L'église Saint-Sulpice est une église catholique paroissiale située à Béthancourt-en-Valois, dans l'Oise, en France. Elle fut donnée à l'abbaye de Morienval vers le milieu du . L'église romane qui existe à cette époque est alors presque entièrement reconstruite en deux étapes, en ne laissant subsister que le clocher du début du . Dans un premier temps, une longue nef de plan basilical est édifiée, qui n'est pas destinée à être voûtée. Dans un deuxième temps, vers la fin du et au début du siècle suivant, la nef est munie d'un portail occidental décoré d'un nombre particulièrement important de colonnettes à chapiteaux, et un nouveau chœur de deux travées est bâti à l'est. voûté d'ogives contrairement à la nef, il s'accompagne de deux bas-côtés, et se termine par un chevet plat, dont la fenêtre au réseau gothique rayonnant a été aménagé après coup. Dans le chœur, qui est d'une facture assez sobre, l'on remarque notamment la disposition particulier des supports selon le système chartrain, qui n'est pas utilisé ailleurs dans le Valois. À l'époque moderne, les bas-côtés sont reconstruits : celui du nord pendant la première moitié du , et celui du sud au cours du siècle suivant. L'église Saint-Sulpice est inscrite aux monuments historiques par arrêté du ., et a bénéficié d'une restauration à la fin du . Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse de la vallée de l'Automne, dont le principal lieu de culte est l'église Saint-Pierre de Verberie, et des messes dominicales y sont célébrées tous les deux mois, généralement le dimanche à 9 h 00.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sentier Jules-Lengelez, au nord.
L'église Saint-Sulpice est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au nord de Crépy-en-Valois, dans la vallée de l'Automne, sur la commune de Béthancourt-en-Valois, rue de l'Église. Elle est bâtie au bord du plateau qui domine la vallée au sud, en haut d'une pente abrupte. De la sorte, l'église surplombe la partie basse du village, qui est traversée par la RD 322. L'on monte vers l'église par la rue de l'Église, qui se débranche de la RD 922 près de la sortie ouest de Béthancourt, et arrive devant la façade occidentale. Ici se situe un petit carrefour de chemins. La rue de l'Église longe l'élévation méridionale de l'édifice et devient la rue de l'Orme Mon Conseil, et regagne la vallée, plus loin à la sortie est du village, rue des Bourbottes. La rue de Savoie part vers le sud et rejoint la RD 922 en direction de Crépy-en-Valois. En partant depuis le parvis engazonné devant la façade, le sentier Jules-Lengelez, réservé aux piétons, descend directement vers la rue des Bourbottes. Depuis ce sentier, l'on peut apercevoir l'élévation septentrionale de l'église, mais seulement en partie. Une maison y est contigu au nord, perpendiculairement à l'axe de l'édifice, et toute l'élévation septentrionale est enclavée dans des propriétés privées. Il en va de même du chevet, qui n'est visible que de loin, et presque caché par la végétation, et de l'élévation méridionale du chœur, bordée par une maison.
Historique
L'on ignore pratiquement tout de l'histoire de la paroisse, et même sa date de fondation. Elle existe au plus tard au début du ; Jacques Téaldi date en effet le clocher roman des alentours de 1110. L'église est dédiée à saint Sulpice le Pieux, dit aussi Sulpice de Bourges. Vers le milieu du , elle est donnée à l'abbaye Notre-Dame de Morienval, qui est donc le collateur de la cure. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, Béthancourt relève du doyenné de Béthisy, de l'archidiaconé de La Rivière et du diocèse de Soissons. La construction de l'église actuelle commence à la même époque. Dans un premier temps, l'ancienne nef est remplacée par une longue nef de plan basilical, dont le bas-côté nord incorpore le clocher du précédent édifice, dans sa dernière travée. Il n'est pas certain que l'on puisse voir un lien entre la donation à l'abbaye de Morienval et la construction de la nef, sachant que les nefs sont à la charge des paroissiens sous l'Ancien Régime. En plus, la façade n'est pas réalisée dans un premier temps, et l'on se contente d'un mur provisoire. Le style nettement gothique de l'archivolte du portail ne permet pas une datation avant la fin du , bien que les chapiteaux des colonnettes soient de facture plutôt romane : Jacques Téaldi émet à leur égard l'hypothèse qu'ils ont peut-être été récupérés de l'ancienne église.. thumb|upright|Ancien antéfixe de la nef.
En même temps que s'élève la façade, un nouveau chœur est édifié à l'est de la nef. Il comporte seulement deux travées, ainsi que deux bas-côtés, et se termine par un chevet plat. Cependant, il est voûté d'ogives contrairement à la nef. Jacques Téaldi situe sa construction entre 1195 et 1210 environ, mais précise que la grande baie du chevet, munie d'un remplage gothique rayonnant, remonte seulement vers 1230 environ. Certains chapiteaux sculptés de monstres incitent sans doute l'auteur à écarter la construction du chœur tout entier vers cette époque. Dominique Vermand propose toutefois une datation plus tardive pour l'ensemble du chœur, qu'il estime d'un siècle postérieur à la nef. Son principal argument est l'agencement des supports, qui seraient inspirés des cathédrales d'Amiens et Chartres. Si le chœur n'a plus évolué depuis, la nef a été munie d'une fausse voûte en berceau en bois plâtré au , et le bas-côté nord a été rebâti à la même époque. Le bas-côté sud suit au . Nef et bas-côtés sont munies d'une toiture commune à deux rampants, et les fenêtres latérales de la nef sont condamnées. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du , et bénéficie d'une restauration à la fin du . Depuis la Révolution française, Béthancourt dépend du diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses du département de l'Oise. Le village est aujourd'hui affilié à la « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » de Verberie.. Cette très grande paroisse s'étend sur quatorze communes dont deux disposent de deux, voire trois églises (Néry et Fresnoy-la-Rivière). Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Sulpice environ tous les deux mois, généralement le dimanche à 9 h 00, ou plus rarement le samedi à 17 h 15 ..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe de l'édifice vers le sud-est du côté du chevet, l'église se compose d'une nef de cinq travées accompagnée de bas-côtés, et d'un chœur de deux travées également accompagné de collatéraux, les trois vaisseaux se terminant par un chevet plat. Le clocher en bâtière s'élève au-dessus de la cinquième travée du bas-côté nord. Sa base, ainsi que le chœur et ses collatéraux, sont voûtés d'ogives. La nef et le bas-côté sud sont munis de fausses voûte en berceau (ou en demi-berceau pour le bas-côté), et le bas-côté nord a une charpente apparente en (demi-) carène renversée. Une sacristie est accolée au collatéral sud du chœur. L'on entre dans l'église par le portail occidental de la nef, ou par le portail latéral dans la troisième travée du bas-côté sud. La nef et ses bas-côtés sont recouverts ensemble par une vaste toiture à deux rampants, tandis que les collatéraux du chœur conservent leurs toits en appentis indépendants, laissant libres les fenêtres hautes du vaisseau central, qui est muni d'une toiture à deux rampants avec pignon à l'est.
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.
L'on descendait autrefois plusieurs marches dans la nef. Le sol a été exhaussé de près d'un mètre en 1880, quand le dallage actuel fut posé, en même temps que le cimetière fut transféré vers son emplacement actuel à l'écart du village. — Les quatre premières travées de la nef possèdent des élévations latérales à deux niveaux, à savoir l'étage des grandes arcades et l'étage des fenêtres hautes. Les grandes arcades sont en tiers-point et non moulurées, aux arêtes chanfreinées, et les fenêtres hautes, aujourd'hui bouchées, sont situées au-dessus des piliers des grandes arcades. Comparé à la disposition habituelle, qui veut le positionnement des fenêtres au-dessus des grandes arcades, ce parti améliore la stabilité des murs gouttereaux, tout en permettant de réduire leur hauteur. Il n'est pas compatible avec un voûtement de la nef, car les supports des voûtes d'ogives seraient placés devant les fenêtres, ni avec un voûtement des bas-côtés, car la proximité entre le sommet des piliers et le seuil des fenêtres rendrait inéluctable l'obturation de la partie inférieure des baies. Par ces caractéristiques, la nef de Béthancourt se rattache à un petit groupe de nefs de la première période gothique, dont Champlieu, commune d'Orrouy, Fontenay-en-Parisis, Gilocourt, Glaignes, Orrouy et Pontpoint. La datation de la nef de la période romane est donc à rejeter, même si l'austérité des grandes arcades paraît archaïque. Elles ne retombent pas sur des colonnettes à chapiteaux, mais sur des piliers rectangulaires aux angles abattus, munis de tailloirs au profil d'une plate-bande et d'un cavet, également aux angles abattus. Aux angles, les tailloirs débordent légèrement devant les faces obliques des piliers. Cette saillie est rachetée par des culots très simples. L'on trouve des arcades similaires à Bailleval, Béthisy-Saint-Martin, Rocquemont et Saintines, mais sans les culots, et des piliers aux arêtes saillantes ou légèrement chanfreinées. Ces exemples concernent du reste des arcades ouvertes après coup. En l'occurrence, la simplicité de l'architecture est à mettre sur le compte des contraintes économiques, de même que la mise en œuvre tardive de la façade. Reste à signaler la corniche d'un profil prismatique, dans laquelle sont intégrés des corbeaux moulurées qui supportent les entraits de la charpente. Ces éléments sont issus des travaux du , quand la fausse voûte en berceau actuelle fut aménagée.
La cinquième travée de la nef est délimitée, au nord, par les deux contreforts méridionaux du clocher, dont le premier est plus saillant que le deuxième, et qui comportent tous les deux des retraites par des glacis. La grande arcade en tiers-point retombe sur des impostes irréguliers. Au-dessus, le mur se retraite par un fruit. En face au sud, la grande arcade est étroite, mais presque aussi élevée que le mur. Elle retombe elle aussi sur un simple imposte à l'est, qui se poursuit sur les faces latérales du pilier, tandis qu'à l'ouest, la disposition est analogue aux grandes arcades de la nef. Assez vraisemblablement, les élévations latérales de la cinquième travée de la nef sont issues de la reprise de structures romanes, au milieu du . — Assez curieusement, l'on n'a pas réalisé un arc triomphal à l'entrée du chœur. Il s'ouvre par un doubleau non mouluré, que l'on aperçoit seulement en regardant depuis l'est, et qui retombe sur des piliers carrés aux arêtes chanfreinées. Le chœur est d'autant plus élevé que la nef, que représente l'épaisseur du doubleau.
Bas-côtés et base du clocher thumb|upright|Bas-côté nord, vue vers l'est.