DSO (soit quatre récompenses militaires en tout)Halliday, Hugh Valour Reconsidered: Inquiries into The Victoria Cross (Robin Brass Studio Inc, Toronto, ON, 2006) Halliday mentions several other downgraded VC nominations and discusses the changing standards and conditions of award of the VC over time, including many examples of VCs downgraded to lesser awards in the Second World War..

Le major-général Sir Robert Laycock, chef des opérations combinées d'après-guerre, a écrit :

Les contemporains de Mayne se sont demandé pourquoi il n'a pas reçu la Croix de Victoria. L'affaire a atteint son paroxysme lorsque, après une campagne publique, la question d'une récompense posthume a été portée devant le Parlement britannique. Une Early Day Motion présentée à la Chambre des communes en et appuyée par plus de 100 députés stipulait également que :

Le gouvernement britannique a refusé de rouvrir l'affaire, bien que l'association Blair Mayne se soit engagée à poursuivre sa campagne pour que la Croix de Victoria soit décernée rétrospectivementHalliday, Hugh Valour Reconsidered: Inquiries into The Victoria Cross (Robin Brass Studio Inc, Toronto, ON, 2006).

Après guerre vignette|160x160px| La tombe de Robert Blair "Paddy" Mayne. Cimetière de l'abbaye de Movilla à Newtownards. En 1945, Mayne a été recruté pour l'enquête sur les dépendances des îles Falkland en tant qu'adjoint du chef d'expédition Edward W. Bingham. Il a visité les îles Falkland, l'île de la Déception et Port Lockroy.