Maria João Pires, née le à Lisbonne, est une pianiste portugaise.

Formée dans sa ville natale puis en Allemagne de l'Ouest, elle est révélée en , lorsqu'elle gagne le concours du bicentenaire de la naissance de Beethoven à Bruxelles. Ensuite, elle s'établit comme une bonne interprète de Mozart et de Schubert.

Elle interrompt et reprend plusieurs fois sa carrière, avant d'y mettre fin en , à .

Biographie

Enfance, formation et concours (1944-1970)

Maria João Pires naît le à Lisbonne. Elle grandit dans une famille farouchement opposée à la dictature de Salazar. Elle donne son premier récital à l'âge de cinq ans, et son premier concert avec orchestre à sept. Elle fréquente le , où ses professeurs sont Campos Coelho et Francine Benoît.

Elle se perfectionne ensuite en Allemagne de l'Ouest, d'abord à Munich auprès de Rosl Schmid, puis à Hanovre avec Karl Engel.

Elle gagne plusieurs grands prix, dont un premier obtenu à Bruxelles en 1970, lors du concours du bicentenaire de la naissance de Beethoven, qui la rend célèbre.

Première partie de sa carrière (1971-1997)

En 1974, elle enregistre l'intégrale des sonates pour piano de Mozart pour le label Denon.

En 1986, elle joue pour la première fois à Londres, au Queen Elizabeth Hall. Quatre ans plus tard, elle est remarquée au Festival de Pâques de Salzbourg.

Entre et , elle réenregistre les sonates pour piano de Mozart, cette fois pour la Deutsche Grammophon, et, la même année, les sonates pour violon du même compositeur avec Augustin Dumay. Elle interprète aussi Schubert, Chopin, ainsi qu'un peu de Beethoven et de Schumann.

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Incident à Amsterdam et suite de sa carrière (1998-2016)

En 1998, Maria João Pires se rend à une répétition générale, publique, d'un concert Mozart-Mahler au Concertgebouw d'Amsterdam. Devant , elle est accompagnée par un orchestre dirigé par Riccardo Chailly. Pour la partie consacrée à Mozart, la pianiste a préparé le Concerto ; mais lorsque l'orchestre commence, elle se rend compte que c'est le qui est au programme. Après quelques minutes où, de toute manière, l'orchestre joue sans le piano, Pires, sans interrompre Chailly et son ensemble, réussit à jouer la bonne œuvre en entier sans fausse note. Comme la répétition a été filmée, l'extrait qui montre le désarroi de Pires puis le début de son interprétation, accompagné par des commentaires de Chailly, est intégré au documentaire qui relance sa notoriété auprès du grand public quelques mois plus tard.

En 2000, elle crée dans sa maison du Portugal le Centre Belgais pour l'étude des arts. Elle y délivre non seulement des leçons de piano, de musique de chambre ou de culture, mais aussi des « leçons de vie ». Les élèves sont invités à y cuisiner et à récolter les fruits du potager.

En 2003, elle fait une apparition au Festival de l'Orangerie de Sceaux (près de Paris), où elle joue en partie à quatre mains avec . Début de la même année, elle participe à l'ouverture de saison de l'Orchestre de chambre de Toulouse à la Halle aux Grains, où elle associe à un Klavierstück de Schubert et au Concerto de Mozart la Sonate pour alto de Chostakovitch. L'été suivant, elle se produit à l'Opéra Berlioz de Montpellier dans le cadre du Festival de Radio France.

En 2006, elle est opérée du cœur, et emménage au Brésilhttps://www.telegraph.co.uk/culture/music/classicalmusic/3664431/Why-I-turned-my-back-on-my-homeland.html. L'année suivante, le ministère espagnol de la Culture lui décerne la médaille d'or du mérite des beaux-arts ..

En 2009, Pires sort un album d'œuvres tardives de Chopin. The Evening Standard note qu'elle se fait rare sur les scènes européennes.

En , elle joue avec l'Orchestre symphonique de Londres dirigé par Bernard Haitink : le , le Concerto de Mozart au Barbican Centre (Londres) et le , le Concerto de Schumann à la salle Pleyel (Paris).

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En , elle se rend au Carnegie Hall (New York), où elle interprète le Concerto de Chopin avec l'Orchestre de Philadelphie sous la baguette de Charles Dutoit.

En , elle clôt la saison de l'Orchestre Philharmonia, au Royal Festival Hall (Londres), en l'accompagnant dans le Concerto de Mozart avec Yuri Temirkanov à la direction. La même année, elle sort un nouvel album consacré à Schubert.

En , elle fait une tournée à quatre mains, notamment à l'Auditorium national de musique de Madrid avec Julien Libeer le et au Wigmore Hall (Londres) avec le . En , elle revient à Londres, cette fois au Royal Albert Hall pour un concert orchestral ; elle est accompagnée par l'Orchestre de chambre d'Europe où elle retrouve Haitink à la direction. En , elle joue notamment le Concerto de Mozart avec l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig dirigé par Chailly, son partenaire de longue date.

En , elle fait une tournée au Canada. Elle est attendue avec l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et Kent Nagano dans le Concerto de Beethoven les et , puis en récital, le à Montréal et le au Club musical de Québec. En , elle donne un concert en duo avec le luthiste Nigel North au Cadogan Hall (Londres), où les deux musiciens jouent notamment la Suite pour luth en sol mineur de Bach. Le , elle joue les deux concertos de Chopin au palais de l'Opéra (La Corogne, Espagne) avec l'Orchestre symphonique de Galice et en , elle donne un récital Beethoven-Schubert à la Philharmonie de Paris.

Derniers concerts et départ en retraite (2017-2025)

En , Maria João Pires joue l'ultime concerto pour piano de Mozart au Grand Théâtre de Provence avec le Scottish Chamber Orchestra dirigé par Robin Ticciati et, le mois suivant, elle revient à la Philharmonie de Paris, mais cette fois accompagnée du quatuor Artemis, lequel ouvre et clôt son récital Mozart par des œuvres de Beethoven et de Schumann.

En , elle rejoue le dernier concerto pour piano de Mozart à la Tonhalle de Zurich en Suisse alémanique avec l'orchestre officiel de la salle, où elle retrouve une nouvelle fois Bernard Haitink, mais son agence annonce qu'elle mettra fin à sa carrière d'interprète en 2018..

En 2018, elle donne un « concert-méditation » au théâtre antique d'Arles dans le Midi de la France avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard.

En 2019, elle continue à enseigner et à jouer pour le Centre Belgais, notamment avec Augustin Dumay.

En , en pleine pandémie de Covid-19 qui perturbe les manifestations culturelles, Maria João Pires est filmée avec un programme Schubert, Debussy et Beethoven au théâtre du Jeu de Paume d'Aix-en-Provence (France) pour figurer dans l'édition en ligne du Festival de Pâques. En , elle apparaît au à la de Hambourg (Allemagne). En , alors qu'elle vit dans le Jura suisse, elle joue Mozart avec Martha Argerich au Victoria Hall de Genève et reçoit le (prix Beethoven).

En , elle donne un récital Schubert, Debussy et Beethoven à l'Arsenal de Metz (Lorraine), et en , elle joue une nouvelle fois le Concerto de Mozart, cette fois avec l'Orchestre de chambre de Bâle sous la baguette de Trevor Pinnock, au festival des Variations musicales de Tannay en Suisse romande. En , elle joue avec l'Orchestre de Valence (Espagne) sous la baguette d' au .

En , elle revient à l'Auditorium national de musique de Madrid avec l'Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, où elle retrouve Pinnock, pour jouer le Concerto pour piano de Beethoven. En , elle donne un récital Schubert-Debussy au de Cleveland (Ohio). En , elle participe au festival Sommets musicaux de Gstaad (Suisse) en interprétant, à l'église de Saanen, Winterreise de Schubert en compagnie du baryton Matthias Goerne.

Les 24 et , elle est, à 79 ans, en concert à la Maison symphonique de Montréal. L'été, accompagnée par l'Orchestre de chambre de Paris sous la baguette de , elle ouvre le Festival de La Roque-d'Anthéron près de Marseille avec le Concerto « Jeunehomme » de Mozart. En , elle est lauréate du Praemium Imperiale. En , elle rejoue le Concerto « Jeunehomme » à la Philharmonie de Paris, avec l'Orchestre royal du Concertgebouw dirigé par Iván Fischer.

Victime d'un léger accident vasculaire cérébral en , Maria João Pires annule ses concerts à venir. Elle annonce par la suite s'éloigner de la scène durant un certain temps. Le , alors qu'elle reçoit à la fondation Calouste Gulbenkian de Lisbonne le Prix Helena Vaz da Silva pour la promotion du patrimoine culturel, et qu'elle est programmée deux fois avec l'Orchestre de la Suisse romande, elle annonce mettre fin à sa carrière d'interprète.

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Distinctions

Discographie

Après ses débuts sous le défunt label japonais Denon, elle enregistre durant quinze ans pour la maison de disques Erato, puis pour Deutsche Grammophon. Dans sa discographie, riche d’une cinquantaine d’enregistrements disponibles, on soulignera :

l’intégrale des sonates pour piano de Mozart parue chez Denon dans les années 1970, rééditée chez Brilliant Classics et réenregistrée trente ans plus tard chez Deutsche Grammophon ; les concertos pour clavier de Jean-Sébastien Bach, dirigés par Michel Corboz, chez Erato ; l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven, interprétées avec Augustin Dumay, chez Deutsche Grammophon ; des concertos pour piano de Mozart, dirigés par Armin Jordan, enregistrés chez Erato, ou plus récemment dirigés par Claudio Abbado, enregistrés chez Deutsche Grammophon ; les concertos pour piano de Chopin, chez Deutsche Grammophon ; l’intégrale des Nocturnes de Chopin, chez Deutsche Grammophon ; des enregistrements de Schumann et Beethoven, parus chez Erato ou Deutsche Grammophon ; Le Voyage magnifique, soit les impromptus D 899 et D 935 de Schubert ; du même Schubert, elle a enregistré aussi plusieurs sonates ainsi que plusieurs œuvres pour piano à quatre mains, dont la célèbre Fantaisie en fa mineur D 940, et à deux reprises : une fois avec Hüseyin Sermet (Piano duets en 1987 chez Erato, rééd. 1995), et une autre fois avec Ricardo Castro (Résonance de l'originaire en 2004 chez Deutsche Grammophon, rééd. 2014).

Références

Liens externes

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