thumb|400px|Empire byzantin en 1025, à la mort de . vignette|Macédoine dans les thèmes byzantins, en 1045. La dynastie macédonienne (en grec : Μακεδονική Δυναστεία) a régné de 867 à 1057 à Constantinople, soit pendant presque deux siècles. Elle doit son nom à son fondateur, qui naquit dans le thème byzantin de Macédoine (district administratif correspondant à la région d'Andrinople en Thrace)Treadgold (1997) Vasiliev (1928-1935) . Elle a compté plus de vingt souverains, certains accédant au trône par usurpation ou par mariage.

Le nom même de « dynastie macédonienne » a porté à controverse, certains auteurs soutenant que son fondateur était de descendance arménienneCharanis ( 1972) , certains autres slaveTobias (2007) Finlay (1853), ou « arméno-slave »Vasiliev (1928–1935) . C'est pourquoi quelques-uns comme George BournoutianBournoutian (2002) et Mack ChahinChahin (2001) se réfèrent à elle comme à la « dynastie arménienne ».

Cette période, que Georges Ostrogorsky qualifiait d'« apogée de l'Empire byzantin » (en la faisant partir du règne de ), verra après la perte des possessions byzantines d'Italie, les querelles suscitées par la crise iconoclaste et la lutte contre les invasions perses et arabes, un renouveau qui devait se traduire par la création d'une nouvelle zone d'influence chez les Slaves grâce à la christianisation des populations, une renaissance culturelle que l'on a qualifiée de « renaissance macédonienne », caractérisée par la résurgence des idéaux, concepts et formes d'art de l'Antiquité classiqueVoir à ce sujet Treadgold (1997) « Cultural revival » , une croissance économiqueTreadgold (1997) « Economic growth », ainsi qu'une expansion politico-militaire rétablissant la puissance de l'empire en Méditerranée, reculant ses frontières vers l'Est et se soumettant à nouveau les BalkansTreadgold (1997) « The partnership of Emperor and Army » .

Contexte historique La dynastie amorienne n’avait régné qu’un peu moins de cinquante ans, soit de 820 à 867. Cette période avait été marquée par divers conflits religieux dont le principal fut celui de l’iconoclasme qui se terminera lorsque l’impératrice Théodora () rétablira le culte des images. La nomination du haut fonctionnaire Photios comme patriarche marquera le début d’un schisme entre Rome et Constantinople sous . Par ailleurs, si les missions de Cyrille et Méthode contribuèrent à faire entrer les Slaves dans l’orbite de Byzance, le khan bulgare profitera des tensions entre Rome et Constantinople pour affirmer son indépendance en créant une Église nationale.

Sur le plan intérieur, on assistera au sein de l’empire à une extension des thèmes en Orient ainsi qu’à un renouveau du savoir avec des personnages tels que Theoktistos, le César Bardas, Léon le Mathématicien et la création de l’université de la Magnaure, renouveau qui rendra possible la « Renaissance macédonienne ».

Sur le plan extérieur, l’empire s’était recroquevillé sur lui-même, les Arabes continuant leur progression en Crète, en Sicile et dans le sud de l’Italie, sans toutefois faire de gains significatifs en Asie Mineure.

Le dernier empereur de cette dynastie, dit l'Ivrogne (), longtemps tenu à l’écart du pouvoir par sa mère Théodora () délégua pendant nombre d’années les soucis du pouvoir à son oncle, le César Bardas, passant son temps lorsqu’il n’était pas à la guerre à se divertir avec des athlètes parmi lesquels il remarqua un dompteur de chevaux et lutteur extraordinaire du nom de Basile dont il fit son nouveau favori et garde du corpsGregory (2010) Norwich (1994) . Mais Basile n’était pas seulement doté de capacités physiques extraordinaires ; il possédait aussi une ambition débordante. Au cours d'une expédition contre les Arabes, Basile réussit à convaincre que son oncle, le césar Bardas, complotait pour s'emparer du trône et, avec l'accord de l'empereur, Basile assassina celui-ci le Norwich (1994) . Devenu la personnalité la plus en vue de la cour, il fut bientôt investi du titre de césarPour une explication des titres, voir l’article « Glossaire des titres et fonctions dans l’Empire byzantin »., devenu vacant avec la mort de Bardas, et fut couronné coempereur le Treadgold (1997) Norwich (1994) . Toutefois, lorsque porta son attention vers un autre courtisan, Basiliskianos et menaça de lui donner également le titre de coempereur Basile se sentit menacé et, dans la nuit du 23 au , lui et un groupe de compagnons s'introduisirent dans les appartements impériaux et assassinèrent l’empereur. À la suite de la mort de , Basile, déjà couronné coempereur, devint immédiatement basileus, mettant ainsi fin à la dynastie amorienneNorwich (1994) Ostrogorsky (1983) .

() Basile Ier, issus d'un milieu paysan, réussit à s'introduit à la cour de l'empereur Byzantin Michel III. Par son rapprochement, il monte socialement et acquis de hautes qualifications lui permettant d'être nommé co-empereur par l'empereur. Suite à l'attribution de ce prestigieux titre, lui assurant le pouvoir à la mort de Michel III, ce dernier entame les démarches afin d'assassiner celui qui lui a permis, précédemment, d'obtenir ce titre. thumb|300px| Le couronnement de comme coempereur (Manuscrit Madrid Skylitzès).

Il n'y eut que peu de réactions à Constantinople après l’annonce de la mort de , les fonctionnaires lui reprochant son total manque d'intérêt pour les devoirs de sa charge alors que son manque de ferveur religieuse lui avait aliéné la population en général. En dépit du fait qu'il n'ait eu aucune éducation formelle ni expérience militaire ou administrative, Basile montra dès ses débuts qu'il entendait gouverner pour le bien de l'État et, ayant dédié lors de son couronnement sa couronne au Christ, il maintint tout au long de son règne une réputation de piété et d'orthodoxieFinlay (1853) .

Sur le plan domestique, Basile choisit de ne pas répudier l'épouse que lui avait imposée , Eudocie Ingerina. Ayant déjà eu un fils de sa première épouse, appelé Constantin, il s'empressa de couronner celui-ci comme coempereur en 869 et fit de même avec Léon, le fils d’Eudocie dont le père était en 870.

Dès le début de son règne, s'attaqua à une réforme du droit. Première tentative de réforme depuis , l'Eisagoge (en grec : Εἰσαγωγή [τοῦ νόμου], Introduction [à la loi]), aussi appelé Epanagoge (en grec : Ἐπαναγωγή, Mise au point) fut promulgué en 886Kazdhan (1991) « Epanagoge », vol. 1, . Complété sous le règne de Léon VI le Sage et intitulé BasilikaKazdhan (1991) « Basilika », vol. 1, , ce nouveau code demeurera le fondement du droit byzantin jusqu’à la conquête par les Ottomans.

De retour après le long interlude de l’iconoclasme, la paix religieuse avait été compromise dans l’empire par la nomination d’un ancien haut fonctionnaire, Photios, comme patriarche de Constantinople après le renvoi d’Ignace qui avait eu maille à partir avec le César Bardas. Le pape Adrien II avait donné raison aux partisans d’Ignace. Pour rétablir la paix religieuse à l'intérieur de l'empire, Basile renvoya Photios en poste depuis deux mois et rappela Ignace. Ce faisant, Basile cherchait aussi à créer une alliance avec le pape, ainsi qu'avec l'empereur germanique, pour protéger les positions byzantines dans le sud de l'Italie et en Sicile, sérieusement compromises par l'avancée des Arabes qui devaient conquérir Malte en 870Treadgold (1997) . Photios devait toutefois revenir en grâce et, après un court exil, être nommé précepteur des princes Constantin et Léon, avant de succéder à Ignace après la mort de celui-ci en 877.

En politique étrangère, Basile porta d’abord son attention vers la partie orientale de la Méditerranée où des pirates avaient fait leur apparition en 867. Les villes dalmates et les tribus slaves qui avaient vu leurs liens avec Byzance se relâcher pendant la crise iconoclaste firent appel à la marine byzantine qui réussit à refouler les assaillants vers l’Italie du Sud. L'autorité de l'Empire byzantin fut ainsi rétablie sur le littoral oriental de l'Adriatique permettant la création du thème de Dalmatie et une rapide diffusion du christianisme dans la régionOstrogorsky (1983) .

La flotte byzantine put alors porter ses efforts vers le sud de l'Italie pour contrer les Arabes. Mais l’alliance que voulait conclure Basile avec Louis II de Germanie (roi d'Italie : 844 – 876 ; empereur d'Occident : 850 - 876) qui contrôlait le nord et le centre de l'Italie n’eut pas les effets escomptés, Louis II comptant garder pour lui des territoires, comme Bari, que Constantinople voulait reprendreCheynet (2007) Treadgold (1997) .

La tragédie devait frapper en 879 lorsque son fils aîné, Constantin, mourut. Basile promut son fils cadet, Alexandre, au rang de coempereur au même titre que Léon. Les relations avaient toujours été difficiles entre Léon et Basile, l'empereur n'aimant guère ce garçon, fils selon toutes les apparences de et qui montrait plus de dispositions pour l'étude que pour la chose militaire. Aussi, lorsqu’un proche de Photios accusa Léon de vouloir assassiner l'empereur, ce dernier ne dut qu'à l'intervention du patriarche de ne pas être aveuglé. Confiné au palais, il ne fut rétabli dans ses droits que peu avant la mort de Basile le à la suite d'un accident de chasseTreadgold (1997) Cheynet (2007) .

Léon VI (886-912)

thumb|left| Solidus de Léon VI montrant l’empereur avec son fils, le futur Constantin VII.

À la mort de , Léon accéda au pouvoir, partageant théoriquement celui-ci avec son frère Alexandre, mais sans lui donner de rôle dans le gouvernement de l’empireOstrogorsky (1983) Treadgold (1997) .

L'un des premiers gestes de l’empereur sera de transférer en grande pompe les restes de vers le mausolée impérial de l'église des Saints-Apôtres de Constantinople, accréditant ainsi dans l'opinion publique la rumeur selon laquelle lui-même se considérait fils du prédécesseur de BasileFinlay (1853), . Sa propre vie privée devait par la suite créer de graves difficultés entre lui et l’Église. Sur ordre de son père, il avait d'abord dû épouser en 886 Théophano Martinakia, une cousine de sa mère, laquelle délaissée par son mari, mourut dans un couvent en 896 après lui avoir donné une fille. Devenu veuf, il se remaria en 898 avec sa maîtresse de toujours, Tzaoutzina, qui mourut en 899 après lui avoir également donné une fille. Le litige avec l’Église commença en 900 lorsqu’il força le nouveau patriarche, , à lui donner la dispense nécessaire pour un troisième mariage, l’Église d’Orient n’autorisant que deux mariages pour perpétuer la famille. Ce mariage permit la naissance d’un héritier mâle, Basile, qui décéda le mois même de sa naissance. Aux yeux de l’Église, un quatrième mariage était pure fornication. C’est pourquoi épousa en secret Zoé Carbonopsina, avant de la proclamer en public épouse et impératrice. La fureur de l'Église éclata au grand jour. Devant l’intransigeance du patriarche , l’empereur le remplaça par son ancien directeur de conscience, , et sollicita directement du pape l’autorisation nécessaire. De cette union naît en 905 le futur Treadgold (1997) Ostrogorsky (1983) .

Sur le plan intérieur, mena à son terme la grande réforme du droit entreprise sous . Aux Basiliques, écrites en grec, s’ajouta une collection de , les Novelles qui, abolissant les privilèges des curies et du Sénat, concentrèrent l'administration impériale entre les mains du souverain et de la bureaucratie impériale. Parallèlement (et on peut voir là l’influence de Photios), elles définissaient le fonctionnement de l’Église et les rapports devant exister entre l’empereur et le patriarcheOstrogorsky (1983) Treadgold (1997) .