Les opérations aériennes de la coalition internationale en Syrie interviennent depuis le lors de la guerre civile syrienne. Elles sont menées par une coalition internationale menée par les États-Unis contre l'État islamique, ainsi que, dans une moindre mesure, contre d'autres organisations djihadistes comme le Front al-Nosra.

Contexte et préparations

À l'été 2014, les victoires et les massacres de l'État islamique en Irak et en Syrie poussent la communauté internationale à intervenir et une quarantaine de pays planifient la création d'une nouvelle coalition pour affronter l'État islamique. Le , les États-Unis lancent des surveillances aériennes par drones en Syrie, afin de collecter de plus amples informations sur les cibles à frapper.. Cependant le , le président américain Barack Obama avoue .

Déroulement Lancement des frappes upright=1.3|vignette|gauche|Missiles BGM-109 Tomahawk tirés depuis le et le contre des cibles de l'EI en Syrie, 23 septembre 2014.

La nuit du 22 au , l'aviation américaine soutenue par l'Arabie saoudite, la Jordanie et les Émirats arabes unis, intervient pour la première fois en Syrie en bombardant une vingtaine de sites, principalement dans le gouvernorat de Raqqa mais aussi ceux de Hassaké et de Deir ez-Zor. Les frappes détruisent des camps et des dépôts de munitions.

Les Américains engagent des avions de chasse F-15E Strike Eagle, F-16 Falcon et F-22 Raptor et de drones venus de bases aériennes dans la région, de F/A-18 Hornet du et de bombardiers stratégiques Rockwell B-1 Lancer venus du territoire américain tandis que le et le lancent 47 missiles BGM-109 Tomahawk.. Les saoudiens engagent 4 F-15 Strike Eagle, les jordaniens, les émiriens et les bahreïnis des F-16 et les qataris des Mirage 2000.

Selon l'OSDH, 70 à 150 djihadistes de l'EI sont tués dans ces frappes et 200 à 300 sont blessés.

Le Front al-Nosra et le groupe Khorasan, une unité d'Al-Qaïda, sont également visés dans les gouvernorats d'Alep et d'Idleb. Selon l'OSDH, 50 djihadistes et 8 civils sont tués/ Les Américains déclarent que Mohsin Al-Fadhli, le chef de Khorasan, aurait été tué. Une dizaine d'homme de ce mouvement sont tués par les missiles Tomahawk lors des premières frappes, dont Abou Youssef al-Turki, considéré comme l'un des meilleurs snipers au monde.

Poursuite des opérations en 2014 upright=1.3|vignette|gauche|Photographie avant/après d'un centre de commandement de l'EI après une frappe d'un F-22 le 23 septembre 2014.

La nuit du 23 au , aux environs de minuit, l'aviation américaine bombarde les positions djihadistes à près de à l'ouest et au sud de Kobané. Ces frappes viennent en aide aux forces kurdes des YPG qui affrontent alors les djihadistes lors de la deuxième bataille de Kobane.

Le soir du , l'aviation des États-Unis, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ciblent 12 raffineries dans le Gouvernorat de Deir ez-Zor. Selon le Pentagone, ces installations produisent de pétrole par jour et apportent environ 2 millions de dollars par jour à l'EI. Selon l'OSDH, les frappes aériennes tuent au moins 14 djihadistes dans le gouvernorat de Deir ez-Zor et cinq civils, dont un enfant, dans le gouvernorat de Hassaké. La nuit du 25 au 26, de nouveaux raids sont effectués contre des installations pétrolières, ainsi qu'un centre de commandement de l'EI à Al-Mayadine, dans le gouvernorat de Hassaké.

left|thumb|upright=1.3|Appontage d'un F/A-18 Hornet sur le porte-avion , le .

Le 27, la coalition frappe contre sept cibles à Minbej dans le gouvernorat de Homs, à Raqqa, où 31 explosions sont entendues, et près de Kobané, toujours théâtre d'affrontements entre les Kurdes et l'EI. Au moins 23 djihadistes sont tués dans les gouvernorats d'Alep et Raqqa selon l'OSDH. Le 28, quatre raffineries et le centre de commandement et de contrôle de l'EI sont bombardés par la coalition qui détruit également un char d'assaut près de Deir ez-Zor. Le 28, la coalition bombarde une usine à gaz près de Deir ez-Zor et une autre frappe a lieu à Manbidj. La nuit du 29 au 30, la coalition effectue deux frappes sur les forces de l'EI qui assiègent Kobané, et bombarde également Tall Abyad et deux localités du gouvernorat de Deir ez-Zor.

La nuit du 3 au , la coalition effectue des frappes près de Kobané et contre des installations de l'EI et des raffineries de pétrole près de Shadadi, dans le gouvernorat de Hassaké, tuant 35 djihadistes selon l'OSDH.

À partir d'octobre, les forces aériennes de la coalition concentrent une grande partie de leurs frappes pour soutenir les troupes kurdes assiégées à Kobané. Les Américains et leurs alliés y mènent environ 75 % de leurs bombardements en Syrie, cette intervention sauve les défenseurs et leur permet de reprendre progressivement le contrôle de la ville. Selon l'armée américaine, la coalition mène au total 705 frappes sur Kobané du au . sont larguées et touchent leur cibles. Dans un entretien publié le le général américain John R. Allen estime que les frappes aériennes à Kobané ont fait plus de 600 morts dans les rangs des djihadistes.

left|thumb|upright=1.3|Armement d'un F/A-18 Hornet sur le porte-avion , le .

Le , selon l'OSDH, pour la première fois les forces aériennes de la coalition frappent Ahrar al-Sham, une brigade du Front islamique. Ce bombardement a lieu contre un QG, près de Bab al-Hawa. Cependant pour le chercheur Romain Caillet, les frappes visaient plutôt le groupe Khorassan, qui opérait « sous la couverture » d'Ahrar al-Sham.

Le , l'aviation américaine effectue un raid massif en menant au moins 30 frappes à Kobané et au nord de Raqqa, notamment contre l'ancienne base de la division 17. Selon l'OSDH, au moins 18 djihadistes sont tués au nord de Raqqa et 50 autres à Kobané, tant dans les bombardements que dans les combats contre les YPG.

Le , la coalition perd son premier appareil au combat, un avion jordanien est détruit près de Raqqa et son pilote est capturé. L'État islamique affirme avoir abattu l'appareil, mais selon l'armée jordanienne, le United States Central Command et des témoignages recueillis par l'OSDH, il se serait plutôt écrasé à cause d'une panne technique. Le , une opération américaine pour tenter de délivrer le pilote échoue à Raqqa, les hélicoptères des commandos sont pris sous les tirs des djihadistes et contraints de battre en retraite. Le , l'État islamique annonce que le pilote jordanien a été exécuté en étant brûlé vif dans une cage. En représailles, la Jordanie exécute le lendemain deux djihadistes par pendaison : l'Irakienne Sajida al-Rishawi, impliquée dans les attentats du 9 décembre 2005 à Amman et dont l'État islamique avait réclamé la libération, et Ziad Karbouli, membre d'al-Qaïda. Cependant, le , elle libère Abou Mohammed al Maqdissi, le principal idéologue d'al-Qaïda. Le même jour, l'aviation jordanienne mène une série de frappes contre des camps d'entraînement et des dépôts d'armes de l'EI en engageant des .

Opérations en 2015 upright=1.3|thumb|left|Le porte-avions français Charles-de-Gaulle à gauche, la frégate britannique au centre et le porte-avions américain , le dans le golfe Persique.

Au cours de l'année 2015, la coalition intervient en soutien des Kurdes des YPG lors de la bataille de Tall Hamis , la bataille de Tall Tamer , la bataille de Tall Abyad , la bataille d'Aïn Issa , la bataille de Sarrine , la bataille d'al-Hol et l'offensive de Tichrine . Elle appuie également les rebelles lors de combats contre l'État islamique dans la région d'Azaz, lors de la bataille de Suran et la bataille de Marea . Les Américains bombardent également le Front al-Nosra en appui aux combattants de la Division 30 lors du combat de Malkiyé .

Le , l'État islamique déclare qu'une otage américaine, Kayla Mueller, a été tuée par une frappe de la coalition. Le 10, les États-Unis confirment sa mort mais nient qu'elle ait été tuée par un bombardement.

Le , les États-Unis larguent pour la première fois en Syrie des milliers de tracts de propagande, près de Raqqa .

Après un vote au Parlement le , le Canada intervient à son tour en Syrie et mène sa première frappe aérienne le .. Cependant, d'avril à juillet, l'aviation canadienne n'effectue au total que trois frappes..

Le , le bilan d'un raid aérien de la coalition est particulièrement lourd pour les civils. Selon l'OSDH, 62 civils sont tués, dont au moins 19 femmes et 31 enfants après un bombardement à Ber Mahli (ou Birmahle), au nord-est d'Alep. Le , les États-Unis affirment n'avoir aucune indication sur la mort de civils et déclarent au contraire avoir neutralisé plus de 50 combattants djihadistes, ajoutant que les Kurdes des YPG leur avaient certifié qu'il n'y avait pas de civils dans le village. Mais selon l'OSDH, les renseignements des Kurdes étaient erronés, tandis que le porte-parole des YPG nie une quelconque responsabilité et déclare qu'il n'y avait eu aucune coordination avec les Américains dans ce secteur.

Le , la coalition effectue un raid massif à Raqqa en menant 16 frappes aériennes. Elles visent des bâtiments et des redoutes et ont pour but de réduire « la liberté de mouvement » de l'État islamique. Selon l'OSDH, les bombardements font au moins 22 morts, dont seize djihadistes et six civils .

Le , trois jours après l'attentat de Suruç, des affrontements entre l'armée turque et l'État islamique éclatent pour la première fois sur la frontière près de la ville de Kilis. Un soldat turc et quelques djihadistes sont tués. Le même jour, la Turquie autorise les États-Unis à utiliser la base aérienne d'Incirlik pour bombarder l'État islamique. La nuit suivante, trois ou quatre chasseurs F-16 frappent des positions de l'EI en Syrie, dans le village de Havar, et font au moins neuf morts dans les rangs djihadistes selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) . Le 24, la police turque lance une vaste opération antiterroriste dans 13 provinces du pays, au total 590 personnes liées à l'État islamique, au PKK et au DHKP-C sont arrêtées en trois jours . La nuit du 24 au 25, l'aviation turque poursuit ses frappes contre l'EI dans les environs de Jerablus, mais elle mène également des raids au Kurdistan irakien et relance le Conflit kurde en Turquie . Le , les HPG, branche militaire du PKK, déclarent que .

À partir de mi-août, les pays du Golfe cessent leurs opérations aériennes en Syrie et concentrent tous leurs moyens au Yémen, théâtre également d'une guerre civile .

Le , l'Australie annonce avoir mené ses premières frappes aériennes en Syrie .

Le , la France annonce avoir mené ses premières frappes aériennes en Syrie. . Les frappes du sont menées par 6 avions qui détruisent un camp d'entraînement de l'EI à Boukamal, dans le gouvernorat de Deir ez-Zor. 30 djihadistes sont tués dans ce raid selon l'OSDH, dont 12 enfants soldats . Le , deux Rafale frappent un camp d'entraînement à Raqqa, faisant 16 morts parmi les djihadistes selon l'OSDH . Trois autres frappes sont encore menées du 8 au . Puis, le , en représailles aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, 10 chasseurs français effectuent des bombardements massifs en larguant 20 bombes sur un poste de commandement et un camp d'entraînement situés dans la zone de Raqqa . Douze djihadistes sont tués dans ce raid . Le , la France engage le porte-avions Charles de Gaulle .

Le , le Royaume-Uni mène ses premières frappes aériennes en Syrie .

Le , selon l'OSDH, une position de l'armée syrienne est touchée pour la première fois par des bombes de la coalition, les frappes ont lieu à deux kilomètres du village d'Ayache, à l'ouest de Deir ez-Zor, quatre soldats sont tués et 13 blessés. Le régime syrien confirme la frappe et condamne . Mais le colonel Steve Warren, porte-parole de la coalition, conteste ces déclarations et affirme qu'aucune frappe n'a été menée à moins de 55 kilomètres de Deir ez-Zor .

Opérations en 2016 upright=1.3|thumb|Décollage d'un F/A-18 Hornet sur le porte-avions américain , le .